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Crédible or not crédible…

De
262 pages

L'auteur s'inspire, tant de la fiction, que de la réalité dans le récit de cet homme qui, éprit d'un amour passionnel pour son épouse, bascule lors de la séparation avec cette dernière.


Un engrenage judiciaire qui précipite le couple dans un combat pour la vérité, inadmissible pour elle, primordiale pour lui.


L’interprétation de la justice, d’événements, d'intentions supposés, oriente cette affaire vers un véritable fiasco judiciaire.


Cet homme dont la respectabilité ne fit de doute durant près d'un demi-siècle, au point de se voir admis par cette même justice afin d'intégrer un jury populaire.


Il découvre les [particularités] de cette institution, l'univers carcéral, l'hôpital psychiatrique...



Le sentiment d'injustice passé, il dresse pourtant un bilan optimiste de cette période de sa vie qui, quoique douloureuse, a été riche d'enseignements.



Apaisé, il en ressort avec l'impression de mieux se connaître, même si son sort n'est toujours pas scellé par une décision de la justice.



En retraçant le parcours de cet homme, l'on peut s'apercevoir que


« Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. »


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Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-02917-4

 

© Edilivre, 2017

Préface

L’innocence implique forcement une adversité qui n’a de cesse de finalement vous faire douter, de convaincre, voir de vous faire oublier ce que votre conscience s’obstine à coup de frustration à vous empêchez d’admettre, ce qui vous amène à découvrir ce monde parallèle où les choses sont, semble être et se confondent,

Nos réflexes psychologiques se contentent trop souvent de prendre la première direction qui de toute évidence s’impose à elle, Guidé par le nombre qui est un élément contribuant à notre intime conviction qui n’est finalement plus si intime que ça,

« Les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être » formule que peu de personne se risquent à laisser infiltre leur logique sous peine de devoir bousculer nombre de choses,

Ce récit vous précipitera dans cet univers ou les choses semblent être et pourtant ne sont pas,

En passant par l’Amour incommensurable d’une femme qui vous conduit dans cet univers inattendu du système carcéral, arme absolue de notre grande et noble justice, à l’image d’un iceberg nous montre son bon côté, dissimulant sous elle l’orgueil ainsi que la prétention de certaines personnes qui la représente.

Cette justice là, se contenterait-elle de condamner, l’acquittement serait-il synonyme d’échec ?

Impartialité où est tu ?…

 

 

Lectrices, lecteurs de cet ouvrage,

Les conditions, plus que particulières, s’agissant notamment de la retranscription du manuscrit qui a donné naissance à cet ouvrage, ont été souvent incompatibles avec la concentration qu’impose un tel travail de réflexion.

Ainsi se sont glissés certains défaus, s’agissant de l’accord de verbes, d’adjectifs, de ponctuation ou encore de frappe et de syntaxe qui sont susceptibles de vous interroger.

Sachez alors, que, selon l’auteur, ces anomalies, à connotation négative, confèrent et contribuent à une certaine authenticité contextuelle.

L’auteur a, de ce fait, souhaité les préserver.

Les choses semblent souvent arriver sans raison apparente, le fatalisme ou encore la destinée permettent alors d’apporter une explication rationnelle aux évènements inattendus, pourtant lorsque l’on s’y attarde, l’on découvre toujours une raison profonde qu’une forme de paraisse intellectuelle tend à dissimuler.

Ainsi, ce récit ayant vocation à la réflexion sur des situations de faits, vague au grès de ses paragraphes et chapitres, entre fiction et réalité…

Dédicace

 

à mes enfants……

Chapitre I
L’incarcération

La porte se referme derrière moi !

Me voilà dans cet endroit réservé majoritairement aux criminels, qualification obtenue en échange de celle de citoyen.

Après être passé par la case incontournable de la garde à vue où les représentants de l’ordre public usent de psychologie qu’ils ont bien souvent le plus grand mal à métriser.

Il semble qu’il faille remplir le procès verbal d’interrogatoire coûte que coûte quitte à adapter les propos du présumé coupable.

Il est impératif que ses déclarations collent au scénario qu’on lui réserve.

M’en apercevant, je m’autorise à dire à la personne qui me fait face qu’elle s’efforce de mettre ses paroles dans ma bouche, de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dis, il se contenta de répondre – je rectifierai plus tard…

Plus tard, il vous demande de signer votre déposition après l’avoir relue sachant qu’il vous laisse deux minutes pour ce faire alors qu’il vous en faudrait au moins cinq.

Je me trouve ici dans un endroit que l’on appel communément « Greffe » temple de l’administration pénitentiaire et judiciaire, antichambre de la justice dans la Maison d’arrêt,

Après les formalités d’usages dont la finalité est de vous attribuer un numéro d’écrou,

« ECROU » pas de doute possible je me trouve bien en prison.

Jusqu’à maintenant tout cela était quelque peu surréaliste.

Mais oui, tu es un criminel ! plus de doute possible… autant me qualifier d’extra-terrestre, c’est grotesque me dis-je à cet instant, il me vient à l’esprit ma convocation en t’en que juré reçu quelques semaines auparavant par cette même justice qui jugea ma personne suffisamment respectable.

S’en suivais l’étape de la fouille où vous y laissez une partie de votre dignité, il faut pourtant que je m’y habitue, cette humiliation sera régulière et deviendra même habituelle.

Une chose à laquelle on prête plus attention tant elle est encrée dans dans le quotidien de ce système carcéral.

Psychologiquement je suis dans le brouillard le plus complet.

Je tente de réfléchir, pourtant à cet instant je ne me souviens de pratiquement rien, une étape après l’autre me dis-je !

Escorté par deux surveillants qui à ma grande surprise me témoignent de la sympathie, je parcours ces couloirs interminables qui n’en finissent pas.

J’ai l’impression de m’engouffrer dans un labyrinthe au son des trousseaux de clés qui tintent aux ceintures de mes accompagnants, -Voulez-vous être tranquille ? me demanda l’un d’eux, -oui de préférence répondis-je.

Me voilà dans cette cellule, deux lits superposés, un téléviseur, un frigo, un coin placard et un autre sanitaire.

Lorsque la porte se referma derrière moi ; le bruit de sa serrure ainsi que les barreaux à la fenêtre finirent par me convaincre si besoin était que j’étais en prison.

Sans prendre le temps de défaire mon paquetage fournit par l’administration pénitentiaire, je m’affalais sur le lit.

Les larmes coulaient de mes yeux en abondance, pourtant je ne pleurais pas, je n’en n’avais pas la force.

La vie avait changé de visage, une existence brisée que je ne métrisais plus, qui elle prenait le contrôle…

Cette première nuit fut une succession de rêves alignant mes nombreux moments de bonheur les uns après les autres.

Mon épouse, sa beauté, mes enfants, nos virée à moto et même mes sauts en parachute, tout y passait.

Je fus tiré de cette enchaînement de bonheur par la voix quelque peu autoritaire qui hurlait « promenade voyants » qui résonnait dans le couloir.

J’ouvris les yeux toujours humides, pendant l’espace d’un instant je me demandais, où suis-je ? Je ne voulais pas entendre la réponse que mon esprit me suggérait, je préférais de loin me repasser le film de mes rêves. D’instinct je me mis à nettoyer tout ce qui me tombais sous les mains avec le kit mis à ma disposition, je voulais m’approprier cet endroit par la propreté.

Mes gestes ainsi que mes actes furent machinaux, une chose après l’autre me disais-je encore.

Les jours qui suivaient je ne mangeais pratiquement pas, je me contentais d’agir toujours de façon machinale.

Puis vint le quatrième jour, un sentiment de manque m’envahissait sans que je puisse en déterminer l’origine.

J’éprouvais un simple plaisir à m’allonger dans le but de m’endormir et ainsi retrouver en rêve les instants ainsi que les personnes qui me sont chères. Lors de la distribution du repas, le détenu chargé de cette besogne, me sourira et me demandera,

– Tu ne veux pas sortir ? si tu as besoin de quelque chose fais moi le savoir.

Merci je vais y penser lui ai-je répondu.

Ce fut ma première prise de contact avec cette nouvelle catégorie de collègue, j’étais un détenu maintenant.

L’après-midi même je sortais en promenade, je découvrais cet endroit qui représente le poumon de cet édifice, ce malgré les murs surplombés de barbelés qui entourent cet espace.

On y aère les poumons d’air frais il est vrai quelque peu pollué par les usagés de l’autoroute toute proche, mais aussi l’esprit en admirant le ciel synonyme de liberté.

Les deux téléphones mureaux accentue encore cette sensation de liberté et vous rappel lors de vos communications que la vie continue à l’extérieur de ces murs.

A l’image de mes années lycée des groupes se forment en fonction de leurs affinités, catégories social et intellectuel, ethnies, joueurs de cartes, sportifs ou autres.

Les confrontations y sont régulières lors de certains échanges de bons procédés.

S’y faire respecter passe souvent par les poings, ce qui vous mène droit au mitard agrémenté d’un rapport qui vous suit comme un boulet dans votre dossier.

Allez donc opposer au juge que vous n’êtes pas violent…

Pour ma part, je serre les poings mais privilégie la psychologie l’humour ainsi que l’adaptation à une certaine misère humaine.

Méthode au moins aussi efficace afin de se faire respecter.

J’y découvre également l’illettrisme que je combat à ma manière en écrivant pour certains d’entre eux.

Je pense particulièrement à un jeune qui visiblement n’a que très peu fréquenté les bancs de l’école, il passait son temps à me demander l’heure qu’il ne savait pas lire sur ma belle montre « selon lui ». Je lui ai, par étapes, expliqué progressivement la méthode de lecture avec les aiguilles « comme il disait ».

Aujourd’hui, il m’interpelle régulièrement, « fièrement » en m’indiquant l’heure qu’il est… à l’opposé, l’on y rencontre également psychiatre, contrôleur SNCF et même directeur en aggro-alimentaire, la population carcéral est d’une incroyable diversité au risque de choquer les esprits étroits murés dans leurs clichés, cela peu être très enrichissant.

Les jours passaient et se ressemblaient de façon machinale, saccadés par les distributions de repas. Pourtant j’eus l’impression que le temps s’était arrêté. J’appris par un vieux routier de l’incarcération qu’il fallait que je patiente deux ou trois semaines avant de pouvoir téléphoner, avoir des parloirs, une éternité dans mon esprit. Les courriers que j’envoyais étaient lus par l’administration pénitentiaire, par conséquent, de certaine manière souillés, cela me faisais le même effet que la fouille corporelle dont je n’étais pas plus habitué. L’absence de mes enfants, de mon épouse devint croissante et torturait mon esprit.

J’avais l’impression que les murs de cette cellule se rapprochaient inexorablement.

L’angoisse grandissait en moi, ma respiration s’accélérait, mon cœur tapait dans ma poitrine, le réflexe de la respiration disparaissait, j’en vins à me coller le visage aux barreaux de la fenêtre enquête d’un air dont je ne me rassasiais pas.

Mon corps ainsi que mon esprit ne supportaient plus cet endroit.

J’en vint alors à me dire qu’il fallait que je sorte de ces murs coûte que coûte. Les lames rasoir, voila la solution, ma porte de sortie, la fin du cauchemar. Cassant de manière désespéré ce rasoir, j’en extrayais les lames, je regardais mes poignets dont les veines gonflées n’attendaient que la lame afin de faire jaillir le sang qu’elles contenaient.

Ma souffrance psychologique me servant d’anesthésiant, je tranchais la chair de mon poignet à plusieurs reprises, le sang coulait abondamment au rythme de mes battements mon cœur.

Une importante flaque se formait au sol, pourtant dans les instants qui suivaient ce liquide se m’y à coaguler en obstruant les ouvertures que j’avais faites quelques instants auparavant. Frustré devant cet échec, je réitérais cette opération sur mon autre poignet, mêmes circonstances, même résultat mais cette fois la tête tournait je m’allongeais en revisitant le film de ma vie, mes merveilleux enfants, mon épouse ainsi que l’ensemble de ma famille que je ne reverrai plus.

Combien de temps après, je ne saurais vous le dire, un surveillant voyant « je suppose » l’importante mare de sang par l’œilleton, frappa énergiquement à la porte en hurlant mon nom.

Il faut savoir que la nuit le personnel pénitentiaire ne possède pas les clés des cellules, ils sont contraints d’appeler leur supérieur, c’est la procédure…

Dans l’état végétatif où je me trouvais, pas de réponse de ma part malgré son insistance. Mon état de conscience m’autorisa tout juste à entrevoir les tubes fluoraissants qui défilaient à mesure que le brancard sur lequel je me trouvais évoluait dans les interminables coursives de la maison d’arrêt. Ma famille occupait mon esprit ainsi qu’une certaine satisfaction d’avoir quitté ce lieux dans lequel je n’avais pas ma place et que mon esprit refusait avec force.

Je ne soupçonnais pas ce qui m’attendais…

Dans le véhicule qui me transportait aux urgences, je retrouvais une grande partie de ma conscience. Déçu, mais aussi rassuré par le fait que je reverrai un jour prochain mes enfants.

Les multiples piqûres que me fit l’infirmière de service des urgences où je me trouvais, finirent par me sortir de l’état de somnolence dans lequel je me trouvais,

Je pu donc assister à un véritable cours de couture de chair humaine exécuté par deux charmantes infirmières dont la réserve à me parler me rappelais subitement que j’avais des menottes au pied qui me ramenais au rang de détenu.

Ce qui ne les empêcha pourtant pas de m’adresser un sourire quelque peu compatissant lorsqu’en me posant l’une ou l’autre question, je leur répondais sur un ton ironique,

– Soyez prudentes, je suis dangereux !

Je passais le restant de la nuit dans un vrai lit, avec une chambre qui toute fois avait la particularité d’avoir un cadre vitré par lequel je pouvais apercevoir les deux policiers qui avaient l’air de ne pas trop savoir comment tuer le temps.

Pour ma part, je comptais bien profiter de cette nuit dans ce bon lit, ce que je fis sans perdre un instant.

Une chose après l’autre me suis-je dis avant de m’endormir profondément. Aux premières heures de la matinée mon sommeil fut interrompu par la présence de l’infirmière qui m’adressant un – bonjour souriant suivi d’un je vous apporte votre petit déjeuner. Je me sentais littéralement renaître devant cette abondance de gentillesse.

Après avoir vérifié ma perfusion ainsi que mes pansements elle disparue comme elle était venue me laissant pour unique distraction visuelle deux autres policiers qui avaient pris la relève de leurs collègues qui visiblement semblaient comme leurs prédécesseurs moins préoccupés par ma présence que par le temps qui passait. Soudain l’ennui perceptible des fonctionnaires fut interrompue par l’entré d’un homme qui sorti les policiers de leur misère temporelle. Un certain respect lui fut accordé, il sentait la bureaucratie ainsi qu’une certaine autorité.

Après un long moment de discutions protocolaire avec mes gardiens, il se décidait enfin à rentrer dans ma chambre, bonjour Monsieur, je suis le préfet de[…]la suite ne m’intéressait pas plus que le destin de ce plateau qui contenait les restes de mon petit déjeuner. -Bonjour me contentais-je de lui répondre en le fixant dans les yeux de manière à lui faire comprendre qu’il n’avait aucune espèce d’autorité sur moi à l’instar des personnes en uniformes de la pièce voisine.

– Comment allez vous me demanda-t-il ?

– J’ai connus des jours meilleurs… avez vous des idées suicidaire ?

– Je n’ai effectivement plus beaucoup de goût pour la vie…

– Comme si cela l’intéressait…

Ne vous en faites pas on vas s’occuper de vous […]

Après des salutations d’usages, il quitta la pièce afin de rejoindre ces respectables fonctionnaires à qui il donna visiblement quelques directives me concernant, je ne tardais pas à comprendre le sens de ses instructions notamment lorsque mes voisins eurent la visite du lieutenant de la maison d’arrêt (que je connaissais suite à un entretien avec lui en détention).

il procédait à la levée d’écrou.

J’en déduisais que je ne retournerai pas en prison, du moins pas dans l’immédiat. Le soir même nous partions pour une destination inconnue, finalement pas si inconnue que ça, puisque toujours entravé de mon pied droit au brancard dans l’ambulance qui roulait à vive allure suivie par un véhicule de police qui ne nous lâchait pas d’une semelle…

Chapitre II
L’hôpital psychiatrique

L’infirmier qui me tenait compagnie cachât difficilement son émotion, impressionné qu’il fut de voir une telle escorte pour une personne de surcroît liée à son ambulance comme je l’étais. Il ne résista pas très longtemps avant de me demander pour qu’elle raison tout ce cinéma. Il ne croyait pas si bien dire, cette scène aurait pu servir pour le tournage d’un film.

Ils me prennent pour un criminel, nous avons tous les deux spontanément éclatés de rire, lorsque je repris un peu de sérieux, j’ajoutai, ils auraient aussi bien fait de me faire escorter par le GIGN, autre fou rire…

Puisque nous étions aux confidences, j’en profitais pour lui demander s’il connaissait notre destination ?

Il m’indiqua alors que nous allions à l’hôpital de Brumath, je compris à la seconde que les choses allait se compliquer pour moi puisque l’hôpital qu’il m’indiquait était en réalité une institution psychiatrique. Après quelques instants nous arrivâmes dans cet endroit où m’attendais un traitement de faveur dû à mon rang de détenu, Une bonne partie du personnel n’attendaient que moi en formant une espèce de haie d’honneur à la curiosité que je représentais. Mon escorte, toujours vaillante me débarrassait enfin de ces menottes qui entravaient mon pied.

Avant de prendre congé, j’en vins presque à regretter leur départ.

Le relais fut aussitôt prit notamment par deux personnes qui semblaient n’avoir d’infirmiers que les blouses. En si bonne compagnie je parcourrai les couloirs de ce service.

Qu’elle ne fut pas ma surprise en découvrant ce qui allait me servir de chambre. Une grande pièce dont la fenêtre était condamnée par du plexiglas, pour tout mobilier, un matelas au sol, une couverture, je n’avais jamais vu un endroit pareil de ma vie. Je n’étais pourtant pas au sommet de ce que la morale populaire me réservait. L’étape qui suivait consistait à me dévêtir au point qu’il ne me restait que mes lunettes, elles aussi me furent retirée. Seul accessoire autorisé une chemise ouverte dans le dos (façon hôpital). La porte se referma à la manière d’une porte de cellule à la différence près qu’en guise de toilettes je vis dans un coin de la pièce un urinoir en forme de poire utilisé par les patients généralement alités.

Je me souvînt soudain des mot du préfet, on vas s’occuper de vous… je me sentais comme un fauve dans une cage.

Voila donc le sort que l’on réserve aux personnes qui expriment leur exaspération pour la vie et pourtant sein d’esprit,

Une expérience de plus me dis-je, je m’en serai pourtant bien passé de celle-la Je fis la seule chose que je pu faire, m’abriter de la folie sous cette couverture crasseuse et dormir.

Pourtant même cela ne me fut pas permis puisque régulièrement le fracas de la serrure interrompais notamment pour le repas que l’on me servait dans une assiette en plastique, il en était de même pour les couverts, étroitement surveillé par l’infirmière qui me tenait compagnie pendant le repas, elle même escortée par deux infirmiers qui également n’avoir d’infirmiers que les blouses…

Paradoxalement un instinct de survie se déclencha en moi malgré les moments de détresse profond dû à cet environnement ainsi qu’à ce traitement hors du commun. Sous cette couverture, je me construisais un monde à moi.

Il me restait pourtant une arme, mon intelligence, que je ne tardais pas à utiliser notamment lors des visites matinales de cette poignée de « professionnels » disciplinés, buvant les paroles de leur maître de cérémonie dont l’apparence rendait compréhensible l’opinion populaire sur les psychiatres […]

Mon objectif fut de leur faire comprendre l’absurdité de ma présence en ces lieux. Ce qui me semblait fonctionner, alors que les jours passèrent notamment avec l’infirmier chargé de alimentation. Finalement, après quatre jours ils aboutirent aux conclusions dont l’évidence ne faisait pas de doute,

– Vous retournez en détention, votre place n’est pas ici !

Les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être…

Chapitre III
Retour à la Maison… d’arrêt

L’instruction…

Mon retour en détention fut pour moi un moment de libération.

Si, si vous avez bien lu, comparé à l’institution médicale spécialisé la détention représente une grande liberté.

Pourtant après quelques jours mes crises d’angoisses recommencèrent malgré les efforts du médecin ainsi que du psychiatre une thérapeute aussi douce qu’agréable à regarder, autre rayon de soleil de la maison d’arrêt.

Pourtant les mots, les sentiments restaient en mon fort intérieur.

Vint enfin la convocation chez le magistrat instructeur (juge d’instruction).

Après les formalités d’usages au greffe notre bétaillère fut avancée. Je détiens l’exclusivité de cet adjectif puisque d’autre l’appel « le panier à salade » une expérience incontournable de tout détenu qui se respecte. L’accès se fait par l’arrière, à l’intérieur de part et d’autre d’un couloir central huit minuscules geôles où vous êtes enfermé menottes aux poignés claustrophobes s’abstenir…

Je pris soudain conscience qu’enfermé dans cette boite je n’aurais, nous n’aurions que très peu de chance de nous en sortir lors d’un accident.

Notre arrivée au tribunal confirma encore mon opinion sur le qualificatif que je donnais à notre moyen de transport puisqu’à l’ouverture des portes nous attendaient un couloir dont les murs étaient fait de policiers. Lorsque nous finîment par arriver dans les geôles de ce tribunal ancestral la nausée me tînt compagnie sans me quitter un seul instant.

L’odeur d’urine y est permanente, pour le reste, par respect pour le lecteur je ne m’étalerai pas d’avantage sur la description de ces lieux. Pourquoi le ferais-je puisque la morale populaire l’admet. Simplement, je me demandais si les magistrats qui évoluent dans les étages « supérieurs » en tout point de vue imaginent l’état de leur salle d’attente.

Attendant patiemment le moment où le juge daignera me sortir de cette… j’observais les fonctionnaires dont c’est le métier de passer leur temps de travail dans ce trou à rats je parviens à me consoler quelque peu. Le temps passé ici est aussi une opportunité pour se remémorer le contenu de ce qui ressemble à un plaidoirie lors de votre passage chez le juge d’instruction,

Cette endroit est aussi le passage obligatoire pour l’avocat s’il souhaite s’entretenir avec vous avant l’entretien auprès du juge.

Ayant eu le temps d’en voir défiler quelques un avec leurs belles robes noirs qui contrastaient avec ces lieux, je constatais que ce dernier arrivait que très peu de temps avant que le magistrat ne vous fasse appeler, Pour ma part je n’ai pu échanger que quelques mots avec la mienne dans ce minuscule espace réservé à cette effet avant d’être convié à prendre le chemin qui mène dans le bureau de mon hôte.

Croiser des personnes menottes aux poignets et une expérience que vous n’oubliez pas de si tôt. Pour ma part, j’adopte deux sortes d’attitudes en fonction de la leur. Certain vous fixe avec une certaine crainte dans le regard ne sachant que dire, dans ce cas je les dévisagent sans jamais baisser le regard, pas un instant je ne me met dans la peau d’un criminel que suggèrent leurs regards.

D’autres me disent courageusement bonjour, à ces derniers j’adresse un sourire de gratitude et avec respect je les saluent.

Nous voilà enfin chez le juge, mes bracelets me sont retirés, soulagement que mes poignets apprécient. Face à moi une femme distinguée dont la bague qu’elle arbore au doigt ne laisse que peu de doute quant à son niveau social.

Vous êtes une belle femme me dis-je, ce malgré un léger strabisme de l’œil droit qui me demande quelques efforts pour la fixer lui indiquant à ma manière que c’est peut-être elle la magistrate mais que je ne compte pas laisser orienter les questions-réponses à sa guise.

– Bonjour monsieur distant m’adresse-t-elle.

Je la salue également de manière peu impressionné

Cette femme avait un certain charme que j’interdisais d’emblée à mon esprit d’apprécier. Un je ne sais quoi dans le regard qui intriguait le mien. Néanmoins, un style vestimentaire « discutable » pour une personne de cette classe…

Les formalités d’usages sur mon identité ainsi que d’autres banalités terminés, je compris que je n’étais pas ici pour m’expliquer mais pour répondre aux questions bien préparées à l’avance. Je répondais à cette déferlante de questions avec plus ou moins de conviction considérant ces dernières comme une intrusion dans ma vie de couple.

Je compris rapidement qu’elles faisaient suite à l’audition de Lucie. Je retînt pourtant particulièrement l’une d’entre elle,

– Pour qu’elle raison avez vous dit à votre épouse lors de cette soirée qu’elle était libre ? -Je voulais qu’elle ce sente libre ai-je répondu. Après réflexion je me souvins lui avoir précisé qu’elle était libre de partir ayant l’impression qu’elle restait à contre cœur. 21

Pour un moment auprès d’elle…

Je compris très vite que cette réponse ne lui convenait pas, pour cause, l’ensemble de ses questions étaient dirigés à charge. Je n’avais rien à attendre de cette magistrate qui avait visiblement choisie son camp dans cette affaire.

Pourtant je n’avais pas fais le déplacement en vint puisque j’avais là, la confirmation de l’orientation que prenait cette instruction. Cette entrevue ainsi que sa préparation la veille au soir mon fait prendre conscience de la réalité des faits lors de notre soirée commune avec Lucie ainsi que ses motivations.

Malgré mes sentiments pour cette femme je devais me rendre à l’évidence.

De retour à la maison d’arrêt, j’éprouvais un soulagement, mais aussi de l’inquiétude au vu des circonstances et de cette prise de conscience avec laquelle je devais vivre désormais.

Pourtant je n’éprouvais aucune rancune en vers celle qui faisait visiblement l’impossible afin de m’éloigner d’elle, dusse t’elle pour cela travestir quelque peu la vérité, exercice d’autant plus étonnant qu’elle n’en n’avait pas l’habitude.

Après vingt six années de vie commune, j’avais une grande connaissance de ses sentiments à travers ses regards.

Quelques jours passèrent avec leur lot de pénibilité mais aussi de surprises plus ou moins agréables. L’une d’elle fut la convocation chez le chef de détention qui arborait le grade de lieutenant, une hiérarchie peu commune dans cette administration pénitentiaire. En effet on y trouve de simple surveillants(es) puis des 1er surveillants(es), des majors, des lieutenants et enfin le directeur de la maison d’arrêt qui n’est pourtant pas colonel lui…

Mais revenons à notre lieutenant qui souhaitait me voir,

– Vous êtes ici suite à une décision de justice que je ne commenterais pas, pour ma part votre comportement est bon et respectueux envers le personnel de la maison d’arrêt.

Vous subissez visiblement la pression de tout nouvel arrivant dans l’univers carcéral mais sachez que des moyens sont à votre disposition afin de les atténuer.

Je ne pouvais qu’acquiescer à ses propos, je partageais sa vision des choses, j’ajoutais simplement que je suis ici pour de mauvaises raisons ce qui m’empêchais de me résigner et rendaient ma présence ici que plus difficile à supporter.

Je comprend, faisons en sorte que ce séjour ici se passe pour le mieux, C’est aussi mon intention lui répondis-je.

Ainsi se conclu cette entretien quelque peu réconfortant pour moi t’en cette personne semblât exprimer une certaine compati on quant à ma situation, certes limitée eu égard à sa fonction mais compati on tout de même, dans mon état psychologique tout était bon à prendre…

Une chose après l’autre !…

Quelques jours après cet entretien, à la suite d’un parloir la porte de ma cellule s’ouvrit soudainement, vous êtes libéré, préparez vos affaires,

Croyant à une plaisanterie je regardais cette surveillante qui visiblement avait un sens de l’humour très limité

– Ce n’est pas drôle, lui répondis-je, constatant mon scepticisme elle me répéta de préparer mes affaires dans un délais de trente minutes. J’avais du mal à y croire, pourtant je préparais mon paquetage en un temps record.

Un sentiment étrange m’envallis, j’avais l’impression de me faire jeter dehors de ces lieux où j’attendais ce moment jour après jour sans plus y croire, ce fut d’autant plus inattendu que je n’avais même pas déposé de demande de liberté provisoire.

Cette subite décision du juge ne me permis pas de saluer les détenus qui n’avaient témoignés de la sympathie à leur manière, à une exception près celui que l’on appel communément l’auxi dont la tâche est de distribuer les repas, s’assurer de la propreté des coursives ainsi que la distribution des formulaires de cantines et journaux, Il lui incombe également d’assurer le transport à l’aide d’un chariot des affaires d’un détenu lors d’un mouvement de ce dernier dans l’établissement, voire vers la sortie comme ce fut mon cas.

Le hasard a voulut que ce fut le même qui lors de mes premiers jours d’incarcération a daigné s’intéresser au personnage perdu que j’étais alors. Je le lui rendais à mon tour en lui donnant ce que je considérais comme superflus mais qui portant ici étais de première importance notamment le tabac.

Une poignée de main chaleureuse m’y fin à ce séjour que je laissais derrière moi. Après les formalités d’usages au greffe je passais la petite porte cette fois, comme je le disais sur un ton ironique quelques fois à mes collègues de circonstances

– Ici l’on rentre toujours par la grande porte et l’on ressort par la petite, toujours sur le même ton, il m’arrivait de taquiner les intervenantes qui rencontraient certaines difficultés d’ordres administratives à l’entrée de la maison d’arrêt,

– Vous voyez nous pour entrer n’avons eut aucun problème…

Me voilà assis sur ce banc à l’entrée des familles en visite aux parloirs, attendant sur la personne que j’avais pu avertir de ma libération, -que vais-je faire de cette liberté ?

J’en goûtais chaque instant lorsqu’une femme s’approcha soudainement de moi,

– Vous sortez de prison me demanda-t-elle ? en connaissant par avance la réponse, je lui répondais avec une autre question,

– Cela se vois tant que ça ? S’engagea une conversation d’une banalité qui m’intrigua quelque peu, elle finit par se hâter de rejoindre le groupe sous peine de se voir interdire l’accès au parloir. J’ai pu ressentir chez elle une certaine admiration pour les bad boys qui avaient une carrière carcéral, je laissais donc son imagination quelque peu fantasmer en laissant planer le doute sur ma carrière si réduite dans ce domaine.

Les instants qui suivirent je songeais à cette liberté si soudaine en tirant profondément sur cette cigarette qui n’avait me semble-t-il pas le même goût qu’à l’intérieur de ces murs.

Je m’aperçus que vraiment apprécier la liberté impliquais d’en avoir été privé, dans ma poche je trouvais de l’argent, mon téléphone portable ainsi que des clés, je les admirais à tour de rôle comme des objets d’un autre temps.

Pourtant cela ne faisait que cinq semaines que j’en étais privé.

Qu’en est il d’une personne qui passe une décennie dans cette environnement ? Telle fut ma réflexion à cet instant…

Je chassais rapidement cette pensée de mon esprit en me disant que quoi qu’il arrive je ne retournerai pas en prison, après cette expérience, notamment lors de mon hospitalisation si particulière j’en conclu que la mort serait douce par rapport à cet enfer.

Mon frère fit enfin son apparition, sans trader je chargeais mes affaires puis nous partîmes.

Au grès d’une conversation avec lui, je ne pu m’empêcher d’admirer le paysage qui défilait sous mes yeux. Il me sembla un instant être de retour d’une autre planète. Quelle ne fut pas la surprise de ma sœur qui m’accueillait dans sa maison familial malgré le fait qu’elle était prévenue de ma libération.

A l’étage m’attendait une vrai chambre à coucher avec un grand lit, des oreillers, un paradis en somme. Dépaysé mais débordant de bonheur, je décidai d’inviter tout ce petit monde au restaurant ce que nous fîmes sans tarder. Mon seul regret fut que mon fils que j’avais au téléphone quelques instants auparavant ne pu se joindre à nous. Nous passâmes une soirée à la hauteur de l’événement qui nous réunissaient. Un apéritif ainsi qu’un verre de vin me suffirent à passer d’un état quasi normal à une espèce d’euphorie plaisante. Pourtant le couple qui dînait à la table voisine me plongea dans un état songeur puis nostalgique.

Ils me renvoyaient l’image de nos fréquentes sorties avec Lucie.

Subitement, je revins à la réalité, ma vie avec elle me revenait en pleine figure avec toutes ces douleurs qui s’imposaient à moi.

Dès lors il fut impossible pour moi de m’en débarrasser.