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De la Martinique à la Normandie

De
102 pages
Dans la Martinique des années cinquante, la jeune Marie mène une existence heureuse, entre une mère énergique qui organise d'une main ferme la vie familiale, et un père travailleur, plein de gentillesse. Malgré une grande pauvreté, les neuf enfants profitent pleinement de leurs jeunes années. Les adultes savent que l'avenir de leurs enfants ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Une grande partie de la population est au chômage, beaucoup d'antillais partent pour la france. Marie y est elle aussi envoyée, à l'âge de quinze ans, comme employée de maison et se trouve alors confrontée à une société dont elle ignore tout.
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DE LA MARTINIQUE À LA NORMANDIE
Histoire d'une jeunesse

Josette CHARLES-HENRIETTE

& Martine LEPLANQUOIS

DE LA MARTINIQUE À LA NORMANDIE
Histoire d'une jeunesse

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-6369-3 EAN: 9782747563697

Cette histoire est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite.

Voici l'histoire de mon amie Marie telle qu'elle me la raconta.

Je suis née au bourg de Sainte-Marie, en Martinique, le 12 novembre 1949. Ma mère avait déjà trois enfants lorsqu'elle rencontra mon père. Je suis l'aînée des enfants qu'ils ont eus ensemble. Cinq autres sont nés après moi. Nous étions donc neuf frères et sœurs (ou demi-frères et demi-sœurs) à vivre avec mes parents, qui ne se sont mariés qu'après notre naissance à tous. Je sais peu de choses de la vie de ma mère avant sa rencontre avec mon père. Il était d'usage de cacher aux enfants l'histoire familiale. Ma mère ne nous aurait jamais parlé des hommes qu'elle a pu connaître avant mon père, et il n'était pas question de l'interroger là-dessus. Tout ce que je sais, c'est qu'elle était dans sa jeunesse une femme bien faite et bien proportionnée, « bien debout dans sa robe », et certainement très attirante. Jusqu'à sa rencontre 9

avec mon père, elle ne s'était jamais installée avec aucun homme, et elle vivait dans une petite maison du bourg, élevant seule ses trois enfants. Mon père était un peu plus jeune. Lui non plus ne s'était jamais installé avec personne avant de rencontrer ma mère. J'ai une petite idée du bonheur qu'il avait à retrouver ma mère lors de leurs premiers rendez-vous grâce à ce que mon parrain a souvent pris plaisir à me raconter avec un sourire malicieux. Mon père et lui étaient de très bons amis, deux célibataires encore jeunes qui aimaient aller ensemble se promener dans les bourgs, dans les fêtes ou au cinéma. Vint une époque où, lorsqu'ils se promenaient tous deux dans le bourg de Sainte-Marie, mon père s'arrêtait soudain dans certains parages, et demandait à son ami d'aller de l'avant et de ne pas l'attendre. Il avait par là une « connaissance »... «J'ai un petit rendez-vous galant », disait-il. Quelques mois plus tard, il demanda à son ami s'il acceptait d'être le parrain de l'enfant à naître... c'est-àdire moi. Mon père était un «pain doux»: un homme réellement bon, généreux, donnant et sociable. Quand il s'est installé avec ma mère, il a pris ses enfants avec elle, et les a considérés comme les siens propres. Il a été « Papa Louis» pour tout le monde et nous a tous élevés, les aînés tout comme ceux qui devaient naître ensuite. Nous étions une même famille, et nous, les enfants, nous considérions tous comme frères et sœurs. Si ma mère ne nous a jamais raconté grand-chose de ce qu'avait été sa vie auparavant, nous connaissions cependant bien le père de l'aîné de mes demi-frères et demi-sœurs. Cet homme était maintenant marié de son 10