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Dans la gueule du loup

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182 pages
Cet ouvrage retrace le parcours de Robert, "casé" par son club de football dans le groupe de Résistance le plus ancien de la ville de Moulins, celui de la police, alors qu'il était activement recherché par la gendarmerie. Confronté à la milice de Limoges suite au massacre qu'elle a perpétré à Marigny, il réussit à ramener deux auteurs de la tuerie. Dès lors, il est chargé des affaires de "collaboration" et "d'intelligence avec l'ennemi"...
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Dans la gueule du loup
 
                
Graveurs de mémoire  Lina BATAMI,Algérie, mon enfance v(i)olée, 2011. Jean-Paul FOSSET,Histoire damour, histoire de guerres ordinaires. 1939 - 1945 Évian 1962, 2011. Oruno. D. LARA,La magie du politique. Mes années de proscrit, 2011. Jean Michel HALLEZ,40 boulevard Haussmann, 2011. Yvon CHATELIN,Recherche scientifique en terre africaine, 2011. Pierre REGENET,Ma dernière pomme. De PRETY à Bissey, Chroniques en culotte courte, 2011. Jean-Paul KORZEC,Dans lombre du père, 2011. Rachel SAMUEL,On mappelait Jeannine, 2011. Michel LAPRAS,Culottes courtes et bottes de cheval, « Cétait comment la guerre ? »,2011. Béatrice COURRAUD,Non je nest rien oublié Mes années 60, 2011. Christine BELSOEUR,Une vie ouvrière. Un demi-siècle de parcours militant, 2011. Jean-René LALANNE,Le canard à bascule, 2011. Louis NISSE,Lhomme qui arrêtait les trains, 2011. Danièle CHINES,Leur guerre préférée, 2011 Jacques FRANCK,Achille, de Mantes à Sobibor, 2011. Pierre DELESTRADE,La belle névrose, 2011. Adbdenour Si Hadj MOHAND,Mémoires d'un enfant de la guerre. Kabylie (Algérie) : 1956  1962, 2011. Émile MIHIÈRE,Tous les chemins ne mènent pas à Rome, 2011. Jean-Claude SUSSFELD,De clap en clap, une vie de cinéma (Récit), 2010. Claude CROCQ,Une jeunesse en Haute-Bretagne, 1932-1947, 2011. Pierre MAILLOT,Des nouvelles du cimetière de Saint-Eugène, 2010. Georges LE BRETON,Paroles de dialysé, 2010. Sébastien FIGLIOLINI,La montagne en partage. De la Pierra Menta à lEverest, 2010. Jean PINCHON,Mémoires d'un paysan (1925-2009), 2010.  
 
  
  
 
Robert Pinaud       Dans la gueule du loup    
 
       
 
 
Du même auteur
 Livre Soldats sans victoires, éditions Garancière (1986)  Étude juridique  « La police des plages et des plans deau »Revue de la Sûreté Nationale  Récits En mission au Titteri, Revue de la SûretéNationale  « Double carrière dans la police »,Revue du Cercle des Commissaires de Police(2010).  Préface  Préface du livre de Jean-Louis Courtois et Michel Lejeune :  « Les C.R.S. en Algérie » Éditions Marines (2010)    
            
 
  © LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296 54967-8 -EAN : 9782296549678
 Remerciements   Lauteur tient à remercier : Pour leur efficace contribution :  La Direction des Archives Départementales de lAllier, son directeur, M. Denis Tranchard, et ses collaboratrices, pour le précieux concours quils lui ont apporté.  La Direction des Archives Départementales de la Loire-Atlantique, son directeur, M. Philippe Charon et Mme Valérie Roux, en déplorant, avec eux, labsence quasi totale de documentation relative à la participation des Chantiers de Jeunesse au secours des victimes des bombardements de Nantes en 1943.  Le Service Historique de lArmée de Terre au Vieux Fort de Vincennes. Pour leur soutien :  Le Service Historique de la Police Nationale et son directeur, M. Pierre-Frédéric Garrett.  LAssociation des Hauts Fonctionnaires de la Police Nationale et ses présidents successifs, M. Jean-Yves Dilasser et Patrick Hamon Le Cercle des Commissaires de Police et son président, M. René Berthaud, ainsi que son ex-secrétaire général, M. Claude Guérin.  LAssociation des Anciens Combattants et Résistants du Ministère de lIntérieur et son Président, M. Noël Ravier.  M. Jean-Louis Courtois, historien de la police . Et pour leur aide technique :  Éliane Pinaud, son épouse  Christine Gros, sa fille et Aurélie Gros, sa petite-fille.  
 
  Prologue   POLICE-SECOURS  Moulins-sur-Allier, mai 1944 : Il fait très beau. Cest une superbe matinée de printemps qui incite à la promenade. Les Moulinois apprécient cette douceur parfumée assez exceptionnelle. Dautant que les principales rues de la ville présentent un aspect des plus sympathiques. En effet, à ces heures-là, la pression de la troupe allemande est moins pesante. Les quelque quinze cents militaires détestés sactivent dans leurs casernements, lors de patrouilles extérieures ou bien sur leurs terrains dexercices. Néanmoins, de temps en temps, on peut voir passer, plutôt tranquillement, un véhicule gris décapotable de la Wehrmacht chargé de gradés vêtus dun tissu vert, lequel na rien de printanier. Les quelque vingt mille Moulinois subissent depuis quatre ans la lourde et intolérable présence de lennemi. (Selon les mêmes proportions, imaginons Paris sous la botte de plus de cent cinquante mille occupants !) Cest pourquoi ils apprécient particulièrement ces heures matinales où la présence allemande est des plus réduites, alors que les fins daprès-midi et les soirées sont polluées par la troupe ennemie, à tel point que, dans les rues commerçantes, environ trois promeneurs sur dix portent luniforme vert-de-gris ! Dans ces artères matinalement dégagées dune difficile, voire insupportable présence, parmi les nombreux cyclistes qui les sillonnent, deux dentre eux roulant côte à côte retiennent lattention. Lun a lâge dêtre le père : un costaud grincheux façon Lino Ventura, un Lino avec sa gueule des mauvais jours. Lautre, qui pourrait être le fils, est un grand brun, dallure sportive, dont le visage reflète, presque gaiement parfois, tous les étonnements de ses récentes découvertes Les deux pédaleurs ont adopté une allure si modeste quils ne vont guère plus vite que les piétons marchant, en parallèle, sur le trottoir voisin Le « fiston » que ce ralenti exagéré agace, a 7  
adopté le pédalage « en danseuse », cette position lui permettant de se déhancher, de tirer sur ses bras, voire de rétropédaler dans le vide... Évidemment, toute cette juvénile agitation a pour effet, parfois, de placer son vélo en avance sur celui de son compagnon, lequel lui réitère en bougonnant son impérative consigne : « Doucement, jeune homme ! Doucement !... » Quels sont donc ces deux originaux, respectivement âgés de 54 ans et de 21 ans dont le manège nest pas sans intriguer certains passants qui les croisent ? Et vers quelle destination improbable sacheminent-ils avec autant de circonspection ? La réponse est immédiate : ils sont en route vers une banque où a lieu un hold-up, le premier du genre à Moulins, la Police ayant été avisée Alors, qui sont-ils ? Là, cela devient un peu plus compliqué Officiellement et incroyablement, ces deux bougres au comportement bizarre constituent ce quon a coutume dappeler « Police-Secours » ! Le plus âgé est lInspecteur sous-chef Augrandenis, chef de la Sûreté au Commissariat de Police de la ville. Lorsque, vers 11 heures du matin, lappel de la banque a été enregistré, il a aussitôt pris laffaire en main et, dune façon assez inattendue, il a demandé à un jeune auxiliaire (se trouvant là par la grâce du Service du Travail Obligatoire de la Préfecture, le S.T.O.) de laccompagner dans cette délicate mission, incombant, de préférence a-t-il estimé, à des policiers en civil à lapproche dapparence plus discrète. Il y a belle lurette quon ne se sert plus dune voiture dans ce commissariat. Il ny a plus dessence et la batterie est à plat. Tout le monde roule donc à bicyclette, même le commissaire. Par conséquent, nous ne sommes pas dans un mauvais roman policier comme cette scène pourrait le laisser croire. Nous sommes dans la réalité de lépoque À leur arrivée sur les lieux, le hold-up est, bien entendu, terminé : les « gangsters » masqués se sont enfuis avec un substantiel magot. Le directeur de létablissement et le personnel bancaire essayent de se remettre de leurs émotions et le chef de la Sûreté note avec application des déclarations embrouillées quil complique un peu plus...
 
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Quant au jeune homme, il regarde, pétri de stupéfaction, la scène qui se déroule sous ses yeux !!! Sil comprend de mieux en mieux la situation, il est encore loin de tout savoir. Ainsi, sil sait que le Commissariat de Police de Moulins, qui a bien voulu laccueillir, compte des Résistants parmi ses personnels, il ignore quil sagit du groupe de Résistance le plus actif de la Ville, quAugrandenis en est le chef, que celui-ci connaît les auteurs du hold-up comme il a su, bien avant sa mise en route, leur projet et son planning : Doù la prise en charge personnelle de lenquête, le choix dun équipier très inexpérimenté et non armé (et entré depuis peu en Résistance), et la stupéfiante « célérité » de lintervention Le jeune auxiliaire S.T.O., stagiaire bien involontaire, que nous appellerons Robert, nest pas, lui non plus, selon les codes de lÉtat français, tellement exemplaire Nous le verrons plus tard De surcroît, ce témoin impassible de lévénement vient de se rendre, par son silence, et à son corps défendant certes, coupable, selon le Code pénal en vigueur, de « complicité de vol à main armée en bande organisée », lui qui fait déjà lobjet de recherches pour dautres motifs. Quant à linspecteur sous-chef, si ses antécédents étaient découverts, il serait alors considéré comme potentiellement responsable devant les juridictions françaises de « destructions par explosifs dédifices publics et privés » (avec récidives) et, devant la cour martiale de larmée allemande, pour ? hypothèse inenvisageable, les cas de ce genre étant de la compétence exclusive et expéditive de la « Geheime Stadtspolizei » plus connue sous le nom de Ge-sta-po ! Elle est, pour le moins, étonnante la police moulinoise Revenons à nos deux cyclistes. Si tout va selon les paisibles et incontournables prévisions administratives, Augrandenis pourra faire valoir ses droits à la retraite à la fin de cette année 1944, avec, il y compte bien, un avancement au grade supérieur dinspecteur-chef. Quant à son juvénile compagnon, le jeune Robert, il est bien loin denvisager daussi lointaines échéances sans aucun rapport avec ses préoccupations du moment ! Comment se projetterait-il dans cet avenir alors quil na pas du tout lintention de faire une carrière dans la Police Cest clair !
 
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Mais, pour lheure, quil le veuille ou non, le jeune gars auquel nous allons nous intéresser plus particulièrement, est plus ou moins policier. Plutôt plus après cette première et étrange intervention Les témoins et les nombreux badauds ont enregistré le nouveau visage de cet enquêteur jusque-là pratiquement inconnu. Bien que certains aient la vague impression davoir déjà vu ce mec-là quelque part Celui-ci se rend-il bien compte que lexpérience professionnelle dont il vient dêtre acteur et témoin le fait entrer, par complicité passive, de plain-pied dans ce quon appelle, à lépoque, le terrorisme ? Sa participation na-t-elle pas été une mise à lépreuve de la part de son chef ?... Nullement préoccupé par ces questions, il a trouvé ça plutôt rigolo, la Résistance !
 
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