Aline

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Au pays de Rimbaud, dans un petit village proche de la Belgique, l'auteur nous fait revivre l'aventure humaine , pénible ou souriante, d'une famille ardennaise, au travers de grands événements tels que la révolution industrielle, les guerres fratricides, le progrés scientifique. C'est la traversée du vingtième siècle, chargée d'histoire, par des gens simples dans un cadre à la fois hostile et magnifique.
Publié le : dimanche 1 mai 2005
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EAN13 : 9782336277608
Nombre de pages : 249
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ALINE Destinée d'une famille ardennaise

cgL'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8474-7 EAN : 9782747584746

Yves Pia

ALINE
Destinée d'une famille ardennaise

Préface de Christian Poncelet

L'Harmattan 5-7,rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

Ouvrages du même auteur
Voyage dans le temps, éditions Lettres du monde, 1998 Terreur sur la ville, éditions Manuscrit.com, 200]

A Aline, avec ma reconnaissance A Marie-France, n10n amour

éternelle

Au professeur Jean-Claude Etienne, pour nl 'avoir félicité de la qualité de ce livre

Photo de couverture: A Revin dans les années cinquante, devant le monument des maquisards: Victor, le père d'Aline, avec Yves, lefils d'Aline...

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Préface de Monsieur Christian PONCELET, Président du Sénat
Un ardennais exilé nous parle de la vie simple d'une famille ardennaise au siècle dernier. Son ouvrage, audacieux et emprunt de réalisme, ne laissera pas indifférent les gens du grand Est. C'est la reconnaissance d'un patrimoine humain indélébile et beaucoup d'entre nous y retrouveront leurs ancêtres et leur jeunesse d'antan... L'auteur, natif de Revin, n'a pas oublié ses racines: il nous transmet la mémoire d'un peuple rustique, courageux et besogneux à travers des périodes mouvementées. Il écrit la petite histoire au milieu des grands événements historiques. C'est sans doute par souci de pérennité qu'il nous fait revivre ce passé à la fois proche et lointain. ..

Christian PONCELET est né en 1928 à Blaise, près de Vouziers, dans les Ardennes. Ancien député et ancien ministre, il est actuellenlent sénateur des Vosges. Depuis 2003, il est membre de l'Institut de France (Acadén1ie des sciences morales et politiques).

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Introduction
S'il est une période riche en événements majeurs, c'est bien le vingtième siècle. On n'avait jamais vu cela dans I'histoire. La science fait un bond gigantesque et ses applications sont redoutables. On assiste, comme dans un accouchement, à une création dans la douleur. Une telle mutation serait-elle la conséquence d'un quelconque machiavélisme de Dieu? A l'aube du troisième millénaire, il me parait opportun de dresser un bilan de ces années passées. Qu'est-il advenu de l'humanité, de l'homme et de la femme, au fil de ces quelques générations? Nous connaissons le résultat. La première constatation générale qui vient à l'esprit, c'est que le vingtième siècle aura enregistré plus de découvertes scientifiques et de développements technologiques que dans tous les millénaires précédents. Pendant cette même période, il aura connu les plus grands charniers humains de tous les temps. La première guerre mondiale a fait environ trente millions de morts dont neuf millions directement pendant les hostilités. Car n'oublions pas que la plupart des participants ont été blessés ou gazés et que beaucoup d'entre eux en sont morts quelques années plus tard. La seconde guerre mondiale ne vaut pas mieux car si le théâtre des opérations est plus vaste, l'on dénombrera dix-sept millions de morts au combat et environ neuf millions de morts dans les camps. Les autres conflits, révolutions, ou interventions armées feront aussi une trentaine de millions de morts sur tous les continents. Par fait de guerre, notre siècle aura vu périr une centaine de millions de personnes, soit plus que durant tous les siècles précédents réunis. Parallèlement, les catastrophes naturelles: avalanches, éboulements, sécheresses, épidémies, inondations, famines, éruptions volcaniques, ont fait une cinquantaine de millions de morts durant ce siècle. Les accidents dus à l'activité humaine: empoisonnements, catastrophes minières, explosions, incendies, ruptures de barrages, paniques, bousculades, effondrements, accidents de transport, ou encore suicides, ont fait autant de victimes.

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On notera aussi que la violence a changé de fonne au cours du siècle, mais qu'elle reste omniprésente, partout dans le monde. On constatera aussi que le progrès technique n'a pas changé grand-chose pour la plupart des peuples. La répartition inégale des richesses et du confort est générale. Mais, à côté des grands événements qui ont marqué I'histoire, il y a la vie de tous les jours. Comment le petit peuple de la France profonde a-t-il vécu cette époque? A l'aube du vingt-et-unième siècle, il est intéressant de regarder ce qui se passait dans la vie courante par rapport aux événements. Essayer de comprendre comlnent des gens paisibles et travailleurs, des gens pauvres mais civilisés, ont été entraînés dans le progrès, la barbarie et la décadence. Ceci est l'histoire d'une famille ardennaise entre Mil neuf cents et l'An deux mille. Un retour dans le passé, un retour sur les joies et les peines dans cette période troublée, un retour sur le banal et l'impensable... Les noms propres des personnages de ce récit ne sont donnés qu'à titre indicatif, sans aucune intention de nuire ou de plaire aux personnes directement ou indirectement concernées. Ils sont cités de mémoire et certaines erreurs sont possibles. Ils auraient pu être changés mais cela aurait modifié l'aspect témoignage historique du texte.

Il

Prologue
Aline, c'est ma mère. Elle est née en 1920 dans un petit village du massif ardennais. Elle s'y marie après la guerre avec Floréal, un garçon né en 1912 dans la même commune. Ils auront deux enfants dont je suis l'aîné, Yves. Je vois le jour dans une bourgade de la pointe de Givet et je me marierai avec Marie-France, une jeune fille de la vallée de la Semoy. J'ai bien connu «Pépère Victor », mon grand-père maternel, et «Mémère Lise », ma grand-mère paternelle, car j'ai passé pas mal de temps avec eux. Dans ma jeunesse les personnes d'une même famille sont très liées et se rencontrent souvent, simplement pour se voir, discuter ensemble ou faire la fête. Au travers de leurs récits, histoires, aventures, j'ai tenté de retracer la vie de ces gens dans un siècle riche en événements majeurs: grandes inventions, guerres...

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Chapitre I Au début du vingtième

siècle

L'Europe domine le monde. Londres est la capitale financière, Berlin la capitale scientifique et Paris s'affirme comme le foyer des contacts internationaux. La France est en pleine croissance économique. L'agriculture, prépondérante depuis toujours, fait place à l'activité industrielle. Mais les villes sont misérables, avec leurs taudis où se propagent de mortelles maladies infectieuses. C'est aussi l'avènement du premier règne du consommateur. L'industrialisation et le développement du commerce international permettent d'offrir des nouveautés toujours plus nombreuses et variées. La publicité fait son apparition. De plus en plus de personnes sont occupées dans les mines, l'industrie textile et la sidérurgie. C'est souvent plus pénible. Pour l'ouvrier, les conditions de travail sont assez désastreuses.

15 1900-1913
En 1900, c'est la « Belle Epoque », l'Exposition universelle de Paris avec la tour Eiffel, le réginle de la Troisième République avec Enlile LOUBET, l'inauguration du métro parisien, le premier in1nleuble en béton. Charles PEGUY écrit « Les cahiers de la quinzaine» et Paul CEZANNE peint « Les Grandes baigneuses ». En 1901, c'est la loi sur les associations et le premier salon de l'auto. En 1902, DEBUSSY conlpose« Pelléas et Mélisande ».

En 1903, prenlier tour de France cycliste et Pierre et Marie CURIE obtiennent le prix Nobel pour la découverte de la radioactivité. En 1904, Entente cordiale, JA URES fonde « L 'Hunlanité ».

En 1905, c'est le service nlilitaire obligatoire, la séparation de l'église et de l'Etat, EINSTEIN jette les bases de la Relativité et PICASSO peint« Les Bateleurs ». En 1906, fin de l'affaire DREYFUS, nlinistère CLEMENCEA U, catastrophe minière de Courrières faisant plus de nlille nl0rts et loi sur le repos hebdonladaire. MONET débute « Les Nynlphéas ».
En 1907, loi sur la liberté du culte. En 1908, naissance du cubisme. En 1909, BLERIOT traverse la Manche. En 1910, projet de retraite à soixante ans. En 1911, nouveau prix Nobel pour Marie CURIE.

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En 1912, prenlier conflit balkanique.

En 1913, le service nlilitaire passe de deux à trois ans, Roland GARROS traverse la Méditerranée en avion, Louis DE BROGLIE déternline le spectre des rayons X et Guillaunle APOLLINAIRE écrit « Alcools ».

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En 1900 dans les Ardennes
Au début du siècle, dans les Ardennes, il y a un inconfort dont nous n'avons plus idée. Il n'y a pas d'électricité, pas de chauffage central. Il y a les sabots, douloureux pour les pieds. Il yale climat. Un climat froid et humide. Pour les ouvriers, le chauffage c'est le bois. Ils le coupent le dimanche, en hiver, quand la sève est descendue. On s'éclaire à la lueur blafarde d'une lampe à huile ou à pétrole. Les toilettes sont au fond du jardin. Il faut aller chercher l'eau à la fontaine. Tous cultivent un jardin et élèvent des lapins et des poules pour améliorer l'ordinaire. Et il yale travail, pénible. A l'usine, au jardin, au bois.. . Les Ardennes sont géographiquement à mi-chemin entre le Nord et l'Est de la France. Au niveau industriel, elles sont à la confluence du charbon du Nord et du minerai de fer, la « minette» de Lorraine. Dans les vallées de la Meuse et de la Semoy, là où l'on peut utiliser la force motrice des moulins, se trouvent de nombreux ateliers de travail de la fonte et de l'acier. Il y a les fonderies et les forges que les habitants appellent des « boutiques ». Dans ces établissements, il y a généralement un ingénieur, quelques maîtres ouvriers, des apprentis et des manœuvres ou « manouvriers ». Bien souvent, l'ingénieur est le patron. La hiérarchie n'est pas compliquée. C'est le patron qui dirige tout. C'est lui qui embauche ou qui «met à la porte ». Pour être manouvrier, il suffit d'être courageux et obéissant. Pour devenir maître ouvrier, il faut en plus pouvoir apprendre le métier. Il faut nécessairement savoir lire, écrire et compter pour suivre une formation professionnelle. Il faut donc avoir été à l'école. L'apprentissage est long et rigoureux, comme l'hiver ardennais. Mais quelque soit leur grade, tous les ouvriers sont compétents et exploités... La compétence est une bonne chose pour l'entreprise. C'est une bonne chose pour tout le monde. Mais il n'y a jamais coïncidence entre l'aptitude d'un ouvrier et son salaire. De plus en plus les ingénieurs vont s'évertuer à découvrir des moyens de substitution. De plus en plus les travailleurs défendront jalousement leur savoir-faire.

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Le climat social, les « déshérités de Nouzon »
Les ouvriers travaillent onze ou douze heures par jour. Et cela six jours par semaine. La loi Millerand prévoira un échéancier pour ramener progressivement cet horaire à dix heures et demie puis à dix heures par jour. Il n'y a pas de vacances, les congés payés ne viendront que beaucoup plus tard. Les hommes n'ont que le dimanche pour se reposer mais le consacre généralement aux travaux des bois ou des champs selon la saison. Il n'y a pas de retraite. Les accidents du travail sont nombreux. La protection sociale est inexistante. C'est « Germinal », c'est du« Zola »... Les conditions sont idéales pour la propagande du syndicalisme et du socialisme. Jean-Baptiste CLEMENT (18371903), membre de la « Commune» en 1871, œuvre dans cette région. Il se rend dans les villes et les villages où il est invité pour tenir des réunions politiques et syndicales. Les propriétaires et les cléricaux l'accueillent avec des fourches. Les militants se réunissent donc dans des lieux tenus secret. A la fin, ils entonnent toujours « Le temps des cerises» Dans la vallée de la Meuse, tous les ouvriers sont "socialos". Ils le sont par vocation ou par la force des choses. En fait, depuis les années mil huit cent quatre-vingts, quatrevingt-dix, tous les syndicats sont fédérés et dirigés par les socialistes. Le patronat a vite compris qu'il valait mieux composer avec cette force. Les dirigeants sont des maîtres ouvriers plutôt bien rémunérés. Et pour s'embaucher quelque part, il faut être syndiqué. Pour se loger, il faut payer un loyer au patron qui est généralement propriétaire des logements au voisinage de l'usine. Parmi l'ensemble des ouvriers syndicalistes socialistes par nécessité, certains réagissent et n'entendent pas subir un système qui les maintient dans un état manifeste d'esclavage. Un état dont ils ne peuvent se sortir. Un état qu'ils ne peuvent espérer meilleur pour leurs enfants.

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C'est étouffant. Ca l'est physiquement par les conditions déplorables de travail et moralement par un horizon bouché. Tout ce qu'il y a comme libertaires, humanistes, anarchistes, révolutionnaires, mondialistes et autres libres-penseurs, les anticonformistes, les communistes, les anti-militaristes ou objecteurs de conscience, les anti-cléricaux ou autres réactionnaires se regroupent. On les retrouve d'abord chez les «déshérités de Nouzon», à Nouzonville, puis dans la « communauté d'Aiglemont ». Par opposition aux «syndicalistes socialistes», ils se définissent comme des «communistes anarchistes». Communistes par refus de la propriété, qu'elle soit mobilière ou immobilière. Anarchistes par refus du pouvoir sous toutes ses formes. Quelques-uns sont très cultivés. Ils instruisent les autres. Tous comprennent que l'obscurantisme entretenu par les forces dirigeantes et le clergé
do it être abo Ii.

L'école laïque qui pourrait être un moyen privilégié pour lutter contre cet état n'est en fait qu'un creuset pour former des citoyens patriotes et nationalistes. C'est l'instruction publique à la « Jules Ferry». Et puis, de nombreux enfants ne vont pas à l'école. Il n'y a pas encore d'allocations familiales et la « paye» de l'homme ne suffit pas toujours à nourrir la famille. Beaucoup d'enfants travaillent très tôt, certains dès l'âge de sept ou huit ans. A l'âge de dix ou onze ans, ils travaillent tous.

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Chapitre II Mes grands-parents
Mon grand-père paternel alias Henri
Valentin Arthur PIA dit Henri, né à Nouzonville en 1884 et mort à Sécheval en 1948, est le fils de Jules Napoléon PIA dit Robert, forgeron, né en 1849 et mort en 1924 à Joigny et Marie Céline LEFORT (mariés puis divorcés). Henri et Robert sont des surnoms comme beaucoup en ont à l'époque. Dans leur pays, les gens ne les connaissent que sous ces prénoms usuels qui prennent un caractère d'état civil. PIA. Personne ne connaît l'origine de ce nom. Italien? C'est un prénom féminin en Italie et l'on imagine mal un homme de la « Botte» avoir ce genre de patronyme. Mais, il en existe. Espagnol? C'est possible. Une certaine consonance latine. Pendant la renaissance, l'empire de Charles Quint allait de l'Espagne à la Hollande. Ses troupes ont stationné dans les Ardennes. Je suis né dans un quartier de maisons espagnoles à Revin. Il y a aussi une commune de ce nom dans le Sud-Ouest de la France où l'on joue au rugby à treize. Enfin, il reste que c'est peut-être tout simplement un nom ardennais. Pia signifie « peau» en patois local. Une « pia» est une fille de mauvaise vie. On préfère sans doute l'oublier. .. Henri est un garçon intelligent. Il s'intéresse à tout. Il a l'esprit vif. Et le regard! Un regard bleu, qui transperce. Un regard inimitable que l'on retrouve seulement chez les « Pia» (Floréal, Yves, Damien). Il aime la musique et joue même du pipeau et du violon. Comme son père, il sera forgeron: un excellent maître ouvrier. En 1904, il est frappeur à Joigny. Pour l'embauche, c'est simple: à la boutique, Henri s'approche du marbre sur lequel est posée une pièce de fonte aciérée. Manifestement le morceau de métal en question est bancal. Il s'en saisit et le pose sur un « tas », sorte d'enclume. De la sueur perle sur son front.

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Dans la pénombre de l'atelier d'ébarbage d'une petite fonderie de la vallée de la Meuse, il soulève puis abat, dans le geste « auguste» du forgeron, une masse respectable sur la pièce puis la remet sur le marbre. Miracle, la pièce est d'aplomb. Pour Henri, c'est normal, c'est son métier tout simplement. L'ingénieur qui assiste à la démonstration lui signifie qu'il est embauché « sur le champ ». Au conseil de révision de la classe 1904, il est déclaré «bon pour le service ». Ajourné en 1905, il part pour l'instruction militaire, d'octobre 1907 à mai 1908, au quatrevingt-onzième régiment d'infanterie. Renvoyé dans ses foyers en juillet 1908 avec «certificat de bonne conduite ». Il sera rappelé pour la guerre. Après Verdun, Henri PIA est affecté au dépôt du quatorzième régiment d'infanterie de Toulouse en 1919 et travaille à l'usine Artigue et Dufour, car non démobilisé. Il est de retour à Sécheval en mai 1919.

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Ma grand-mère paternelle:

« Mémère Lise »

Lise Augustine Anna PIQUOT, née en 1885 et morte en 1963 à Sécheval est la fille de Jules Ovide PIQUOT, né en 1854 et disparu en Argentine, et Zoé Elise DELMONT, née en 1856 et morte en 1941. Henri est amoureux de Lise, mais les parents bourgeois de celle-ci ne veulent pas entendre parler de mariage avec ce « mécréant». Elle se sauve avec lui. Ils se marient à MaisonsAlfort en août 1907. Henri est un progressiste athée et ils vont vivre pour un temps dans la communauté d'Aiglemont. Mais Lise ne supporte pas l'excès de libéralisme et en particulier les pratiques échangistes. Ils ont trois enfants avant que la guerre n'éclate. Le premier, Gabriel Edmond Louis est né à Deville en février 1908. On ne sait pas pourquoi ils ont choisi ce prénom. Etonnant. L'archange Gabriel n'était pas vraiment au chapitre de ce couple. Enfin, sait-on jamais! Henri souhaite que ses enfants apprennent la musique, aussi Gabriel jouera-t-il de la clarinette, et il fera tous les métiers, du marchand de charbon au chef de gare. Il se mariera avec Renée. La famille s'installe à Nouzonville en 1909. Les deux enfants suivants, encore des fils, Germinal et Floréal relèvent du calendrier républicain. Il faut assumer des prénoms pareils. Floréal sera plutôt satisfait d'un prénom pour le moins original. Ce n'est pas le cas de Germinal, qui le traînera toute sa vie comme un boulet, d'autant plus que le roman populaire d'Emile Zola lui conférait un charisme tout particulier. Germinal Henri, né à Nouzonville en Novembre 1909 est un garçon puissant. Il deviendra fondeur et travaillera chez «Gustin» à la fonderie du Calvaire à Deville. Un excellent ouvrier. Comme son aîné, il apprendra la musique et ce sera un très bon trompettiste, soliste à l'harmonie de cette bourgade. Il se mariera avec Marie-Louise LOUVIOT, une fille de Fade. Il militera pour le parti communiste. La famille revient à Sécheval en 1911. Henri est alors un cloutier indépendant. Le couple a un troisième enfant, Floréal Georges, en novembre 1912. Floréal sera mon père.

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Pour l'heure, c'est un garçon turbulent, sensible et intelligent. Il passe son certificat d'études à l'âge de onze ans puis entre en apprentissage dans une usine de Deville. Il y passera un certificat d'aptitude professionnelle de mouleur-noyauteur. Parallèlement, il suivra les cours du soir dispensés par l'instituteur de Sécheval et passera son certificat supérieur. Comme ses frères, il apprendra la musique et jouera du bugle, un saxhorn soprano du genre trompette. Pour nourrir tout ce petit monde, ils cultivent un grand jardin et élèvent quelques vaches, des volailles et un cochon. Après la guerre de 1914-1918, Henri et Lise PIA ont un quatrième enfant né à Sécheval en août 1925, Robert Marcellin, sans doute en souvenir du père d'Henri dit le père Robert. Ils ont un dernier enfant « sans vie» en octobre 1930.

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