Aux pieds de Flaubert

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Florence Emptaz est née en 1965. Agrégée de Lettres Modernes, elle a soutenu en 1999 un doctorat consacré à Flaubert. Elle vit et enseigne à Saint-Omer. Aux Pieds de Flaubert, donc : les siens, mais aussi - et surtout ! - ceux qui abondent dans son oeuvre et auxquels l'écrivain accorde une place privilégiée. Pieds et chaussures, en effet, ne constituent pas, chez Flaubert, de simples thèmes récurrents mais sont de véritables organes moteurs qui structurent le récit. On se souvient, par exemple, du pied-bot d'Hippolyte, le garçon d'écurie de Madame Bovary : ce pied, dans sa difformité, paraît un miroir de l'âme chancelante de l'héroïne et incarne ses écarts de conduite ; la claudication à laquelle le condamne la piètre chirurgie de Charles, lorsqu'il s'improvise orthopédiste, ne fait qu'encourager les déportements d'Emma. Par le pied s'organise toute une série de transferts : il est un témoin infaillible de la vie psychologique, morale et affective de l'individu. Il s'est donc agi, pour Florence Emptaz, d'apprécier les effets d'une survalorisation du pied et de la chaussure dans la constitution psychologique des personnages. Puis de mesurer, puisque le pied chez Flaubert régit sensualité et sexualité, en quoi il redéfinit la vie amoureuse. Il est peu d'êtres, chez Flaubert, qui marchent droit : ils évoluent dans un univers instable et sont enclins au trébuchement comme s'ils étaient affectés d'une claudication constitutive. Dans son oeuvre, le fils de l'éminent médecin-chef de l'Hôtel-dieu de Rouen, orthopédiste spécialisé dans la réduction des luxations, tient la médecine en échec.
Publié le : mercredi 6 février 2002
Lecture(s) : 58
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246626299
Nombre de pages : 240
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Florence Emptaz est née en 1965. Agrégée de Lettres Modernes, elle a soutenu en 1999 un doctorat consacré à Flaubert. Elle vit et enseigne à Saint-Omer. Aux Pieds de Flaubert, donc : les siens, mais aussi - et surtout ! - ceux qui abondent dans son oeuvre et auxquels l'écrivain accorde une place privilégiée. Pieds et chaussures, en effet, ne constituent pas, chez Flaubert, de simples thèmes récurrents mais sont de véritables organes moteurs qui structurent le récit. On se souvient, par exemple, du pied-bot d'Hippolyte, le garçon d'écurie de Madame Bovary : ce pied, dans sa difformité, paraît un miroir de l'âme chancelante de l'héroïne et incarne ses écarts de conduite ; la claudication à laquelle le condamne la piètre chirurgie de Charles, lorsqu'il s'improvise orthopédiste, ne fait qu'encourager les déportements d'Emma. Par le pied s'organise toute une série de transferts : il est un témoin infaillible de la vie psychologique, morale et affective de l'individu. Il s'est donc agi, pour Florence Emptaz, d'apprécier les effets d'une survalorisation du pied et de la chaussure dans la constitution psychologique des personnages. Puis de mesurer, puisque le pied chez Flaubert régit sensualité et sexualité, en quoi il redéfinit la vie amoureuse. Il est peu d'êtres, chez Flaubert, qui marchent droit : ils évoluent dans un univers instable et sont enclins au trébuchement comme s'ils étaient affectés d'une claudication constitutive. Dans son oeuvre, le fils de l'éminent médecin-chef de l'Hôtel-dieu de Rouen, orthopédiste spécialisé dans la réduction des luxations, tient la médecine en échec.
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