D'un bord à l'autre

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De nombreux bords ont jalonné la vie de l'auteure de ce témoignage, de sa conception à sa détresse d'enfant, jusqu'à l'âge adulte, avec la mort en filigrane. Elle aborde le burn-out en termes de symptôme, face visible d'une faille bien plus profonde, mais aussi d'issue inconsciente pour sortir d'une impasse. Une expérience éprouvante mais positive car synonyme d'ouverture vers un possible. Un témoignage vibrant dans une écriture spontanée, au plus près du vécu.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782140011627
Nombre de pages : 234
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MarieChristine ADAM
D’un bord à l’autre
Le burnout et la dépression à la lumière des traumas de l’enfance
Témoignage
D’un bord à l’autre
Marie-Christine ADAMD’un bord à l’autre Le burn-out et la dépression à la lumière des traumas de l’enfance
Témoignage
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07559-4 EAN : 9782343075594
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 A Léo
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Avant-propos e mois-ci, j’aicinquante-cinq ans, double cinq. C C’est aussi lecinq du mois de mai, celui de ma naissance, et ne dit-on pas « En mai fait ce qu’il te plaît » ?  Mais voilà, deux ans après un burn-out et la dépression qui a suivi, je suis encore fragile. Les mots, les choses, les gens me touchent encore de trop près et, si l’effondrement intérieur n’est plus d’actualité,la chute est encore possiblemais j’avance! Mon fils m’attache au présent et, avec lui, ma thérapie m’empêche de baisser les bras. Depuis de longs mois, je suis en jachère, un lieu où plus rien ne pousse, où plus rien ne vitsi ce n’est quelques herbes folles. Alors, le temps est peut-être venu de semer quelques graines. Des lettres qui formeront des mots puis des phrases pour se transformer en quelque chose qui m’échappera.En ce 22 mai, jour de mon anniversaire, ma décision est prise, je vais écrire un livre. Il y a quelques semaines, j’ai rêvé de deux mains qui se lèvent, comme cellesd’un prêtre sur l’autel, présentant l’hostie de la communion.Ces mains-làtiennent en l’air un crayon sur lequel je me tiens debout, bien droite, les bras le long du corps. Dois-je comprendre que je pourrai ainsi reprendre la direction de ma vie et tourner définitivement une page de celle-ci ?  Hier, ma thérapeute a fait référence aux compétences qui sont les miennes, à une reprise de travail toujours possible, quel que soit le temps qui sera nécessaire. Je
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veux y croire. En attendant, je vais témoigner de mon parcours, d’un bord à l’autre, de celui de ma conception, de ma détresse et de ma solitude d’enfant, avec la mort en filigrane, à celui d’une vie épanouie, rattrapée jusqu’au bord de la folie. Un parcours de résiliente anéanti par la violence d’un burn-out et la descente dans les abysses de la mélancolie, la chute dans la dépression.  Je ne cherchepas dans l’écriture une échappatoire à la thérapie qui m’aide à vivre,j’aijuste la volonté de faire un tout avec mon histoire commej’essaie de faire un tout avec le corps que j’habite. Une façon aussi de meprojeter dans l’avenir, d’alimenterla toute petite flamme qui ne s’est pas complètement éteinte.après trente Difficile, années d’une vie professionnelledense et stimulante, de retrouver un centre d’intérêt.Je débute donc ce livre sans en connaître la fin avec un objectif, le terminer en même temps que je pourrai dire que je m’en suis sortie. Une sorte de défi à relever.  Une nouvelle médiathèque a poussé dans la petite ville du sud-ouest marnais où je demeure. Le personnel, attentionné, veille à y maintenir une atmosphère paisible. Des espaces de travail éclairés de jolies petites lampes vertes lui confèrent un charme serein. Je renoue avec le silence de la bibliothèque Carnégie de ma jeunesse où je marchais à pas feutrés, chuchotant dans le respect des autres et du cadre. Je fais de ce lieu tout neuf mon port d’attache, quelques heures par jour, pour y écrire. Cela m’oblige à sortir de chez moi et àrenouer progressivement avec la vie sociale. Qui sait, peut-être viendrais-je, un jour, y dédicacer le livre de la première moitié de ma vie…
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 Chapitre premier Naître mais ne pas être  « Ma vérité, mon caractère et mon nom  étaient aux mains des adultes »  Jean-Paul SARTRE  Les mots a naissance est difficile. Le médecin accoucheur M de la rue du clou dans le fer arrive en pyjama. L’urgence est là, le risque est vital. Pendant que je nais, ma mère étouffe. Elle fait une crise d’asthme. Les forceps terminent le travail et je suis là en quelques minutes, tout juste le temps de respirer. Cette fois, nous nous en sortons toutes les deux. Ce ne sera pas toujours le cas.  Je ne sais rien de la période qui a précédé ma naissance, rien sur la grossesse, les préparatifs, les anecdotes, tout ce que j’aivécu plus tard pour mon fils et qui pourrait donner lieu à quelques pages.Rien sur l’attente de ce premier enfant qui sera le seul, si ce n’est qu’elle voulait un garçon, lui une fille. Impossible de contenter les deux.  Trois semaines après ma naissance, un ami écrit à mon père et parle ainsi de ma mère «Pauvre Monique, elle n’a pas eu de chance, j’espère que la petite se porte bien ». Pour la mère qu’elle devient, il se peut que je ne sois pas une chance. 9
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