Des Gilletta aux Gilletta de Saint Joseph

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Des Gilletta aux Gilletta de Saint Joseph
Chronique d'une famille du comté de Nice de 1475 à nos jours

Aussi loin que nous pouvons remonter, les GILLETTA sont levensans. Ils pouvaient s’installer en Savoie ou au Piémont mais ils revenaient toujours se marier ou mourir dans leur cité. L’histoire des GILLETTA est donc intimement liée à celle du comté de Nice.


Depuis 1475, leur arbre généalogique révèle des personnages remarquables : un prêtre défroqué et excommunié qui revient à la religion, est nommé par saint François de Sales vice-préfet de la plus puissante institution catholique de l’époque, puis devient le « ministre des Finances » du duc de Savoie ; un préfet de la ville et du comté de Nice ; des hommes d’Église dont deux deviendront préfets de la Sainte-Maison ; un jeune de vingt ans qui prend les armes contre les « hordes révolutionnaires françaises » et dont les biens seront confisqués et vendus aux enchères ; un intendant général du comté de Nice ; de nombreux militaires dont un général qui reste fidèle à la maison de Savoie, est arrêté en France pour espionnage et condamné à cinq ans de prison…


La richesse des archives familiales et les recherches dans les archives publiques et les ouvrages historiques ont permis de retracer la vie de plusieurs de ces ancêtres. Ainsi, page après page, se dessine l’histoire de cette famille et avec elle, la vie à cette époque dans le comté de Nice.


Né en 1960, Philippe GILLETTA de SAINT JOSEPH est le dernier des arrière-arrière-arrière-petits-enfants du colonel Carlo Giuseppe GILLETTA. Notaire depuis 1993, il est également engagé dans l’action sociale.

L’ auteur fait vivre la mémoire de ses aïeux pour permettre aux générations futures de connaître et de s’approprier son histoire.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9782953802207
Nombre de pages : non-communiqué
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Les premiers des GILLETTA Levensest un village situé à environ 25 kilomètres au nord de Nice sur une éminence rocheuse. Il culmine à 600 mètres d’altitude au-dessus du confluent de deux cours d’eau : la Vésubie et le Var. Le village actuel est bâti autour de l’ancien château féodal élevé vers l’an 900 par les comtes de Provence. Les chevaliers de l’ordre du Temple y établissent une commanderie à Notre-Dame-des-Prés. e À la fin duXIVsiècle, avec le comté de Nice, Levens se sépara de la Provence pour se dédier à la Savoie, sur l’initiative du puissant Jean GRIMALDI, baron de Beuil. L’acte de dédition fut signé le 28 sep-tembre 1388. À partir de 1433 est construite la route muletière de Nice au Piémont, par Levens, Utelle, Lantosque, Saint-Martin et la chaîne de montagnes qui aboutit aux vallées de Coni. La route favorise largement les relations commerciales des Levensans et reste la principale voie entre Nice et Turin jusqu’à l’acquisition par le duché de Savoie en 1581 du comté de Tende. L’épidémie de peste de 1467 ravagea une grande partie du comté, qui perdit un tiers de sa population. Lors de son investiture comme seigneur de Levens le 8 janvier 1475, Ludovic GRIMALDI accorda aux habitants une charte définissant les droits et les devoirs des Levensans et leur conférant le droit de nommer eux-mêmes leurs conseillers et leur maire (sindaci). Cette charte, écrite en langue latine sur parchemin, 4 mentionne le nom de tous les chefs de famille de l’époque. Un seul GILLETTA, prénomméGiovanni figure parmi ces noms. Il
4 Cette charte est analysée dansLes Annales de Levens, Frédéric MAURANDI, Librairie Barma, 1931 et dansCrounica dei Levens, Pierre-Robert GARINO, Serre Éditeur, 1995.
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semble donc qu’à cette époque les « GILLETTA » ne constituaient qu’une seule et même famille. Nous ne connaissons qu’un seul enfant de ce Giovanni, un dénomméVeranoné en 1473 et décédé 5 6 à l’âge de 45 ans , lequel eut deux enfants : Ludovico et Gio Maria.
Ludovi co ???? -157 4 Antorona Rossetto Notaire et procureur
G iova nni ????-????
Ve ra no 1473-1518
Gi o Mari a
Gi o Franc esco Ponzi o Pi etro Antonio Don P ietro Fi lippo Gio P ietro -16 20 1568-165015 60 EpLevamis Gioanetta Rossetto Célibataire Maddalena SARTORIS Notaire et procureur sous tutelle Prieu r Notaireet Avocat 7 Gio MariaLes docu-quitte Levens pour s’installer à Scarnafigi. 8 ments et actes retrouvés parlent de lui en le qualifiant de « noble ». Scarnafigi est une ville piémontaise, à mi-distance de Cuneo et de 5 Notes de Gio Angelo. 6  Nos recherches ne nous ont pas permis d’établir la certitude d’un lien filial entre Gio Maria et Verano. Cependant il nous semble possible de valider cette hypothèse dans cet ouvrage. En effet, la patente du 9 décembre 1627 que nous relaterons plus loin indique «que notre révérend Pietro GILLETTA, (…) et le bien cher et fidèle Filippo GILLETTA, (…)et leurs ancêtresont honorablement vécu et utilisé les armes ci-dessous représentées et dépeintes». Don Pietro et Filippo ont donc les mêmes an-cêtres et sont par conséquent parents. Cela est même une lapalissade, puisque leur sont attribuées les mêmes armes de famille ! On peut raisonnablement penser qu’ils sont parents à un degré suffisamment proche pour demander ensemble, en 1627, la confirmation de ces armes. Ce fait est corroboré par la patente elle-même qui in-dique à propos des armoiries : «ans ont été en usage sansLesquelles depuis soixante privilège particulier, (…)ans correspondant à deux générations, nous». Soixante pouvons donc supposer qu’il s’agit d’un grand père commun. Gio Maria, père de Filippo, serait donc un second fils de Verano. Cette hypothèse est d’autant plus vrai-semblable qu’au niveau de Verano, notre arbre généalogique officiel ne mentionne qu’un fils unique, ce qui est manifestement incomplet. 7  Cette origine est mentionnée dans la quasi-totalité des actes concernant son fils Filippo cités ci-après. 8 Il est qualifié ainsi dans de nombreux actes et notamment dans un acte reçu par le notaire Emanuele BIGA de Savigliano le 16 septembre 1634 (Archives départemen-o tales de Cuneo, Insinuation, vol. 374 f 246).
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9 Turin. Il eut au moins deux enfants, Filippo sur lequel nous re-viendrons et Gio Pietro. Ce dernier eut cinq enfants décédés en bas 10 âge entre 1616 et 1620 mais nous ne savons rien d’autre de lui. Ludovicoest le premier de nos ancêtres sur lequel nous possédons des documents fiables. Il est notaire-procureur. Nous ne connais-sons pas ses deux premières épouses dont il eut plusieurs enfants 11 12 dont quatre fils : Pietro Antonio, Gio Francesco, Pietro et Ponzio. Il épouse à LEVENS en troisièmes noces la dame Antonora ROSSETTO, fille de feu Pietro ROSSETTO, avec le consente-ment préalable de ses quatre fils de ses premiers mariages. Il reçoit d’elle en dot une vigne et un bois attenant, dans la région des cavalcades, territoire de la ville de Nice, plus une maison place 13 Saint-François et différents bienfonds. Il décède en 1574. Son épouse, Antonora ROSSETTO, lui survit jusqu’en mars 1599. Dans son testament du 16 mars 1599, elle institue pour héritière universelle sa nièce et belle-fille, dame Gioanetta ROSSETTO épouse de Ponzio GILLETTA, et à défaut en cas de prédécès de sa nièce, les fils communs de celle-ci et de 14 Ponzio. Parmi ses enfants,Pietro Antonio est passé à meilleure vie sans descendance. Il n’est fait mention de lui que dans un seul écrit dans lequel il est indiqué qu’en 1580, il passe sous la tutelle de Gio 15 Francesco, son frère.
9 e Au début duXIXsiècle Scarnafigi comportait 5 136 habitants. 10  Guglielma décédé le 28 août 1616, Gio Battista décédé le 14 octobre 1617, Marta er décédée le 22 octobre 1618, Margarita décédée le 1 décembre 1619 et Giacomo décédé le 17 décembre 1620. Archive de la paroisse de Scarnafigi. 11 Les recherches de Gio Angelo ne portant que sur l’établissement de sa lignée, il ne mentionne que très rarement les filles et n’a conservé aucune documentation sur elles. 12 Il s’agit du célèbre « don Pietro » que nous évoquerons longuement plus loin. 13 Ceci résulte d’un acte du 6 novembre 1574 reçu par le notaire GIUGLARIS. Cette maison sera ensuite vendue par le prieur don Pietro par acte du 9 mars 1644 pour faire un prêt à Son Altesse Royale. 14 Orazio, Ascanio, Ludovico et Gioanetto. Verano n’est pas cité sur ce testament car il ne naîtra que deux ans plus tard, le 17 mars 1601. 15  Notes de Gio Angelo. Nous n’avons par retrouvé cet écrit, et nous devrons donc faire confiance à Gio Angelo.
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16 Quant à ceGio Francesco, son père Ludovico lui fit donation de 17 divers biens à LEVENS. Il épousa en 1570 la dame Franceschetta 18 LEVAMIS de Peille, avec 1 200 florins de dot. Nous trouvons également le mariage de deux de ses filles. La première, dénommée er Franceschetta épousa le 1 mars 1604 à Levens le sieur Rafaello 19 ARNOLFO, chirurgien au Broc. Le prénom de la seconde n’est pas mentionné dans le registre mais elle épousa le 16 mai 1607 Piro MACCARRI de Peille (ville natale de sa mère). Il nous reste à évoquer ses deux autres fils, Ponzio et don Pietro, ainsi que leur cousin Filippo. C’est ici que notre histoire com-mence réellement.
16 Archives familiales. 17 er Acte du 1 décembre 1565. 18 Acte 19 août 1570 reçu par Antoine MASSÉNA. 19 À cette date son père était déjà décédé. En effet le registre des mariages mentionne «fille de feu…».
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