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Alain-Fournier par Ariane Charton
INÉDIT
FOLIO BIOGRAPHI ES
collectîon dîrîgée par
GÉRARD DE CORTANZE
Alaîn-Fournîer
par Arîane Charton
Gallîmard
© Éditions Gallimard, 2014.
Couverture : Alaîn-Fournîer en 1905. Coll. part. Pique-nique sur les bords du Loing à Montigny. Photo © Archîves Alînarî, Florence, Dîst. RMN-Grand Palaîs / Henrî Chouanard (détaîl).
e Arîane Charton est spécîalîsée dans la lîttérature du xix sîècle. Elle a publîéLe Roman d’Hortense(Albîn Mîchel, prîX de la vîlle de Mennecy), consacré à Hortense Allart, la dernîère maïtresse de Cha-teaubrîand. Elle a aussî établî l’édîtîon desLettres pour lire au lit, la correspondance amoureuse entre Marîe Dorval et Alfred de Vîgny (Mercure de France), aînsî que des lettres d’Alaîn-Fournîer à Jeanne Bruneau (Mercure de France). Elle est également l’auteur d’une anthologîe,Cher papa, les écrivains parlent du pèreLattès). À (J.-C. l’occasîon du centenaîre de la guerre de 1914-1918, elle a publîé un Petit éloge de l’héroïsme à travers des écrivains de la Grande Guerre(Gallîmard, Folîo 2 €). Dans la collectîon Folîo Bîographîes, elle est l’au-teur deMussetet deDebussy.
La (trop) belle enfance (1886-1898)
Dès mes jours anciens d’enfance à la campagne, de nuits dans les dortoirs, ce projet se dessinait dans ma tête, projet que je n’osais pas même m’avouer à moi-même 1 — d’écrire* .
Henrî Alban Fournîer ît le jour le 3 octobre 1886 au moment de la rentrée des classes. Luî quî e a faît du quotîdîen des écolîers de la III Répu-blîque un cadre romanesque deaît oîr presque toute son eXîstence rythmée par le calendrîer scolaîre. Sa mère se reposaît alors à La Chapelle-d’Angîllon, bourg sîtué au nord du Cher, auX portes de la Sologne, chez ses parents, Matthîeu et Adelîne Barthe. La maîson eXîste toujours et se sîtue au 35 de l’aenue Alaîn-Fournîer. Henrî Fournîer deaît y séjourner fréquemment tout au long de sa îe, notamment durant les acances d’été. Ce lîeu de naîssance symbolîse bîen les lîens étroîts que l’écrîaîn a entretenus aec ses grands-parents maternels, notamment Adelîne, surnom-mée maman-Barthe. Une seconde mère pour Henrî
* Les notes bîblîographîques sont regroupées en fîn de volume p. 370.
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Fournîer et sa sœur Isabelle, quî naquît aussî à La Chapelle-d’Angîllon, le 16 juîllet 1889.
Maman-Barthe est la personne la plus paîsîblement actîve que nous ayons connue : ces matîns d’été, dès quatre heures, tandîs que papa-Barthe ronfle à corps perdu derrîère les rîdeauX rouges, on pourraît la voîr, assîse contre la fenêtre de la salle, sa jolîe petîte fîgure — sî fraïche encore et sans une rîde sous le fanchon de chenîlle noîre — se détachant sur la lumîère toute rose du soleîl levant, quî coud, quî coud, quî des-sîne, quî calque, quî brode, quî taîlle, et l’ouvrage s’allonge et luî fleurît entre les doîgts sans que ses maîns aîent seulement 2 l’aîr de bouger .
Prénommée Flaîe-Catherîne à sa naîssance en 1833, elle se fît toujours appeler Adelîne. Fîlle de Casîmîr Blondeau, cantonnîer puîs cultîateur, maman-Barthe étaît couturîère. C’étaît aussî une femme fantasque raffolant des hîstoîres. « Elle adore la lecture. Maîs elle lît elle-même assez laborîeusement, les sourcîls rétrécîs au-dessus des lunettes à monture de fer, et l’on oît chaque mot 3 s’écrîre sur ses lères applîquées . » Elle partage ce goût pour le romanesque aec l’une de ses sœurs, la tante Morenne. Cette dernîère ît au nord de La Chapelle, à Argent-sur-Sauldre et deîendra la tante Moînel dansLeGrand Meaulnes. Quant à Matthîeu Barthe, grand-père de l’écrî-aîn, îl enaît du Tarn, précîsément du îllage d’Alban. Il descendaît par sa mère d’une îeîlle famîlle arîstocratîque albîgeoîse, les Pujol de La Tapîe. Maîs, comme l’eXplîque Jean Loîze quî a établî une généalogîe précîse de tous les aeuX e d’Alaîn-Fournîer depuîs le xviii sîècle, son arrîère-
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