BERLIN, CARNETS D'AMOUR ET DE HAINE

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Entre chant d'amour et cri de rage devant l'effacement plus ou moins systématique d'un passé complexe, ces " carnets " sont une sorte d'anti-guide de la nouvelle capitale allemande. L'auteur s'efforce de dire l'indicible, de témoigner d'une histoire aussi difficile à vivre qu'à oublier, de regarder sans complaisance le Berlin d'aujourd'hui. Une ville qui, à son grand dam, voudrait passer directement de Frédéric le Grand au XXIè siècle sans passer par la case " mémoire ".
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296307797
Nombre de pages : 196
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COLLECTION CARNETS DE VILLE

Serge Mouraret

Berlin, carnets d'amour et de haine

L'Harmattan 5-7, rue de I'École- Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

À mes parents. À Régine, pour sa patience. À Coline et Boris, pour demain.

BERLIN, CARNETS D'AMOUR

ET DE HAINE

PROLOGUE

En 1989, le bloc de l'Est se fissure. Par faiblesse ou la chute du mur de Berlin en octobre, puis moins de deux mois plus tard, la révolution roumaine. En décembre 1991, je séjourne à Moscou. Et à Moscou de nouveau l'année suivante. Ratage encore, je loupe de quelques jours le putsch dirigé contre Mikhaïl Gorbatchev. Au fond, je n'étais peut-être pas fait pour l'actualité.

par paresse, je suis de ces journalistes qui « ratent»

Onze ans après ces événements qui ont bouleversé l'Europe, qu'est-ce qui a bien pu susciter en moi ce désir de Berlin? Peut-être le fait de me sentir prêt. Tout simplement mûr. J'avais juste besoin d'aller à Berlin, parce qu'il était temps. Autour de moi, chacun donnait son avis et les lieux communs foisonnaient: Berlin, villephare de l'Europe du troisième millénaire, Berlin, « lourde encore de son passé et enceinte de son avenir» ; nazisme et communisme; Hitler, Ulbricht et Honecker. Kennedy lançant du balcon de la mairie de Sch6neberg, en juin 1963, le désormais célèbre: Ich bin ein Berliner! Le Reichstag revisité par Norman Foster, Unter den Linden, la porte de Brandebourg, le musée juif de Kreuzberg, le chantier titanesque de Potsdamerplatz 9

-

«

c'est là que tout se passe, tu sais... ». Des mois

durant, je m'étais gavé d'images ready-made. J'étais allé fouiner chez les bouquinistes. J'achetais tout ce qui me tombait sous la main: guides touristiques périmés de RDA, romans populaires du XIXe ou récits d'espionnage des années de guerre froide. J'avais tout dévoré et je n'en dormais plus. Tout cela s'emmêlait, s'entrechoquait et m'embrouillait l'esprit. Je ne savais plus ce que j'allais chercher à Berlin, encore moins ce que j'allais y trouver. Mon imagination galopait, j'avais la tête pleine de représentations hostiles. Violentes. Mes nuits étaient agitées de cauchemars et chaque matin, je me réveillais en sursaut, inondé de sueur.

Un camarade de lycée m'avait raconté, avec la passion qu'ont les adolescents pour les situations extrêmes, le séjour qu'il avait effectué à Berlin en compagnie de ses parents, sympathisants communistes. Les check-points, les soldats en armes, les projecteurs et le miroir que les gardes-frontières glissaient sous les voitures - chasse aux fuyards oblige -, son récit m'avait fait fantasmer. Nous étions en 1970 et les voyages à Berlin étaient encore chose rare. Quelques années plus tard, entré par hasard en possession d'une collection de vieux Paris Match, je me souviens avoir mis de côté deux numéros du magazine qui relataient la construction du mur. Les couvertures étaient en noir et blanc et les photos, tragiques ou émouvantes, s'étalaient comme il se doit au fil des pages. Elles n'étaient alors que des photos 10

PROLOGUE

d'actualité, pas encore des icônes. Le jeune garçon en larmes qui tend des mains suppliantes vers un soldat; sa famille est restée de « l'autre côté ». Le garde-frontière, saisi par l'objectif du photographe alors qu'il bondit pardessus les barbelés pour fuir la RDA. Des gosses, fusil en bois à la main, qui jouent à construire un mur de parpaings dans un terrain vague.

En février 1979, Rudolf Hess entamait sa trentetroisième année derrière les barreaux de la forteresse de Spandau et moi, j'étais derrière les hauts murs d'une caserne. Sous les drapeaux à Offenburg, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Les troupes alliées stationnées sur le territoire allemand assuraient en alternance la surveillance du vieux dignitaire nazi et, durant l'été de cette année-là, le tour était venu pour mon régiment d'envoyer son contingent d'hommes à Berlin. J'appartenais au deuxième escadron du 42e Régiment d'Infanterie mécanisé. C'est le premier escadron que l'on désigna pour la mission et, de tous mes compagnons d'alors, je fus sans doute le seul déçu.

Il y avait aussi ce petit bout de mur qui prenait la poussière sur un rayon de ma bibliothèque. Un petit morceau de béton tout gris, avec quelques traces de peinture. Vert, marron, rouge. Un confrère m'en avait fait cadeau à son retour de Berlin, en décembre 1989. À ceux qui, intrigués, me demandaient de quoi il s'agissait, 11

je répondais avec beaucoup de sérieux qu'il s'agissait d'un
«

morceau du Vrai Mur ». Un peu comme on disait, il y a
d'une relique que c'était un petit

bien longtemps,

morceau de la « Vraie Croix ». Néanmoins, si cet éclat de béton provenait vraiment du « mur », ç'aurait pu être
aussi un morceau ramassé n'importe où. Il n'empêche que lorsque je le faisais rouler entre mes doigts, c'était un peu de Berlin que je tenais dans le creux de ma main. Fétichisme déplacé? Qu'importe. Il arrivait aussi que des photos refassent surface au hasard des glissements tectoniques de mes dossiers, des effondrements brusques qui vidaient parfois d'un coup une boîte des tirages qu'elle contenait. Toujours des images en petit format, photographies d'amateur en couleurs qu'une amie m'avait confiées voilà longtemps, sachant l'intérêt que je portais à l'Europe de l'Est. Au premier soir des événements de 1989, elle avait entendu les nouvelles à la radio, quitté son travail, bouclé son sac et sauté dans le premier train de nuit pour Berlin. Elle n'avait pas tergiversé, elle était allée au bout de ses envies

sans se préoccuper du pourquoi ni du comment. Si « ça

»

se passait à Berlin, c'est à Berlin qu'elle irait. Elle avait côtoyé Rostropovitch et bien d'autres. Elle avait pris des centaines de photographies, partagé les larmes de joie et les cris d'enthousiasme des Berlinois. Elle avait assisté à l'ouverture, puis à l'effondrement du mur. Elle avait lu le désarroi dans les yeux des jeunes flics est-allemands. Elle était, je crois, tombée un peu amoureuse d'un Ossie.

12

PROLOGUE

Maintenant que j'allais prendre à mon tour le chemin de Berlin, j'ignorais encore que ce voyage irraisonné servirait de détonateur à une passion qui, d'année en année, ne se démentirait pas et me conduirait à céder aux charmes un peu pervers d'une ville qui oscille entre recyclage et fiction, m'emplissant à chaque voyage de sentiments multiples, aussi contradictoires qu'excessifs. Au cours de ces trois années, je passerai ainsi alternativement du désir à la répulsion et de l'amour à la haine, ou inversement.

13

Le piéton de Berlin

LES PHASES D'UN AMOUR

La première fois, je suis venu à Berlin en voisin, curieux et un peu inquiet. J'ai découvert la ville en promeneur émerveillé et comme une éponge, je l'ai absorbée, perméable à toutes les images, ouvert aux rencontres. Là-bas, entre Est et Ouest, j'ai vécu des moments de bonheur intenses et éprouvé de terribles colères. Dans les rues ou dans ma chambre, j'ai connu la tristesse, la solitude et parfois le désespoir, mais aussi des journées et des nuits d'amour. Je n'étais ni photographe documentaliste, ni portraitiste. Je n'étais pas non plus photographe d'architecture et, depuis longtemps, je ne me sentais plus reporter. Je n'avais même pas de commande pour justifier ce voyage à Berlin, pas le moindre espoir de publication dans les pages d'un magazine; je n'avais rien d'un

professionnel. Et j'avais du mal à être un amateur - du
moins au sens où l'entend Cartier-Bresson, c'est-à-dire « celui qui aime ». Je ne voulais pas juger, je voulais juste VOIr.

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LE PIÉTON

DE BERLIN

J'ai pris mes quartiers loin internationaux et ce n'est pas innocent

des hôtels si j'ai choisi

d'habiter

«

à l'Est ». J'avais atterri à Tegel sans même

avoir réservé de chambre, mais j'avais quelques adresses en poche et je trouvais vite à me loger dans une petite pension dont les fenêtres donnaient sur Friedrichstrasse. Je louais une petite pièce, située au troisième étage d'un immeuble ancien, presque à l'angle de Kochstrasse. Une enseigne peinte sous le porche annonçait que l'endroit avait pour nom Die loge. Il fallait pousser une porte à la peinture vert pâle écaillée et gravir un escalier de bois couvert de linoléum, dont les marches grinçaient à chaque pas; la minuterie s'arrêtait toujours trop vite et l'on se trouvait souvent plongé dans le noir. La sensation n'était pas désagréable car, à ce moment, on percevait des odeurs jusque-là insoupçonnées et la réalité faisait place à l'imagination. La nuit venue, étendu entre les draps d'un lit trop étroit, j'entendais le roulement sourd des tramways et le crissement nerveux des pneus des voitures de la Polizei. Entre les murs de « La loge », j'étais exactement là où bat le cœur de Mitte. Ma logeuse s'appelait Nancy. Elle arborait des cheveux teints en rouge et coiffés à l'iroquoise. Toute vêtue de noir et portant piercings, elle parlait un anglais mâtiné de slang, avec un fichu accent de Soho. Berlinmétissages. Et lorsqu'il lui arrivait de lâcher une phrase en allemand, les mots crépitaient à mes oreilles comme un tir de mitrailleuse, hachant menu le silence du vieil

appartement

- j'apprendrai

plus tard que c'est une

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LES PHASES D'UN AMOUR

caractéristique des Berlinois que de parler en rafales. Sur une table basse, près de la réception, il y avait toujours du café tenu au chaud et des tasses propres pour ceux qui passaient, des magazines d'ici et d'ailleurs, probablement abandonnés par des pensionnaires, des flyers aux couleurs criardes invitant à des soirées branchées. Aux murs, des affiches d'expos ou de concerts et, sur des rayonnages poussiéreux, des bouquins aux couvertures dépareillées. Ça sentait la bohème et l'avant-guerre. La chambre m'évoquait celle où vit le jeune répétiteur d'anglais qu'incarne Michael York dans le film Cabaret (1). La moquette était pelucheuse et les murs sans décoration, tapissés d'un papier brun qui avait dû connaître des jours meilleurs. Un lit d'une place, une armoire qui fermait mal, une table et une chaise en composaient tout l'ameublement. Seul luxe du lieu, une petite télévision qui captait péniblement trois chaînes, en noir et blanc. L'ampoule au plafond éclairait peu; quant aux toilettes et aux douches, elles étaient communes à tous les locataires de l'étage. Ça n'avait rien d'un palace, mais c'était un logement au diapason du quartier. J'avais mon trousseau de clés et, dans l'immeuble, personne ne me demandait rien. J'étais devenu un habitant parmi d'autres. Le matin, je glissais une poignée de films dans ma poche et j'accrochais mon Leica à l'épaule. La rue m'attendait. J'étais déjà un photographe berlinois.

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LE PIÉTON

DE BERLIN

Plus tard, je quittais Die Loge et m'installais à quelques rues de là, au 155, Ackerstrasse, dans un immeuble rénové. À l'Andechser Hof, on louait, pour un prix modique, de vastes appartements et des chambres claires. Les fenêtres de la mienne s'ouvraient sur les bruits de la rue et je disposais désormais d'un salon, d'un bureau et d'une kitchenette. Les toilettes n'étaient plus sur le palier et la télévision en couleurs recevait tout un bouquet de chaînes. Le charme n'était pas le même qu'à la pension de Friedrichstrasse. Plus cossu, il me donnait le sentiment de vivre dans le Berlin des années cinquante. Régine, ma compagne, m'avait rejoint pour quelques jours et, chaque matin, pendant que le thé infusait et que passait mon café, je dévalais l'escalier pour aller acheter des gâteaux à la pâtisserie voisine, sur Rosenthaler Platz. De gros gâteaux à la crème, recouverts de sucre... C'est là qu'une année après l'autre, je prendrais mes habitudes, retrouvant la pension d'Ackerstrasse à chaque voyage, un peu comme si je rentrais chez moi après une longue absence. En trois ans, je n'aurai pas une seule fois le sentiment de vivre dans une chambre d'hôtel. J'habitais à Berlin, voilà tout. Je ne parvenais pas à me rassasier de la ville. Levé aux aurores, je rentrais chaque soir à la nuit tombée, épuisé par mon étreinte photographique avec Berlin. Maîtresse exigeante, elle occupait à chaque instant mes pensées. Je la transpirais par tous les pores de ma peau, je la respirais, je la caressais, glissements furtifs des doigts le long des murs. Régine participait avec moi à cette 20

LES PHASES D'UN AMOUR

cérémonie. Elle s'était, elle aussi, laissée séduire par Berlin et nous vivions un curieux ménage à trois. Ce premier voyage avait été le coup de foudre, la claque dans la gueule et j'avais l'index nerveux, crispé sur le déclencheur de mon appareil photo tout autant par réflexe d'autodéfense qu'en signe d'un amour-passion. Je t'aime, je te tue! C'est à regret, que j'avais dû quitter Berlin au terme de mon séjour, après avoir repoussé autant que possible la date fatidique de mon départ. Mais il me fallait rentrer, il faut bien gagner sa vie! À mon retour en France, les images que je rapportais m'avaient valu quelques soutiens, et je savais déjà que j'allais pouvoir poursuivre mon travail à Berlin. Pourtant il m'avait fallu patienter durant une année entière avant de retrouver Tegel, la gare de Friedrichstrasse et celle d'Alexanderplatz, la station de Rosenthaler Platz. Et ma pension d'Ackerstrasse.

3 mai 2001. L'Andechser Hof encore. La chambre qu'on m'avait attribuée n'ouvrait plus sur la rue. Le gérant, un Hollandais souriant, avait fait effectuer des travaux d'extension et un nouveau bâtiment avait été aménagé sur l'arrière-cour. C'était la Gartenhaus, typique d'un certain habitat berlinois. À de petits riens qui flottaient dans l'air, j'avais deviné que la ville avait changé en mon absence. Beaucoup et trop vite. L'Histoire s'était précipitée et j'avais la nostalgie d'un passé encore tout frais, qu'on avait effacé pour toujours. Je me sentais oppressé et furieux, partout où me menaient mes pas, et 21

LE PIÉTON

DE BERLIN

j'avais la gorge serrée et le déclencheur agressif. Mon paisible Leica s'était métamorphosé en arme de guerre. Berlin que j'avais tant aimé, Berlin que je désirais encore tant aimer m'avait trahi en se livrant sans vergogne aux promoteurs et aux financiers de l'Ouest. Voilà qu'elle me délaissait pour les fastes de l'économie de marché, qu'elle m'abandonnait pour un Veau d'or qui me faisait horreur. Partout en ville, on passait l'éponge. Au propre et au figuré. On effaçait autant que possible le tableau noir de la mémoire. Il fallait rendre à Berlin le visage de la
« normalité ». On blanchissait les façades de Mitte, on démolissait à Alexanderplatz - et le béton est-allemand

donnait du fil à retordre aux entrepreneurs. En dépit des traités et des accords passés avec les Russes lors du retrait de l'Armée rouge, on démantelait mémoriaux et cimetières militaires. Un peu partout, on recyclait l'Histoire. Tout autour de la vieille synagogue d'Oranienburger Strasse, les restaurants et les boîtes à la mode avaient poussé comme champignons après la pluie. Et là où pétaradaient jadis les rustiques Traban, glissaient en feulant des Italiennes de luxe aux carrosseries profilées. Le long des grilles du parc de Monbijou draguaient de jeunes Albanaises. Et des Roumaines, des Russes et des Tchèques, toutes ces filles de l'Est, jetées sur le pavé berlinois. Ce n'était pas vraiment une forme sournoise de révisionnisme, mais ça y ressemblait foutrement. Après l'effondrement du Mur, les politiques de l'Ouest avait décidé qu'« il fallait extraire la RDA de l~épaisseur historique du temps~ l~ effacer comme jamais on entreprit 22

LES PHASES D'UN AMOUR

effacer le national-socialisme ». Ils affirmaient: « CJ est la République fédérale allemande qui a représenté la normalité après-guerre; la RDA, elle, nJaurait été quJun accident de IJhistoire voué à IJoubli. » (2)
dJ

Berlin m'avait trahi et pour cela, je l'avais détesté. Chaque jour, le fossé se creusait implacablement entre nous et le divorce était pour bientôt. Je rêvais d'un grand voyage en Méditerranée. Une histoire pleine d'écume, de ciel bleu et de cargos rouillés qui m'aurait fait naviguer de port en port, en quête de l'âme des marins. J'étais revenu à Berlin trop confiant et j'avais eu tort. Je croyais

venir sans pression - du moins était-ce ce que j'affirmais à
ceux qui voulaient l'entendre -, mais au fond, j'étais tellement ému de retrouver Berlin que j'avais curieusement raté nos retrouvailles. J'avais sans doute manqué d'humilité et je m'étais « planté », pressé que j'étais d'enregistrer une dévastation annoncée. J'avais trop rêvé la ville. Et là, en pleine mutation, elle n'était plus celle que j'avais idéalisée. Tout avait changé trop vite. Moi, j'aurais voulu qu'à Berlin, le temps se soit arrêté. Pour moi seul. Qu'à Berlin-Est au moins, il soit resté suspendu. J'étais rentré en France abattu et je m'étais soigné en écrivant Peep-show à Alexanderplatz, une nouvelle noire dont la ville était l'héroïne. J'y avais projeté tous mes fantasmes et, avec cette histoire, j'évacuai tout ce qui, à Berlin, m'avait été odieux. J'avais raconté Alexanderplatz et Anni, la petite strip-teaseuse thaïlandaise de la rue Rosa Luxembourg, le camp de 23

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