De la rivière à la scène

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Le narrateur fait part de son expérience de la vie dans un récit aussi vivant qu'émouvant où le pragmatisme demeure le maître mot.
L'analyse des personnages évolue au rythme des années et de l'amertume qui s'installe. "Pendant mes permissions, le seul moyen de gagner de l'argent rapidement, c'était de dealer... Après chaque permission, je retournais à la caserne avec du shit pour en vendre aux accrocs. Même certains gradés fumaient... Un jour, j'arrive à la caserne, contrôle douanier..."
Publié le : samedi 1 novembre 2003
Lecture(s) : 272
EAN13 : 9782296340398
Nombre de pages : 174
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De la rivière à la scène

(Ç)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-5402-3

Keed j. Kendall

De la rivière à la scène

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Mes remerciements à mes amis, mes frères et sœurs, pour leurs encouragements, et à Charlotte pour sa collaboration.

PREMIERS PAS

... Je m'appelle Charlie! Mon histoire commence ici, dans une île des Caraibes, autrefois nommée Madinina, aujourd'hui appelée Martinique «L'île aux fleurs». Je suis issu d'une famille de quatre enfants, de deux paternités différentes. Curtis, Wilfrid, Aurore et moi vivions avec notre mère. Elle habitait la maison de mes grandsparents, qui avaient eux-mêmes déjà à leur charge douze enfants, dont ma mère était l'aînée. Je suis le deuxième enfant de ma mère, après mon frère Curtis, qui est de père différent du nôtre. Je suis né le premier janvier 1968, à l'heure où les gens font la fête. Le temps d'une photo pour immortaliser ma naissance, et je m'introduis dans la vie, en tétant le sein de ma mère, goulûment. Je me souviens avoir entr'aperçu, dans ma tendre enfance, un homme que ma mère disait être notre père. Wilfrid et moi étions la copie conforme de cet homme qui nous avait chouchoutés à sa façon, jusqu'au troisième enfant qu'il eut avec ma mère: Aurore. Je devais avoir quatre ans, quand mon père s'en est allé avec une autre femme à qui il a fait deux enfants. Ma mère a eu du mal à nous entretenir, à joindre les deux bouts. . . J'ai grandi entre la maison et le bord de la rivière qui passe à moins de dix mètres de chez nous. Mes grandsparents, mes tantes, mes oncles et ma mère ont eu le temps de profiter de cette rivière, avant qu'elle ne soit polluée. Ils y faisaient leur lessive, s'y baignaient, y jouaient mais aussi buvaient l'eau. Je suis arrivé au temps des bilharzies, au moment où la rivière commençait à subir les dégâts de la pollution. Ma mère nous disait souvent:

- N'allez pas jouer dans la rivière, smon vous allez attraper des microbes!
Effectivement c'était ce qui se passait parce qu'on y allait quand même. Notre rivière a été polluée par le temps et la technologie non recyclable. Des déchets flottaient à la surface. Elle était devenue la poubelle de toute la zone, le vide-ordures de tout le monde. Cette rivière, par temps de pluie ou de cyclone, dans son énervement, emportait tout sur son passage: des maisons avec des familles entières à l'intérieur, des animaux. .. Tout y passait. ''Méfie-toide l'eau qui dort /" De mon balcon, je prenais un vrai plaisir à regarder ce monstre se réveiller, après avoir coulé avec tant de douceur, jour et nuit sans s'arrêter, comme un ruisseau chantant. Je m'endormais à la musique de son écoulement. Je me berçais de son bruissement et du chant de tous les éléments qui l'entouraient: criquets, grenouilles, mangoustes, serpents... J'avais des cousins et cousines de la même tranche d'âge. Dans la maison familiale, d'une superficie restreinte, tout me paraissait grand, parce que j'étais petit et maintenant tout me paraît petit, si petit... Je me demande comment on faisait pour vivre là-dedans. Mais, c'était la vie... La vie de mes grands-parents avec leur peu de moyens, toujours dans la démerde pour obtenir un rien. Je me souviens du temps où tous les enfants dormaient dans une même chambre, sur de vieux linges usés qui ne servaient plus à rien, vraiment à rien. Ca s'appelait «ronyon-caban'». Quand il pleuvait, on dormait avec le bruit de la pluie tombant sur le toit en tôle, les ronflements, les toussotements et les bruits de la nuit. Cela donnait une musique qui respirait la moiteur et la chaleur du temps... Une vraie fanfare! Souvent, il y avait des enfants malades. Ils étaient soignés au rhum camphré et aux herbes du pays. Le matin, au réveil, notre première occupation était d'aller chercher les fruits tombés des arbres pendant la nuit:
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mangos, prunes de cythère, etc. Il y avait des fruits de saison différents dans les quartiers. On y faisait un roulement pour en avoir à volonté. Nos tantes nous faisaient des jus de ceci, des jus de cela. On passait tous nos après-midi en famille. Parfois, on faisait la sieste. En grandissant, plus du tout de sieste... On commençait nos premières conneries. Les petites sœurs de ma mère s'occupaient de nous comme de leurs propres enfants. Elles nous donnaient des volées pires que notre mère, mais ce n'était pas ce qui nous empêchait de recommencer, et de nous faire engueuler à longueur de journée. On avait un petit terrain de foot de l'autre côté de la rivière, en amont. Certains jeunes du quartier y jouaient tout le temps. Pieds nus sur les cailloux, ils s'éclataient les orteils, se charriaient les uns les autres sur leurs mères, leurs pères, sans respect. Curtis n'aimait pas nous voir venir là, il nous disait tout le temps d'aller jouer à côté de la maison. Mais cette maison était déjà trop petite pour nous, tellement on l'avait sillonnée de haut en bas. Même le quartier était trop petit pour nous, tellement on l'avait visité de long en large. Ce quartier n'avait pas de secret pour nous: une rivière avec des habitants qui gravitaient autour. Comme pour les chercheurs d'or, la rivière était la source vitale. Il n'y avait pas d'or, mais il y avait la vie, au bord de l'eau... Nous vivions dans une ambiance paysanne: une de nos tâches était d'aller attacher les animaux le matin puis de les ramener l'après-midi, avant le coucher du soleil. Ils mangeaient de l'herbe toute la journée au bord de la rivière ou sur une petite colline, plus haut. Il fallait toujours se battre avec eux. Parfois je devais les attraper par les cornes, avant de pouvoir les faire rentrer dans leurs cages, derrière la maison. On leur mettait un peu d'herbe et une bassine d'eau pour qu'ils puissent se désaltérer.

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La vie se déroulait paisiblement. Je n'étais pas encore conscient des problèmes que pouvait avoir une famille pour subvenir à ses besoins. J'étais encore un enfant, tout comme mes cousins. Mes oncles et tantes étaient tous jeunes. Nestor, le dernier de mes oncles, aimait jouer avec nous au combat. On lui tombait dessus à trois-quatre, il nous savatait tous, on pleurait, alors on le menaçait d'aller le dire à nos mères. Il nous disait: - 01<, allez-y! Mais on ne disait rien, parce qu'on savait qu'il pouvait se venger, bref on acceptait notre défaite.
On jouait tout le temps à cache-cache autour de la maison. Le dimanche après-midi, après le western avec John Wayne, sur l'écran en noir et blanc, on jouait aux cow-boys et aux indiens, aux billes ou aux lance-pierres confectionnés par nos soins. Ca finissait toujours par un mec attaché à un poteau, martyrisé, en pleurs, qui criait: - Lâchez-moi, détachez-moi III Ensuite, on rentrait se laver avant d'aller se coucher, pour être à l'heure à l'école le lendemain. Le matin quand on se réveillait, il y en avait toujours un qui ne voulait pas se laver parce que l'eau était trop fraîche ou qui refusait de se laisser coiffer. Ma mère s'énervait et puis ça partait en couilles. Le rebelle prenait des coups, ensuite direction l'école avec un petit sandwich de beurre saindoux. Quelquefois on avait droit à un petit supplément dans nos sandwichs, ces jours-là, c'était l'aubaine pour nous. En allant à l'école, on passait dans le quartier de mon père, <d'Ermitage», mais je ne le voyais jamais, il devait sûrement être au travail. L'école des garçons et celle des filles étaient séparées de bâtiments et de cours. En classe, c'était souvent le bordel. Les élèves parlaient plus souvent le créole que le français. Les maîtres et les maîtresses en devenaient fous. Ils nous apprenaient l'histoire de nos ancêtres, les Arawaks et les Gaulois. Quand on voyait les images des Gaulois, c'était comme s'ils nous racontaient des contes de fées. Ils essayaient de nous 12

apprendre cette Histoire, jusqu'à conscience de cette supercherie. . .

l'âge où on prenait

Le midi, on mangeait à la cantine, c'était une copine de ma mère qui nous servait. Pendant les récréations c'était le chahut à tout va, les cris, les bagarres, et la sonnerie qui marquait le temps raisonnait dans tout le quartier. A dix-sept heures, tout le monde était content de [mir. On rentrait chez nous en courant, retrouver nos quartiers respectifs. D'ailleurs un samedi midi, le jour de la remise des photos scolaires, Wilfrid s'est fait renverser par une voiture sur la seule route qu'on avait à traverser: la route du Pont de Chaînes, qui va jusqu'à Balata. Par le choc de la voiture, mon frère était tombé dans le canal, il s'était relevé tout de suite avec la peur sur le visage, comme une bête effarouchée, choqué. J'avais aussi peur que lui, parce que ma mère nous disait tout le temps de faire attention aux voitures. J'ai pris mon frère par la main et on partait déjà, quand le monsieur blanc est sorti de sa voiture en nous disant de rester là. Mon frère criait: - Aïe, aïe, aïe, bridi ! Ce monsieur nous a demandé où on habitait. Je lui ai répondu: - On habite juste à côté... Je vais chercher ma mère! En à peine cinq minutes, j'étais arrivé chez moi. J'ai dit ça à ma mère, elle s'est habillée tout affolée en me demandant si c'était grave. Je lui ai dit que non, vu qu'il n'y avait pas eu d'effusion de sang, juste des égratignures, mais que Wilfrid avait mal à la jambe. Je suis reparti avec elle. Arrivée sur le lieu elle a constaté les dégâts, toujours un peu paniquée mais rassurée. Elle a parlé avec le monsieur, ensuite ils ont emmené Wilfrid à l'hôpital. J'ai récupéré son cartable tout mouillé et je suis rentré à la maison. J'ai sorti tout son contenu, dont les photos scolaires toutes dégoulinantes d'e~u sale du canal. Quatre heures plus tard, ma mère était 13

rentrée. Mon frère portait un pansement à la cheville gauche. Elle nous a fait un sermon. Le monsieur blanc est revenu voir Wilfrid une ou deux fois à la maison, pour savotr comment il allait, ensuite je ne l'ai plus revu. Pendant les vacances scolaires, il arrivait que ma mère nous emmène à la plage de l'Anse-Mitan. On prenait la pétrolette sur les quais de la Savane à Fort-De-France. La veille, elle préparait tout: colombo-poulet ou crabe au curry avec du riz ou des dombrées, et jus du pays, plus les couverts, nappes, serviettes, etc. On partait de bonne heure le matin, pour arriver sur le quai de la Savane et prendre la pétrolette à temps. D'autres familles allaient dans la même direction ou autre part, en voiture. Nous, on ne pouvait aller que là où les transports nous emmenaient. Quand arrivaient les vacances de Pentecôte ou de pâques, c'était la belle vie. On n'avait pas besoin de grand-chose pour être bien: beaucoup de soleil, des rencontres avec les gens sur la plage et on vivait! Ma mère n'arrêtait pas de nous dire de rester tranquilles, on se chamaillait tout le temps. On avait une force de vivre, une joie de vivre, on ne ressemblait pas à ces enfants qui étaient trop mous ou trop bridés par leurs parents. On se faisait souvent remarquer. Parfois, cela plaisait à ma mère. Mais si on lui foutait la honte devant les gens, on avait droit à un regard foudroyant, et celui qui s'était fait remarquer se calmait tout de suite, parce qu'il savait ce qui pouvait l'attendre à la maison. Certains auraient pu penser qu'on n'avait pas d'éducation parce qu'on n'avait pas de père. Pourtant ma mère faisait le maximum pour l'éducation de ses enfants. Certaines fêtes étaient coutumières chez nous: Pâques, Pentecôte, puis Noël, où il fallait tuer le COCHON... entre quatre et cinq heures du matin, les quatre pattes attachées, un coup de gourdin derrière la tête, un coup de couteau en plein cœur et ils récupéraient le sang. Vers huit-neuf heures du matin, après le découpage ensuite l'enfilage, le boudin et 14

le colombo étaient prêts pour la naissance du Christ. .. Sans sapin ni de neige, mais avec le bonheur au ventre. Ils priaient Dieu avec ferveur et chantaient des cantiques. J'ai encore quelques-unes de ces chansons en tête. La vie était dure, mais heureusement, il y avait le Rhum et les liqueurs pour leur faire oublier tout ça. Quand ils étaient défoncés à l'alcool, c'était "landjèt manmanw, coucoune manmanw, patate manmanw..." Ils vivaient tous dans le même quartier et parfois se méprisaient. J'entendais des gens dire: "Je n'aime pas untel", ou "Je n'aime pas telle famille." Il Y avait des partis pris par les uns envers les autres, même au sein de ma propre famille, ça s'insultait, ça en venait aux mains. J'étais petit, je ne comprenais pas, mais quand j'ai grandi, j'ai compris qu'il s'était passé tellement de choses qu'il faudrait une éternité pour démêler tout ça. J'entendais, je voyais... Je percevais les choses, mais je n'étais qu'un enfant. Certaines personnes croient que les enfants ne comprennent pas. Or, ils perçoivent et emmagasinent énormément de choses. Même cinq, dix ans après, étant adultes, ils analysent et déduisent les liens de causes à effets.
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De ma plus tendre enfance jusqu'à mes dix ans, j'ai le

souvenir d'être allé chez mon père .trois fois: une semaine ou peut-être quinze jours. A vrai dire ça ne m'a pas marqué. Il était bien le seul à nous dire, à Wilfrid et moi, de parler le français chez lui. A la maison personne ne parlait le français. De mon grand-père, jusqu'au dernier... Personne! Le français, c'était à l'école qu'on l'apprenait. Alors on brodait un français banane qu'on oubliait vite-fait après le séjour. Mon père lui-même parlait le créole, et les enfants devaient s'adresser à lui en français, c'était trop marrant. En fait, c'est comme de dire à un enfant de ne pas faire quelque chose que tu fais tout le temps devant lui. C'est incompréhensible pour lui, encore plus quand il s'agit de lui interdire de parler sa langue maternelle. Je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas parler le créole. C'était ma langue... On lui mettait de ces coups de cailloux en français, qu'il en avait 15

honte quand on parlait devant les gens. Ainsi, voulant être parfait dans la langue imposée, certains Antillais essayaient de parler un bon français - du p 'tit nègre - quand ils avaient affaire aux gens de l'administration. En revanche, s'ils pouvaient s'exprimer en créole avec ces gens-là, ils le faisaient sans hésitation. Le fait qu'on parlait tout le temps le créole était peut-être une des raisons pour laquelle les gens trouvaient qu'on était mal élevé. Mais quel mal y avait-il à ça : être soi-même, ne pas singer les autres. Ma pensée, à cette époque, était que je ne vivais pas en France, que je n'avais donc pas besoin de parler le français à la lettre. On l'apprenait à l'école mais entre copains, on parlait le créole. Quand les plus grands venaient nous parler et qu'on répondait en français, comme si on essayait d'imiter Molière ou Voltaire. Ils nous traitaient comme des bouffons, puis se foutaient de notre gueule. La langue française n'a pas le même impact que le créole. En créole, on ne philosophe pas avec les mots, il n'y a pas de paraphrases, c'est du direct. Le créole, mélange anglohispano-franco-portugais de base africaine, nous est resté comme seul héritage de notre histoire. Je le parle encore, alors que certains l'ont perdu. Au quotidien, à part s'occuper des bêtes, il fallait aller faire des courses dans les petites boutiques du quartier, les grosses courses étaient réservées aux plus grands. Dès qu'ils savaient compter l'argent qu'on leur donnait, ils devaient aller en ville faire leurs preuves et ramener tout ce qu'on leur avait demandé, sans rien oublier. Sinon, ils se faisaient engueuler. Nous, les plus petits, on courait les petites boutiques. Parce qu'il manquait toujours quelque chose: sucre, sel, poivre, ail ou oignons, huile ou Rhum... Tout ça vendu au poids ou à l'unité. On n'avait rien pour conserver. Les frigidaires étaient réservés aux gens qui avaient les moyens. C'était un trop grand luxe pour l'époque des années 60-70. Chez nous, tout ce qui devait être conservé se
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trouvait dans de l'eau salée ou directement dans du gros sel, dans des barils en plastique bleu. Dans la maison, ça sentait les épices, la viande salée, la morue séchée, etc. Un pur développement du sens olfactif. Avec les fruits qui mûrissaient, parfois on sentait des montées de douceurs sucrées. Hummm... J'adorais ça. Quand j'y pense, ça ressemble à un rêve... Non! Il ne vaut mieux pas que j'y pense sinon, j'vais avoir envie de me retrouver sous les cocotiers à me siroter mon p'tit jus préféré! Quand on avait besoin de glace, on allait l'acheter à la glacière qui se trouvait au Pont de Chaînes. Assez souvent, on faisait des petites courses pour les voisins qui nous gratifiaient de quelques centimes. Ainsi on s'achetait un petit frozen au coca, à l'orange ou au citron, c'était la meilleure des récompenses, sous la chaleur du pays. Mais Il fallait se cacher pour le . . manger sans que personne ne nous VOie, pour ne pas avait droit aux questions du genre: "Qui vous a payé ça ?" On s'est fait coincer à plusieurs reprises par nos jeunes tantes et c'était sévère parce que notre grand-père n'aimait pas qu'on demande quoi que ce soit. On s'est aussi pris des coups par lui plusieurs fois. Alors pour éviter tout ça, on se cachait, c'était notre secret délice. Il m'arrivait de faire des p'tits "jobs", comme disent les Anglais. J'aidais à la construction de maisons. On déchargeait les matériaux du camion puis on les descendait par des petits escaliers en terre, fabriqués avec des planches et des pieux en bois. On ramenait du gravier, du sable, du bois, du ciment, sur le chantier. L'eau était puisée par seaux dans la rivière pour pouvoir battre le mortier. Quand il pleuvait, on avait les pieds pleins de boue, ça slalomait entre les maisons. Certains tombaient sous le poids de leur chargement. Le nègreaime bienmontrersaforce. Il leur arrivait de reconnaître leur faiblesse. On rigolait trop. o. Il s'agissait de véritables épreuves de force, pour ceux qui voulaient montrer leurs capacités. Mais quand il y avait des femmes dans l'organisation, ça les stimulait, les motivait, excitait leur
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