De la neige en septembre

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Une nouvelle publiée « dans son jus », comme un long mail écrit à un ami. Dix ans déjà que ces lignes devaient voir le jour sur papier. L’urgence d’un départ et une date anniversaire m’ont poussé à le faire. Ce n’est pas du Baudelaire ou du Zola, mais le témoignage sincère d’un mec de 18 ans décrivant avec ses mots la plus grosse blessure qu’a subie l’Amérique ces dernières années.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953946512
Nombre de pages : non-communiqué
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Et de trois ! ! ! Malheureusement ce n’est pas l’exclamation de joie pour un match de foot, mais la constatation d’un dramatique fait qui touche notre vingt-et-unième siècle : Londres vient d’être victime d’attentats terroristes.
Je suis une fois de plus visé, indirectement : cette fois je suis en train d’écrire mon livre sur les évènements de New York. En même temps, à la radio, on annonce l’explosion de bombes dans le métro puis un bus londonien. La réalité rattrape la fiction, la fiction la réalité… Je ne sais plus trop quoi penser sur ce que j’écris et sur ce qui se passe actuellement sur cette planète.
Mais finalement je commence à être habitué… À l’époque des attentats de Madrid, je travaillais au département communication et relations extérieures de l’ambassade du Canada. Et voilà que l’Espagne subissait à son tour une sanction qu’elle, comme tous les autres pays, ne méritait pas.
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L’Espagne pleure ses morts, le monde et l’Europe aussi ; les États sont en alerte et les lieux à risques d’avantage : l’ambassade se retrouve forteresse et j’ai des réminiscences de guerres et de peur.
Ici tout le monde est consterné, apeuré… Pleure. Néanmoins, nous continuons à travailler et, commençant à être suffisamment bien placé pour évoquer ce qui venait de se passer, de ma plus belle plume je propose de rédiger une lettre de soutien et de condoléance envers nos homologues canadiens résidents en Espagne. Les mots sont décousus et j’ai finalement plus de mal à écrire que je ne le pensais… Comment faire passer dans une lettre les sentiments qui nous animent face à ce genre d’évènement, tout en respectant le protocole et les formalités adressées à une haute instance ?
Je n’ai pas attendu la validation du diplomate pour qui je travaillais.
Dans ce cas, rien à foutre des règles de bien-séance…
Un début…
« Putain déjà huit heures ! ! L’avion décolle dans à peine une demi-heure et les bagages ne sont pas encore enregistrés… Et en plus nous ne sommes pas au bon ter-minal ! »
Notre séjour s’annonçait bien.
Finalement une fuite de kérosène avait légère-ment (deux bonnes heures environ…) retardé le départ de l’avion, ce qui nous avait permis, Franck et moi, d’embarquer tranquillement.
Je savais qu’une fois dans l’avion, je pourrai souffler et réellement comprendre et admettre
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qu’enfin j’allais découvrir cette ville dont j’avais tellement entendu parler, et qui me faisait fantasmer depuis que j’étais môme : New York.
Comme tout ce que je faisais au quotidien, je le faisais à la dernière minute ou sur un coup de tête.
Le problème avec ce genre d’attitude c’est que tout est alors lié au hasard et à la chance…
Je venais d’obtenir mon Bac et de débuter mon premier emploi saisonnier dans un magasin de fringues. Rien de très palpitant mais cela reste toujours un bon moyen de se faire des sous. Et parlons-en de sous. Ma mère (qui entre paren-thèses est adorable, mais s’en voudra toute sa vie de m’avoir filé ce blé…) m’avait promis de financer mon projet de cadeau pour mes dix-huit ans.
« Pour un présent que tu conserveras toute ta vie. »
Ma maman a une formation de juriste. Enten-dait-elle par « présent », comme le souligne l’article 45 alinéa 344 du Code civil de talaala,
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« tout bien moral et/ou physique » ? Ou bien… Bref.
Dans tous les cas, j’ai considéré que peu im-portait la nature du cadeau, le montant du chèque serait plus la source du conflit, s’il avait lieu.
J’envisageais donc une fin d’été prometteur et j’étais bien disposé à dépenser cet argent dans quelque chose de spéciale.
À l’heure où la plupart de mes camarades avaient ou voulaient une voiture, et pensaient à claquer leur argent à Pallavas les flots ou je ne sais quelle autre plage, moi… j’en n’avais rien à foutre !
Je n’ai pas eu à attendre bien longtemps avant de me décider… .
Un soir, alors que j’allais chez Franck après mon boulot pour regarder un film, ce dernier était sur Internet et je sentais en lui cette joie intérieure qu’on ne veut pas lâcher mais qu’on ne peut pourtant contenir.
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