Antoine Blondin - Duetto

De
Publié par

«Lorsqu’il m’est demandé d’écrire sur un auteur qui compte pour moi, qui m’accompagne, c’est à Antoine Blondin que je pense sur le champ. Pourtant je l’ai découvert tardivement. D’autres auteurs dans le peloton des incontournables dévorés à l’adolescence auraient très bien pu s’imposer. Mais Blondin, avec sa petite musique de cloche fêlée et son maillot d’outsider, me touche dans chacun de ses livres. Ses romans sont comme des variations poétiques sur le même thème, celui d’une blessure profonde. Il l’explore sans peser, navigant entre excès et pudeur, humour et mélancolie. »
Jean-Claude Lalumière


L'auteur : Jean-Claude Lalumière a écrit trois romans remarqués par la presse et les lecteurs : « Le Front russe », « La Campagne de France » et « Comme un karatéka belge qui fait du cinéma », parus aux éditions Le Dilettante.
La collection Duetto: écrivains et critiques sont invités à évoquer leur grande passion littéraire, à parler d'un auteur qu'ils admirent, qu'il s'agisse d'un maître disparu ou d'un contemporain qu'ils ont eu la chance de rencontrer.
Publié le : jeudi 4 février 2016
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782374240169
Nombre de pages : 20
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Extrait
J’ai mis mes pas dans les pas d’Antoine Blondin, sans même le savoir. J’ai bu des verres aux mêmes comptoirs, arpenté les mêmes rues ; je suis allé jusqu’à trouver un refuge pour écrire dans le Limousin, à quelques kilomètres de Linards où l’auteur parisien s’était lui-même retiré. Là encore, je n’en savais rien. Je ne connaissais rien ou pas grand-chose d’Antoine Blondin. Il faut dire que le vieil anar libéral avait peu l’occasion d’être cité par mes parents, militants communistes dans leur jeunesse, fidèles à leurs idéaux jusqu’au bout. Pourtant, à chaque diffusion à la télévision, nous regardions en famille l’adaptation au cinéma par Henri Verneuil d’Un singe en hiver. Par vénération pour Jean Gabin avant tout. Mais aussi parce que ce film, où le monstre déjà vieux du cinéma français (même enfant, Gabin avait l’air vieux) partageait l’affiche avec la star montante qu’était alors Jean-Paul Belmondo, nous faisait sourire. Tristement certes. Nous sentions bien que cette histoire était un solde de tout compte, une page qu’on tourne, un deuil inévitable. Quand bien même, nous nous divertissions des pitreries des deux acteurs singeant l’état d’ébriété dans une Nuit de Chine tonitruante, dissonante mais pas discordante.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Allô, Claude?

de le-nouvel-observateur

La boîte à gifles

de le-nouvel-observateur

Michel Houellebecq - Duetto

de nouvelles-lectures

Marguerite Duras - Duetto

de nouvelles-lectures

Jean-Paul Sartre - Duetto

de nouvelles-lectures

suivant