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Divagations sur la fin des temps

De
180 pages

« Les astres, à commencer par la Terre, qui règlent en dernier ressort notre destin, sont depuis peu sujets à de bizarres tremblements. Venus des profondeurs de l’espace, météores et comètes se rapprochent dangereusement de notre planète. Des vagues scélérates, hautes comme des tours et qui tuent, parcourent les océans. D’un noir d’encre, des nuages prédateurs traversent nos cieux. Des puits sans fond se forment dans la croûte terrestre : on y entend la rumeur des abîmes. Partout, la foudre se déchaîne. Les éléments s’affolent. La flore évolue vers le pire, libérant autour de nous des poisons fatidiques. Certains animaux, par de curieuses métamorphoses, prennent la voie du gigantisme : où s’arrêteront-ils ? L’homme à son tour est touché par cet inexplicable dérèglement de la nature. Ses sens le trahissent. Sa vision est altérée par les corps flottants, encore appelés mouches volantes ; son ouïe subit l’assaut des acouphènes, bruits imaginaires à rendre fou. La peau la plus douce paraît hérissée d’aiguilles à qui perd le toucher. Le goût et l’odorat se dépravent sous l’effet d’un mal inconnu : ils font humer l’ordure où ne sont que des roses. On pressent une hystérie collective. Les savants nous rassurent à bon compte. La foule, elle, voit venir la fin des temps. »

J. D.

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« Les astres, à commencer par la Terre, qui règlent en dernier ressort notre destin, sont depuis peu sujets à de bizarres tremblements. Venus des profondeurs de l’espace, météores et comètes se rapprochent dangereusement de notre planète. Des vagues scélérates, hautes comme des tours et qui tuent, parcourent les océans. D’un noir d’encre, des nuages prédateurs traversent nos cieux. Des puits sans fond se forment dans la croûte terrestre : on y entend la rumeur des abîmes. Partout, la foudre se déchaîne. Les éléments s’affolent. La flore évolue vers le pire, libérant autour de nous des poisons fatidiques. Certains animaux, par de curieuses métamorphoses, prennent la voie du gigantisme : où s’arrêteront-ils ? L’homme à son tour est touché par cet inexplicable dérèglement de la nature. Ses sens le trahissent. Sa vision est altérée par les corps flottants, encore appelés mouches volantes ; son ouïe subit l’assaut des acouphènes, bruits imaginaires à rendre fou. La peau la plus douce paraît hérissée d’aiguilles à qui perd le toucher. Le goût et l’odorat se dépravent sous l’effet d’un mal inconnu : ils font humer l’ordure où ne sont que des roses. On pressent une hystérie collective. Les savants nous rassurent à bon compte. La foule, elle, voit venir la fin des temps. »
J. D.
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