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Une grande famille

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BRIBES D'UN PARCOURS THÉÂTRAL

@ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-7845-3

EAN : 9782747578455

Henri CACHIA

BRIBES D'UN PARCOURS THÉÂTRAL

L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Harmattan Konyvesbolt 1053 Budapest,

KossuthL. u. 14-16
HONGRIE

FRANCE

L'Harmattan Italla Via Degli Artisti 15 10214Torino ITALIE

A tous ceux, qui tous les jours, depuis peu ou de très nombreuses années, portent «à bout de bras» leurs «jeunes compagnies ».

TABLE

1 - Les balbutiements et les premiers pas
2

9

-

Premiers contacts

avec l'administrationculturelle
3

.17

-

Difficile apprentissage du professionnalisme. Confirmation délicate
Première commande. Les rapports humains: comment passer 7 aimer 7 continuer Quand la jouissance physique entraîne la jouissance artistique. Contact déterminant avec le Théâtre National de Région

29

4

-

7

39

5

-

47

6 - Festival d'Avignon Off 84

ou petit pêché de jeunesse. « Travelling d'accompagnement» ou éloge d'une comédienne
7

57

-

De 11ntérêt d'aller voir ailleurs :

« Regarde les femmes passer»
d'Yves Reynaud
8 Pas si facile de se mettre à nus. Beau succès de « L'Obsédé ».

..65

Reconnaissances notables
9 - Jouer chez les grands et le dire à papa
10

77

87

-

Quand on grandit

« On déménage» « 0 n s'installe» 11- On ne badine pas avec l'amour! Unecompagniepour un couple7...

l 01 111

1

Les balbutiements et les premiers pas

J'ai réussi à aligner quelques phrases adressées à la dame se trouvant devant moi. Tout doucement, les yeux baissés. Elle a dû me faire répéter. Je désirais m'inscrire aux cours de théâtre du T.P.F. (Théâtre Populaire des Flandres) . Une timidité maladive dirigeait ou plutôt ballottait ma vie dans des sens incertains. Je rêvais que ces cours m'apporteraient davantage d'assurance, mais comment faire pour pousser la porte d'entrée du petit théâtre du Pont Neu£: le jour J. Une jeune fille d'une vingtaine d'années passa devant moi, s'engouffrant dans la grotte magique. Je lui emboîtai le pas en rougissant jusqu'aux oreilles, espérant qu'elle m'amènerait jusqu'à la salle de spectacle, sans avoir à me renseigner. Surtout n'adresser la parole à personne. J'y étais. Un tout petit espace scénique, une trentaine de fauteuils rouges. Et Michelle Manet, trônant en terrain conquis, comme une maîtresse SM, avec sa casquette coquine sur le coin de l'œil. Pas de doute possible, elle était bien la prof de diction. Un coffre robuste, une «surarticulation» à toute épreuve, un corps bien planté dans le sol, une respiration ample. C'était peutêtre un peu beaucoup. Ce jour-là, je n'avais sûrement pas l'âme critique, mais plutôt craintive et soumise. Impressionné. Une douzaine d'élèves. Des filles en majorité. Quelques-unes en groupe. D'autres, moins nombreuses, isolées. Lorsque je fus invité à monter sur scène, les quelques marches que j'eus à franchir me parurent bien raides. J'en ratai une. Quelques gloussements me parvinrent de la salle. Rouge, le visage figé, les yeux humides, j'attendais avec angoisse ce que la prof allait bien me demander. Du reste, j'ai le souvenir d'un trou noir rempli d'humiliation. Michelle avait beau déployer tout son attirail de professionnelle et des tonnes d'astuces pour

me rassurer, j'étais au bord des larmes quand je balbutiai « le rêve étrange et pénétrant» de Verlaine. J'attendais avec une impatience extrême le moment où elle me permettrait de regagner ma place. Je me promis de ne plus remettre les pieds dans ce cours. Ni dans aucun autre, d'ailleurs. Autant dire tout de suite que je ne tins pas promesse... Quelques semaines plus tard, je me risquais timidement dans le cours d'Yves Brulois, jugé plus moderne et davantage porté sur l'improvisation. Un grand garçon simple serait beaucoup dire, mais rempli d'une générosité et d'une gentillesse qui surent me faire oser certaines choses, sinon en toute confiance, au moins dans une sécurité toute relative. N'empêche, c'était pour moi un pas énorme de franchi, même lorsque je regagnais ma place après avoir effectué un exercice et que j'en ressentais toujours une forte culpabilité, comme si tout cela m'était interdit. La simple expression. Dire quelque chose de soi. Les larmes me montaient aux yeux et j'avais toutes les peines du monde à cacher cette sensibilité bien embarrassante. D.S. avait dû le remarquer. Elle me demanda, un soir, de la raccompagner chez elle. Je n'osai refuser. Les femmes, comme tout le reste, m'apparaissaient taboues. D'autant qu'à ce moment de ma vie, j'avais vingtquatre ans; quelques échecs sexuels sufflfent à me persuader et me cataloguer « impuissant à vie». J'étais ancré à cette pensée qui devait finalement m'arranger. Nihiliste au dernier degré, je ne croyais plus à grand-chose et surtout pas aux humains. Une façon facile de se retirer. Pourtant, la première soirée avec D.S. vint tout contredire. Je m'installais pour dix ans. Elle sut me mettre au travail, et, avec un peu de patience, au sexe. J'avoue que depuis, je me suis bien rattrapé et que c'est aujourd'hui un de mes centres d'intérêts favori.

12

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