Au fil des jours

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Bénédicte est athée. Bien qu'élevée dans la religion catholique, dans un milieu de gauche, non pratiquant, elle n'a jamais ressenti la Foi. Ce livre raconte son parcours, du jour où elle fut touchée par la grâce au retour au christianisme en passant par l'Islam soufi.


Publié le : jeudi 24 octobre 2013
Lecture(s) : 16
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EAN13 : 9782332607430
Nombre de pages : 168
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ISBN numérique : 978-2-332-60741-6

 

© Edilivre, 2014

Au fil des jours

 

Mercredi, 22 août 2012

Je commence ce journal. Je ne sais trop si je continuerai, mais j’ai envie de coucher sur le papier, en marge des textes que je pourrai écrire, mes impressions au quotidien, j’ai presque envie de dire « audébotté ».

J’ai ce matin, un sentiment étrange, une sensation d’éloignement, ce monde me semble étranger, ce n’est pas de l’indifférence, c’est de la distanciation. Il me semble que mes angoisses terribles des jours derniers aient trouvé une solution.

Seigneur Dieu pourquoi vos désirs sont-ils si douloureux ?

Pour quelle raison ne suis-je pas capable d’évoluer sans une souffrance, indicible, je le concède, mais réelle, je l’affirme ? J’ai toujours souffert, et en suis assez fatiguée. La souffrance morale est de celles qui, bien sûr, ne se voient pas, et sont, par conséquent niées.

Ma vocation religieuse, enfouie au tréfonds de mon cœur, s’est réveillée à l’occasion de ma conversion vers le christianisme, conversion, c’est bien le cas, quoique je sois baptisée depuis ma prime enfance, je n’ai jamais, avant les trois dernières années, ressenti le frémissement de la Foi. Pour moi, être catholique revenait à appartenir à cette classe sociale de petite bourgeoisie de province dont je suis issue mais n’impliquait point du tout une adhésion personnelle et mystique.

Je commence et m’éparpille.

Il y a trois ans, j’ai ressenti l’appel de la Foi. Aussi invraisemblable que cela me semblait.

J’étais à la maison, un jour de repos, assise dans le canapé du salon, A.M. à son habitude dans son coin était au travail sur son ordinateur.

Je me suis sentie soudainement envahie par un Amour extraordinaire, inconditionnel et absolu. Quelqu’un souhaitait me faire savoir que j’existais pour lui. Dieu existait, j’en sentais la présence très fortement. J’étais dans une étrange lumière jaune bouton d’or. Ensuite, la voute céleste s’est ouverte sur ma tête et une voix m’a dit, ‘voici ta place dans l’univers’.

Non, non je ne bois pas et ne suis pas délirante ! Du moins j’ai la faiblesse de le croire.

En marge, une main se posait sur mon épaule gauche, comme pour m’indiquer le chemin.

Cet Amour, les mots sont indifférents à dire ce qu’il représente. Mais Absolu est assez proche ainsi qu’Inconditionnel. J’ajouterai Paternel. J’ai eu la conviction immédiate de ma Foi. Je croyais en Dieu et j’en étais bouche bée.

J’étais assez assommée, moi qui me vantais de mon athéisme, non, ne confondez pas moi j’étais athée et non agnostique. Même Laïciste d’ailleurs, le Laïcisme étant dans ma bouche la version intégriste de l’athéisme. Qui est d’ailleurs assez dominante ici bas.

Je faisais partie de ces gens qui ne supportent pas la vision d’un Hijab et qui ne tolèrent les catholiques que par piété familiale, mais entrant dans une église, pour la visiter bien sûr, en aucun cas je n’aurai pris de l’eau bénite. Jamais je n’aurais commis cette ineptie que le signe de croix, d’ailleurs, lors de l’enterrement de la mère d’un de mes amis, lorsqu’on s’est mis en devoir de bénir le cercueil avec un goupillon, je n’ai pas pu échapper à ce pensum idiot mais j’avoue que je me sentais assez cruche.

Alors être croyante, pour le coup c’est incroyable, mais la méthode m’inquiétais. Je me suis mise en devoir de m’informer auprès de croyants de mon entourage à la recherche d’une explication sur ce phénomène étrange qui venait de survenir dans mon petit cerveau de blonde.

J’ai interrogé MT*** Elle était mon amie au syndicat, et ma formatrice, nous différions sur deux points, la Foi et l’idéal politique. Je lui ai raconté ce qui venait de ce passer.

Je dois reconnaître qu’elle le prit sans l’ironie que je pensais y trouver. Très tranquillement elle m’a informée que je venais d’être touchée par la Grâce.

Ce phénomène paranormal (rires) existait, des fois. Une de ses amies l’avait vécu, et elle s’est mise en devoir de me le raconter.

Ah bon, ça existe ça ?

Je demande à T***, autre catho mais idées politiques si j’ose dire « de mon côté » même réaction de tranquillité « oui j’en ai entendu parler ça arrive quelques fois »

Oh, on se calme ! La Foi c’est une atteinte directe et frontale à ma liberté de conscience. Dieu empiète sur mon Libre Arbitre ; faut pas plaisanter avec la liberté individuelle !

la Socialiste que je suis se rebellait tout d’un coup devant ce bienfait non désiré. Mince j’avais l’impression d’être enceinte sans le vouloir. La question qui se posait à moi est, de suite, comment le faire passer ?

Si, Dieu merci, l’Intervention Volontaire de Grossesse, existe dans ce pays, l’Interruption Volontaire de Foi, elle, reste à définir. Faut faire avec !

Mais non alors, faut pas faire avec, même pas en rêve, Dieu, je sais que tu existes, on est d’accord mais s’il te plait rends moi ma tranquillité d’ignorante de Toi. Parce que c’était facile, avant, ma définition de la vie était assez simple :

Rien avant, rien après et pas grand chose au milieu !

Facile non ? et des millions d’humains pas plus idiots que moi trouvaient et trouvent certainement encore cette définition acceptable.

J’étais la personne qui venait de recevoir un super cadeau, mais qui ne voulait surtout pas être tributaire de l’Offrant. C’est bien joli tout cela mais les obligations, je n’en veux pas trop, alors si tu pouvais Seigneur Dieu reprendre ton machin ce serait sympa.

Bon, on est d’accord les choses ne fonctionnement pas comme cela, et la Foi en Dieu est devenu chez moi un fait avéré. J’ai eu le sentiment de passer de l’autre côté du miroir. Du côté de ceux qui sont illuminés quand ils prient ou parlent de Dieu. Et moi même, je me sens transportée de joie en l’écrivant maintenant.

C’est vrai, il y a une catégorie d’humains, privilégiés qui Savent que le Tout Puissant est une vérité. Sans explication logique, tout cela est bien ailleurs, mais qui en ont une intime conviction. Le plus difficile à admettre est bien là : je venais de changer de bord et Dieu m’avait décillé les yeux sur sa Présence et le nier comme je voulais le faire, était totalement irréaliste.

Ce fut mon premier cas de conscience. Religieux avec une bouchée dure à avaler. Ce ne fut pas le seul, mais simplement le premier. D’autres se préparaient derrière.

J’ai la Foi, j’accepte. Mais de quelle religion dépendais-je ?

J’ai été élevée dans la religion catholique. J’ai donc été baptisée, fait mes deux communions, ma confirmation, mais tout cela sans jamais avoir la moindre trace de croyance en Dieu.

Jésus m’intéressait bien sûr comme être humain et son enseignemement a toujours compté pour moi, mais comme je me plaisais à le dire ; « je ne crois pas que Jésus soit le fils d’un hypothétique Dieu »

Quand à la crucifixion et à sa résurrection, pour moi pour ressusciter le plus simple c’est encore de ne pas mourir.

Vous voyez j’avais des convictions bien réelles.

Alors, quelle religion ? Chrétienne ? Ben pour les raisons que je viens d’évoquer, c’était impossible, quelle que soit la « variété » de la plante, je n’en avais pas les racines. Si pour moi L’enseignement humaniste Chrétien était réel, j’étais fermement persuadée que Jésus n’était qu’un Homme et son message me semblait plus important que celui d’un « Fils de Dieu » c’est comme d’avoir la carte « increvable » aux Mille bornes, on ne risque pas grand chose si on est le fils du boss.

Crétin non ? Hélas oui.

Alors serais-je juive sans le savoir ? Pour une blonde aux yeux verts ce serait étrange, le type sémitique n’est pas évident chez moi, je plaisante bien sûr, Juive non car je SAVAIS que Jésus avait vécu, et son enseignement aussi. Nier toute importance à ce personnage historique tenait du déni. Non le judaïsme n’était pas ma religion.

Je suis allée dans une église de mon quartier, pour rencontrer Dieu chez lui, mais si j’étais capable maintenant de prier, pour autant la réponse évidente à ma question identitaire n’était pas présente.

Alors, si on fait les comptes il reste quoi ? Musulmane ? Non mais vous n’y pensez pas ? Vous n’avez que cela à dire ?

C’est vrai, que depuis La Grace, le mot Haine ne figurait plus dans mon vocabulaire.

Sans que j’y prenne quelque part que ce soit, Il l’avait effacé en même temps qu’Il me manifestait sa Présence.

Il avait fait du ménage.

Certaines personnes de ma famille, m’ayant réservé un traitement assez ignoble dans mon enfance recevaient de ma part une haine bien charnue, bien que tout le monde me disait que la haine ne fait du mal qu’à la personne qui l’éprouve, je trouvais assez tolérable de haïr ceux qui m’avaient fait souffrir.

Et puis fini, Le Pardon s’est imposé et, d’ailleurs, je confirme : ça soulage bien.

Mais de là à faire partie des « soumis à Dieu » ? Car tel est la signification de « musulman » ; non je ne vais quand même pas avaler toutes les couleuvres que Dieu voudra bien mettre dans mon assiette, non ?

Les musulmans, je ne les aimais pas. Et franchement je ne savais pas pourquoi. Mais dans les magasins, je me retenais d’ôter volontairement le foulard des musulmanes voilées.

Ça me titillait quand même, de savoir pourquoi j’éprouvais ce sentiment de rejet vis-à-vis d’une population dont je ne connaissais rien et d’une religion sur laquelle, au sens propre je n’avais que des préjugés.

Oh j’ai bien essayé à cette époque de lire le Coran, en même temps que la Bible, mais il tombait des mains dès la sourate 2.

Un après midi, toujours sur le même canapé, à la maison, je me pris à penser qu’il était temps de faire une grande introspection, et de savoir enfin pourquoi ce rejet de l’Islam.

Jeudi, 23 août.

Il est des années horribles, Elisabeth d’Angleterre a connu, semble-t-il, mais il est aussi des journées horribles.

Celle d’hier est de celles là. J’ai été totalement dominée et tourmentée à la folie par mon angoisse. Je me demande si mon psy ne devrait pas alourdir le traitement car ça devient trop difficile pour moi.

Comment pouvoir progresser dans la connaissance de Soi, si l’on souffre en permanence, la souffrance n’est pas, certainement pas, un facteur privilégiant l’évolution et la compréhension de son fonctionnement intime.

Même la musique, vielle amie de longtemps, devrais-je dire de toujours, qui depuis mon enfance m’a tellement aidée à pouvoir supporter cette vie dont je n’ai jamais voulu, ne m’a été d’aucun soutien. Pourtant, Angelo Branduardi, m’accompagne de son talent et l’humanité que l’on ressent à l’écouter depuis bien 30 ans.

Et bien non, trop tendue, trop anxieuse, il m’était impossible de me baigner dans sa musique que j’ai, je le précise, en intégralité.

Je n’ai pas voulu faire le test de BACH, car au vu de mon état émotionnel, je n’aurais pas eu la lucidité pour apprécier et analyser la sublime beauté de l’Art de la Fugue, et juste pour la bonne bouche, numéro BWV 1080.

Faite péter sa science des fois ça rassure. Ça me rappelle mon professeur de guitare que j’ai étudié dans sa version classique, 10 ans durant, qui adorait frimer auprès de ses collègues en disant que je connaissais BACH par le BWV, pour les profanes, le catalogue de son œuvre, à ne pas confondre avec l’air du catalogue d’un certain Wolfgang.

Hier, la parole n’était pas à l’ironie, même facile. Elle était au refus, au déni. Au repli sur soi, à ce qui peut faire croire rassurer, même si par expérience l’on sait que cela n’est qu’illusion et que se fuir c’est toujours courir le risque de se rattraper au tournant un jour ou l’autre, mais je suis dans l’urgence extrême ou je me dis Sauve qui Peut.

Donc, grosse crise d’angoisse, c’est aussi ne pas être en capacité de prier. Quémander encore et toujours au Seigneur de m’aider ? de lui dire que ces souffrances qu’il m’inflige sont une étape nécessaire mais si elles pouvaient être moins intenses ce serait mieux ?

Non, pas envie, et pas possible. L’angoisse est paralysante. Au propre, au figuré, dans la métaphore et dans le concret, même écrire le second jour de ce journal, du moins y arriver m’étonne. J’ai envie de m’extirper au couteau cette pieuvre qui me tord l’estomac.

Mes proches sont adorables dans leur intime conviction que ce que je ressens est une lame de fond, un parcours nécessaire, j’ai l’impression de faire le parcours du combattant que doivent faire les jeunes recrues. Moi je dois souffrir, mais est ce pour être belle ? et puis est ce cela que je cherche à vivre ?

Non, j’ai envie d’une autre conscience de vie, moins tournée vers l’agitation stérile et illusoire à laquelle on finit toujours par céder. La question qui reste posée est toujours la même : pourquoi suis-je programmée à résister et non à céder à ce qui me ferait plaisir ? Roseline, mon amie, ma presque sœur, qui nous a quitté voici maintenant 8 ans, me connaissait bien, le statut de meilleure amie donne droit à certains avantages (rires), en particulier à une meilleure possibilité d’approche du gibier examiné, et aussi à mieux connaître l’animal, en résumé elle me connaissait tellement bien.

Bon oui, je me suis programmée au malheur autorisé, et c’est seulement après avoir lutté contre l’inexorable que je connais d’ailleurs dès le départ, que je cède.

Quelle idiote je suis ! Mais comment se déprogrammer ? That is the question.

En gros je suis consciente de vivre une étape sur mon parcours de vie. Mais cela engendre une crise d’angoisse pire que ce que je vis d’habitude ;

Il y a quand même des points positifs, mon amie B***, mon ex-avocate, qui elle aussi connaît bien l’animal sauvage et craintif que je suis, me disait que je n’avais jamais repris le dessus et évolué aussi vite.

J’en accepte l’augure. L’avenir saura infirmer ou confirmer cela, mais il faut qu’une solution sorte de tout ce fatras de violence auto-générée, je ne puis plus mettre au rencard ma vie, mes goûts et mes aspirations. La vie, Ma vie, ne peut plus être virtuelle.

Je reprends mon feuilleton d’hier, bien que l’envie aujourd’hui ne soit pas au rendez vous des « je me raconte en dix leçons »

J’ai donc décidé de faire une grande introspection pour savoir quelle raison me poussait à ce rejet de la Religion Musulmane.

J’ai donc procédé, comme d’habitude sur le canapé du salon, qui d’ailleurs pourrait bien devenir aussi célèbre que celui de Freud (rires).

Je ne me souviens plus exactement du temps que cela a pris, j’étais dans un état second, et soudainement j’ai senti qu’on me prenait par la poitrine, comme deux mains de chaque côté du thorax, et qu’on me tirait vers la droite.

C’était un peu oppressif, mais surtout très volontaire, quelqu’un, là aussi, voulait m’attirer vers Lui.

Je ne sais trop comment expliquer cela, mais j’ai senti immédiatement que l’Islam était ma voie, et j’ai eu pleine conscience du fait que Mohamed (que laPaix et la Bénédiction d’Allah soit sur Lui) était son prophète.

Je ne sais trop comment je suis arrivée à avoir une conviction aussi intime mais littéralement, j’ai été happée vers l’Islam, hors ma volonté.

Oh je sais, tout cela ne saurait être qu’illusion ? Manifestations de l’Ego d’une personne fragile émotionnellement (ce que je suis). Oui oui oui !

Je ne vous demande pas de me croire, et c’est probablement là le début de la sagesse, je revendique ce que j’ai éprouvé, sans obliger mes lecteurs potentiels à y adhérer mais uniquement à avoir l’humanité de bien vouloir m’accorder le doute, ou les circonstances atténuantes, c’est selon !

Ben ça alors ! je n’y crois pas !

Voilà que réfléchis pour savoir quelle est cette raison mystérieuse qui me fait détester (et non haïr, rappelez vous ça m’est impossible) une Foi, et j’en ressors convaincue de sa véracité.

J’ai été plus que bouleversée, un poids énorme venait de m’être ôté du cœur. Je ne connaissais rien de l’Islam, ne fréquentais en titre, aucun musulman et le Coran me tombait des mains, mais je savais que cette Voie était la mienne car la Volonté d’Allah oui Dieu en français, m’avait été signifiée.

J’ai entrepris, ou repris, la lecture du Coran.

Limpide ! le mot est limpide, tout ce que je lisais me semblait maintenant tout à fait clair. Même la sourate 2 « La Vache » qui est la plus longue me semblait couler de source.

J’en lisais tous les soirs quelques pages, un soir, je suis dans la sourate 5, je tombe sur le verset suivant :

« Celui pour qui j’ai un projet je le tirerai par la poitrine à l’Islam.

Celui pour qui je ne n’ai pas de projet je lui fermerai la poitrine à l’Islam »

Bon, je sais le texte en français dépend des traductions et je ne suis pas arabophone, pas de polémique. C’est l’esprit qui importe.

Là, je pose mon livre, je lisais au lit, et reste bouche bée… mince c’est ce qui m’est arrivé.

Je n’en revenais pas, une fois de plus. Je venais de subir la volonté d’un Dieu auquel je refusais l’existence, je venais de voir la preuve de Sa volonté, car je n’avais pas lu cette sourate avant d’avoir ressenti foi, même à mes yeux c’était tout à fait parlant.

La aussi, j’ai demandé l’avis d’amis musulmans, de préférence cultivés et non littéralistes, je ne fréquente pas les littéralistes car Dieu m’a donné deux qualités.

Au moins : le libre arbitre et l’intelligence.

« Le Libre Arbitre pour faire mes choix

L’intelligence pour les comprendre »

Ils m’ont dit « ben c’est normal tu es une élue » évident oui, je suis athée, islamophobe, je deviens croyantes en des circonstances assez suspectes, et voici que j’adhère à l’idée que l’Islam dont je ne connais rien et sur lequel j’ai de grosses réserves, est ma Voie.

Oui, simple en effet…

J’ai lu, beaucoup, sur des livres, le Coran bien sûr, d’autres, j’ai consulté des tas de sites musulmans que voulez-vous, tout cela devenait d’une limpidité qui frisait le « pourquoi ne pas l’avoir compris avant »

Le mot musulman qui signifie « soumis à Dieu »

Les prophètes qui par conséquent le sont tous,

Jésus dont enfin je trouvais la place,

L’évidence de cette Foi me sautait au visage, son humanité, le rôle de la Umma (la communauté des croyants) et l’aide des sœurs qui m’a été précieuse, rien ne m’interloquait mais me semblait s’articuler admirablement.

Mais, comme dans ma tête tout n’est pas simple, j’ai eu mes moments de rejet, ou le Coran reprenait sa place dans la bibliothèque où j’allais le reprendre plus tard.

Non, j’étais accrochée c’était évident, mais je ne pouvais accepter de m’y soumettre.

Un soir alors que je disais à une amie (juive je précise) que je ne voulais plus de cette Foi, elle me répond amusée :

« va boire un verre d’alcool »

Bien sûr j’en suis incapable, terminé tout cela, mes whiskys Islays en plus, sont restés dans leur coin pendant des mois, les invités les ont bus, moi c’était terminé et je n’ai jamais rechuté.

Alors, je papote avec une sœur, je n’ai pas encore fait mon adhésion officielle (rires) elle me dit brusquement « tu connais la Chahada ? » bien sûr, et je la récite en français et en arabe. Elle sourit, « bien ça y est tu es ma sœur, tu viens de prononcer la profession de Foi »

Je tremblais. Mes jambes ne me portaient plus, mon cœur battait la chamade, et je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’avais une famille, je venais d’y être admise officiellement et j’étais plus heureuse que jamais dans ma vie.

Vendredi 24 Août. St Barthélémy

St Barthélémy, en dehors d’être la date anniversaire du massacre des réformés en 1572, c’est à titre plus personnel l’anniversaire d’un événement dont nous avons été victimes ma famille est moi voici bien 12 ans.

Plus personnel et prégnant pour nous car nous avons été les victimes d’un accident de la route, qui à laissé trois familles en deuil, dans l’autre voiture qui, elle, n’avait pas respecté les règles de priorité, Hélas !

Nous, victimes et bourreaux à la fois, surtout moi qui conduisais, nous a laissé ce goût de sang et cette interrogation impossible à résoudre, comment aurais-je pu l’éviter ?. Mais les remontrances à nos enfants afin qu’ils mettent leur ceinture de sécurité leur a sauvé la vie, ainsi que nous deux au premier rang.

Le tribunal nous a blanchis, mais ma conscience, me rappelle à chaque anniversaire que je suis indirectement, je l’accorde, responsable du deuil de trois familles.

Reprenons ; Les jours se suivent. Et ne se ressemblent pas.

Hier, ma foi, beaucoup de mieux, moins d’angoisse et de turpitudes morales. C’est rassurant d’avoir un peu de calme dans cette tempête que je subis de plein fouet. Je suis vent debout face aux éléments et une accalmie dans le maelstrom est de bon aloi.

Je me suis prise, même à faire de la théologie pour les nuls. En gros de la théologie pour blonde, et pour ceux qui l’ignoreraient encore, je le suis !

Je ne sais pas trop si j’ai envie de dévoiler même à mon journal mes élucubrations religieuses, il est probablement plus utile de dire que les croyants au Dieu unique par principe sont tous frères.

Pour moi la Foi est une ligne de chemins de fer. Chacun descend à la gare qu’il veut, il y en a grosso modo trois, principales, et chacun s’arrête là ou sa conscience l’appelle, mais il peut reprendre le train et voyager vers les autres interprétations des Livres Saints.

Je me refuse à cataloguer les croyants en bons ou mauvais croyants. Allah/ Dieu en français sait mieux que quiconque sonder les cœurs et les reins et nul ne saurait lui cacher quoi que ce soit.

Chacun sa façon de Le louer.

J’étais dans un état d’élucubration tel que j’ai envoyé un message à mon fils qui refuse de me voir depuis notre séparation mon « ex » et moi 8 years ago !! (en anglais dans le texte)

Oh, un tout petit message de rien du tout,

Oh, a very small message from nothing.

Oui, je m’entraîne pour mes cours d’anglais à la rentrée..

Juste un petit message pour le taquiner. Sa photo de profil Facebook, prise dans l’ascenseur lui donne une drôle de tête. Je le lui ai fait remarque gentiment, espérant renouer de cette façon le lien rompu et dont je souffre tant.

Etre l’objet de la haine de ses enfants est la chose la plus abominable au monde et je la vis depuis tant d’années.

Ce message datait de quelques jours, j’ai reçu une réponse ce matin « nous n’avons rien en commun » point, et il m’a bloquée.

J’en ai été totalement bouleversée, j’ai pleuré en me demandant ce que j’avais pu faire de mal pour être à ce point haïe par ceux qui comptent plus que tout.

Puis je me suis calmée me suis mise en prière, j’ai beaucoup prié pour lui, ai supplié Dieu de donner le bonheur à mon enfant, je suis prête à supporter son opprobre si ça peut le rendre heureux.

Je ne crois pas que la haine soit créatrice, c’est une pieuvre qui détruit plus certainement la personne qui l’éprouve que celle qui en est l’objet.

Je suis apaisée maintenant, je rends grâce à Dieu de m’avoir apporté l’anesthésiant à cette épreuve.

Bon, je continue le feuilleton.

J’en suis restée au moment ou j’ai récité la Chahada ce qui fait de moi une musulmane. Je crois utile de rappeler que musulman signifiant « soumis à Dieu » tous les croyants à ce titre là peuvent le revendiquer, au même endroit que l’Islam se met en héritière à tous les prophètes ayant précédé Mohamed (pbsl).

J’ai toujours eu un problème avec l’alcool, non pas celui que vous imaginez (rires) mais l’alcool m’a toujours fait peur et en boire me faisait toujours craindre d’en devenir victime.

Pourtant je buvais très peu, ne le supportant pas, mais j’avais cependant quelques bonnes bouteilles que je dégustais avec grande parcimonie.

Non, je ne suis pas radine !

Le Coran est très clair sur ce sujet, quoi qu’en disent certains, l’alcool est strictement interdit. C’est ainsi qu’avec beaucoup de soulagement mes apéritifs sont devenus jus de fruits et nos fêtes au mousseux sans alcool. J’ai ressenti un soulagement immense, aucun regret, aucune « rechute » je n’ai jamais bu d’alcool depuis ma reconversion et n’en boirai jamais plus. Aucun doute à ce sujet.

Pour le Porc et le Halal c’est plus compliqué, il faut lire les étiquettes ; et les bonbons sont presque tous interdits car contenant de la gélatine de porc.

Certains de mes amis m’ont fait remarquer que mon « choix » religieux avait, sous jacentes, des contraintes importantes. Moi, je dois dire que je ne les ai jamais senti pesantes, en quelque sorte, ça fait partie du contrat.

On le signe en conscience ou on s’abstient, mais réciter la Chahada a des conséquences , il faut le savoir, et pas faire ce geste d’appartenance à la légère.

Je crois utile de préciser pour tous les islamophobes qui pourraient se glisser subrepticement dans mon journal intime, qu’il n’existe pas en Islam de notion de clergé, ni séculier ni régulier.

Chacun est son propre prêtre et son propre moine, celui qui veut mener une vie très pieuse ne peut pas, comme dans la religion catholique ou orthodoxe vivre en communauté ou devenir prêtre, l’Iman n’étant par principe que le frère auquel la Umma (communauté) demande de guider les prières de...

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