Alain-Fournier

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Le nom d’Alain-Fournier, pseudonyme d’Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 22 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l’auteur d’une œuvre plus ample – correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques – sur laquelle s’appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d’un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière, Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l’âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d’être marin pour faire des voyages, affirmant se jouer du monde avec la moindre de ses pensées, il ne voulait pas créer des personnages moraux ou sympathiques, mais d’abord penser à les faire vivants.
Prix Roland de Jouvenel 2015
Publié le : jeudi 13 février 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072477409
Nombre de pages : 406
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Alain-Fournier par Ariane Charton
INÉDIT
FOLIO BIOGRAPHI ES
collectîon dîrîgée par
GÉRARD DE CORTANZE
Alaîn-Fournîer
par Arîane Charton
Gallîmard
© Éditions Gallimard, 2014.
Couverture : Alaîn-Fournîer en 1905. Coll. part. Pique-nique sur les bords du Loing à Montigny. Photo © Archîves Alînarî, Florence, Dîst. RMN-Grand Palaîs / Henrî Chouanard (détaîl).
e Arîane Charton est spécîalîsée dans la lîttérature du xix sîècle. Elle a publîéLe Roman d’Hortense(Albîn Mîchel, prîX de la vîlle de Mennecy), consacré à Hortense Allart, la dernîère maïtresse de Cha-teaubrîand. Elle a aussî établî l’édîtîon desLettres pour lire au lit, la correspondance amoureuse entre Marîe Dorval et Alfred de Vîgny (Mercure de France), aînsî que des lettres d’Alaîn-Fournîer à Jeanne Bruneau (Mercure de France). Elle est également l’auteur d’une anthologîe,Cher papa, les écrivains parlent du pèreLattès). À (J.-C. l’occasîon du centenaîre de la guerre de 1914-1918, elle a publîé un Petit éloge de l’héroïsme à travers des écrivains de la Grande Guerre(Gallîmard, Folîo 2 €). Dans la collectîon Folîo Bîographîes, elle est l’au-teur deMussetet deDebussy.
La (trop) belle enfance (1886-1898)
Dès mes jours anciens d’enfance à la campagne, de nuits dans les dortoirs, ce projet se dessinait dans ma tête, projet que je n’osais pas même m’avouer à moi-même 1 — d’écrire* .
Henrî Alban Fournîer ît le jour le 3 octobre 1886 au moment de la rentrée des classes. Luî quî e a faît du quotîdîen des écolîers de la III Répu-blîque un cadre romanesque deaît oîr presque toute son eXîstence rythmée par le calendrîer scolaîre. Sa mère se reposaît alors à La Chapelle-d’Angîllon, bourg sîtué au nord du Cher, auX portes de la Sologne, chez ses parents, Matthîeu et Adelîne Barthe. La maîson eXîste toujours et se sîtue au 35 de l’aenue Alaîn-Fournîer. Henrî Fournîer deaît y séjourner fréquemment tout au long de sa îe, notamment durant les acances d’été. Ce lîeu de naîssance symbolîse bîen les lîens étroîts que l’écrîaîn a entretenus aec ses grands-parents maternels, notamment Adelîne, surnom-mée maman-Barthe. Une seconde mère pour Henrî
* Les notes bîblîographîques sont regroupées en fîn de volume p. 370.
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Fournîer et sa sœur Isabelle, quî naquît aussî à La Chapelle-d’Angîllon, le 16 juîllet 1889.
Maman-Barthe est la personne la plus paîsîblement actîve que nous ayons connue : ces matîns d’été, dès quatre heures, tandîs que papa-Barthe ronfle à corps perdu derrîère les rîdeauX rouges, on pourraît la voîr, assîse contre la fenêtre de la salle, sa jolîe petîte fîgure — sî fraïche encore et sans une rîde sous le fanchon de chenîlle noîre — se détachant sur la lumîère toute rose du soleîl levant, quî coud, quî coud, quî des-sîne, quî calque, quî brode, quî taîlle, et l’ouvrage s’allonge et luî fleurît entre les doîgts sans que ses maîns aîent seulement 2 l’aîr de bouger .
Prénommée Flaîe-Catherîne à sa naîssance en 1833, elle se fît toujours appeler Adelîne. Fîlle de Casîmîr Blondeau, cantonnîer puîs cultîateur, maman-Barthe étaît couturîère. C’étaît aussî une femme fantasque raffolant des hîstoîres. « Elle adore la lecture. Maîs elle lît elle-même assez laborîeusement, les sourcîls rétrécîs au-dessus des lunettes à monture de fer, et l’on oît chaque mot 3 s’écrîre sur ses lères applîquées . » Elle partage ce goût pour le romanesque aec l’une de ses sœurs, la tante Morenne. Cette dernîère ît au nord de La Chapelle, à Argent-sur-Sauldre et deîendra la tante Moînel dansLeGrand Meaulnes. Quant à Matthîeu Barthe, grand-père de l’écrî-aîn, îl enaît du Tarn, précîsément du îllage d’Alban. Il descendaît par sa mère d’une îeîlle famîlle arîstocratîque albîgeoîse, les Pujol de La Tapîe. Maîs, comme l’eXplîque Jean Loîze quî a établî une généalogîe précîse de tous les aeuX e d’Alaîn-Fournîer depuîs le xviii sîècle, son arrîère-
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