A l'école de la vie

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L'auteur raconte l'histoire d'Obangui qui aura connu à la fois l'ivresse du pouvoir, les douleurs de l'exil et le plaisir de devenir un grand promoteur du développement. Jean-François Obembe entreprend ici une grande réflexion sur le pouvoir, sur la vie après le pouvoir, sur la bonne gouvernance, sur la formation spirituelle et sur les principaux problèmes auxquels est confrontée l'humanité aujourd'hui. Il met en relief certaines conceptions et pratiques qui illustrent le cercle vicieux du sous-développement de certains pays.
Publié le : mercredi 1 février 2006
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EAN13 : 9782296425743
Nombre de pages : 272
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A L'ECOLE DE LA VIE

Du même auteur

La Conquête de la Paix. Stratégie du passage de la guerre à la paix. Editions MOREUX, Paris, 1999.
En collaboration:

Afrique et Management. Gestion moderne face aux réalités culturelles.
(Co-auteur, Kemaise MAVOUNGOU, Professeur Sciences de gestion à Paris). Editions MOREUX, Paris, 1999
Francophonie: Enjeux, Défis et Perspectives. Dans l'ouvragecollectif,Regard sur la Francophonie publié à Dakar en 1991 par les Editions Maguilène avec la préface du Président Abdou Diouf.

de

Jean-François OBEMBE

A L'ECOLE DE LA VIE
MUTATIONS ET LECONS

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie

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www.1ibrairieharmattan.com Harmattan1@wanadoo.fr diffusion.harmattan @wanadoo.fr

~L'Hannattan,2005 ISBN: 2-7475-9872-1 EAN : 9782747598729

PREMIERE PARTIE

OBANGUI EN CAMPAGNE ELECTORALE OU SUR LE CHEMIN DU POUVOIR

Au pays appelé Nzorobepoko, il fut décidé d'organiser des élections législatives. La date de leur tenue fut fixée au candidat car il remplissait à 100% les conditions d'éligibilité. Et puis, tenant compte de l'état de dégradation avancée des conditioJ;ls de vie des citoyens de son village natal, il ne souhaitait pas perdre l'occasion qu'offrent les campagnes électorales pour décrier les mauvaises pratiques du gouvernement en place. Il était aussi convaincu de ce que, fils d'un notable de la contrée, les habitants de Mbongouo, lui réserveraient un accueil proportionnel à la notoriété reconnue au clan Letsaka dont son grand-père fut un membre influent. Avant de se lancer en campagne électorale, Oyelli avait reçu trois spécialistes en science politique qui avaient déjà contribué à faire élire son ami Morobé aux dernières élections législatives. De leur entretien, il résulta les constats et les propositions ci-après : 1) Le mensonge est une simple construction des hommes. Il se fabrique et peut contribuer à faire gagner une compétition électorale. Pour gagner, il faut cependant savoir faire une sélection de mensonges pertinents pour

1er Swengé de l'année en cours. Oyelli décida de se porter

séduire la majorité des électeurs et détruire la crédibilité des autres candidats à la députation; 2) L'argent est 1'« équivalent général» qui s'échange contre des biens divers et il peut même déterminer certains comportements des hommes. Il suffit de l'avoir pour acheter la conscience de certains électeurs. En disposer suffisamment est un facteur déterminant lors des élections, notamment dans les pays où règne la pauvreté. Il faut donc s'efforcer d'en avoir de toutes les manières et en profiter pour pratiquer la conuption et le conditionnement mental des hommes dont on attend des services. 3) La vérité est. Elle dispose d'une force interne d'une intensité telle que personne ne peut gêner sa marche ascendante. Il faut donc l'utiliser pour se faire élire proprement car seule la vérité affranchit les peuples. Mais la vérité est souvent contreproductive pendant les campagnes électorales et d'ailleurs, de façon générale, dans l'univers politique. Oyelli se mit à réfléchir. Il se demandait s'il fallait qu'il utilise une de ces trois propositions ou s'il fallait qu'il les utilise toutes à la fois mais en s'adaptant, autant que faire se peut, aux circonstances et aux réalités du champ électoral. Les trois spécialistes avaient mis à sa disposition trois armes pour réussir sa campagne électorale: le mensonge, l'argent et la vérité. Et ces armes étaient à utiliser dans l'univers complexe de la politique où ce sont souvent des rapports de forces qui fonctionnent et déterminent les résul tats. Après une grande réflexion, Oyelli constata que les conseils de ces trois spécialistes ne suffisaient pas pour le 6

déterminer à opérer un bon choix. Il fit venir un quatrième spécialiste appelé René pour obtenir de lui d'autres conseils nécessaires à la préparation de sa campagne électorale. Il lui fit savoir qu'il était candidat aux élections législatives et qu'il lui était déjà conseillé d'utiliser pour sa campagne électorale, soit le mensonge, soit l'argent, soit la vérité, soit les trois à la fois en cas de besoin. René commença, sous forme de questions, par vérifier si celui qui le consultait avait bien conscience des places et des rôles respectifs du mensonge, de l'argent et de la vérité dans la gestion de la vie des hommes habitant la planète Terre. Faisant preuve de l'honnêteté et de la modestie qui lui sont reconnues, Oyelli répondit, sans grande hésitation, qu'il préférait suivre les conseils de René pour qu'il ne commette pas une erreur fatale à l'occasion de la campagne électorale attendue. Il lui demanda alors de lui faire de plus amples commentaires sur le mensonge, la vraie place de l'argent dans le monde et la puissance de la vérité dont on parle d'ailleurs abondamment dans les religions. René était d'une intelligence supérieure connue et reconnue au plan international. Il avait surtout une grande expérience de la vie et savait que toute théorie était toujours plus pauvre que la réalité. C'est pourquoi, il se faisait toujours modeste considérant comme une grande vérité, la remarque selon laquelle 1'humilité précède la gloire tandis que l'orgueil précède la chute. Ayant constaté qu'Oyelli faisait preuve d'une remarquable modestie, il accepta de l'aider à bien connaître la vraie signification du mensonge, celle de la vérité et le rôle de l'argent dans le monde. Il commença par démontrer que les pensées contenues dans le cœur de tout homme constituent sa propriété invi7

sible que seul Dieu peut explorer. Chacun, libre ou esclave, riche ou pauvre, peut penser comme il veut. Chacun est un souverain dans sa tête ou dans son cœur et il faut donc savoir utiliser cette souveraineté. Il fit constater que seul le corps d'un homme peut perdre sa liberté car, même bien enfermé dans une cellule de prison, l'homme continue à jouir de la faculté de penser comme il veut. C'est pourquoi, quand on veut changer les hommes, il faut commencer par changer leurs pensées. René insista sur le fait que c'est le mauvais usage de cette souveraineté et du libre-arbitre qui conduit souvent certains hommes à commettre des erreurs fatales. Il fit constater ensuite que les actes que tout homme pose consciemment en société sont toujours précédés par les pensées et les désirs qui relèvent du monde invisible. C'est pourquoi les hommes ne jugent les actes d'autrui qu'en imaginant les pensées et les désirs qui les ont précédés et déterminés. C'est pourquoi aussi, ajouta-t-il, les hommes se trompent souvent en jugeant les uns sur la foi des autres. Cela, continua René, permet d'ailleurs de comprendre la prescription biblique selon laquelle il ne faut pas juger, sauf si l'on se trouve sous la conduite du SaintEsprit qui est lumière et vérité. Il fit remarquer enfin que le mensonge était effectivement une simple construction de 1'homme. En tant que simple construction, le mensonge est heureusement un produit qui ne dispose pas d'une énergie interne capable de garantir son autonomie d'existence. L'énergie qui permet de soutenir un mensonge est externe. Il faut donc des forces extérieures au mensonge pour le soutenir. En d'autres termes, expliqua René, un mensonge, pour survivre, a besoin d'autres mensonges. Cela met le menteur dans l'obligation de continuer à mentir s'il veut conti8

nuer à se rendre crédible auprès de ses auditeurs. Décider de mentir, fit remarquer ce grand conseiller, équivaut ainsi à prendre l'engagement de demeurer sans cesse dans le mensonge car dès que l'on cesse de mentir, les premiers mensonges meurent de leur propre poison. Il tennina son long commentaire sur le mensonge de politesse qui est quelquefois utilisé dans certaines circonstances mais sans, pour ceux qui l'utilisent, l'intention de nuire à leurs auditeurs. René aborda le thème délicat de la place et du rôle de l'argent dans la vie des hommes. Pour lui, le rôle de l'argent est de se transfonner, en cas de besoin, en d'autres choses utiles à la vie de ces hommes. L'argent pennet de se loger, de se nourrir, de se soigner, de se déplacer et même d'entretenir une multitude de relations fructueuses avec les autres personnes. Il pennet même, dans certains cas, d'acheter la conscience des hommes faibles. Mais, insista-t-il, il ne faut pas croire que l'argent permet de tout avoir et de rendre heureux. En effet, expliqua longuement ce conseiller de valeur reconnue, l'argent, est certes utile, mais il est souvent inapte à régler des problèmes non matériels de l'existence. Il fit remarquer, à titre illustratif, qu'avec de l'argent, un homme peut acheter un très bon lit mais jamais le sommeil qui dépend de l'hannonie interne de son corps et de son état mental et psychologique. Puis René donna de nombreux exemples de suicides opérés par des gens très riches qui étaient obligés de se donner la mort pour répondre à des exigences d'honneur, de dignité et de crédibilité. L'argent, insista encore le sage René, peut permettre d'avoir une multitude de biens matériels et de plaisirs occasionnels mais presque jamais la joie permanente. Oyelli suivait les commentaires de René d'une façon 9

religieuse. Il avait tellement entendu parler de ce sage qu'il ne souhaitait pas manquer un seul de ses précieux conseils à la veille des élections. Mais il avait hâte de savoir ce qu'il lui dirait de la vérité, cette vertu cardinale mais souvent rendue infructueuse dans l'univers politique comme cela se dit souvent et se constate partout. René conseilla à Oyelli de pratiquer la vérité car elle affranchit toujours. Pour lui, la vérité rend les hommes libres. La vérité dispose d'une force interne qui la rend indépendante. Elle n'est pas créée. La vérité est. Elle se manifeste tôt ou tard et il est impossible de gêner définitivement sa manifestation. Pour René, il fallait qu'Oyelli se fasse élire en se présentant comme un homme de vérité car la liberté qu'elle engendre figure parmi les biens les plus importants de la vie. Il n'ignorait pas la faiblesse de la vérité dans l'univers politique mais il ne souhaitait pas qu'Oyelli devienne un homme politique dont la carrière commence par l'usage du mensonge. Quand Oyelli lui fit constater que beaucoup de gens sont morts ou ont perdu leur liberté à cause de leur esprit de vérité, René le consola en lui faisant remarquer que ceux qui meurent ou sont emprisonnés pour avoir dit la vérité finissent par devenir des immortels dans la mémoire collective des nations. Par contre, ceux qui mentent et rentabilisent très souvent leurs mensonges peuvent provisoirement mourir, dans certains cas, dans la gloire. Mais ils sont toujours rattrapés par le temps et l'histoire. Il signala des cérémonies pendant lesquelles étaient fouettés les os de personnes enterrées dans la gloire et avec les honneurs rendus par les institutions officielles dont ils étaient des dirigeants. Ces cérémonies de rétrogradation en dignité furent organisées plus tard suite à la découverte de mensonges et de pratiques qui avaient con10

duit ces personnes à parvenir au pouvoir, mais à un pouvoir qui laissa des dégâts immenses dans leur pays. Leurs os furent déterrés et fouettés devant une foule en liesse prouvant ainsi que les mêmes mains qui applaudissent aujourd'hui l'ascension de certains chefs sont celles qui seront utilisées pour applaudir leur chute ou leur rétrogradation en dignité demain. Pour terminer, René s'enferma avec Oyelli dans une chambre et lui donna d'autres conseils devant déterminer sa conduite globale lors de la campagne électorale. Il lui parla, selon certaines indiscrétions, de l'univers politique qui avait déjà conduit Jésus-Christ à déclarer qu'il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. René aimait beaucoup Oyelli et ne voulait pas qu'il s'engage dans la politique sans savoir que la classe politique était composée, en majorité, de personnes préoccupées par leurs ambitions personnelles et qui n'hésitent pas à pratiquer cette vieille recette des machiavéliques: «La fin justifie les moyens ». Il rappela aussi à Oyelli cette remarque de Machiavel que l'on peut lire dans son ouvrage, le prince: «Il vaut mieux utiliser la crainte que l'on peut susciter et ne pas se contenter de l'amour qui dépend d'autrui ». En d'autres tennes, c'est la spiritualité qui met en exergue les vertus de l'amour car l'amour n'est effectivement la solution la meilleure pour résoudre les problèmes de l'existence que dans un monde dominé par la crainte de Dieu et où «Jésus-Christ est le chemin, la vérité et la vie » avec ce que signifient ces trois mots qui définissent Jésus- Christ. René parla longuement de la vérité qui est l'un des mots les plus utilisés dans toutes les religions. Il rappela que même Jésus-Christ associait toujours l'esprit de vérité à Il

l'esprit de consolation. En d'autres tennes, il est difficile de faire supporter par une personne ayant une âme faible la charge de la vérité. Il lui conseilla de lire dans la Bible Jean 16 : 12-14 où l'on parle à la fois du consolateur et de l'esprit de vérité. Oyelli décida, après tous ces conseils et remarques, de constituer son équipe de campagne électorale. Il n'y mit que des hommes disposant d'un esprit de vérité et connaissant les vrais problèmes du peuple. Ils n'étaient pas prêts à vendre leur âme pour le pouvoir. Ils s'abstenaient de poser tout acte condamnable et de prononcer tout propos susceptible de nuire à I'honneur et à la dignité de leurs adversaires qu'ils ne considéraient d'ailleurs pas comme des ennemis. La campagne électorale commença conformément aux prescriptions de la commission nationale et indépendante d'organisation des élections (CNIOE) obtenue à coup de grèves générales et de barricades face aux hésitations du gouvernement en place qui souhaitait utiliser uniquement les services compétents du ministère de l'Intérieur. Ce ministère avait déjà, selon les rumeurs qui circulaient, falsifié la liste électorale et fait imprimer les cartes électorales en fonction du taux de 52% minimum retenu pour l'élection au premier tour des candidats des partis de la mouvance présidentielle. On signala aussi l'existence, au ministère de l'intérieur, d'urnes fabriquées clandestinement et qu'il fallait simplement bourrer pendant les élections. Mais toutes ces rumeurs étaient toujours démenties par le gouvernement qui en profitait pour dénoncer la mauvaise foi de certains candidats conscients de leur inaptitude à se faire élire et qui avaient besoin de trouver des prétextes pour justifier leur échec. Le désir d'instituer une commission nationale électorale indépendante avait fini par s'imposer car le peuple avait 12

déjà marre des faux élus qui parlaient toujours au nom du peuple à l'égard duquel ils n'avaient pas bien souvent le petit sentiment de reconnaissance. Ils savaient, en effet, que c'était la présentation de leurs candidatures par les partis ayant beaucoup d'argent qui déterminait leur succès ultérieur pendant les élections. Ils préféraient ainsi exprimer leur reconnaissance aux partis qui les avaient positionnés car, c'était effectivement le positionnement des militants comme candidats des partis aux différentes élections, qui était le moment le plus déterminant chez leurs membres désireux se faire élire. Une grande partie du peuple, très sensible aux valeurs morales, avait cependant beaucoup de respect pour les candidats indépendants qui n'avaient que leur notoriété, leur savoir et leur savoirfaire à «vendre» aux électeurs. Ces indé-pendants disaient toujours franchement ce qu'ils feraient, au cas où ils seraient élus, mais sans jamais vouloir rentabiliser l'ignorance de certains électeurs auxquels quelques candidats démagogues promettaient souvent des choses irréalisables. La campagne électorale commença par des meetings en salle. Oyelli et son équipe de campagne avaient opté pour l'usage de la vérité mais sans ignorer sa faiblesse dans des milieux mal préparés à trier le vrai du faux et à ne pas confondre l'accessoire avec l'utile. Ils parlèrent ainsi franchement des vrais problèmes de leur localité et dirent ce qu'il fallait faire pour les affronter victorieusement. Leur campagne était un appel aux sacrifices, aux efforts des uns et des autres. Oyelli et son équipe invitèrent aussi leurs auditeurs à une responsabilité et à une solidarité qui impliquaient une série d'exigences et de sacrifices. Ils rappelèrent que le rôle du parlement n'était pas de se substituer au gouvernement de la République qui constitue 13

le pouvoir exécutif duquel sont attendues les solutions aux problèmes auxquels est confronté le peuple. Guidés par l'esprit de vérité dont l'usage a été conseillé par René, Oyelli et son équipe ne parlèrent que des choses réelles et réalisables. Ils ne vendirent aucun faux rêve. Oyelli constata cependant le peu d'enthousiasme chez les auditeurs et le fit connaître à son équipe de campagne. Mais il préférait continuer à ne dire que la vérité même si celle-ci ne le conduisait pas nécessairement à se faire élire. Il avait une autre idée de la politique. Il voulait appliquer une politique qui ne dispense pas de l'effort et ne transfonne pas le pays en une sorte d'internat dont les citoyens vivent aux bons caprices des hommes politiques au pouvoir. Il ne croyait pas à l'Etat providence que promettent les grands vendeurs d'illusions lors des campagnes électorales, notamment dans les pays dont les électeurs n'ont pas un bon niveau intellectuel. Quand il revint à la maison, il apprit que ceux qui venaient de l'entendre, sans l'applaudir, avaient déjà pris place dans la salle où devait intervenir son concurrent, un certain monsieur Obangui. Il n'avait pas tardé à vérifier la faiblesse de la vérité dans l'univers politique où les vendeurs d'illusions sont souvent portés au pouvoir en usant de toutes les fonnes d'escroqueries et en utilisant à fond le mensonge. Obangui avait autour de lui tous les grands escrocs de la localité. Chacun d'eux savait mentir et était incapable de ressentir la moindre gêne. Ils savaient tous mentir avec plaisir pour rentabiliser au maximum l'ignorance de leurs auditeurs. Tous déclaraient qu'ils n'avaient jamais eu honte et ne savaient même pas ce que signifie la honte et le sentiment qu'elle induit chez ceux qui l'utilisent pour gagner leur vie. Tous définissaient la politique comme un 14

lieu où s'expriment des rapports de force et où seule la vérité du moment compte. Pour eux, le mensonge disposait d'un ascenseur qui facilitait sa marche accélérée vers le but visé tandis que la vérité ne prenait que des escaliers et arnvait toujours en retard là où elle voulait aller. Cela rappelle une remarque faite en d'autres termes par le musicien congolais, Koffi Olomidé, dans une de ses chansons. Pour se faire élire, Obangui avait décidé d'utiliser le mensonge qui peut être structuré en fonction des urgences du moment et des intérêts partisans des auditeurs. Il se mit donc à mentir. Il y avait des mensonges à un étage, des mensonges à deux étages. Illes construisait en fonction de l'état psychologique, de la conscience et des émotions de ses auditeurs. Il fit une longue liste des projets qu'il réaliserait quand on l'aurait élu. Il déclara, pour conclure, que le peuple n'avait plus qu'une seule préoccupation: le faire élire. Le faire élire équivalait, selon lui, à bien régler la totalité des problèmes de la localité. Et de tels propos déclenchaient des applaudissements extraordinaires auxquels n'avait pas eu droit Oyelli. Son parti avait mis à sa disposition un véhicule et de l'argent. Cela créait un attrait suffisant pour déterminer le choix des électeurs ignorants et prêts à croire à tout, qui jugent à partir de ce qui paraît et qui est souvent sans grande valeur en réalité. Beaucoup d'hommes, en effet, sont souvent conditionnés par l'extérieur et non par l'intérieur qui est plus difficile à explorer. Ils sont aussi souvent plus impressionnés par la forme que par le fond des choses. L'élection eut lieu comme prévu. Oyelli, avec sa pratique de la vérité, fut battu aux élections législatives. 48% des électeurs votèrent cependant en sa faveur pour plusieurs raisons: les uns étaient 15

favorables à sa manière de vouloir régler les problèmes de la localité et d'autres à cause de la force des sentiments subjectifs comme l'appartenance à la même ethnie. Obangui fut officiellement élu par 52% des électeurs de Mbongouo mais chacun savait que ce taux était artificiel et ne représentait pas la réalité du vote. On se mit alors à parler de la mascarade électorale. Mais ici aussi, le gouvernement profita de cette appréciation des résultats des élections pour dénoncer une fois de plus la mauvaise foi des candidats battus. Les adeptes d' Obangui dansèrent toute la nuit. L'élire équivalait, pour eux, à créer les conditions nécessaires et suffisantes pour régler tous les problèmes de la localité. Personne n'avait encore oublié ses promesses. Pendant que les uns dansaient, les autres exprimaient, sans trop le dire, leur scepticisme face au choix majoritaire de leur circonscription électorale en faveur d'Obangui, un escroc connu qui n'a eu que besoin de quelques mots pour séduire et gagner. Il est vrai que les maux dont souffrent certains peuples peuvent être la conséquence de quelques mots utilisés par des citoyens qui n'ont pas toujours la mesure du poids des mots et de leur charge psychologique. Un religieux passa par-là. Il indiqua que même Dieu, dans le livre de la Genèse, s'était déjà repenti pour avoir créé 1'homme dont les pensées du cœur le poussent à faire prioritairement le mal. Il ajouta, après avoir parlé de l'arbre de Noé qui pennit de sauver quelques créatures de Dieu après le déluge, que le mensonge et le mal sont respectivement faciles à dire et à faire. Il tennina ses propos en faisant remarquer que pour mal faire et détruire ce qui est construit, on n'a pas besoin de l'ordre et du respect des lois de l'univers. 16

Le mensonge et le mal conduisent, en effet, à la destruction. Ils n'ont pas besoin d'ordre et peuvent être utilisés par n'importe qui et dans n'importe quelle circonstance. N'importe qui n'est cependant pas apte à ne dire que la vérité et à ne faire que le bien. De même, il n'est pas possible de construire sans le respect d'un certain ordre. Les propos du religieux suscitèrent des doutes sur les capacités d'Obangui à réaliser ses promesses et à changer positivement les conditions de vie des citoyens de sa circonscription électorale auxquels il avait tout promis. Certains auditeurs du religieux se mirent à amplifier, mais en les déformant gravement, ses réserves sur les capacités réelles d'Obangui à réaliser tout ce qu'il avait promis de faire lors de sa campagne électorale. Quand ils voulurent poursuivre leurs commentaires orduriers sur la personne du nouvel élu devenu député, arrivèrent deux policiers qui étaient déjà à son service. Obangui que 52% des électeurs, selon le résultat officiel, venaient déjà de convertir en parlementaire, c'est-àdire en membre du pouvoir législatif du pays, avait déjà acquis l'influence que confère toujours l'appartenance aux institutions constitutionnelles d'un Etat. Et cette influence découle, entre autres, de la présence à côté des dirigeants, des agents de la force publique prêts à utiliser la force comme mode de règlement des conflits. Devenu un des responsables du pays, il avait déjà à sa disposition des agents de sécurité et ceux-ci savaient bien susciter des grandes peurs pour éloigner de lui tous les ennemis réels ou supposés. Malgré cela, un des auditeurs attentifs du religieux se mit à crier très fort: «la force publique est toujours au service de ceux qui sont au pouvoir. Nous voulons qu'elle se mette à la disposition des plus faibles. Il faut revoir sa place et son rôle dans 17

notre pays.» Quand ce religieux voulut donner une explication à ce constat, il fut prié de se taire et de partir. Un long communiqué lu à radio nationale annonça les résultats généraux des consultations électorales. Il y avait 153 élus dont 6 indépendants panni lesquels certains avaient tenu à demeurer dans la vérité pour ne pas nuire à leur dignité d'homme. D'après eux, la vérité est toujours difficile à comprendre, à expliquer et à pratiquer. Mais elle s'impose même si elle n'attire pas toujours les foules. La vérité n'a que faire de la majorité comme cela se dit en d'autres tennes dans la Bible où l'on parle de la porte étroite conduisant au salut et de la porte large conduisant à la déperdition. Un autre religieux plus vieux arriva sur les lieux et conseilla à ceux qui sont sur cette terre des hommes à n'avoir que deux certitudes: «La porte étroite mène au salut. Peu de gens la prennent. La porte large conduit à la déperdition. Beaucoup de gens la prennent». Il fut contredit par un politologue qui lui fit remarquer qu'en démocratie, c'est la majorité qui gagne. C'est donc la porte large par laquelle passe la majorité qui conduit au salut. La minorité prend la porte étroite qui conduit à la déperdition. Le prêtre se fâcha un peu et fit remarquer que Dieu ne pratique pas la démocratie qui valorise la quantité au détriment de la qualité. Pour ce religieux, c'est la qualité des hommes qui les rapproche de Dieu et c'est pourquoi un seul homme vertueux faisant strictement la volonté de Dieu, peut, par ses prières et conseils, sauver une nation en indiquant aux citoyens la meilleure voie qui conduit à la prospérité. Il rappela encore cette exigence de JésusChrist: « Il faut rendre à César ce qui à César et à Dieu ce qui est à Dieu». Un adepte de Confucius arriva lui aussi 18

sur les lieux et attira l'attention de ceux qui étaient là sur cette pensée de son maître: «hors des mêmes chemins, les mots ne servent à rien ». Il ajouta que ceux qui ne sont pas entrain de poursuivre les mêmes objectifs ne peuvent pas avoir la même représentation des choses. Il l'illustra en démontrant que si deux conducteurs de voitures roulant sur la même rue sont invités à virer à droite, ils peuvent virer en sens opposés s'ils ne vont pas dans la même direction. En d'autres tennes, sur une route allant de A à B, celui qui va dans le sens de A vers B et celui qui va dans le sens de B vers A peuvent tous écouter, au moment de leur croisement, l'appel à virer à droite, mais ils le feront dans des sens opposés. Chacun d'eux aura évidemment raison d'avoir agi ainsi après avoir tous les deux écouté la même chose: virez à droite. Cet adepte de Confucius souligna le fait que beaucoup de pays souffrent de ce que leurs dirigeants manquent de vision stratégique et sont conduits de façon aléatoire. C'est pourquoi le politicien n'est pas à confondre avec le religieux car ils ne regardent pas toujours dans la même direction. Et quand c'est ainsi, les mêmes mots qu'ils utilisent peuvent avoir bien souvent des significations différentes. Il fallait donc laisser la politique aux politiciens et la religion aux religieux. Dans ces deux univers, les mots n'ont pas les mêmes sens et n'ont pas la même densité. La politique semble peu préoccupée de la place à réserver à la vertu et à l'éthique. Des grands bandits connus comme tels du peuple peuvent même y atteindre un grand niveau de responsabilité pourvu qu'ils jouent des grands rôles dans la conquête du pouvoir. La religion impose par contre toujours un certain regard éthique et moral sur les 19

choses et les hommes. On comprit alors pourquoi Obangui était élu à la place du brillant Oyelli. Le premier se préoccupait peu d'éthique et de morale. Il était dans la politique comme un poisson dans l'eau. Le second était un inadapté de la politique. Il voulait utiliser la vérité dans un univers où le flou et la démagogie sont des facteurs de succès. Il voulait être transparent dans un univers où l'opacité et la duplicité sont des facteurs de promotion. Tout aurait pu se terminer là. Mais un homme semblable à un survivant du cinquième siècle avant Jésus-Christ se présenta et invita à définir la politique comme l'art de diriger la cité. Il insista sur le fait que la politique n'est mauvaise que parce qu'elle est pratiquée par ceux qui veulent se mettre là où se règlent les problèmes généraux de la société sans avoir réglé au préalable leurs problèmes personnels. C'est pourquoi dans la sphère politique, de telles personnes se mettent prioritairement au service des intérêts partisans et particuliers. Elles ne peuvent qu'avoir une vision partiale, parcellaire, partisane et partielle des choses. Pour ce vieux religieux, c'est cela qui a fait de l'univers politique un lieu dangereux tel que l'a décrit Machiavel. Un autre communiqué passa à la radio et annonça que tous les élus étaient convoqués pour la session inaugurale de l'assemblée nationale. Obangui quitta sans plus attendre sa circonscription électorale. Il partit, laissant derrière lui, une ville menacée par des graves effets induits d'une campagne électorale mal conduite ayant consacré les mensonges, les rumeurs, la falsification des faits, les injures, la corruption, les pratiques fétichistes comme modalités d'accès au pouvoir. Obangui n'avait plus que faire des promesses faites et des effets induits de son discours destructeur sur les popu20

lations. Ce qu'il voulait, c'était parvenir au pouvoir. Et il y était parvenu après avoir rentabilisé l'ignorance de certains citoyens qui n'avaient même plus réussi à constater que dans la localité dont il voulait être député, il n'avait, ni logement personnel, ni une moindre activité pouvant attester de son attachement au terroir. Les mots qu'il avait prononcés avaient suffi. Les paroles dont une des fonctions était de révéler les gens n'avaient pas été décryptées. Les auditeurs avaient ignoré que la plupart des maux constatés dans les nations découlaient des mots que l'on prononce tous les jours. Les mots et les paroles utilisés par Obangui pour emballer ses mensonges avaient suffi. Et ils l'ont fait porter au pouvoir. Peu de gens avaient réussi à lire, à travers son corps, qu'il mentait sans redouter quoi que ce soit. Et pourtant les paroles qu'une personne prononce sans les faire correspondre exactement aux pensées intimes de son cœur traduisent toujours un inconfort que laisse percevoir son corps. On parle ainsi du langage du corps mais qui n'est malheureusement pas accessible à tous. C'est pourquoi, les démagogues et les politiciens véreux ont encore de bons jours devant eux. La défaite aux élections n'avait pas découragé le brillant Oyelli. Il savait qu'il pouvait être utile à sa localité et à son pays en travaillant ailleurs. Il regrettait cependant une chose: le fait d'avoir vérifié comment le mensonge pouvait être un moyen efficace de promotion politique. Il se mit à craindre que le succès d'Obangui par le biais du mensonge éhonté ne le pousse à ne plus respecter les hommes politiques du monde entier croyant que, pour la plupart, ils devaient être chez eux, l'équivalent d'Obangui. Il se mit à réfléchir sur la misère du monde qui n'est 21

finalement pour lui que la conséquence de la qualité des hommes portés au pouvoir par tous les moyens et qui dissocient bien souvent leur destin de celui du pays au nom duquel ils parlent. Oyelli avait aussi compris pourquoi les hommes politiques avaient besoin de se faire entourer d'agents de la force publique. Ne pouvant, en effet, susciter le respect, ils ne peuvent que se contenter de susciter la crainte dont aimait parler Machiavel. C'est pourquoi il est souvent rappelé que les hommes politiques qui suscitent la crainte ne sont pas nécessairement accrédités d'un respect de la part du peuple au nom duquel ils parlent souvent. Oyelli avait cependant pris l'engagement de ne jamais gêner l'action d'Obangui. Il savait que celui qui a déjà menti a déjà perdu sa liberté. Il savait surtout que tout bien mal acquis, même s'il s'appelle le pouvoir, ne profite jamais. Il avait cependant pitié des habitants de sa contrée natale qui avaient manqué de discernement lors des élections législatives et s'attendaient à en payer le prix tôt ou tard. Oyelli, le candidat non élu, connaissait le passé et le présent. Il savait que, malgré les études de prospective, seul Dieu connaît l'avenir dans toutes ses dimensions et qu'en toute chose, c'est la façon de finir qui compte. Il se retira sans rancune de Mbongouo dont il était l'un des candidats à la députation et s'organisa, toute sa vie, pour toujours bien tenniner dans toutes ses entreprises. Il décida de ne jamais gêner Obangui dans l'exercice de ses fonctions de député que l'on appelle «honorable». Il avait bien conscience de ce que «les mauvaises choses meurent toujours de leur propre poison» et «les bons arbres sont reconnus comme tels à travers leurs fruits ». Oyelli savait que la victoire par le mensonge était toujours 22

provisoire et il était sûr qu'Obangui finirait par vérifier un jour la réalité de ce proverbe: un bien mal acquis ne profite jamais durablement.

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DEUXIE1\1EPARTIE

OBANGUIAUPOUVOIRET

SES EXTRAVAGANCES

La première nuit après son élection, Obangui n'avait pas dormi. Il avait passé tout le temps à imaginer ce que lui apporterait le fait d'avoir enfin accédé au pouvoir. Tout passait dans sa tête: villas à construire, belles dames à convertir en maîtresses, voyages à l'étranger, voitures de luxe, repas prestigieux dans les plus grands hôtels du pays, plans de déstabilisation des concurrents. Aucune idée pour le bien être des habitants de Mbongouo. Aucune place pour le peuple au nom duquel il avait battu campagne. Dans sa tête passaient aussi à tour de rôle les images de certains dignitaires auxquels il souhaitait ressembler et dont certains étaient membres du club FVVA. Ce club dont le sigle est constitué de F pour femmes, V pour villas, V pour voitures, A pour argent, n'acceptait en son sein que les responsables politiques ou administratifs particulièrement préoccupés de conquérir des femmes, de construire des villas, d'acheter des voitures et de mettre tout en oeuvre pour amasser de l'argent quelque soit le moyen utilisé et quel qu'en soit l'impact sur la prospérité de la nation. Dans l'univers mental des membres du club FVVA, il y avait très peu de place pour les aspirations du peuple, pour le bien général, pour le bien commun. Ils appartenaient

tous au monde du «J e» qui ignore superbement le « Nous », au monde du «Moi» qui ignore le «Toi ». Dans ce monde, les verbes ne se conjuguent qu'à la première personne, c'est-à-dire avec «je ». Obangui avait commencé à rêver de vivre en consacrant le triomphe du «Mon» au détriment du «Notre ». Il se préparait à ne plus parler qu'en utilisant les mots «Je », « Moi », «Mon» qui reflètent souvent l'état mental des égoïstes, des orgueilleux et des cupides qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Pendant qu'il continuait à rêver de ce qu'il allait devenir, un véhicule du protocole d'Etat arriva à son domicile et lui remit une carte d'invitation pour la session inaugurale de l'Assemblée nationale. Cette session eut effectivement lieu et il y participa avec une joie indescriptible. Un règlement intérieur de l'Assemblée fut adopté. Le bureau et les commissions de cette importante institution constitutionnelle furent élus. Comme il le souhaitait, Obangui fut élu comme membre du bureau avec ce que confère un tel statut: voiture et villa de fonction, chauffeur, gardes de corps, salaire fonctionnel. Par ailleurs, il avait droit à un cabinet personnel devant comprendre plusieurs conseillers, plusieurs attachés et un chef du protocole. Tout ce beau décor contribua à élever son prestige et créa un capital d'attrait suffisant pour attirer tous les courtisans et ceux qui voient en chaque responsable une opportunité pour régler leurs problèmes personnels. Obangui fut conduit à visiter sa nouvelle résidence, une belle villa dont toutes les chambres étaient climatisées. Il apprit ensuite qu'il avait droit à la gratuité de l'eau, de l'électricité et du téléphone. A cela s'ajoutaient d'autres avantages non décrits mais connus des seuls bénéficiaires. 26

À propos du téléphone, le protocole d'Etat lui fit connaître qu'il avait à sa disposition, une ligne rouge dont le numéro ne devait pas être connu de beaucoup de gens. Pendant qu'il visitait sa nouvelle résidence, ce téléphone sonna. Il y avait au bout du fil Monsieur Ebobo, devenu Président de l'Assemblée nationale depuis l' élection du bureau. Il était un personnage très connu pour avoir, dans le passé, obtenu le statut du meilleur zélé dans l'œuvre visant le renforcement du parti dont il était l'un des grands animateurs et ce, au prix de nombreuses intrigues. Selon ce dangereux Président, probablement adepte du machiavélisme, on ne devrait pas accéder au pouvoir sans avoir joué de grands rôles sur le chemin qui y conduit, même si cela devait impliquer l'usage de mensonges, la falsification des faits, la trahison et, dans certains cas, la pratique de sacrifices divers. Le Chef de l'Institution parlementaire dont le nom Ebobo est aussi celui d'un grand animal d'Afrique au Sud du Sahara, avait en effet une conception terrible du pouvoir. Pour lui, on accédait au pouvoir pour se servir, servir les parents, les amis et accessoirement certains citoyens de son terroir. Il n'hésitait pas à dire cyniquement à ceux qui le fréquentaient que le meilleur politicien était celui qui garantissait la longévité du pouvoir dont il était l'un des dirigeants. Et cela, selon lui, se faisait toujours au prix de mille et un calculs mêlant la méchanceté, la malice, l'ingratitude, la fidélité, 1'hypocrisie, la ruse et même le courage de faire mal en cas de besoin. Ebobo insistait souvent sur le fait que le pouvoir devait fonctionner en tout temps et en tout lieu comme une secte dont les membres se devaient d'abord fidélité en toutes 27

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