Abécédaire choisi des pompes funèbres

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"On n'entre pas en pompes funèbres par vocation, mais on y attrape le virus." Quel attrait trouve-t-on dans une profession injustement décriée et qui parfois prête à rire ? Comment se met-on à aimer un métier aux missions délicates, souvent pénible et d'une grande exigence, où rien n'est à laisser au hasard ? De l'Accompagnement des familles au Travail du deuil, cet abécédaire partage le vécu quotidien de ceux qui ont embrassé la profession.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336371450
Nombre de pages : 258
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Pierre BERNARD
ABÉCÉDAIRE CHOISI des POMPES FUNÈBRES
Abécédaire choisi des pompes funèbres
Pierre Bernard
Abé cédaire choisi des pompes funèbres
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05787-3 EAN : 9782343057873
PROLOGUE
La profession des pompes funèbres est singulière. Elle serait le symbole d’un honteux commercela mort, avec j’ai même entendu parler d’argent saleà l’évocation des bénéfices qu’elle génère, alors que dans le même temps, elle suscite de profonds et sincères remerciements chez ceux et celles qu’elle sertà l’occasion d’un deuil.
Ainsi, confirme-t-elle, que pour juger, critiquer, aimer ou apprécier, il faut connaître, bien savoir de quoi on parle.
Les témoignages reçus sont divers. Ils portent tantôt sur l’accueil, l’aide apportée, la qualité des produits, mais surtout le non-dit dans un regard, dans un sourire, tient une grande place.
Mais gare à la médiocrité ! La profession est exigeante et son éthique va bien au-delà de l’honnêteté et du simple - 7 -
savoir-faire. Les compliments et critiques négatives apprennent au professionnel qu’il lui est nécessaire de bien cerner la mission qui lui est confiée afin de se hisser à sa hauteur. Il lui faut aussi comprendre les raisons pour lesquelles tout manquement lui sera sévèrement reproché.
La professionn’est pas attractive, c’est peu de le dire, même si de nos jours, elle a perdu une partie de ses noirs atours : tentures, décorations diverses, apparat du corbillard
Mise en bière, cérémonie funèbre, inhumation, exhumation et crémation ne constituent pas, malgré leur diversité, un emploi du temps des plus recherchés.
Certains contestent même son utilité. Un comble !
Un de mes amis, secrétaire de mairie d’une petite ville de province m’affirmait de bonne foi:“Tu vois, ici, on n’a pas besoin de pompes funèbres”. Ce n’était pas tout à fait vrai. Dans une vieille remise, un corbillard municipal attendait son cheval, qui une ou deux fois par mois le dirigeaitde la demeure d’un défunt au cimetière via l’église paroissiale. Le menuisier pour la fabrication du cercueil, le maçon pour le déplacement de la pierre tombale ou le creusement de la fosse et souvent pour le portage du cercueil en l’absence d’amis, faisaient office de pompes funèbres.
Le recours aux bonnes volontés devenant par trop aléatoire et en milieu urbain l’organisation des obsèques plus complexe, le professionnalisme des pompes funèbres s’avéra nécessaire.
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Récemment, le Service funéraire de la ville de Paris a mis en place un service low-cost, limité à un véhicule et un cercueil, disposition qui, sans nier le besoin de limiter les frais d’obsèques, réduit l’entrepreneur de pompes funèbres à n’être qu’un marchand de cercueils et un loueur de voitures, ce qui n’est ni ma conception ni ne correspond, à de rares exceptions, à la demande des familles endeuillées.
Pourtant, et là se situe sa deuxième singularité, malgré son manque d’attractivité la profession retient ceux qui l’exercent. Ce quiest matière à réflexion en période de fort chômage. Récemment,un cadre dirigeant d’une grande entreprise de pompes funèbres me disait qu’il est en recherche d’une centaine d’emplois.
Par ailleurs, le malaise au travail dit-on, et pourquoi le démentir, proviendrait du fait que nombreux sont ceux qui exercent des tâches qui ne leur plaisent pas. Les jeunes n’auraient plus la possibilité de choisir un métier, comme ils le faisaient jadis.
Avec les pompes funèbres, on touche un grand paradoxe. Une profession que l’on fuit et qui séduit tout à la fois, sous réserve de faire le premier pas.
Ce livre ne se veut pas agent recruteur, ce n’est ni son objet, ni sa prétention. Il espère simplement, s’appuyant sur les lettres de notre alphabet, faire mieux connaître la profession des pompes funèbres, encore secrète et mystérieuse malgré des efforts de communication qui,
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