Darwin

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Ce sont ceux qui connaissent peu, et non ceux qui connaissent beaucoup, qui affirment aussi positivement que tel ou tel problème ne sera jamais résolu par la science.
Père de la théorie de l’évolution, Charles Darwin (1809-1882) a fait vaciller sur leurs bases les dogmes scientifiques et religieux de son temps, affirmant entre autres que l’homme descend d’un quadrupède velu muni d'une queue, probablement arboricole. Mais quel homme était l’auteur de ce séisme intellectuel dont l’onde de choc vibre encore aujourd’hui? De l’étudiant en théologie à l’agnostique convaincu, du voyageur audacieux traversant les Andes à dos de mule au vieux sage retiré dans son village du Kent, du rationaliste intransigeant à l’hypocondriaque abusé par des charlatans, Charles Darwin, révolutionnaire malgré lui, aura vécu une existence tout à la fois paisible et schizophrène où le conformiste Mister Charles s’oppose au subversif docteur Darwin.
Publié le : mardi 20 mai 2014
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EAN13 : 9782072484520
Nombre de pages : 400
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Darwin par Jean-Noël Mouret
INÉDIT
F OL I O
BI OGRAPHI E S
c o l l e c t i o n d i r i g é e p a r GÉRARD DE CORTANZE
Darwin
par
Jean-Noël Mouret
Gallimard
© Éditions Gallimard, 2014.
Couverture : G. Richmond,Charles Darwin, 1840. Photo © Bridgeman Giraudon (détail). Vitrine de scarabées. Photo © English Heritage (détail).
Écrivain, traducteur, journaliste d’entreprise et passionné de litté-rature de voyage, Jean-Noël Mouret est diplômé de Sciences-Po Bor-deaux et ancien élève des Arts et Métiers. Il se partage entre la communication institutionnelle, la médiation du patrimoine scienti-fique et technique et l’écriture. Il a notamment publié, aux Éditions Gallimard,Louis Renault(Folio Biographies, 2009) et, aux Éditions du Mercure de France, dans la série « Le goût des villes »,Venise,Bar celone,Lisbonne,Bruxelles,Palerme,Séville,Le Périgord,La Haute Provence,Le MontSaintMichel,BordeauxetLille, ainsi que des ouvra-ges thématiques commeLe goût des villes imaginaires(2011) etLe goût du vin(2012).
Prologue :Suicide à Port Famine
er 1 août 1828. Au cœur de l’hiver austral, un jour sale traîne sur la baie de Port Famine, au cœur des solitudes marines du détroit de Magellan. Dans une atmosphère glaciale, « composée de deux-tiers de 1 pluie et d’un tiers de brouillard* », les mâtures de deux vaisseaux de Sa Gracieuse Majesté en mission hydrographique, leBeagle** et l’Adventure, mouil-lés presque bord à bord, se devinent à peine dans la demi-obscurité. Malgré cette ambiance démorali-sante, les équipages, malades du scorbut, épuisés par d’effroyables tempêtes, apprécient autant le calme de ces eaux bien abritées que la viande fraîche de guanaco dont les deux navires sont maintenant
* Les notes bibliographiques sont regroupées en fin de volume, p. 369. ** Lancé en 1820, le H.M.S.Beagle, brick de 235 tonneaux et de 10 canons, faisait partie de l’une des toutes dernières séries de voiliers militaires. De petite taille — environ 27 m de long pour 7 m de large —, dépourvus de quille, ces navires chavirent facilement, ce qui leur vaut le surnom de « cercueil flottant »… En 1825, avec cinq autres unités de la même classe, leBeaglea été refondu pour devenir un navire de recherche océanographique : modifié et allégé, il se montrera très manœuvrant dans les zones peu profondes et sera utilisé intensivement pour effectuer des relevés cartographiques des côtes et des sondages des fonds marins. LeBeagledoit son nom à une race de chiens courants du même nom, particulièrement douée pour la détection.
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abondamment pourvus grâce au troisième vaisseau de la flotte, l’Adelaide, de retour d’une expédition de ravitaillement auprès des Indiens patagons de Peckett’s Harbour. Soudain, en milieu de journée, un coup de feu déchire le silence, les oiseaux de mer, affolés, se dispersent à grands cris rauques, et bien vite un canot sillonne la baie pour répandre la mauvaise nouvelle : le capitaine duBeagle, Pringle Stokes, reclus dans sa cabine et qui depuis des semaines s’enfonçait dans la dépression, vient de se tirer une balle dans la tête. Alertés, les chirurgiens duBeagle et de l’Adventurese rendent immédiatement à son chevet et vont tout tenter pour le sauver, en vain : Stokes, mauvais tireur, s’est raté, mais le projec-tile, logé dans le cerveau, ne peut en être extrait. Pendant quatre jours, le malheureux va délirer, son esprit vagabondant à travers les épisodes les plus dramatiques de sa navigation et revivant les moments où il avait frôlé la catastrophe. Les jours suivants, son état semble s’améliorer, au point que Stokes s’imagine, mais il est bien le seul, qu’il va guérir. Puis la gangrène se déclare dans les tissus cérébraux et, après une longue période de terri-bles douleurs, le malheureux expire au matin du 12 août. Sa dépouille est ramenée à terre pour être ensevelie avec les honneurs dus à son rang, et Philip Parker King, commandant de la mission hydrogra-phique, note dans sa relation de voyage : « C’est ainsi que périt à la fleur de l’âge, de manière aussi terrible que prématurée, un officier des plus éner-giques, actifs et intelligents. Les rudes épreuves tra-versées par l’expédition, le temps épouvantable et
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