À chaque pied sa babouche

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Yaniss la-Tchoutchouka, un jeune homme de notre société actuelle, s'en va au Maroc pour un voyage d'affaires avec son père et son grand-père. Lors de son séjour, il croise une femme âgée qui lui jure qu'il finira sa vie malheureux. De quoi le faire réfléchir énormément. Rentré en France auprès de sa famille et de ses amis proches, il voyage dans plusieurs villes à la recherche de son bonheur entre les étapes de sa vie quotidienne et professionnelle. C'est dans son univers personnel et babouches aux pieds que Yaniss se rend compte par lui-même qu'il est bien plus simple de trouver le bonheur qui réside en soi que de sans cesse rechercher à fuir son propre malheur.


Publié le : vendredi 10 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332811912
Nombre de pages : 190
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ISBN numérique : 978-2-332-81189-9
© Edilivre, 2014
A chaque pied sa babouche
Cher Tchoutchouka, Tu ne me connais pas, mais je t’écris cette lettre car je suis une fan inconditionnelle de tes écrits en général et de ta personne plus particulièrement. J’ai découvert ton blog la-tchoutchouka le 30 janvier 2007 à 10 h 15, pour être précise. Ce fut un moment inoubliable et intense, avec plein d’émotions. Dis-moi, tu n’as jamais pensé à devenir un acteur comique ou un philosophe des temps modernes ? Moi, à ta place, je ne perdrais pas une seule seconde de plus, tu possèdes vraiment un style inimitable et tu as toujours beaucoup d’originalité dans tes interprétations ainsi qu’une énorme imagination pour tes textes. Pour te dire vrai, il me semble avoir lu près de dix fois chacun de tes nouveaux articles ou passages littéraires depuis le mois de janvier 2007. J’ai aussi appris par cœur tes meilleurs textes, et même certaines de tes citations. Quand je te lis tu me fais vraiment trop rire je te jure sur la tête du poisson ! Je me marre toute seule devant mon écran LCD 17 pouces que papa m’a ramené du camion, comme il dit. Grâce à toi, moi aussi je me suis mise à l’écriture. Tu sais, j’ai écrit à l’âge de 14 ans et demi pour la première fois vu que j’avais un niveau scolaire assez faible à l’école. D’ailleurs je te donnerai bientôt l’adresse internet de mon site personnel, et je compte sur toi pour me laisser ton avis sur ma jeune plume. Bien entendu, je ne compte pas copier tes écrits. Moi je travaille plus mon écriture pour l’élaboration de poèmes d’amour et également pour oublier mes cons de frères jumeaux qui veulent toujours écraser « Bidule », c’est mon petit hamster Syrien préféré qui est également ma deuxième raison de vivre. Il est importé tout droit d’Afghanistan. C’est mon papa qui me l’a ramené lors de ses dernières vacances estivales. L’autre jour ma grande sœur voulait résilier mon abonnement ADSL internet qu’elle paye tous les mois pour que j’aille sur internet. J’ai réussi à me contrôler, mais cette nouvelle m’a vraiment mise hors de moi. Du coup dans la nuit quand elle était au téléphone avec sa copine je lui ai collé un coup de fer à repasser dans la tronche pour qu’elle comprenne définitivement qu’elle me pompe l’air. D’ailleurs depuis la semaine dernière elle ne s’est toujours pas réveillée. Mais bon c’est bien fait pour elle. Me menacer sous notre propre toit de couper le seul lien que j’ai pour avoir de tes nouvelles et suivre ton actualité. Je ne pouvais pas rester sans intervenir, qu’aurais-tu donc fait à ma place ? Puis tu sais mes cons de frères jumeaux m’ont même félicitée, pour une fois qu’ils sont contents de moi ceux-là. Quand j’ai appris que tu entreprenais d’écrire ton premier un livre, j’ai fait une crise d’épilepsie. Je te jure c’est vrai… J’étais vraiment contente et toute retournée à la fois. Tu comptais me le dire quand ? Cela doit réellement te paraître étrange venant d’une fille comme moi que tu ne connais pas mais tu dois savoir que je peux être très câline avec les garçons de ton genre. Mais attention j’ai mes limites, je ne suis pas le genre de fille ni pute ni soumise qui met des photos extravagantes pour exciter la galerie sur internet. Sans me vanter je suis vraiment bonne. D’ailleurs, ma sœur me le disait toujours avant de plonger dans son sommeil profond : Tu es la bonne de la maison ! Il faut que tu saches que je collectionne tes photos que tu publies sur tes réseaux sociaux ainsi que sur ton blog. Du coup, je passe mes journées sur les moteurs de recherches pour trouver toutes tes photos et tes plus belles images. Sincèrement tu es vraiment à croquer, trop un beau gosse sur la tête de Némo. Euh d’ailleurs j’espère que cela ne te dérange pas que je jure comme toi sur la tête de Némo… Je sais très bien que certains de tes amis proches t’appellent ainsi, alors entre nous je ne veux surtout pas noyer le poisson. Vu que tu es fan du fameux plat maghrébin la chekchouka, laisse-moi également t’appeler mon petit poivron farci. C’est vrai en plus tu me donnes trop faim, j’ai vraiment qu’une seule envie, c’est de te manger entièrement. Depuis 2007 tu imagines bien que j’ai fait plusieurs albums photos de toi. Ils sont tous entreposés dans ma chambre sur mon étagère. Je fais même des montages de toi avec mon logiciel pour retoucher photos que papa m’a donné du camion. Du coup, j’ai collé mes montages préférés de toi derrière la porte de ma chambre et aussi au-dessus de mon lit. Au moins je peux toujours avoir un œil sur toi. J’aime bien. Je suis apaisé quand je te regarde. J’ai même fait floquer ton doux visage sur mon nounours préféré. Par contre je ne te raconte pas ce que je fais avec en pensant à toi…
J’ai vraiment hâte de te lire. Il faut que tu me promettes de ne jamais arrêter d’écrire s’il te plaît. Tu ne voudrais pas me mettre en colère n’est ce pas ? Maintenant que tu me connais un peu plus, j’aimerais te dire que je me suis quand même permis à titre personnel de demander des informations sur toi aux webmasters et aux modérateurs des réseaux sociaux que tu utilises quotidiennement sur internet. Bon d’accord j’avoue que j’ai un peu abusé aussi, je n’aurais jamais dû envoyer 37 560 e-mails le mois dernier aux webmasters qui gèrent tes comptes juste pour connaître ton adresse postale et ton nom de famille. Mais sache que s’ils avaient tout simplement répondu aux 8 990 e-mails du mois d’avant, on n’en serait sûrement pas là aujourd’hui. Je déteste vraiment l’ignorance. Le pire des fléaux. Et je déteste ne pas avoir ce que je veux. Mais ils ont fini par être gentils ils m’ont même donné ton numéro de téléphone mobile. J’étais aux anges ce jour-là. Je t’ai téléphoné l’autre soir en numéro masqué tu disais : « allô allô » ! Tu étais vraiment gentil et attentionné avec moi ce soir-là. Je ne savais pas quoi te dire, alors j’ai raccroché. Je sortais de chez le tatoueur, je marchais encore un peu de travers car je venais de me faire tatouer « Yaniss la tchoutchouka » sur une partie très intime de mon anatomie. Mais franchement j’espère que ça te plaira. En réalité je profite de cette courte lettre pour te présenter mes excuses. À défaut de te donner mon cœur, je serais prête à te donner un rein, et tu le sais au fond de toi. Veux-tu m’excuser pour la gêne occasionnée ? Tu ne pourras pas refuser mes excuses le jour de mon anniversaire, quand même. Aujourd’hui j’ai exactement seize ans et demi. Excuse-moi aussi pour l’autre jour, quand je suis passée devant chez toi, je voulais juste te parler. Jeter des cailloux sur la fenêtre de ton appartement vers 4 heures 36 du matin je sais que cela ne se fait pas, mais c’était une question de vie ou de mort en rapport avec notre avenir commun. Bref je vais un peu arrêter de te soûler avec mes sentiments. En fait, le mieux pour nous c’est que je passe à ton boulot avant l’ouverture de 9 h 30 où à l’heure de ta pause vers 12 h 30 quand tu prends ton café en face de la boutique de téléphonie mobile dans laquelle tu travailles tous les jours sauf le lundi. À ce moment-là on pourra discuter ensemble tranquillement de notre relation actuelle. J’ai vraiment hâte que tu me présentes à tes 5 petites sœurs et le reste de ta famille. Je suis sûr que je serai à ton goût tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Bon, ma petite tchoutchouka préférée, je dois vraiment te laisser et terminer cette lettre rapidement. Je m’en vais de ce pas me procurer ton livre et il faut que j’aille aussi sortir mes cons de frères jumeaux que j’avais rangés dans le placard à balais. Tu sais à 4 ans et demi, on a du mal à respirer dans le noir et la poussière. Ta fan qui t’aime fort, très fort du cœur de la vie !
L’introduction Chapitre 1
Cela s’est passé à Montpellier il n’y a pas bien longtemps mais la date importe peu, cette histoire se mange à toutes les sauces. Ceci aurait bien pu se dérouler hier ou avant-hier. Juste avant de commencer je te conseille si l’heure du Ftour, la rupture du jeûne pendant le ramadan ou également si l’heure du repas est encore à l’autre bout de la journée… Peut-être… Je pense… Il me semble qu’il faudrait mieux pour toi que tu stoppes net cette lecture. À vrai dire je ne souhaite pas créer des vertiges, des éclats de rires ou encore déclencher la faim qui noue ton estomac vide depuis le lever du soleil ce matin même. Je ne veux pas être tenu pour responsable des éventuelles nausées qui risquent de t’envahir d’ici quelques minutes. Les lignes qui suivent risquent de te projeter des sensations, des odeurs et des images de plats, de superbes viandes ou autres gâteaux en tout genre de ces fameux délices orientaux qui pourraient te faire te diriger droit vers ton réfrigérateur. Il est encore temps. Prends juste une minute de réflexion avant de passer au paragraphe suivant. Dans une vie les grandes journées inoubliables sont marquées par des petits détails à l’encre indélébile. Qui peut me faire trembler, rire, vibrer, sourire, avancer, frémir, pleurer, mûrir, aimer et grandir mise à part ma famille ? Personne. Nous sommes le premier jour du mois de ramadan. Je ne suis pas sorti de la journée. Un short de foot, le maillot de l’Algérie en guise de pyjama, et bien sûr ma paire de babouches roses aux pieds, je me suis posé tranquillement sur mon lit avec mon ordinateur portable et je pense devant ma feuille blanche. Enfin j’essaye de penser tout en regardant les aiguilles de l’horloge qui défilent lentement, tic-tac, tic-tac… À la base mes babouches sont rouges, mais la couleur a déteint lors d’une balade sur la plage de la Grande-Motte l’été dernier, elles sont devenues roses. Roses et magiques. Oui magiques. Bon je ne sors plus avec dehors du coup et je n’ai pas encore cerné le pouvoir exact qui émane de mes babouches, mais je reste persuadé qu’il y en a un. Bref, j’essayais de me concentrer jusqu’au moment où un cri, un prénom, le mien résonne dans toute la baraque : – Le daron : Yaaaaniiiiiiss iwaaaa hiiiiiii, viens ici ! À peu près comme ça. C’est le daron qui m’appelle. Bah j’y vais. En général quand il m’appelle de la sorte c’est souvent pour que je lui rappelle le numéro de la chaîne Canal Algérie. Limite, il aurait dû me le faire tatouer sur l’avant-bras à la naissance : 486. Direction dare-dare le salon. Noir total où juste le volet entre ouvert laisse passer une lumière rectiligne sur le tapis d’orient. Le son de la télévision est à fond, c’est un documentaire télévisé sur la ville d’Alger la blanche, limite je rentre dans la pièce j’ai l’impression d’arriver sur une piste d’atterrissage du bled. Bienvenue chez moi ! Il veut que je lui fasse un SMS pour la tante de la voisine qui a elle-même une nièce pour que son fils sache que nous prenons la route après demain dans la nuit pour mener à bien notre affaire. – Mon père : Hafekk le texto… djib le tilécommande, donne-moi le télécommande. Oui cette année je ne vais pas au bled, Tizi, Alger, Bouira, Tipaza, Oran, Sétif… rien de tout ça, makache, rien du tout. Nous allons au Maroc pour une affaire de business familiale ! En effet mon père et mon grand père travaillent ensemble et gèrent à eux deux la grande SARL Zit Zitouna qui produit l’une des meilleures huiles d’olive Kabyle de la Kabylie et du coup du pays de l’Algérie. Attention ce n’est pas moi qui le dit ! C’est le résultat d’un jury composé d’experts en arboriculture fruitière qui a élu l’huile d’olive de Zit Zitouna lors d’un concours de la meilleure huile d’olive Algérienne en première place suivi de deux autres huiles d’olive kabyle sur le podium. Et oui ils ont une réputation à tenir… Du coup pour faire simple nous partirons de Barcelone la capitale catalogne d’où nous prendrons l’avion pour faire le trajet Barcelone – Tanger. Il y a quasiment une heure de vol si l’on ne compte pas le retard improvisé au départ et à l’arrivée du charter. Barcelone est à 350 kilomètres de Montpellier, pour le trajet en voiture nous partirons dans la nuit car comme mon père a dit : – Le daron : la nuit tous les radars sont gris ! Le trajet se fera entre hommes, il y aura donc deux pères, et deux fils. Mais nous ne serons que trois… Mon grand-père, mon père et moi-même. Les avantages de partir entre hommes c’est que l’on n’aura pas besoin de s’arrêter tous les 50 kilomètres pour une pause pipi et l’on n’entendra sûrement pas la fameuse phrase que tous les pères détestent lorsqu’ils conduisent et que l’on vient tout juste de partir : « Papa, on arrive dans combien de temps ? ». Je ne vous cache pas qu’entre hommes il existe tout de même plusieurs inconvénients, et pas des moindres. Déjà cela va obligatoirement parler de foot, de l’équipe nationale d’Algérie et de la fameuse talonnade de Rabah Madjer. La politique sera bien évidemment critiquée et j’aurai droit à un long débat socioculturel entre la Chorba et la Harira. Quel est le meilleur des deux ?
Cette fameuse question qui pourrait déclencher une guerre mondiale culinaire lorsque le débat est lancé. Chez nous la Chorba, c’est sacré, attention. Les techniques de conduite que mon père utilise sont des techniques plus ou moins ancestrales. La nuit pour ne pas s’endormir au volant, il commence déjà par allumer la lumière à côté du rétroviseur central, il met une radio qui ne passe jamais de musique avec le volume suffisamment élevé pour faire grésiller les haut-parleurs d’origine. Puis pour finir, il roule sur la file de gauche de l’autoroute la fenêtre grande ouverte histoire que le sommeil ne l’incite pas à plonger le nez en avant dans son tableau de bord et que personne ne puisse dormir dans le véhicule pour lui tenir entièrement compagnie. À la frontière, passage oblige par la douane, la guardia Civil… Bien entendu le contrôle routier même la nuit se fait à la tête du conducteur et de ses passagers. Je me suis arrangé pour essayer de me reposer au début du trajet car je savais pertinemment qu’en entrant en Espagne je serais le traducteur officiel du voyage. Vous vous en doutez bien, la douane d’Espagne n’a rien à voir avec la douane du bled, ce n’est pas en leur laissant discrètement tomber dans leur poche une tortilla faite maison que tu pourras éviter le contrôle total ou partiel de ton véhicule. Le douanier a du mal à comprendre mon accent scolaire. Et j’ai du mal à capter ce qu’il essaye de me dire entre mon père qui me réitère mes droits car il m’a payé une scolarité et qu’au final je n’aligne pas plus de deux mots en espagnol et le douanier qui me demande où nous allons ainsi… Sans oublier mon grand père qui répète en boucle sur un rythme de derbouka : Africa Africa ! – Moi devant la guardia Civil : Cual es la fecha de hoy por favor ? Et voilà c’est en lui balançant la seule phrase construite de mon espagnol scolaire que le douanier se décide enfin à ramener un collègue à lui d’origine trilingue. Oui il parle couramment l’Espagnol, le Français, et bien sûr le blédard. La communication peut enfin commencer. En fait, les douaniers ont bien compris que nous nous rendons en Afrique, mais ce qu’ils ne saisissent pas c’est que nous n’avons pas une voiture à étage. Il s’explique. Il nous montre du doigt un fourgon J9 débordant de bagages en train de se faire contrôler à côté de nous quelques mètres plus loin. Ils sont surpris de ne pas voir la fameuse bâche bleue ou verte boisée comme l’armée au-dessus du toit de notre véhicule. Ou la remorque rabaissée pleine de pièces détachées. Ils sont presque surpris de ne voir ni de quad, ni de T-max en pièce, ou de jet ski… Il nous pose donc les questions de bases : – La Guardia Civil : Transportez-vous des armes ou des matières stupéfiantes ? Êtes-vous connus des services de police ? En gros, il faut comprendre : Êtes-vous des gens honnêtes malgré vos têtes de terroristes ? Normal quoi. Nos identités sont donc contrôlées et le véhicule fouillé. Après quelques minutes le trajet peut donc enfin continuer. L’Espagne, j’ai toujours trouvé ça spécial comme pays. Quand j’étais petit je pensais qu’une fois passé la frontière, je verrais des Espagnols en moto avec de gros chorizos dans le dos. Et que sur le bas-côté des routes il y aurait des vendeurs de paella en barquettes individuelles. En fait non, à la frontière il y a tout plein de bars collés les uns aux autres qui te proposent des minettes délocalisées, transsexuels à utilisation restreinte et des Lionel Messi partout dans les rues avec un maillot rayé. Mais pas de paella dans les parages que je sache. Bienvenidos en Espana. J’ai pu dormir paisiblement ensuite jusqu’à l’aéroport de Barcelone. Je ne sais pas si cette nuit-là j’ai vu une dizaine d’étoiles filantes ou si l’on s’était fait flasher autant de fois. Dans le doute j’ai quand même fait mes vœux. Nous arrivons enfin sur le parking de L’aéroport. Une fois l’enregistrement effectué auprès de notre agence de voyages qui ne mérite pas un brin de publicité, il nous suffit de nous faufiler entre les toréadors et de suivre les djellabas, les sacs cabas et les babouches des voyageurs qui se rendent a priori au même endroit que nous : le Maroc. Le Royaume du Maroc ou encore le Royaume chérifien est un pays situé dans le nord ouest de l’Afrique. Le pays est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, le détroit de Gibraltar, la mer Méditerranée, puis le rêve de presque tous les Africains au nord : l’Europe. Sans oublier le grand pays de l’Algérie à l’est. On monte enfin dans l’avion, puis on décolle. Bye bye l’Europe, et laissez-moi me préparer psychologiquement au choc des civilisations… À l’aéroport de Tanger après avoir vérifié si tu peux rentrer sur le sol Marocain, une masse humaine, une masse Marocaine t’attend à la sortie, des humains à première vue les uns sur les autres. J’avais presque envie de leur dire : « Mais non vous vous trompez, nous ne sommes pas l’équipe Nationale du Maroc, nous sommes « des gens de France » Les gens de France, il sonne bien ce mot-là en Africa Africa, comme dirait mon grand-père. Dans la foule tu peux entendre des « voulez-vous un taxi joli » ou encore des « loucation loucations voitures pas chir » ou des « ti veux un taxi fi la médina ? » et même des « YouuuYouuu »… Bref Wilkoum in Morocco !
Ma mère m’avait fait le point sur le taux de vice du pays, j’avais déjà le plan de l’hôtel en tête et je savais qu’il fallait prendre un taxi beige pour les longs trajets et non un taxi bleu qui lui fait les courts trajets généralement utilisés en centre-ville. Notre hôtel est l’hôtel à proximité du port : le Continental. Après une première tentative d’arnaque de la part du chauffeur taxi je négocie enfin le prix du trajet. Nous roulons. La conduite au Maroc, c’est n’importe quoi ! Mais pire que l’Algérie ? Je ne pense pas, non. C’est droite gauche, haut bas, c’est Nord Sud Est Ouest, pas surpris d’être doublé par la droite, je le suis quand même de voir que les feux rouges fonctionnent et sont respectés en quasi-totalité. Contrairement à certaines villes d’Algérie où les feux ne sont même pas allumés. Petite précision, quand le feu passe au vert ça klaxonne dans tous les sens au cas où tu n’aurais pas vu qu’il a changé de couleur par toi-même. C’est-à-dire que le taux de daltonien doit être élevé dans cette partie de l’Afrique. Je me suis renseigné en parallèle voir s’il subsistait un grand nombre de daltoniens au Maroc auprès de la population locale. Ce n’est pas le cas je vous rassure. Niveau confort, nous avons l’impression d’être dans une course-poursuite américaine, on valse de la boîte à gants jusqu’à la plage arrière de la grosse Merco à chaque fois que le chauffeur donne un coup de volant. J’essaye de détendre un peu l’atmosphère : – Moi : Au fait, vous savez comment on reconnaît un motard Arabe ? Le chauffeur hausse les épaules. – Moi : c’est facile c’est le seul qui a des galeries et un porte-bagages sur son casque ! Je suis mort de rire. Le chauffeur lui ne décroche pas un sourire. À croire qu’il a un poulet au pruneau dans le cul. Je remarque que sur les routes il y a beaucoup de taxis. Les taxis on pourrait en débattre à l’infini. Déjà quand tu prends le taxi il faut toujours, mais toujours demander le prix pour aller d’un point A à un point B, car sinon le chauffeur va te demander de payer 300 dirhams une course qui n’en vaut même pas 30 et tu te retrouveras non pas à ton point B ou C mais bel est bien au point Z. Par contre quand tu parles avec eux ils sont vraiment courtois, non non non tu ne vois pas, ou presque, le petit clin d’œil rempli de dirhams qu’il t’envoie à chaque regard. C’est assez simple d’être taxi en fait au Maroc, vu la conduite je me suis permis de questionner le chauffeur pour ma culture générale. – Moi : C’est pas trop difficile de conduire ici ? – Le chauffeur Taxi : Ahh si ! ci tri dour m’Aime quand ya la plouie la voiture c’est la patinage. – Moi : Mais là par exemple dans cette petite rue étroite bordée de remparts impressionnants que nous empruntons joliment c’est celui qui monte ou celui qui descend qui à la priorité ? – Le chauffeur Taxi : Ahh ci moi qui la dabord ji lu droit. – Moi : Ah d’accord… J’avais promis de ne pas me moquer des accents, mais je n’en ai pas eu la force. Moi quand je monte sur Paris les gens se moquent de mon accent du sud… Alors vengeance ! Au Maroc ils parlent bien le Français. Mais avec un chouia d’accent tah lu bled. Même le numéro info conso pour connaître ton crédit sur ton portable, la voix du répondeur elle te dit comme ça : – Info Conso : Il vu reste six-quante houite dirhams de votre cridit de comminication… Au Maroc quand ils ne comprennent pas le Français c’est qu’ils ne veulent pas te répondre, tout simplement. je le sais car quand j’ai demandé le nom d’une rue dans Tanger, à un policier vêtu de son uniforme bleu, il m’a répondu : je ne suis pas d’ici moi. Et le costume c’est pour le carnaval ? En fait tu fais mine de regarder le ciel ou de rester sur place et au bout de 30 secondes Super-Blédard vient te demander une pièce contre ton chemin, ils appellent ça les GPS humain Marocain. C’est en cours d’élaboration en Europe. « Khey Tu chirche la médina ? » « La casbah ci à drouate »… Le Marocain, comme tous les blédards parle en première langue, l’Argent, puis le Marocain en seconde langue, puis Après c’est kif kif, on appellera ça du freestyle quoi. En ville ce qui me choque le plus, c’est la mendicité. Sur nos fronts est inscrit : « gars de France » je vous rappelle. Je flanque des tartes aux petits qui embrassent les mains de mon grand-père en essayant de lui faire les poches pendant qu’un adolescent me tient le bras en me faisant une piqûre de rappel sur le saint Coran qu’il me récite depuis cinq minutes. Amine. Je lui donne une pièce. Ils nous laissent enfin tranquilles. J’ai remarqué de mon propre chef que le second sport national au Maroc était l’envahissement des terrasses de café. C’est abusé ! Formés en équipes, ils déroulent leurs tactiques en 4-4-2 dans tous les cafés de la ville. Première mi-temps avant midi, la seconde avant l’heure du maghrib. Oui parce que le Sport national (non officiel) au Maroc c’est le Cure-nez-à-la-Marocaine. Tu vois toujours des gens un doigt dans la narine, de...
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