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L’écriture de la vie
Marie-Willye Attely-Vol
Corps Tout-Monde
Préface d’Augustin Mutuale
Corps Tout-Monde
COLLECTION «L’ÉCRITURE DE LA VIE» sous la direction de Christine Delory-Momberger
Au cœur de l’intérêt contemporain pour les «histoires de vie», qu’alimentent une tradition ancienne et un courant théorique qui ont trouvé às’exprimer tant en littérature qu’en sciences humaines, il y a la dimension créative d’une «écriture de la vie ».
«L’écriture de la vie» à laquelle renvoient l’étymologie et le sens commun du mot biographie est ici entendue comme une attitude première du fait humain: dès qu’il veut se saisir de lui-même, l’homme écrit sa vie. Il n’a pas d’autre moyen d’accéder à son existence que de figurer ce qu’il vit à travers le langage des histoires. Les hommes ne font pas le récit de leur vie parce qu’ils ont unehistoire : ils ont une histoire parce qu’ils font les récits de leur vie.
La collection «L’écriture de la vie» propose des ouvrages à dimension théorique et historique ainsi que des récits biographiquesrécits de formation ou d’itinéraires professionnels, biographies intellectuelles, expériences collectives, histoires généalogiquesjournaux et des des correspondances, qui s’éclairent les uns les autres.
La collection s’adresse à la fois à un public de spécialistes de sciences humaines tant universitaires que professionnels (sociologues, anthropologues, ethnologues, historiens, psychologues), de spécialistes de l’éducation (enseignants, éducateurs, formateurs, praticiens des histoires de vie), et à un grand public intéressé par les récits et témoignages biographiques.
Marie-Willye Attely-Vol Corps Tout-Monde Préface d’Augustin Mutuale
ISBN 978236085082-2
©Téraèdre 2017 www.teraedre.fr
préface L’ouvrage de Marie-Willye Attely-Vol constitue un éloge critique dédié au corps.L’auteureindique clairement que « le corps, véhicule de notre présence au monde, est au cœur de notre apprentissage d’». Ceêtre humain témoignage est destiné à contrecarrer les discours qui nient ou détournent les besoins et les pressions existentielles du corps. Deux réalités matérielles représentent notre façon d’habiter dans le monde commun: le corps et la maison. Comment j’habite mon corps? Comment je m’y repère? Comment je le donne à voir ? Comment je le soigne ? Ces questions se développent aussi bien dans la sphère esthétique, éthique que spirituelle. Marie-Willye Attely-Vol a retenu la dimension de l’pour témoigner de cette expérience du« existentiel » corps engagé dans ce monde. Elle a ainsi voulu sessayer à lécriture dun « alphabet dune nouvelle vision du corps pour trouver un langage de laccompagnement » : un accompagnement éducatif et thérapeutique des corps au corps ou au corps des corps. Àla manière de l’historien Antoine Prost, partisan d’une «non neutralité » honnête et argumentée, Marie-Willye Attely-Vol a pris ce parti, tout en recourant au discours d’une explication et d’une démonstrationsans concession. Exercice difficile d’un témoignage réflexif qui se donne ses propres armes.
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Cet ouvrage est ainsi une réflexion qui revendique son inscription dans le champ des sciences humaines de par sa mise en question de lunivers des soins et par le focus mis sur la question du corps chez les femmes soignantes. Cette réflexion sinscrit elle-même dans le courant de la recherche biographique en éducation en explorant le mouvement dune pensée dans son processus de biographisation. Comment se construit, dans une forme de « destinée » saisie à partir de son lieu de naissance, avec son héritage culturel et corporel, une identité sociale singulière dans les dynamiques des congruences, des ruptures, des interrogations sinterprétant et se structurant dans un discours de soi ? Lauteure entraîne ainsi son lecteur au long des pérégrinations biographiques et discursives qui lui font élaborer une approchetopique du corps comme outil danalyse. Le lecteur est ainsi invité à se laisser interroger par les troistopoïcorps :  du le corps selon la profession, le corps perçu et le corps selon soi. Fruit de recherches menées avec des infirmières, cette enquête pourrait être étendue à d’autres corps ceux du sans-domicile, du prisonnier, par exemple :c’est-à-dire de gens situés en marge qui ne sinscrivent pas dans le contexte des canaux sociaux valorisés institutionnellement. Eux aussi ont un corps. Nous pensons que les trois formes detopospeuvent permettre de faire travailler la relation aux différents « corps » du corps. Cet ouvrage est aussi la biographie intellectuelle dune étudiante qui na cessé de se confronter avec son objet-sujet et qui nous fait suivre et revivre avec elle les chemins d’une recherchedont on ne peut que louer la justesse de questionnement et de conception.Il serait possible d’en rester là dans une invitation réflexive à la lecture de ce texte. Mais cela reviendrait alors à escamoter ce qui donne du souffle et mobilise cette écriture tout au long de ces années. 8
Se définissant comme psycho-praticienne, Marie-Willye Attely-Vol a comme ambition de trouver et douvrir des pistes « pour mieux se connaître, en tant que soignant, et se reconnecter à ses ressources ». Elle veut prendre soin, soigner le soignant malade des maladies soignées. Son objectif nest pas que de soigner les corps mais de soigner lesprit dans le corps. Elle veut le sauver de son propre mourir par asphyxie de soi dans le déni afin de le reconnecter à la vie qui est son corps.L’accompagnement auquel elle invite est celui d’uneréconciliation entre le corps et lesprit. Écoutons Marie-Willye Attely-Vol : « Je suis fermement décidée à redonner sa juste place au corps. » Sous les termes qui posent l’objet d’une recherche, nefaut-il pas entendre aussi une revendication ? Et lorsque nous lisons ce qui pourrait passer pour une provocation : « Personnellement, je revendique limportance du corps au même titrece si nest plusque l’esprit», devrons-nous en conclure à une position militantede l’auteure? Nous aurions tort cependant de nous laisser aller à des conclusions hâtives. Suivons plutôt Marie-Willye Attely-Vol sur les chemins où se forment ses identités multiples et où elle revendique de vivre avec ses élans et ses limites. Accordons-lui de l’écouter à partir des lieux où se fait jour pour elle l’injonction deparole » et de faire récit« tenir d’elle-même. Pour la chercheure qu’elle est, cette injonction prend diverses figures : être femme, être infirmière, être formatrice, être thérapeute, etc. ; et pour chacune d’elles et les subsumant toutes,lobligation à se présenter dans le corps de son écriture comme un être de la parole. À la source de cette écriture, pesant de tout leur poids de terre et de chair, ses propres origines celles dune femme noire caribéenne, descendante desclaves, qui a vécu en métropole une longue période de tristesse et dincompréhension face à des enfants se moquant de sa 9