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Correspondances Martiales - Le Génie du Dragon

De
144 pages
Bruce Lee était connu pour son inventivité. Toujours en ébullition, il ne se satisfaisait pas de ce qui existait, il cherchait en permanence à innover. Innover à travers sa méthode d’enseignement, innover à travers son équipement. C’est ainsi que de nombreux objets ont été créés ou ont été améliorés et sont encore, 40 ans après la disparition de son créateur, largement diffusés : nunchakus, sacs et boucliers de frappe, matériel de musculation ou d’assouplissement… mais un créateur ne vaut rien s’il n’est pas accompagné d’un réalisateur. Quelqu’un qui rendra réels les objets pensés. Quelqu’un qui confrontera à la réalité, les concepts du créateur. Cet homme, ce fut George Lee.


Élève de bruce, george est un manuel, un fou de bricolage, le géo Trouvetou des arts martiaux. demandez-lui l’impossible, il le réalisera… et en beauté. George Lee, c’est LE GÉNIE DU DRAGON ! Ce livre est le recueil de leur correspondance privée, de leur coopération créatrice. Ces lettres et souvenirs montrent aussi le Bruce intime, avec tout ce qui fit de lui un grand homme. Ces correspondances martiales, vous feront découvrir tout le génie du dragon. George Lee, est plus qu'un "bon ami de Bruce Lee", il est un innovateur à part entière. Il a, sans compter son temps, crée, conçu, perfectionné les différents appareils révolutionnaires dont se servait Bruce Lee pour son entraînement. Plus qu'une simple relation de maître à élève, il y avait, entre eux, et par-dessus tout, cette forte amitié qui les a liés jusqu'aux derniers jours de Bruce, en 1973. Il s'est entraîné toute sa vie dans son jardin de Castro Valley (région de San Francisco en Californie) et entretenait quotidiennement sa forme mettant ainsi en application l'enseignement de son ami : "L'eau qui court ne croupit pas". Il décède le 18 décembre 2013.
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Table des matières
Dédicace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 George Lee, l’artisan du maître . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Avant-propos de George Lee . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Bruce Lee… autrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 In memoriam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Avec les salutations du Dragon — 27
Leres de remerciements — 87
Instants ïgés — 95
George Lee — 129
Hommage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
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Dédicace
Je voudrais dédier cet ouvrage à la mémoire de Bruce Lee, mon professeur et ami, ainsi qu’à l’esprit du jeet kune do.
Sans aucun doute, Bruce Lee fut un véritable innovateur dans sa façon de percevoir la vie. Il n’est en effet nul besoin d’étudier les arts martiaux pour appréhender le véritable art qu’est la philosophie de Bruce Lee ; philosophie selon laquelle, le jeet kune do se trouve partout, aussi bien dans les textes d’un chansonnier que dans les tableaux d’un artiste peintre.
Bruce Lee ne croyait ni aux styles établis ni aux doctrines, pas plus qu’il ne croyait en des schémas formels. Il croyait plutôt en l’autoanalyse et l’autoréalisation, deux facteurs qui seuls peuvent mener à l’expression pleine et entière de soi. “Jeet kune do” n’est qu’un groupe de mots, nommé dans le seul but de vous rappeler qu’en suivant cee voie, vous êtes engagé dans un processus d’exploration de vous-même.
Ainsi, c’est à vous, artistes de toutes sortes, peintres, musiciens ou pratiquants d’arts martiaux, que je dédie cet ouvrage.
— George Lee
9
“George, le maître artisan, Merci pour ces quatre magniïques sacs de frappe ! Mec, ils sont super… vraiment super. Avec ma reconnaissance, Bruce”
George Lee, l’artisan du maître
George Lee était bien plus que l’un des amis de Bruce Lee. Il occupait une place privilégiée parmi les proches du Petit Dragon. George était un innovateur, un inventeur à part entière. Il a passé des heures, des journées entières, des semaines, voire des mois à développer et perfectionner les différents équipements, souvent révolutionnaires, dont se servait Bruce Lee pour sa pratique.
Au regard des efforts, de l’implication et de l’expertise de George, Bruce Lee le surnommait “le maître artisan”. Par ailleurs, et en plus de cet adoubement, George Lee mérite aussi d’être connu comme un “maître en amitié” tant sa ïdélité, sa disponibilité et son amitié sans failles ont rarement été égalées.
Ainsi, George Lee, pour avoir été un véritable ami, cultivant par-dessus tout un franc-parler des plus sincères, ce présent ouvrage vous est aussi dédié.
— David Tadman
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Avant-propos de George Lee
J’ai rencontré Bruce Lee au tout début des années 60 et, depuis ce moment-là et jusqu’à sa tragique disparition en 1973, nous avons été de très bons amis. À mes yeux, Bruce Lee était un homme très spécial et ce, sur bien des aspects. Il était un révolutionnaire dans le monde des arts martiaux, doublé d’un prophète en matière de philosophie. C’était un homme, comme peu, visionnaire, et qui ne permeait à rien ni personne d’entraver sa marche vers l’accomplissement de sa destinée. Bruce Lee était un autodidacte, doté de la formidable capacité à faire que ses rêves se réalisent. Je suis conscient de l’immense chance qui m’a été donnée de le connaître, et suis particulièrement honoré d’avoir partagé de précieux moments en sa compagnie et, plus encore, d’avoir pu participer, du mieux que j’ai pu, à ses recherches personnelles, sur son art, et sur sa vie. Bruce Lee ne peut être comparé à aucun autre artiste martial, ou à aucun autre philosophe. Il était absolument unique en son genre. Ce qui le rendait si grand à mes yeux, c’est la quête qu’il a menée, à travers les sentiers de la découverte de soi, de la compréhension du monde et de l’autodétermination. Bruce avait la capacité de « visualiser » ses objectifs, et de mobiliser toute sa volonté pour, comme toujours, les aeindre. Bruce Lee était déterminé à ne jamais laisser quoi que ce soit se mere en travers de son chemin. Il accueillait volontiers les difficultés et les obstacles sur son chemin, car il se savait capable de surmonter ces difficultés, et qu’elles le rendraient plus fort et encore plus déterminé dans sa quête.
La philosophie de l’enseignement de Bruce Lee
Pendant les années qui ont précédé ma rencontre avec Bruce, j’ai étudié le kung-fu. Lorsque Bruce Lee est apparu dans ma vie, et qu’il m’a ouvert les yeux, je me suis aperçu que tout mon entraînement martial était obsolète. J’ai donc mis au rebut tout mon apprentissage passé et je suis devenu un disciple de Bruce Lee. Étant son aîné*, il a été quelque peu perturbant pour moi de recevoir l’enseignement de cet homme bien plus jeune. Néanmoins, il ne m’a fallu que quelques cours pour me rendre compte que ce que montrait ce jeune homme était tout à fait spécial. Bruce avait la formidable capacité à s’accorder avec les gens et ce, sans exception d’âge, de race, ou de religion. Je n’ai jamais vu qui que ce soit être doté d’une telle capacité, d’une telle ouverture. Ainsi, lorsque l’on intégrait ses cours, toutes ces différences n’existaient plus et tous étaient logés à la même enseigne. Bruce et moi-même avons souvent déjeuné ensemble et ces moments étaient favorables à de nombreuses conversations variées, dont bien sûr les arts martiaux et la philosophie. Bruce était un homme d’une grande sincérité doublée d’une incomparable générosité. Il désirait toujours le meilleur pour vous, que vous soyez élève ou ami.
* Voir la note page 19.
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Bruce n’enseignait pas uniquement les aspects physique et philosophique des arts martiaux, mais apportait une note psychologique en plus. Ainsi, il voulait qu’en tant qu’élève, on soit prêt en toutes circonstances. Il est arrivé plus d’une fois, au moment où je rejoignais un cours, que Bruce, subitement, hurle mon nom. En réaction, et sans rééchir, j’ai à chaque fois répondu par un vif : « oui ». C’était une façon pour Bruce de nous maintenir en état d’alerte permanente. Il faisait sans cesse de petites choses comme celles-là pour maintenir en nous un niveau de conscience élevé. Il me semble, avec le recul, que Bruce avait conquis les niveaux physique, mental et sans doute spirituel. Mon incertitude tient au fait que sur le chemin de cee quête, il perdit malheureusement la vie. Je pense sincèrement que si une personne arrive à conquérir ces trois niveaux de la vie, alors elle se sera conquise elle-même.
Les appareils d’entraînement de Bruce Lee
Mon amitié avec Bruce Lee allait bien plus loin que les séances d’entraînement que nous partagions. Nous avons souvent collaboré à la création de toutes sortes d’équipements qu’il utilisait pour sa pratique. Bruce venait me voir avec une idée, en me disant ce qu’il aendait de l’équipement, et je me chargeais de le réaliser. Je suis sincèrement honoré d’avoir été un de ses amis proches et d’avoir pu contribuer à la pleine expression de son potentiel. Bruce et moi avons passé de longs moments ensemble à dessiner de nouveaux appareillages, à penser à de nouveaux accessoires, à étudier des diagrammes et confronter des idées. Lorsque ces équipements étaient réalisés, Bruce les intégrait immédiatement dans son entraînement quotidien. Depuis, lorsque dans ses ïlms je revois la formidable stature musculaire de Bruce, je ne peux pas m’empêcher de me sentir, quelque part, ïer de savoir que j’y étais un peu pour quelque chose. Il faut savoir que Bruce prenait son entraînement physique très au sérieux, et que du coup, les appareillages que j’ai développés pour lui l’ont beaucoup aidé dans sa recherche pour obtenir un corps plus fort, meilleur et en parfaite condition de santé. Bruce a placé en moi toute sa conïance, au point de partager l’un des aspects les plus importants de sa vie : le développement de son corps physique. Je me sens honoré, encore aujourd’hui, de la conïance dont il m’a gratiïé. Je dois avouer que ces moments que nous partagions me manquent sincèrement.
Les mots que le temps ne peut effacer
Avec la célébrité grandissante de Bruce Lee, nos rencontres se sont petit à petit espacées. Pourtant, et malgré un emploi du temps affolant, il a toujours maintenu un contact avec moi et ce, en entretenant une correspondance régulière. Tout au long de ces années de partage entre Bruce et moi, il m’envoyait régulièrement des leres dans lesquelles il parlait de choses et d’autres, y compris de sa carrière, de ses progrès en arts martiaux ou de son développement physique, des machines que j’avais construites pour lui, ou qu’il désirait me voir réaliser. Pour moi, au-delà de cela, toutes ces leres montraient à quel point Bruce m’appréciait en tant qu’ami. Les leres que vous pourrez découvrir dans cet ouvrage montrent bien plus qui était vraiment Bruce Lee, que vous ne pourriez le découvrir dans les ïlms dédiés à sa vie et à son œuvre. Ses écrits, inoubliables, permeent d’entrevoir l’être humain, l’ami, et l’artiste en perpétuelle recherche. Je me suis accroché à ces mots tout au long des années, m’y replongeant occasionnellement pour revivre les moments si particuliers qu’ils représentent. Aujourd’hui, il est aisé de trouver dans toute librairie des ouvrages de Bruce Lee, qu’il s’agisse de son entraînement martial ou de textes honorant sa mémoire. J’aime à penser que toutes ces publications permeent à l’héritage qu’il nous a laissé de demeurer bien vivant. Dans ce livre, j’ai voulu montrer Bruce Lee sous un angle différent. Ainsi, et lorsque vous lirez ces pages, faites-le en pensant que c’est à vous, lecteur, que Bruce Lee envoie cee correspondance. Ce faisant, vous saisirez un peu de ce que j’ai pu ressentir en tant qu’élève du maître, et plus encore, en tant qu’ami. Lisez donc ce livre, non pas comme un indiscret qui fouillerait dans une correspondance privée, mais plutôt comme quelqu’un qui aurait réellement partagé cee expérience.
« Partager ses richesses, c’est enrichir les autres »
George Lee
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La rencontre
Bruce Lee… autrement
Ma rencontre avec Bruce Lee remonte au tout début des années soixante, en 1962 ou 1963. À l’époque, je fréquentais un club de danse avec Rob Lee*, le frère de James Lee**. Nous avons eu vent qu’un certain Bruce Lee avait une bonne connaissance du cha-cha-cha hongkongais, du coup, nous avons décidé de l’inviter aïn de voir ce qu’il faisait. Les frères Lee ont réussi à le décider à nous offrir une démonstration de ce cha-cha-cha. C’est donc ainsi que j’ai fait la connaissance de Bruce Lee. Ce qui m’a le plus frappé à l’époque, c’était de voir que pendant les pauses de sa démonstration de danse, il nous a offert des démonstrations d’arts martiaux. Je fus alors extrêmement impressionné, car de toute ma vie, je n’avais jamais vu personne développer une telle célérité dans la gestuelle et l’exécution des techniques. Dès lors, je me suis approché de Bruce et lui ai demandé quel genre d’art martial était-ce là. Bruce me répondit qu’il s’agissait de kung-fu wing-chun. J’ai alors fait part à Bruce du fait que j’avais personnellement étudié le kung-fu pendant près de quinze ans, mais que je n’avais encore jamais rien vu de pareil. Sur ce, Bruce m’a dit qu’il devait partir pour Seale, mais qu’à son retour, il serait ravi de m’enseigner son style martial. Lorsqu’il revint à Oakland, nous avons loué une vieille maison délabrée où il se mit à enseigner. Au tout début, nous n’étions pas plus de quatre à six élèves.
Maître et élèves
Pour être accepté comme élève de Bruce, il fallait passer par tout un processus. En effet, il avait pour habitude d’étudier scrupuleusement les candidats et, entre autres, de savoir pourquoi ils désiraient apprendre les arts martiaux. Si la réponse avait un rapport avec un goût pour la violence, Bruce refusait que vous deveniez son élève. Je me souviens d’une histoire assez cocasse qui se produisit entre Bruce et deux policiers d’Oakland. Bruce était un homme de petite stature, qui ne pesait qu’une cinquantaine de kilos à l’époque alors que les officiers de police pesaient une centaine de kilos. Bruce les ït aligner devant lui et inigea son célèbre one inch punch(aussi appelé « coup de poing sans recul ») à l’un, puis à l’autre, les envoyant rouler à quelques mètres en arrière. C’était absolument stupéïant. Je dois avouer avoir de tout temps été impressionné par cet homme, aussi vif que l’éclair et aussi fort qu’un bœuf. Lorsque Bruce enseignait, il le faisait avec simplicité et uidité. En revanche, il pouvait parfois se montrer très strict, et même sévère. Il pouvait vous montrer quelque chose une fois, deux fois, mais si vous ne compreniez toujours pas, il pouvait perdre patience et vous disputer. Ce changement de comportement n’était nullement fait pour vous intimider, mais signiïait que Bruce croyait en vos capacités, et qu’il voulait par-dessus tout vous voir croire en vous-même. C’est en partie ce qui faisait
* Il n’y a aucun lien de parenté entre Bruce Lee, George Lee et James Lee. Lee est un nom de famille très commun chez les Chinois. ** James Lee est un maître de kung-fu wing-chun et un des premiers amis de Bruce Lee en Amérique.
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