//img.uscri.be/pth/1c566a9227649ccf9cce89873b425de053f9d0b7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF - EPUB - MOBI

sans DRM

Au service de la mémoire

De
170 pages

Bryan Dietz se passionne depuis son plus jeune âge pour l'histoire des hommes et des femmes dont le destin a été marqué par la guerre. Parti à leur rencontre, il recueille notamment les témoignages des plus anciens combattants du Lot-et-Garonne et de la Gironde. D'une authenticité rare, son ouvrage offre un point de vue unique sur l'histoire de France en donnant la parole aux victimes innocentes. Anciens déportés, résistants ou encore combattants d'Indochine et d'Algérie, tous se confient sur leurs parcours extraordinaires, dont le récit n'a pas fini de nous fasciner. L'auteur, à qui le président de la République Française a décerné le prix du civisme et du dévouement en 2016, s'investit activement dans l'Union fédérale des Anciens Combattants d'Agen et participe à de nombreuses cérémonies de commémoration. Outil pédagogique autant que source de réflexions fécondes, son ouvrage s'engage à défendre le « devoir de mémoire » et rend hommage aux héros du passé.


Voir plus Voir moins
Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-07765-6
© Edilivre, 2017
Dumême auteur Du même auteur :
Confidences en poésie. Paris : Edilivre, 2017 De l’esprit et du cœur. Paris : Edilivre, 2017
Dédicace
À Papi, À Roland, À André,
Préface d’André Bessière, officier de la légion d’honneur déporté résistant et président de l’Amicale des déportés tatoués du 27 Avril 1944
Le livre de Bryan Dietz est un instrument exceptionnel pour tous ceux intéressés par le devoir de mémoire qu’il nomme« le plaisir de Mémoire ». Ce livre est d’abord le fruit d’une recherche systématique sur les supports et les acteurs de la Mémoire, suivi d’une étude poussée sur la transmission de cette mémoire, action et réaction entre le transmetteur ou passeur et le récepteur. Bryan Dietz est parfaitement qualifié pour cette étude effectuée dans sa région : l’Aquitaine et surtout le Lot-et-Garonne. Passionné tout jeune par les camions rouges et les sirènes hurlantes des sapeurs-pompiers, à 13 ans, il intègre la section des jeunes sapeurs-pompiers (JSP) de Tonneins dans le Lot-et-Garonne, son département d’adoption. Bien qu’aîné d’une famille antimilitariste, lorsqu’il apprend que son grand-père, qu’il n’a pas connu, avait intégré la Légion étrangère et, de son vivant, militait chez les anciens combattants, il lui tient à cœur d’assister régulièrement aux cérémonies commémoratives du monde ancien combattant. Il y est remarqué par la présidente de l’Union Fédérale des Anciens combattants d’Agen qui, le 11 novembre 2012, lui permet d’accéder à son tenace désir de porter le drapeau de la section agenaise. Il a 18 ans, c’est le déclic. Il se lie d’amitié avec des survivants très âgés des guerres passées, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la guerre d’Algérie et leur demande de lui raconter le souvenir de leur vécu, des parcours si différents les uns des autres qu’il écoute avec admiration. S’estimant dépositaire en quelque sorte de cette Mémoire, il décide de se lancer dans un ouvrage de témoignages. Bien qu’il ne privilégie aucune des composantes de la mémoire, il accorde une large place à celle de la déportation. Pour lui, c’est au niveau scolaire que s’effectue ce devoir de mémoire qu’il est prêt à assumer. En 2013, à 19 ans, il prend la fonction de secrétaire à l’Union fédérale des Anciens Combattants d’Agen et, depuis 2014, il assume plusieurs fonctions à l’Union fédérale qui le conduisent à effectuer un certain nombre de tâches et à rencontrer des personnages hors du commun. En février 2016, le président de la République Française lui décerne le prix du civisme et du dévouement. Son parcours, ses valeurs, ce témoignage développés dans son ouvrage et son intégration au monde ancien combattant font tout naturellement de lui un héritier, un acteur, un passeur de mémoire. Ce livre est à conseiller à tous ceux, enseignants, élèves ou particuliers, qui ont à cœur que perdure la mémoire des femmes et des hommes qui ont lutté pour nos libertés et sauvé l’honneur de la France lorsqu’il était en jeu. André Bessière Officier de la Légion d’honneur Déporté résistant Président de l’Amicale des déportés tatoués du 27.4.44
André Bessière, résistant et déporté, officier de la Légion d’honneur
André Bessière, né le 2 décembre 1926 à Paris est un résistant qui a participé à de nombreuses missions comme celle de couverture des équipes d’action. Arrêté à plusieurs reprises puis incarcéré à Perpignan après plusieurs interrogatoires musclés et un simulacre de préexécution, il est incarcéré au camp de Royallieu à Compiègne puis déporté dans ce que l’Histoire retiendra sous le nom du « convoi des tatoués ». Il est alors déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau tatoué du matricule 185.074 puis envoyé au kommando Flöha en Saxe où il se trouvera avec le poète Robert Desnos. Survivant à une meurtrière « marche de la mort », il est libéré par les Russes le 9 mai 1945 à Theresienstadt,
dans les environs de Prague. Il se trouve atteint du typhus donc il est rapatrié en France par avion sanitaire le 23 Juin 1945. Il s’engage dans l’Armée qu’il est contraint d’abandonner pour des raisons de santé. Il poursuit alors de hautes études puis continue à servir les anciens combattants et la mémoire. Il témoigne régulièrement et est auteur de nombreux ouvrages : – L’engrenage en 1991, – D’un enfer à l’autre en 1997, – Le convoi des tatoués en 1995, – Revivre après… L’impossible oubli en 2005, – Destination Auschwitz avec Robert Desnos en 2001, – Il était une fois la Légion d’honneur en 2008, et Lycéen résistant en 2012.
André Bessière n’est plus… Ce 8 Février 2017, j’ai eu la peine et la douleur d’apprendre qu’André Bessière nous avait quitté le 5 Janvier 2017 à l’âge de 91 ans. Je veux saluer la Mémoire d’André, résistant et déporté qui m’a fait l’immense plaisir de rédiger la préface de mon ouvrage. Je veux expliquer comment j’ai connu et rencontré André. Tout commence en 2015 lorsque je regarde Toute une Histoire, une émission présentée par Sophie Davant sur France 2. J’y découvre le portrait d’André, son histoire, ses mérites et son engagement patriotique. Intrigué par sa personnalité, je voulais déjà lui parler et le découvrir un peu plus. Ainsi, quelques temps après, à l’heure de rédiger mon ouvrage j’ai immédiatement pensé à lui pour ma préface. J’ai alors pris contact avec André par mail, grâce à l’e-mail de son association diffusé sur France 2. Nous nous sommes ensuite appelé fin Octobre 2016. André a rapidement accepté de me rédiger la préface en me priant de bien vouloir lui envoyer mon ouvrage afin qu’il la rédige, ce que j’ai immédiatement fais. Il me l’a rendu le 11 Novembre 2016, me précisant qu’il avait été très touché par ma requête et mon travail effectué en direction de la Mémoire. Il s’en est allé deux mois après, laissant l’Histoire et la Mémoire riche de ses témoignage et les jeunes engagés orphelin d’un exemple vivant. Je suis particulièrement fier d’avoir connu André et d’avoir été le destinataire de ses derniers mots pour la Mémoire. C’est aussi un honneur que d’avoir été qualifié de « passeur de Mémoire » par une telle personnalité qui sait, bien mieux que beaucoup d’entre nous, l’importance de cette Mémoire. Les obsèques d’André ont eu lieu le 10 Janvier 2017 en l’Église Jean-Baptiste à Vias comptant sur une douzaine de porte-drapeaux et une forte assistance. Son épouse pouvait compter sur la présence de nombreux représentants d’associations d’Anciens Combattants et représentants politiques. Un hommage vibrant lui a été rendu par la présidente départementale de la Légion d’Honneur, par le vice-président de l’Amicale des Déporté ainsi qu’un fils de déporté tatoué Mort en Déportation. André Bessière avait le grade d’officier dans la Légion d’Honneur mais aussi titulaire de la médaille militaire, la croix de guerre avec palmes, le grade de chevalier des palmes académiques et la médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance. Je ré-itère tout mon soutien à son épouse, Danièle. Ton devoir accompli, repose en paix André !
Première partie
Le porte-drapeau a 8 ans
Jeune étudiant de vingt-trois ans, membre des anciens combattants depuis quatre ans, je souhaite raconter mon histoire pour plusieurs raisons. Je veux expliquer ce que signifie être jeune dans un monde d’anciens combattants, en quoi ma jeunesse peut être un bénéfice pour ce monde. Je veux faire partager les points de vue, les idées qu’un jeune de vingt ans qui n’a jamais combattu peut se faire d’un monde où la moyenne d’âge est plus élevée et qui plus est un monde militaire. Je tiens à rendre hommage aux anciens combattants ; une manière de leur témoigner toute mon affection et leur rendre tout ce qu’ils me procurent depuis plusieurs années. Je désire saluer ces personnalités diverses et variées que j’ai la chance de côtoyer ou d’avoir côtoyé pendant quelques temps, qui nous apprennent tant de choses sur la vie. J’ai la force de penser que le meilleur remède à l’oubli, c’est le souvenir et leurs souvenirs, leur mémoire ne doit pas rester vaine, loin de là. Deux anecdotes me viennent à l’esprit. Ce 8 Mai 2015, la Légion d’Honneur a été remise à plusieurs résistants et déportés encore parmi nous. A l’issue de cette cérémonie, je suis allé les voir un par un les féliciter et les remercier pour leur présence et leur témoignage. Et là, un monsieur m’a regardé et m’a répondu :«c’est moi qui vous remercie pour le souvenir que vous perpétuez ». Il s’agissait de Gabriel Pataconni-sylvestrini, soldat et résistant qui nous a quitté le 25 Juillet 2016 à Bouglon. Ces propos font partie des paroles que je n’oublierai jamais. J’ai lu la reconnaissance, la tranquillité dans les yeux de ce monsieur car son histoire ne sera pas oubliée… Aussi, pour garder un souvenir des Anciens, j’ai demandé à certains, que j’estime beaucoup de me laisser une phrase, un mot pour moi dans un livre. A ce moment-là, le trésorier de ma section, Francis Gratia m’a écrit :« C’est l’oubli des vivants qui fait mourir les morts » (Auguste Comte). Ces moments traduisent tout l’espoir que les Anciens fondent en nous pour perpétuer leurs histoires. C’est pourquoi je veux parler d’eux. J’ai l’ambition de témoigner, à mon tour, auprès des jeunes, leur raconter ce que je vis et les confidences que l’on a pu me faire, au-delà même des livres d’Histoire. Justement, je veux me démarquer d’eux à travers des rappels historiques nourris de témoignages et d’expériences personnelles. Je pense ici à mes frères et sœurs, notamment, qui pourront connaître en détail l’histoire de leur grand frère quand ils seront en âge de pouvoir la comprendre.
1 Découvrir le monde combattant
Aîné d’une famille anti-militariste et loin de tout patriotisme, je suis passionné par le devoir de mémoire et j’occupe la fonction de porte-drapeau pour les anciens combattants depuis plusieurs années. Enfant passionné, je rêvais d’être sapeur-pompier plus tard. Je collectionne nombre de camions mais aussi des calendriers des pompiers depuis mon plus jeune âge. Â l’âge de dix ans, j’ai appris l’existence de sections de Jeunes Sapeur-Pompiers (JSP) dans certains centres de secours. J’ai tout de suite voulu intégrer l’une de ces sections pour atteindre mon rêve. Après avoir réussi les tests d’entrée, j’ai intégré la section de Jeunes Sapeurs-Pompiers de Tonneins à l’age de treize ans pour quelques années. Au cours de cette formation, tous les samedis, nous commencions avec une partie théorique : des cours à apprendre pour en discuter avec les formateurs. Pour intégrer la pratique, nous avions quelques manœuvres à effectuer. Enfin, nous terminions par du sport avec de la course à pied et quelques exercices physiques multiples. En plus du samedi, nous participions à certaines cérémonies commémoratives à Tonneins. Je dois dire que je prenais beaucoup de plaisir à défiler en uniforme pour me rendre à la cérémonie et y assister, aussi longue soit-elle. L’expérience n’a pas duré longtemps mais suffisamment pour en acquérir des valeurs de respect, de dépassement de soi, de cohésion, d’entraide. J’y ai également découvert le port de l’uniforme avec un respect particulier pour ce dernier et une grande fierté de le porter. Ces années m’ont aussi procuré le « goût des cérémonies » afin d’honorer les Morts pour la France. A cette époque, je me trouvais bien loin du devoir de mémoire, je ne m’en rendais pas vraiment compte, j’aimais les cérémonies, c’est tout. Petit à petit, le manque des cérémonies s’est cruellement fait ressentir si bien que j’ai continué à assister à celles-ci dans ma commune de Sainte-Livrade-sur-Lot, en simple spectateur si je puis dire. C’était une occasion de revoir les pompiers et de m’imprégner de cette ambiance patriotique à laquelle j’étais habitué en tant que JSP. Désireux de participer activement aux cérémonies, comme avant, j’ai réfléchi à l’idée de faire comme ces anciens que je remarquais. Il se trouve qu’à cette époque, j’ai rencontré un ami, qui m’a simplement expliqué qu’il était possible de me rapprocher d’eux. J’ai réfléchi pendant des nuits et des nuits, à ne plus en dormir parfois, dans l’espoir de me trouver parmi eux un jour. J’ai décidé de me rapprocher des Anciens Combattants. C’est là que j’ai découvert l’Union Fédérale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, en feuilletant la liste des associations de ma commune. J’ai contacté la section de Sainte-Livrade-sur-Lot qui m’a trouvé trop jeune pour un tel univers.