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Avant-propos « Comme on ne pouvait faire que ce qui était juste fût fort, on fit que ce qui était fort fût juste. » Blaise Pascal Il y a en effet, dans la plupart des conflits hu-mains, une majorité de braves gens, de « justes », qui aspirent à la Paix, à la Vie, à la Fraternité… et puis il y a les autres, les « forts », toujours prêts à dégainer pour montrer à quel point ils ont raison, toujours convaincus que la violence, la guerre, la Haine sont l’incontournable solu-tion à tous les problèmes de l’humanité. Pour eux, les autres ne sont que de doux rêveurs, des « utopistes » qu’il est urgent de ramener à la raison. Parfois, un utopiste traîne un peu les pieds, avance les droits de l’Homme, la non-violence, la Justice, la Charité et autres sor-nettes… Alors là, attention à la ciguë, Socrate ! à la croix, Jésus ! au revolver, Gandhi et autre Martin Luther King ! Il y avait en Algérie bien autant de ces uto-pistes que partout ailleurs : ils étaient persua-dés qu’on pouvait encore bâtir ou rebâtir un pays où vivraient enfin en harmonie toutes les personnes nées sur ce territoire magnifique et prospère. Bien sûr, il aurait fallu des discus-
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sions, du respect, des concessions, des par-tages de biens, de pouvoir… Intolérable pour les « forts » de tous bords ! La Guerre, la Ter-reur, voilà les Solutions, les vraies, les seules, celles qui n’ont jamais marché, nulle part !… mais qui cette fois-ci vont faire merveille… On connaît la suite, la longue suite : terrorisme, massacres, répression, torture… les « forts » pou-vaient se frotter les mains : rien n’a manqué ! Et nous, dans tout ça ? Nous, le contingent, le tout-venant, la piétaille, le paysan tiré de sa terre, l’ouvrier de son usine, l’instit de son école, le curé de son séminaire, qu’allions-nous faire dans cette galère ? On ne nous l’a jamais clai-rement expliqué. Ce qui était très clair, par contre, c’est qu’on nous prenait tranquillement deux ans et demi de notre vie, les années les plus intéressantes, les plus belles, celles de nos vingt ans. Deux ans et demi de salaire, de formation, de joie de vivre… et pour les plus gâtés, leur peau, par-dessus le marché ! Le tout : paquet-cadeau ; pas question de la moindre contrepartie.Oui, mais au retour, la patrie…Au retour, la patrie ? Lecteur incrédule, plutôt que de polémiquer avec vous sur ce qu’a fait pour nous la patrie, je préfère vous raconter l’his-toire toute simple de ce petit curé-caporal, mon alter ego (peut-être un peu plus « ego » qu’« al-ter », en fait). C’est en même temps un peu l’his-toire d’une grande majorité de mes copains d’alors : des « gusses » aux mains ni plus sales, ni plus blanches que les vôtres, des gusses qui ont eu des moments difficiles (on ne vous a
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pas menti !) mais aussi quelques bonnes (et même merveilleuses) tranches de vie. Vous avez du mal à y croire ? Alors sans plus de préam-bule, lisez vite ce qui suit !
Aïssa et son grand-père. Quelle dignité !