De l'amertume à la plénitude

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44 ans, mariée et mère de famille, Sylvia se retrouve confrontée en 2014 à la maladie. Cette situation douloureuse permettra à Sylvia d'écrire ce mémoire. L'auteur partagera avec vous une partie de son histoire de vie à la fois bouleversante et atypique. Ce livre retrace le parcours d'une femme courageuse à qui la vie n'a rien épargné. Cet ouvrage est en fin de compte une prise de conscience qui souligne l'importance de rester positif en toutes circonstances.


Publié le : jeudi 7 avril 2016
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EAN13 : 9782334101363
Nombre de pages : 116
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-10134-9

 

© Edilivre, 2016

Citation

 

 

« La tempête a béni mes éveils maritimes
Plus léger qu’un bouchon, j’ai dansé sur les flots »

Rimbaud

 

 

27 Mars 2014

Tout est bien réel, je n’ai rien imaginé……

Je me retrouve ce matin assise à la fenêtre d’une chambre d’hôpital, du moins une clinique psychiatrique.

Après avoir été réveillée par le bruit des chariots, j’entends les employés qui parlent fort et qui oublient que dans ces chambres closes dorment ou somnolent de vraies personnes. Des personnes avec des rêves ou des vies brisées qui cherchent désespérément, pour la plupart, à se reconstruire.

Bercée par le soleil matinal, je me replonge dans mes souvenirs, des souvenirs lointains et douloureux.

Soudain, me voilà face à la Mélancolie, je suis comme emportée par cette spirale qui m’enivre et m’entraîne vers des profondeurs encore inexplorées, qui font peur.

J’ai l’impression d’étouffer, j’ai besoin d’air.

Cela fait 30 ans que je lutte, mais aujourd’hui je ne peux vraiment plus. Il va falloir mettre un terme à tout cela et peut être vivre enfin sereinement avec moi-même et le passé.

On frappe à la porte… Un bonjour sans chaleur, aucun contact visuel, on me pose un plateau sur la table, je devine que c’est mon petit déjeuner. Avant de s’échapper cette inconnue me demande de bien vouloir me préparer, faire mon lit et désormais de descendre dans la salle à manger midi et soir afin de prendre mes repas. Elle a quitté la chambre sans même me donner l’opportunité de répondre à ses affirmations et encore moins de poser des questions.

De nouveau, la porte s’ouvre, l’infirmière, je présume, entre à son tour. Elle m’explique de façon brève que j’aurais l’opportunité ce matin de rencontrer la psychiatre qui suivra mon dossier pendant la durée de mon hospitalisation afin de déterminer et de prescrire un traitement adéquate, puis, sort de ma chambre.

Je me retrouve de nouveau seule ne sachant plus que penser.

J’ai encore cette envie, cette envie qui ne me quitte plus depuis des mois. L’envie de ne plus être, de ne plus penser, de ne plus souffrir.

Mais je dois me ressaisir, de quel droit puis-je avoir de telles pensées.

Après tout j’ai une famille formidable. Un mari qui m’aime plus que tout et deux enfants magnifiques.

De plus on a une belle maison et tous les deux un bon travail. Tout pour être heureux comme le pense certainement la majorité de mes connaissances.

Mais où est le vrai « moi » dans tout cela. Je ne sais plus, en fait je ne suis pas sûre de l’avoir un jour su.

Comment ai-je pu en arriver là ?

La sonnerie du téléphone me sort de mes pensées, on me demande de bien vouloir descendre afin de venir voir la psychiatre, Dr T. Je me sens très angoissée. Comment vais-je pouvoir faire confiance à cette personne mais surtout comment vais-je pouvoir lui confier mes pensées les plus profondes, mes faiblesses, mes peurs et mes envies… De toute façon je ne peux plus faire marche arrière, j’ai moi-même déclenché l’engrenage avant qu’il ne soit trop tard, maintenant il faut aller de l’avant et faire confiance.

Assise dans un étroit couloir, j’attends mon tour. J’observe les gens autour de moi, un de mes passes temps préféré. J’ai toujours l’impression d’apprendre tellement d’une personne en prenant vraiment le temps de la regarder.

Une jeune femme sort de son bureau et me demande de bien vouloir m’avancer. Je m’installe en face d’elle. Je me sens de suite à l’aise. Elle me regarde avec beaucoup d’empathie mais surtout c’est la première personne de la journée qui me demande si j’ai passé une bonne nuit et m’interroge sur mes ressenties du moment. Dès cet instant je suis persuadée que je vais pouvoir travailler avec elle de façon constructive et avancer dans la quête du « moi ».

Mme T m’informe que je la verrais tous les jours et vu mon état de fatigue physique et mentale, il était préférable de me prescrire pour le moment un antidépresseur, un anxiolytique et un somnifère.

Je lui fais part de mes craintes, prendre des médicaments ne fait vraiment pas partie de mes habitudes, je lui demande donc d’en tenir compte.

Afin de comprendre mon parcours, Mme T me demande de commencer à lui raconter mon histoire de vie.

1ère Partie
Mon Enfance

1981 : L’année ou ma vie a basculée.

Née en 1970, j’ai grandi dans un petit village du Lot et Garonne.

Ma vie pouvait être classée comme tout à fait normale. J’étais effectivement une enfant réservée mais plutôt épanouie.

Mon père était rarement à la maison et lorsqu’il était présent il ne s’occupait guère de nous, mais je n’en souffrais pas plus que ça.

Ma mère tenait une boutique de vêtements pour enfants au centre du village mais malgré cela elle trouvait toujours le temps de s’occuper de mes deux frères, ma sœur et moi.

L’été était proche et l’idée de partir de nouveau en vacances dans le sud de l’Espagne nous excitait au plus haut point.

Nous avions l’habitude d’y partir depuis plusieurs années. On restait dans une petite pension de famille juste en face de la mer. J’adorais cet endroit, à mes yeux il était magique.

J’étais loin de m’imaginer que cette année-là ma vie allait être bouleversée.

Les vacances étaient enfin arrivées. Nous étions prêtes à partir. Ma mère et ma grand-mère vérifiaient une dernière fois les valises, c’était parti pour l’aventure !

Les vacances se passaient plutôt bien, mais je trouvais ma mère agitée, anxieuse et souvent perdue dans ses pensées.

Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Nous nous sommes levées de bonne heure comme d’habitude pressées de partir à la plage, mais ma mère était bizarre et son comportement différent.

Elle était belle, bien habillée et maquillée, de toute évidence prête à sortir mais refusait de nous dire où elle partait et ce qu’elle avait l’intention de faire.

La seule chose qu’elle partagea avec nous était qu’elle devait rencontrer quelqu’un et que nous allions passer la journée avec ma grand-mère.

Nous passâmes une journée paisible à la plage, mais l’idée de ne pas savoir où était ma mère était angoissant pour des enfants de dix et onze ans.

Ma sœur et moi étions en train de nous baigner, lorsqu’on distingua la silhouette de ma mère au bord de l’eau nous faisant signe de bien vouloir nous rapprocher.

De retour sur le sable, elle nous demanda d’enfiler nos vêtements rapidement car elle voulait nous présenter quelqu’un. Un certain mal être était palpable lors de la traversée de la promenade du bord de mer.

Ma mère se dirigeait de toute évidence vers la terrasse d’un café. A une table était assis un homme, c’était étrange car il me semblait familier…

Nous nous sommes donc tous installés autour de la table. Cet étranger regardait ma sœur et moi avec insistance mais il souriait et semblait heureux de nous voir. Il prit enfin la parole, il nous dévoila de façon très directe et brutale que ma mère et lui s’aimaient très fort, que cela faisait maintenant douze ans qu’ils se connaissaient et que ma sœur et moi étions les fruits de cet amour caché.

Il continua en disant qu’il souhaitait que l’on vive tous ensemble et sûrement en Espagne, son pays d’origine.

Quant au reste de son discours, il était pour moi impossible de l’entendre. Mon cœur venait de se briser. Je venais de réaliser que ma vie n’était en fait basée que sur des mensonges. Qui pouvais-je désormais croire et à qui pouvais-je faire confiance ? De quel droit cet homme pouvait détruire ma vie en quelques secondes ?

Après nous avoir lâché cette bombe, il s’en alla en nous laissant sous-entendre qu’il reviendrait le lendemain.

La soirée se passa dans le plus grand calme, puis ma mère nous expliqua que notre vie allait changer mais que cela serait pour le mieux… mieux pour tout le monde.

Mon père biologique revint le lendemain matin pour quelques heures, se fut la dernière fois que je vis son visage.

Je m’arrête une minute, j’ai la gorge sèche. Je réalise que j’ai du mal à refocaliser mon esprit sur le moment présent. J’ai comme un petit goût salé dans la bouche… et là je réalise que quelques larmes coulent le long de ma joue. Il est temps pour moi d’arrêter de raconter mon histoire pour aujourd’hui, Mme T le réalise et me conseille de poursuivre demain matin. Je remonte donc dans ma chambre et me repose sur le lit en attendant le repas du midi.

Le reste de la journée s’écoula très vite, mes beaux-parents, ma mère et mon mari sont venus me rendre visite aujourd’hui. Cela m’a permis de penser à autre chose et de laisser ce passé hantant de côté pour quelques heures.

Je suis de nouveau réveillée ce matin par le bruit des chariots, il va pourtant falloir m’y faire…

C’est l’heure du petit-déjeuner… et la routine journalière commence…

La nuit a été longue, même le somnifère n’a pas apaisé mon esprit. Je n’ai qu’une envie, c’est de me cacher sous les couvertures et dormir. Mais je suis consciente que j’ai été admise dans une institution il faut donc se plier aux règles de grés ou de force.

Je me sens mieux après la douche, il est temps pour moi de descendre voir Mme T et de continuer à me replonger dans le passé.

Décembre 1981 :

Cela faisait maintenant 6 mois que nous étions rentrées de vacances et pourtant j’étais toujours rempli d’amertume. Ma mère disait que la situation était complexe et qu’il ne fallait en parler à personne.

Elle nous entrainait désormais inconsciemment avec elle dans un monde de mensonges et de cachotteries.

Par contre cela me permettait de donner un sens aux appels téléphoniques reçus régulièrement le mercredi après-midi ou une voix féminine me traiter de bâtarde et raccrochait.

Mon identité était très floue… j’avais du mal à tout comprendre et vivre avec ce lourd secret. Malgré cela ma vie d’enfant continuait, cela ne semblait pas m’empêcher de rire, jouer et être bien à l’école avec mes amis.

Fin Novembre début Décembre, ma mère m’annonça qu’elle partait en Espagne avec mon père biologique afin de finaliser leurs projets. Ils souhaitaient acheter un magasin et un appartement à Benidorm, ma mère en profiterait aussi pour se renseigner auprès de l’école internationale pour ma sœur et moi. Les secrets devenaient de plus en plus pénibles mais d’un autre côté je me rassurais en me persuadant que ma mère devait vraiment me faire confiance pour partager tout cela avec moi.

Puis l’inévitable arriva dans la soirée du 12 au 13 Décembre. Mon frère ainé Patrick devait raccompagner mon frère Fabrice sur son lieu d’apprentissage. Il pleuvait beaucoup ce soir-là, le département du Lot et Garonne subissait d’importantes inondations. La voiture devint incontrôlable, traversa la route et heurta le véhicule qui leur faisait face. Les secours arrivèrent avec beaucoup de retard et malheureusement Fabrice succomba à ses blessures quelques heures plus tard.

Ma sœur Sandrine et moi-même étions hébergées chez ma voisine pendant l’absence de ma mère. Nous étions très proche de cette famille. Jeanine avait l’habitude de s’occuper de nous de façon régulière.

Je me sentais très à l’aise dans leur maison, comme si j’étais chez moi.

Je fus réveillée cette nuit-là par la sonnerie incessante du téléphone. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait mais tout le monde semblait affolé et préoccupé. Jeanine vint me demander si je savais dans quel hôtel de Paris ma mère était descendue. Je compris à ce moment précis que personne ne savait vraiment où se trouvait ma mère, sauf moi, mais elle m’avait fait promettre de ne le dire à personne.

Je ne devais sous aucun prétexte briser la confiance de ma mère.

J’étais persuadée que Jeanine pouvait palper mon mal-être.

De ce fait, elle poursuivit en m’expliquant que l’hôpital venait de la contacter pour l’informer de l’accident qu’avait subi mes frères et qu’il fallait à tout prix retrouver ma mère. C’était urgent.

Je restais silencieuse mais meurtri.

J’eu du mal à me rendormir, au petit matin je rejoignis Jeanine dans la cuisine, elle semblait vraiment inquiète et avait l’air fatiguée. Elle remuait son café et sans lever les yeux me demanda une nouvelle fois de bien réfléchir et d’essayer de me rappeler ou séjournait ma mère. Une fois de plus, je restais de marbre. Elle m’expliqua qu’elle avait passé la nuit au téléphone afin de retrouver ma mère.

Je me permis alors de lui demander si elle avait eu des nouvelles de l’hôpital. Elle m’affirma que mes frères allaient bien et de ne pas m’inquiéter. Les médecins de l’hôpital lui avait semble-t-il conseiller de ne pas nous dire que Fabrice était mort.

Ma mère fût enfin localisée par la police et revint deux ou trois jours après l’accident. Elle allait tout les jours rendre visite à « mes » frères, nous n’avions pas de droit de visite. Cela faisait maintenant une semaine que Fabrice nous avait quitté, mais, ma sœur, mon frère et moi-même vivions toujours dans l’ignorance. Les médecins persistaient à dire que pour notre équilibre psychologique, il valait mieux nous le dire plus tard. Les docteurs étaient particulièrement inquiets pour mon frère.

Je réalise soudain que j’ai besoin de prendre de la distance, évoquer ces souvenirs m’est vraiment pénible.

J’arrête de parler et mes pensées s’envolent, je regarde désormais par la fenêtre, je me raccroche tant bien que mal au réel, à aujourd’hui… mais je suis de nouveau happée par ce sentiment d’injustice et d’incompréhension que j’ai ressentie il y a 33 ans.

Je demande à Mme T s’il est possible de reprendre cette conversation demain. Elle me regarde avec beaucoup de douceur et me dit qu’elle ne travaille pas le week-end mais que l’on se reverrait lundi matin.

J’ai vraiment besoin de m’isoler un moment et de faire le point mais je n’y arrive pas, ma vision des choses est brouillée, pourtant il faut que j’arrive à prendre du recul et de la distance. J’ai peur… je sens que des failles sont en train de se former au sein de ce mur virtuel crée afin de me protéger de cette douleur insoutenable. De retour dans ma chambre, je m’allonge sur le lit et m’endors profondément. Je me réveille juste à temps pour descendre manger.

Je m’installe à table et, pour la première fois depuis mon arrivée, j’observe discrètement les gens autour de moi. Il est vrai que jusqu’à présent j’étais plutôt fermée dans ma bulle et n’était pas prête à discuter avec les autres patients. Mais aujourd’hui ma curiosité a pris le dessus ainsi que cet inévitable et éternel envie d’aider et d’écouter mon prochain. Depuis mon arrivée, le silence a nôtre table était très pesant, j’avais besoin de briser cela, j’ouvrais donc la conversation en posant quelques questions. Les réponses étaient brèves mais cela faisait du bien d’entendre le son de leurs voix. Mais très vite je replonge dans mes pensées, il me tarde ce week-end, Stephane et les enfants viendront me rendre visite. Etant donné que c’est mon 1er week-end en clinique je n’ai pas de droit de sortie. A vrai dire cela ne me dérange pas trop car je me sens encore épuisée, j’ai besoin de reposer mon corps et mon esprit.

En remontant dans ma chambre afin de me reposer, je remarque une affiche. Il semblerait qu’une naturopathe vient chaque semaine faire des massages. Je pense que cela me ferait le plus grand bien. Je descends en suivant au bureau des infirmières afin de prendre un rendez-vous pour la semaine suivante.

Une fois ma sieste terminée, ma mère vint me rendre visite, d’ailleurs elle viendra me voir tous les après-midis.

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