Bleuenn by-pass

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Le parcours douloureux et la renaissance d’une femme handicapée, puis obèse à la suite de son handicap, qui renaît à la vie après une opération de son obésité. Sa revanche et ses petites vengeances. Ce roman de pure fiction se veut un message d'espoir. Une renaissance est toujours possible. Bleuenn nous montre que la roue peut toujours tourner, que la vie est belle, que l'amour triomphe toujours de tout. Alors, regardez-là, si elle peut enfin être heureuse, vous avez toutes les raisons de garder espoir.
Une histoire vécue, mais aussi une belle histoire d’amour.


Publié le : mardi 29 octobre 2013
Lecture(s) : 13
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332635259
Nombre de pages : 78
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-63523-5

 

© Edilivre, 2013

Dédicaces

 

 

Je dédie ce premier roman à mes compagnes et compagnons de galère, que ce soit dans le handicap ou dans l’obésité. A ceux qui ont été opérés ou qui le prévoient.

Mais bien sûr, je le dédie surtout à ma famille, celle que j’ai créée avec ce mari merveilleux, à ma belle-famille, et à ma famille : mes parents, mes sœurs et leurs familles.

Il m’est impossible de ne pas y ajouter mes amis, mais il m’est également impossible de tous les citer, mais chacun sait…

Merci.

I

Cette impression de sortir du néant, je l’avais déjà connue. Malheureusement. Trop souvent. Déjà dix ans ou presque que je suis passée d’une santé à toutes épreuves à un quasi abonnement au milieu médical. Mais si toutes ces opérations subies, à cause d’une tentative de suicide ratée, étaient lourdes, celle-ci est différente. Celle-ci, je l’ai choisie, espérée, voulue, attendue. J’en aime presque les douleurs que je ressens de la cicatrice : ça y est, je suis opérée, ça y est, ma nouvelle vie va enfin pouvoir commencer.

Dix ans que non contente de devoir subir une inutilité de mes membres inférieurs, des douleurs quotidiennes, un fauteuil roulant les meilleurs jours, mais clouée au lit le plus souvent, j’ai dû en plus, dire adieu à ce physique qu’on m’enviait encore il n’y a pas si longtemps. Et bien oui, l’inactivité m’a fait gagner cinquante kilos : bien plus difficile à assumer que ce maudit fauteuil roulant. Ça tombe finalement peut-être bien, parce que je ne le quitterai plus jamais, alors que ces cinquante kilos de trop, j’ai espoir de les perdre et de retrouver un corps mutilé mais plus repoussant.

« Ouille ! » La douleur qui vient de me lancer un petit coup de couteau dans le ventre me fait presque sourire. « Yeessss, je l’ai assez attendue cette opération, il y a eu toute une vie de quarante-six ans avant, il y aura une autre vie après, une renaissance ». J’ai juste subi une opération bariatrique qui consistait à me retirer une partie de l’estomac et dériver l’intestin, bien plus commun que l’anneau gastrique aujourd’hui : le by-pass ! Toutes les personnes que je connais qui ont subi cette opération ont perdu, une moyenne honorable d’une cinquantaine de kilos la première année : mon rêve ! Je n’en demande même pas plus, mais retirer ces cinquante kilos plus lourds que le handicap. Perdre ce double-menton et ce visage gonflé, ces seins si énormes que bien souvent je ne sais pas comment mettre mes bras, ce ventre qui me donne l’impression d’être toujours enceinte, mais plus d’un bébé-joie cette-fois, mais de graisse-larmes. Et puis zut, je me targue même d’avoir plus de motivations que toutes mes congénères, je souffre depuis dix ans, quotidiennement, alors de cette éventuelle perte de poids, j’en attends aussi de perdre en douleurs pour gagner en autonomie, quitter ce lit pour rejoindre ce fauteuil roulant, finalement, être plus disponible pour mes enfants, même ceux que je vois peu. Mais ce n’est pas tout, à quarante-cinq ans, apprendre le même jour que vous avez de l’apnée du sommeil, du diabète et de l’hypertension, promis, vous prenez trente ans d’un coup. La perte de poids peut aussi atténuer voire faire disparaitre ces nouveaux parasites : autant vous dire combien je fonde d’espoir dans cette perte de poids, qui passait par cette opération, et dont je me réveille avec difficultés de l’anesthésie. Mais ça y est, je suis réveillée et je « stagne » au milieu d’autres lits et brancards, avec l’impression que, sans un mot, sans autre échange que quelques regards, nous étions dans un concours de réveil : c’est moi la première ! J’ai gagné ! J’ai gagné quoi au fait ? La possibilité de retrouver un peu d’intimité et qu’on me parle de cette opération qui était le centre de tous mes espoirs et toutes mes pensées depuis près de deux ans.

Ah, ça y est, la « surveillante générale » a vu que je suis réveillée, elle appelle quelqu’un, je ne sais pas qui, et justement, je me demande si maintenant tous les membres du personnel hospitalier n’ont pas un téléphone dans leur poche ! Quand je repense à toutes ces opérations depuis dix ans, pour atténuer mes douleurs ou améliorer mon état, je revois tout le temps une blouse blanche sortir un téléphone de sa poche. Il faudra que je me renseigne. Je psychote ou c’est une réalité ? Enfin bon, elle a dû appeler du renfort, puisque deux gardes du corps, que, du fond de mon lit, je trouve grands et costauds, viennent me chercher et m’emmènent : on déambule ainsi durant des kilomètres de couloirs, je ferme les yeux pour m’imaginer en plein air, mais les fameuses odeurs de l’hôpital me ramènent vite à la réalité, pas si déplaisante en plus, je suis « après » l’opération, « l’avant » est presque un mauvais souvenir. J’attends juste qu’on me dise que tout c’est bien passé, et ça y est, je suis sur les rails de ma nouvelle vie, je suis sur la route de ma renaissance. Je répète en boucle la liste des personnes que je dois prévenir et leur ordre : tous mes enfants d’abord, mais par sms pour qu’ils le sachent tous en même temps, maman ensuite, mes sœurs… oh, je verrai bien, à l’instinct, il y a toute la belle-famille aussi qui a attendu avec moi… C’est compliqué parfois de savoir comment faire, mais la nouvelle Bleuenn est née, et dans cette nouvelle vie, on ne se prend plus la tête et rien ne sera plus compliqué. Et toc : première résolution. En attendant, je suis toujours en train de déambuler dans les couloirs avec mes deux mastodontes ! Ma chambre est donc si loin ? A moins qu’ils n’aient vu le potentiel que j’ai après la perte de poids et qu’ils soient en train de m’enlever sur la demande d’une personne influente… Hey « stop » ma belle : Nicolas, ton gentil mari t’attend avec vos enfants dans ta chambre, et même pas encore jolie tu penses déjà à ce que d’autres te désirent ! Non mais !

Ça y est, je suis enfin dans ma chambre : je voudrais montrer ma joie à mon fidèle et tendre amour, présent avec nos trésors : Julie, Lucie et Titouan. Ils sont encore petits pour tout comprendre. Lucie a presque cinq ans, mais mon ti cœur n’a pas encore soufflé sa première bougie, même si Julie, elle, en a douze.

Mon incapacité à m’exprimer comme je le souhaiterais me rappelle que je suis encore sous les effets de l’anesthésie générale : si mon esprit vagabonde comme si la fatigue n’était qu’un compagnon du voyage, mon corps a encore des difficultés à répondre, les yeux à rester ouverts, alors bouger les bras ou même simplement parler, ça devient de l’ordre du « on verra plus tard ».

Dès mon arrivée, Nicolas, mon amour a fait descendre les enfants de ses genoux pour venir me prendre la main, il sait mieux que personne combien je l’ai attendue cette opération. Et moi, ce que je sais, c’est que c’est le seul homme dont je ne sois à jamais sure de l’amour : il m’a choisie grosse, moche, handicapée, trois fois divorcée, et avec déjà six enfants…

Si je ne peux pas encore beaucoup bouger, je peux au moins les regarder ces quatre amours, et j’espère qu’ils peuvent lire toute ma tendresse et toute ma reconnaissance dans mes yeux. « Si tu savais, Nicolas, tout ce que je te dois… »

En fait, pour être juste, cette opération est ma deuxième renaissance, Nicolas fut la première.

Avec les hommes, j’ai eu un parcours cahoteux, c’est le moins que l’on puisse dire : mon physique me permettait justement d’avoir tous ceux que je voulais (sans prétention), mais l’attirance physique n’a jamais été un critère de sérénité ou de bien-être durable. Je ne peux pas recenser tous mes « amours » passés, il y en a eu trop, beaucoup trop. D’hommes, oui, en fait, parce que d’amours réels, je ne sais pas. Quatre mariages déjà, c’est pas mal ! Le premier qui n’a été que viols et violence, et autres perversions sexuelles auxquelles je ne veux plus penser. Le deuxième, confortable, meilleur ami depuis quelques années, rassurant après tant de ruptures, alors lorsque l’enfant paraît (pas un accident, mais un heureux contretemps), et bien on fixe la date du mariage, on fait sa vie, les trois autres enfants désirés suivent, et je suis l’heureuse maman de deux garçons et deux filles : Baptiste, vingt ans, Guillaume, presque dix-neuf ans, Marie, dix-sept ans et Judicaëlle, bientôt seize ! Oh oui, que je les aime, mes amours, mais que l’on m’a fait souffrir en se servant d’eux. Lorsque j’ai été lasse d’une vie de couple monotone, patriarcale, rurale, limite arriérée, et que, refusant la médiocrité, j’ai décidé de quitter cet homme, je ne savais pas ce à quoi je m’exposais ! Je passe les détails sordides entre mensonges et menaces. Toujours est-il que les enfants nous sont retirés le temps que l’on gère notre divorce qui s’annonce houleux, et à ce dernier, c’est le papa qui a la garde : No comment !!!

Alors là, après cette fracture, que je sois partie en live complet ne surprendra personne, multipliant les conquêtes les plus improbables, les plus instables et les plus folles, mais pas dans le meilleur sens du mot. Peu importe, aujourd’hui, quand je regarde Julie auprès de son frère et sa sœur, si proche de son « papa », je regrette moins que jamais de l’avoir désirée seule, de l’avoir conçue sans l’accord paternel, mais sans rien lui demander, sans rien lui imposer non plus. Cette grossesse, puis la naissance, vécues seule, ont baigné dans un étrange mélange de larmes et de sérénité. Derniers « mètres » de ma vie avant la chute fatale. Seule avec mon bébé, je n’ai que l’espoir de lui trouver un gentil papa. En fait, je l’ai connu avant sa naissance, mais un ami, en couple avec une amie même… A leur séparation, Julie a à peine 3 mois et nous ne tardons pas à sortir ensemble, et même à vivre ensemble : Il reconnaît Julie, nous avons Manon ensemble. Déjà dix ans ! Reconnu depuis comme un manipulateur pervers, je ne cesse de penser que c’est le « bébé sans papa » qui l’a attiré chez moi… Nous avons été ensemble vingt-deux mois, en tout, mariage compris ! Il n’y a vraiment que Manon de positif, à retenir de cette histoire. Très vite après le mariage, il n’a eu de cesse de me parler de suicide comme la meilleure solution pour mes enfants et moi : il avait sans doute prévu de divorcer une fois Julie légitimée, mais il a eu le nez fin en décelant ma fragilité, et a tout misé sur le suicide ! Il a bien fait. Bientôt dix ans que j’ai exaucé son vœu, mais ce saut du sixième étage ne m’a pas tuée comme lui et moi le souhaitions, je...

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