Dans le lit du diable

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Dans le lit du diable est l'histoire de Madeleine, une adolescente en classe de première scientifiques, qui verra sa vie basculer du jour au lendemain et ses rêves tombés dans le néant. Elle se retrouve dans un foyer « magico-mystique » non désiré, où elle vivra le martyre. Mariage qui donnera naissance à trois enfants légitimes (un garçon et deux filles). Madeleine violée, enfants violés. D'une naïveté déconcertante, elle subira les peines du magico-mystique Tapouko, étudiant en première année de psychologie et issu d'une famille pauvre.
Publié le : jeudi 30 avril 2015
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EAN13 : 9782332881151
Nombre de pages : 240
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-88113-7

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

Je dédie ce roman au Pape François Premier, cet humble serviteur de Dieu dont j’admire : son humilité, sa prestance et sa vigueur. Que le Dieu tout puissant, créateur du ciel et de la Terre, l’Eternel des Armés soit son guide ; en l’accordant : Sagesse, Amour et Prospérité. Egalement à tous les chrétiens du monde.

Remerciement

Je remercie tous les Hommes de Dieu qui m’ont aidée de près comme de loin. Merci à Mr et Mme Tafen Dirane (le couple Foly Dirane), grâce à eux que j’écrive ce roman. À mes parents Mr et Mme Kameni Innocent. À mes très chers enfants pour leur encouragement. À Mme Mbouyom Jeanne Marcelle pour son encouragement. À ma grande famille. À Mme Ngamassi Cathérine pour ses précieux conseils. À Mr Atana Ndono Jean Chrisostome pour son soutien incontestable. À Mr Nguegang Pokwo Cyrille pour son soutien. À Mr Puengue Kamga Daquin pour son soutien. Aux amis et connaissances.

Un excellent merci à tous mes ennemis qui ont été mes marchepieds.

« Un ennemi est le meilleur fortifiant qui soit ; à une condition, regarder le mal et non la personne »

Kameni Y. L. Christelle

Au moment où je rédige les remerciements, Jeudi 5 Décembre 2013, à 22 heures passées de quelques minutes, le téléviseur qui est en face de moi annonce le Décès d’un géant de ce monde : Nelson Rolihlahla Mandela. Je crie : « Oh ! Une bibliothèque qui s’éteint ». Le regard que j’avais pour ce géant du monde à qui je rends un grand hommage, était plus que de l’admiration. Ce que je retiens de lui : 27 ans de prison politique afin que son pays soit libéré de la ségrégation raciale. Il vote pour la première fois lorsqu’il sera élu à la tête du pays à 76 ans, et… La liste est longue. Ma prière : que le Seigneur tourne un regard particulier vers sa génération et qu’elle soit à jamais bénie.

Dans le lit du diable

Cet affreux cauchemar commence dans les années 90 plus précisément en 1998. Madeleine est une jeune adolescente qui vient à peine de voir ses menstrues, il y a juste quelques mois. Intelligente, le génie de la modeste famille de douze enfants, issus d’un même père et d’une même mère. Elle n’était ni l’ainée ni la cadette de la famille. Ses parents ont eu la chance d’être Tagne et magne à la puissance quatre. Tagne et magne est un sobriquet qu’on donne aux parents qui ont fait les jumeaux. Alors les parents de madeleine ont fait quatre fois les jumeaux d’où le nombre important des enfants.

Madeleine était calme, je dirai même timide à la limite ; mais travailleuse et sage. Toujours parmi les trois premiers de sa classe, elle est et demeure master des matières scientifiques : mathématiques, chimie et physiques. Elle obtint toujours la meilleure note en ces différentes matières. Madeleine, une adolescente de quatorze ans qui était déjà en classe de première scientifique ; dans un collège de la ville de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.

Brillante dans les matières scientifiques mais presque nulle en littérature, madeleine se faisait aider par ses proches.

Pourtant, Madou comme l’appelaient affec­tueusement ses proches ne savait pas que l’aide venant d’un proche de la famille, allait transformer son rêve de devenir pilote ou médecin en cauchemar.

Madou caressait le rêve d’être parmi les premières femmes pilotes en Afrique, plus particulièrement au Cameroun ; ou du moins à défaut de devenir pilote, elle rêvait d’être parmi les meilleures chirurgiennes ou neurologues de son continent.

Elle a toujours vu grand dans tous ceux à quoi elle s’adonnait. Pensait ou rêvait Madou savait joindre l’utile à l’agréable. Malgré son programme très chargé par ses études et ses travaux à la maison, elle faisait les cours de danse. La preuve, elle avait été sélectionnée parmi les premières émissions de délire, une émission de la chaîne nationale CRTV (Cameroun Radio Télévision). Qui demandait à être une grande danseuse pour y participer.

Ajouter à tout cela c’était une chrétienne née de nouveau : elle avait accepté Jésus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur. Ayant reçue son baptême à l’église baptiste. Madou est une chrétienne convaincue et convaincante.

Lorsqu’elle était à la maison, elle était soit dans sa chambre en train de faire ses mathématiques, chimie ou physiques ; soit à la cuisine en train d’aider sa maman dans les travaux ménagers. Elle ne restait jamais les bras croisés, non il fallait absolument qu’elle fasse quelque chose de bénéfique ou de productive ; il était aisé de la remarquer, lorsque vous vous rendez dans la concession de ses parents.

Toutefois si vous ne la trouviez pas à la maison, elle était soit au collège ; soit à l’église où elle se rendait quatre fois la semaine : Le mardi soir pour l’étude biblique, le jeudi soir pour la prière, le samedi après-midi pour les entrainements à la chorale : elle chantait en soprano (première voix). Et le dimanche matin au culte.

C’est clair que Madou avait un programme hebdomadaire bien rempli. Madou aimait aider ses proches ; gentille, souriante et toujours en train de chantonner. Elle avait de très bon rapport avec tous les locataires de leur concession : toujours prête à donner un coup de mains à qui la sollicitait.

Madou était une adolescente pleine de vie. Ses rêves différents de ceux d’autres adolescentes. Elle n’était pas du genre à rêver d’avoir un prince charmant plein aux as. Non, il n’était pas question de dépendre de qui que se soit.

Pour elle, elle voulait par son travail et sa bravoure, se tailler une place de choix dans la société. Son père lui fit comprendre, que la beauté était passagère, néanmoins l’intelligence, la sagesse et la beauté ouvraient toutes les portes. Elle savait se donner aux études, elle était à même d’étudier dans une boite de nuit ; peu importe le vacarme qui soit autour d’elle. Si elle veut étudier elle le fit si bien que, vous criez, pleurez, elle ne se déconcentre point.

Raison pour laquelle elle gagna la confiance totale de son papa, qui avait noté et apprécié sa capacité de se donner entièrement à ses études. Il l’apprécia beaucoup, aimait la compagnie de sa fille, l’amenait partout où il se rendait ; il discutait particulièrement avec elle. Lui montrait comment il gérait ses affaires.

Madou était très ingénieuse, lorsque son père lui donnait du pain, ou un gâteau à distribuer ; elle coupait ceci en douze morceaux, laissait le soin à tous, de l’ainé à la cadette de prendre un morceau ; puis elle prenait le dernier morceau. Humble dans tout ce qu’elle fît. Pensait grand dans tout ce qu’elle imaginait.

Elle avait même dit à son papa.

– Papa sais-tu ? Un jour je vais déposer ma candidature pour être présidente de la république du Cameroun.

– Ah !!! Ma fille c’est magnifique, sais-tu que cela demande beaucoup de disponibilités et de responsabilités ?

– Je suis consciente de tout cela, mais je le ferai.

– Dans notre société les femmes n’ont pas beaucoup de chances de braver un poste pareil ma fille.

– Peu importe, l’histoire retiendra que j’avais postulé pour être présidente de la république du Cameroun.

– Beaucoup de courage ma fille.

– Merci papa.

Madou, en plus de sa vivacité était audacieuse dans ses pensées, ses actions.

Elle n’est qu’au premier trimestre de l’année scolaire. Elle doit présenter le probatoire : le destin décidera autrement.

Madou se faisait aider par ses proches en littérature. Alors le jeune Tapouko qui l’aidait était un ami de la famille.

Tko, comme l’avaient surnommées ses camarades, était un jeune homme de vingt-quatre ans qui faisait première année de psychologie. Tko était quelqu’un aux apparences joviales, toujours en train de sourire, fier de lui comme un enfant de bonne famille. Toujours tiré à quatre épingles, bien chaussés, un teint noir, bonne mine ; on dirait un fils de bonne famille ou « fils de boss ». Il était d’une éloquence inénarrable. Tout le monde se plaisait en sa compagnie. Doux, souriant, il avait un regard insaisissable.

Il était en réalité issu d’une famille misérable ; Tko était l’ainé de sa famille qui ne comptait que trois enfants. Né à l’ouest du Cameroun il arrive à Yaoundé après l’obtention de son baccalauréat et s’inscrit en psychologie.

Alors comment est-il devenu ami de la famille ? Simple ! Le père de Madou avait les maisons à louer dans sa grande concession. Il y avait des appartements, studios et chambres.

Donc il y avait toutes les catégories de personnes qui y logeaient : des étudiants, des jeunes mariés et des vieux couples.

Tko avait ses camarades de psychologie qui y logeaient. La plus grande maison au centre était celle du bailleur le père de Madou.

Tko venait rendre visite à ses camarades, soit pour réviser soit pour discuter. C’est alors qu’il fît la connaissance de la famille et se familiarise aussitôt. Souriant et très éloquent il impressionne la famille par les histoires qu’il raconte. Il aborde la maman de cette dernière pour la première fois, étant impressionné par le nombre d’enfants il désirait savoir si tous les enfants étaient issus d’une seule femme, malgré l’information venant de ses camarades, il voulait se rassurer à la source. Ainsi il fit la connaissance de toute la famille surtout de Madou vers qui il s’intéresse particulièrement.

Discute avec elle sur les remarques observées, depuis qu’il visite la famille.

– À première vue, on dirait que tu es la camériste de la famille ; c’est toi qui travaille tout le temps. Au début j’ai cru que tu étais la domestique, ensuite j’ai pensé que tu sois une cousine ramenée du village pour aider ! Pourquoi es-tu la seule à faire tant de travaux ?

– Non, les autres travaillent également ; je peux refaire le travail de mon frère, si je constate que c’est bafoué ou inachevé. Papa nous donne une multitude de privilèges pour le travail bien fait.

– Hum ! Formidable, mais c’est trop de peine ? Tu œuvres immodérément ! Le corps humain à besoin de relâchement.

– Je ne m’épuise nullement, ça me fortifie assez.

– Du courage, hum !!!

– Merci, je ne me geins pas ; je suis abondamment gratifiée par mon papa.

– Intelligente et probante ! Quelle classe fais-tu ?

– Première scientifique.

– Non !!! Ce n’est pas vrai ; quel âge as-tu ?

– j’ai 14 ans.

– Waouh ! Magnifique, brillante dans toutes les matières ?

– Je trébuche en littérature. Le reste est à ma portée.

– C’est un petit problème, je peux t’aider à t’améliorer.

– (Ravie, le sourire jusqu’aux oreilles) Merci, je vais en parler à maman.

Madou courut informer sa maman de la nouvelle qui la réjouissait tant. Cette dernière lui fît comprendre qu’elle allât prendre l’accord de son père. Madou est convaincue que celui-ci ne peut s’y opposer. Il approuvait tout ce qui contribuait à la réussite.

Tko informe ses camarades à propos de l’aide qu’il se propose d’apporter à cette dernière.

Ses camarades Estelle et Gisèle attirèrent son attention. Elles avéraient mieux le connaitre.

– Fait gaffe mon cher, soit en sûr que tu ne feras que les cours de littérature et rien que cela : c’est la fille chérie du bailleur. Soit sur tes gardes ! Surtout ne vient pas perturber notre existence dans notre petit paradis !

– Pas de crainte ce n’est qu’une enfant, bien qu’elle soit belle et intelligente ! Elle a besoin d’un soutien en littérature, elle est brave, et il faut encourager sa vaillance.

– Mineur tu veux dire… pas de trouble dans notre environnement immédiat.

– Hum ! Oui ! Les filles du calme ! Je veux juste l’aider et rien d’autre.

Estelle et Gisèle : (ensemble) ok ok « un homme averti en vaut deux ».

– Réfléchissez : comment vous allez valider vos UV ! Et collez-moi la paix.

– Hihihi ! On se connait, on se comprend, je crois ! Tu te souviens, lorsque tu m’as invitée dans ta chambre, tu as commencé sans forme de procès, à balader tes mains sur mon corps ; sans mon charisme, et mon refus brutal, tu aurais pu me violer ?? Tu as la mémoire courte !!! Je te dis de faire attention à la fille de mon bailleur. Dit Estelle.

– Bien ! Comme vous me fatiguez, demain à la faculté.

Estelle et Gisèle : (ensemble) ooooooookkkk.

Gisèle et Estelle étaient deux étudiantes qui vivaient ensemble. Elles s’entendaient bien, jamais on n’avait entendu des disputes entre elles ; elles étaient aimables et studieuses. Elles venaient de la région du Nord Cameroun.

Apparemment elles donnaient l’impression de mieux le connaitre : sa façon et ses habitudes.

Il prit l’engagement de l’aider en littérature. Madou fut joyeuse enfin son niveau en littérature allait s’améliorer. Ainsi trois fois par semaine il l’aidait à faire ses devoirs. Très dévoué il était estimé par les parents de cette dernière. Six à huit heures de cours par semaine. Tko était méthodique et ponctuel. Sa capacité d’écrire et parler français lui donnait préséance.

Devenant l’ami particulier de la famille par sa joie de vivre. Tous les enfants de la famille l’appelaient tonton Tko.

Jusque là, il vint donner les cours à domicile, sans obstacle.

Toutefois vint un jour où Madou avait un devoir de littérature à remettre le surlendemain. Comme tout hasard Tko arrive à la maison. Elle le fit savoir qu’elle ait un devoir à remettre urgemment. Il lui dira, qu’ils le feront le lendemain : il est saturé par la session.

Le lendemain il arrive vers 14 heures, c’était un mercredi, les cours finissent tôt au collège ; il trouve Madou à la maison affairée comme de coutume. Il lui dira avec une hâte hors du commun.

– Madou apporte ton devoir on le fera chez moi : j’ai également beaucoup à faire. Je suis bousculé par mon programme d’examen. On y va, je vais te ramener après, dans 1heure 30 minutes au plus tard. Je suis à l’émia.

Sa famille était à Melen, donc c’était à 100 F de taxi et trente minutes à pieds. Madou étant à la maison avec ses cadets, partie à la hâte, oubliant d’informer l’un d’eux.

– Ok ! Je suis prête.

Il emprunte un taxi en sa compagnie, pour le carrefour émia. Au carrefour émia, ils estampillent une longue piste interminable pour elle, avec la broussaille de part et d’autre de la route, on dirait un quartier désœuvré. Elle ne pouvait s’imaginer qu’il existe les coins aussi délabrés.

Arrivée chez lui comme il le disait, elle constate qu’il habite dans une chambrette. Les murs de l’extérieur étaient semi crépis. Il fallait longer un couloir étroit avant d’entrée dans sa chambrette. La chambrette qui était devant celle-ci était écroulée.

La chambrette était au-dessus d’une colline critique ; juste la rosée transformerait la colline en glissoire, pratiquement inaccessible.

Elle entre dans la chambrette. Il y avait un petit lit d’étudiant et un petit réchaud à l’angle, servant à cuire ses repas bien sûr. Une petite penderie en matière plastique, deux petits rotins sur l’un étaient rangés deux plats, une cuillère, deux fourchettes et un petit couteau. Sur l’autre reposait sa documentation. La chambrette était en désordre ; l’image de ce lieu ne reflétait pas ce qu’il fût, encore moins « le fils de boss » pour lequel il se prenait ; mais plutôt celui d’un étudiant affamé et misérable ; elle se demande où il empreinte les vêtements qu’il mît à chaque visite.

Elle avait hâte de finir son devoir et de retourner chez elle, tellement la chambrette était peu accueillante. Elle avait de la peine à prendre place. Le milieu regorgeait des odeurs. Un banc qui servait de porte chaussures et chaussettes. Les draps du lit étaient apparemment crasseux et vieux.

Tko comprit son malaise et se mit à faire brusquement un semblant d’ordre. Elle sortit rapidement son devoir, sans comprendre les expli­cations disait oui à tous ses propos. Sans poser de questions comme à l’accoutumé. Tellement elle avait empressement que sa finisse. Il fallait quitter précipitamment ce lieu qui la répugnait.

Une heure plus tard le devoir fut achevé, et, elle se leva avec la promptitude de l’éclair pour s’en aller, mais, retenue par ce dernier qui lui proposa un coca kola déjà ouvert, posé au chevet de son lit.

– Je l’ai ouvert hier mais je n’ai pas pu le boire, j’avais abondamment bossé, je n’avais plus de force de le gober. Tient, tu peux le boire.

– Non merci il faut que je rentre, il est bientôt 17 heures mes parents vont s’inquiéter. Ils n’étaient pas là quand je sortais. Personne ne sait où je suis. J’ai oublié de le signaler à mes petits frères.

– Juste une gorgée et je te raccompagne. Ce n’est pas poli de refuser, soit gentille, s’il te plait.

– J’ai dit non !!! Je ne veux pas de coca.

Tko insista si bien qu’elle fût obligée de prendre une petite gorgée afin qu’il la laisse rentrer.

– Ok, juste une lampée.

– Boit tout, une petite bouteille de coca te dépasse à boire ? C’est marrant !!!

– Ok ! Je vide la bouteille.

Madou but à la trompette ; trois gorgées et hop c’est fini.

Cependant avant qu’elle eût le temps de poser la bouteille au sol, qu’elle ressentît un vertige hors du commun. Elle sentit la tête très lourde pas moyen de faire un pas, elle le signala à Tko, qui le constatait déjà.

– Mais tonton Tko j’ai le vertige, ma tête bourdonne, la chambre tourne, je ne peux me lever. Il faut que je rentre, il faut que je rentre à la maison s’il te plait.

– Non patiente ! Il n’y a pas les flammes dans ma demeure !!! Allonge-toi un moment ça ira.

Madou entre dans un profond sommeil. Tko, attendra trente minutes, puis commence à la déshabiller, il l’a laissée comme elle sortit du ventre de sa maman. Il s’amourachait sur le corps inerte de cette dernière à sa guise. Puis il atteint l’orgasme, sans toute fois prendre la peine d’enfiler un préservatif. Il se rhabille et la laisse nue. Toujours dans l’inconscience, plongée dans le profond sommeil.

Quatre heures plus tard Madou sortit de son long sommeil, surprise, la tête qui tourne toujours, de plus elle est toute nue, son bas ventre et son sexe font atrocement mal.

Pourquoi est – ce que j’ai mal ?

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Où suis-je ?

Sont autant de questions qu’elle se pose dans l’étourdissement : elle n’est pas encore parfaitement éveillée.

Le grand Tko quant à lui, est assis là tout impassible.

Lorsqu’elle reprît son esprit, elle bondit du lit toute ahurie de son état…

– Mais tonton Tko pourquoi suis-je toute nue ? Pourquoi ai-je mal au bas ventre et au sexe ? Je me sens très mal qu’est-ce qui s’est passé ?

Tko reste d’abord sans réponses. Puis.

– (Il balbutie) rhabille-toi je te laisse au portail.

– Pourquoi au portail, il faut que tu me laisses à la maison, que tu parles de ce malaise aux parents. Tu dois expliquer tout ceci à la maison. Je ne sais pas ce qui s’est déroulé ; tu es aguerri pour tout élucider.

– (Avec un ton ferme et stricte) je n’ai rien à deviser, je te laisse au portail c’est tout.

Madou se rhabille rapidement, elle ne le reconnut pas lorsqu’il changeât de ton ; elle tremblotait.

Il l’a laissée au portail, partit les mains dans les poches comme un gentleman. Elle le regarde s’éloigner, écœurée, elle ouvre le portillon et entre prématurément.

Toute paniquée, fatiguée, les douleurs. Il était environ 23 heures moins 20 minutes.

En entrant chez eux, elle trouve sa sœur au salon, le reste de la famille était dehors pour la rechercher, les parents avaient déjà donné l’avis de recherche à la radio.

Madou n’avait jamais eu ce genre de retard à la maison.

Mamie la sœur de Madou s’exclame en l’apercevant.

– Madou !!! D’où sors-tu ? Toute la famille est dans la panique, papa a déjà donné l’avis de recherche. Parle Madou ! Tu es pâle ! Tu trembles !

– (En tremblant) je je je suis alléééé faire mes exercices chez tonton Tko.

– Qui t’as autorisée d’y aller ?? Personne ! Car nul ne savait où te trouver !

– Je ne savais pas qu’on allait prendre tout ce temps ; aahiia ahiia ahii j’ai mal et je saigne !

– Quoi !!! Tu as mal ? Tu saignes ? Comment ? Pourquoi ? Parle Madou…

– (En larmes) je je je ne sais pas, après le devoir je je je me suis allongée après avoir bu du coca, j’ai eu un vertige ; et, à mon réveil j’étais toute nue, j’avais mal au ventre, au sexe et il y avait le sang sur le drap !!!

– Et et et… parle… nue le sang… la douleur… quoi je ne comprends rien !!! Les cours se faisaient au salon ou dans la chambre ???

– Salon !!! Où vas-tu chercher le salon ???

– Comment est son appartement ?

– Appartement ? Il est dans une chambrette !!!

– Quoi !!! « Le fils de boss » ? dit, il ne t’a pas donné une justification à propos du sang et le reste ?

– Lorsque je lui ai demandé de me dire les mobiles pour lesquels j’étais nue ; il resta sans réponses.

– J’espère qu’il ne t’a pas touchée, hum ! Je l’espère.

– Toucher ! Quoi ! Où ?? Comment ?? Oh mon Dieu, je ne comprends rien !!!

– Je l’espère bien sinon ton rêve de devenir pilote ou médecin risque de se transformer en chimère ma sœur !

– Quoi !!! Surtout ne dit plus les conneries de ce genre, le rêve de qui se brise ; voilà ce qui m’énerve. Au lieu de me parler clairement tu le fais à demi-mots. Je vais prendre mon bain.

– Attends dis-le moi !! Comment a-t-il réagi à ton réveil ? Ce prétendu fils de famille !!

– Quoi !!! Fils de famille ? Non ! Non il n’a rien de commun, avec le fils de famille ou le fils à papa dont nous pensions, ce fils de merde était arrogant, agressif et vulgaire.

– Eh eh eh ! Je vois…

– que voies-tu ???

– Dit ! Pourquoi l’appelles-tu fils de merde ?

– Il n’est pas le présumé fils de famille ! Son logis est malpropre, désordonné, pas du tout accueillant. Il est arrogant, malappris et orgueilleux.

– Humm ah ah ah bon !!!

– C’est un fils de misérable, mal élevé. Reste à savoir où est ce qu’il empreinte les vêtements et les chaussures qu’il enfile tous les jours.

– Son placard n’était pas garni de toutes ses vestes ?

– Placard ??? Non non c’est une penderie en matière plastique qui lui sert de placard.

– J’espère qu’il n’a rien fait de mal ? Ton saignement là : humm ! S’il t’a tripotée ce n’est pas bien ; c’est dangereux. Oh ! Que Dieu ait pitié de toi ma sœur.

– Je ne sais pas ! Je ne sais rien ! S’il m’a palpée ou non.

– Oh ! Ma sœur tu saignes donc ce n’est pas une caresse, mais un viol ! Un outrage ! As-tu compris ?

Les parents et ses frères sont de retour ; Madou se dirige dans sa chambre, la peur d’être réprimandée. Après être informée de son retour, la famille alla immédiatement dans sa chambre.

Malgré toutes les questions des parents, Madou reste silencieuse. Elle ne sut que dire aux parents qui avaient les yeux braqués sur elle. Elle redoutait la colère de ces derniers.

Jusque-là, elle avait tout fait pour être une enfant digne. Jamais elle n’a voulu blesser ces derniers d’une manière ou d’une autre.

La maman se rapproche d’elle pour une causerie intime en faisant partir le reste de la famille d’un revers de la main. Mais le père grogne.

– Tâche de bien discuter avec ta fille et que cela ne se reproduise plus jamais.

– Oui Tagne.

Elle décide de ne point ouvrir la bouche, malgré les multiples questions de sa mère, pourtant elle tremblait de toutes ses jambes.

La maman change son ton doux à un ton sévère, Madou reste muette.

Sûrement elle se demandait comment va-t-elle expliquer l’inexplicable ?

Plusieurs jours après la maman continue de l’harceler avec les questions, mais n’obtenue aucune réponse d’elle. Elle finit par oublier ce fameux jour et lâcha cette dernière de ses multiples interrogations.

Madou arrête brusquement ses cours de littérature. Tko reste taciturne face à cette décision. Et, commence à visiter la famille de moins en moins. Ses camarades avaient noté un changement, l’interrogeaient, mais n’obtenues aucunes réponses.

La famille également constate le brusque changement : il était plus en plus absent. Mais personne n’osait dire quoi que ce soit, aucun élément ne leur permettait d’ouvrir un quelconque débat.

Madou était la catégorie d’enfant à qui on ne disait jamais : « va étudier ». Toute la famille savait qu’elle fût consciente, surtout lorsqu’il était question du domaine scolaire.

Personne, ne l’interroge sur l’arrêt de cours. Chacun se disait : elle avait déjà appréhendé la littérature. On savait qu’elle n’aime pas perdre son temps sur les matières commodes. Aucune inquiétude à ce sujet.

Huit semaines plus tard ; Madou constate que ses menstrues ne sont pas venues depuis deux mois.

Elle le dit à Mamie sans appréhension.

Mais contre toute attente cette dernière s’exclame farouchement.

Nous sommes à la fin du deuxième trimestre, donc à l’approche de l’examen probatoire.

L’examen probatoire est l’unique diplôme qui permet aux élèves du secondaire de passer en classe terminale au Cameroun.

– Que dis-tu ? Je n’ai pas bien compris !!!

– Je n’ai pas vu mes menstrues depuis deux mois.

– Et, tu es là, comme si c’était un fait normal !!! Mais tu as du pain sur la planche ma sœur ! ohoh l’enfant chéri de la famille. L’eau calme est toujours profonde.

– Hééé ma sœur comment parles-tu comme si… ? De toute évidence ça va radiner le mois prochain c’est sûr.

– Faut d’abord savoir pourquoi cet arrêt : ça peut durer neuf mois ma nonne !!!

– Neuf mois !!! Comment ? Pourquoi ? Ça veut dire quoi tout ça ! Neuf mois c’est quoi une maladie ? Je ne comprends pas. Explique-toi Mamie s’il te plait !

– Toi tu m’étonnes souvent, avec ton intelligence ; comment ne comprends-tu pas ? C’est simple ! Si l’arrêt des menstrues dure neuf mois, c’est tout simplement un bébé, et preuve pour laquelle tu ne saignes pas ! Il faut le dire à maman aussitôt que possible ! Avant qu’elle ne devienne folle dans cette maison. Oh oh oh le génie de la famille ! Tes ambitions je perçois cela dans de l’eau bien chaude et salée.

– Quoi !!! Le bébé, moi un bébé ? Non pas possible j’ai bu ça où ? Comment ? Non non c’est impossible Mamie, tu exagères !!!

– Bien je ne te le souhaite pas, ma sœur : ça sera pour toi le début du calvaire ! à dieu les cahiers la bible tous les dimanches pour le culte hum ! Prie ton Dieu !

– Non non pas vrai, c’est faux pas moi, hééé qui ? Comment ? Tu blagues !

– Ecoute bien ! Je ne te le souhaite pas ! Mais ce n’est pas toi qui es revenue ici avec les douleurs et le saignement il y a deux mois ?

– Oui et ?

– Et, ce fils de merde t’avait sûrement profanée, raison pour laquelle plus de menstrues ! Voilà un bébé !!!

– Hypothétique qu’il m’ait violée ! Juste une seule fois et je suis enceinte ???

– Estimes-toi heureuse si c’est seulement la grossesse ! Avec les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA ???

Madou ! N’as-tu pas fait la classe de troisième ? Quel est ton problème ? S’il l’a fait et que c’était ta période féconde, une seule fois c’est largement suffisant pour former un embryon ; il suffit que le spermatozoïde rencontre l’ovule et c’est parti, de toute évidence l’enfant n’est fécondé que lors d’un seul rapport sexuel.

– Non je n’ai aucun problème, tu rigoles, tu veux m’alarmer. Il n’y a rien dans mon corps, rien du tout : pas de grossesse, point d’infections.

– Je l’espère pour toi, de tout cœur.

– Non non pas de bébé, est-ce qu’une enfant accouche un autre ? Non c’est impossible ; ça veut dire quoi ? Bébé bébé !!! Tu aimes bien me tourmenter Mamie.

– Un conseil de sœur ; informe maman avant qu’il ne soit trop tard. Je t’aurai prévenue.

– Quel est le problème ? Pourquoi veux-tu que je fasse paniquer maman pour un rien. Mamie ? Hum ! Toi là…

– « Mieux vaut prévenir que guérir »

– Laisse tomber ça ira, c’est rien.

– Tant mieux humm !

Mamie était réellement dans la crainte totale. Elle ne savait que faire pour aider sa sœur qui courrait certainement un danger. Elle était consciente du déshonore qu’une grossesse causerait dans leur famille. Et, du désespoir des parents qui avaient jeté leurs dévolus sur cette dernière.

Quant à Madou elle était insouciante, pas de panique sur son visage ; elle était d’une naïveté déconcertante.

Contre toute attente quelques semaines plus tard, Madou commence à vomir et à cracher à chaque instant.

La maman remarque rapidement ce changement et l’interpelle pour en savoir un peu plus.

– Madou ! Madou (en criant) Hum ! Tu me fais peur, c’est quoi ? Pourquoi vomis-tu ? Vient là ! Tu as changé ! Même le volume de tes seins a augmenté ; oh éternel ! Madou depuis quand es-tu avec les hommes ?

– Les hommes ??? Non maman je ne connais personne !

– D’où vient ce changement que j’observe ma fille ? Tu es enceinte, oh oh mes espoirs sont partis ; hééééé Madou tu m’affaiblis les mains (en pleurant).

– Il n’y a rien maman… ne t’affole pas c’est rien juste une indigestion.

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