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Enfant visionnaire béni (odju-ori-bi)

De
188 pages
Ce livre raconte le parcours d'un enfant dahoméen, son éducation dans son milieu d'origine, ses rencontres et les liens tissés dans la société occidentale. Porter le regard vers le progrès de cette société, c'est "exister au terme du devenir". Par le choc des deux cultures, l'auteur a choisi de pronostiquer l'avenir des deux civilisations, de leurs identités, et de comprendre comment mettre en valeur ce savoir-faire traditionnel dans un contexte de modernité, comment le défendre face à toute autre culture dévastatrice ne respectant pas la dignité humaine.
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Cocou Christian Mèhou ZOHONCON
Enfant visionnaire béni (odju-ori-bi)
Autobiographie
Préface de Cochritmehzoh Prologue de Servanne Woodward Introduction de Louis Thomas Achille
Enfant visionnaire béni (odju-ori-bi)
Cocou Christian Mèhou ZOHONCON
Enfant visionnaire béni (odju-ori-bi) Autobiographie
Du même auteur De par le monde.Poèmes, Editions Pierre Jean Oswald, 1975. Paroles des Temps… j’ai dit. Contes et proverbes du Dahomey, Bastianelli édit. (B.I.GRE), 1982. L’Homme est un livre fermé, philosophie, Bastianelli édit. (B.I.GRE), 1982. Au pays d’Agasou et d’Aligbonon. Le DANHÔME, Editions Jacques André CEI, 2011.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10764-6 EAN : 9782343107646
PRÉFACE « L’homme, disait mon père, C’est d’abord celui qui crée. Et seuls sont frères les Hommes qui collaborent. » Saint Exupéry. Ni devant mes amis Français, ni devant les anciens connaisseurs de l’histoire et de la culture authentiques de la France, je n’aurais jamais osé donner à mes réflexions, à mes notes de souvenirs de voyage en France, si je me contentais d’un séjour de deux trois mois à peine un visage éphémère que celui des notes et des écrits, si mes amis ne m’y avaient encouragé. Je crois à la vertu du contact prolongé pour sentir un pays et en parler avec toutes les nuances de la réalité.
Par contre, il y a ceux qui partent en Afrique ayant pour tout bagage un carnet de notes, un crayon et leur titre universitaire sans aucune connaissance de la culture, de la langue, de la tradition et de l’histoire africaine; qui, après trois mois de séjour en Afrique, écrivent des livres; ces voyageurs d’éclipse déposent dans la turbulence du monde une apologie du colonialisme. On peut se demander si ceux qui ont lu des livres sur l’Afrique dans le tohu-bohu de l’époque, si à côté d’autres causes évidemment, ils n’ontpas contribué pour une part à répandre des préjugés défavorables à l’égard de l’Afrique. On peut donc dire que l’éveil véritable de la curiosité pour l’Afrique dans e l’opinion française n’est pas antérieur au XVII siècle. Mais au départ les jugements sont déjà grevés par des préjugés. C’est pourquoi je porte des doutes sur les voyageurs pressés de donner des leçons à ceux qui
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commencent après de longues années en France à savoir qu’ils ne savent rien.
A ceux qui se posent des questions sur l’Europe, j’ai voulu donner le résumé d’un peuple très éveillé, en train de s’éteindre à petit feu en piétinant sur place dans l’histoire universelle. « Les réveils sont à la mesure du sommeil » disait Jean Guitton.
Les amis à qui j’ai raconté ma vie en France depuis 1947 ont senti plus d’interrogation que de prétention; ils m’ont encouragé à écrire mon autobiographie. La destinée de ce livre dépendra des évènements que seul l’avenir garde; ce qu’il garde est bien gardé. Il faut que la génération d’après-guerre et les "politiques" qui prétendent avoir plus de jugeote que la doxocratie regardent à la fois au-delà de la perspective des sommets franco-africains et des disputes de politique immédiate.
Par exemple : « supposez un père qui aurait manqué l’éducation de ses enfants, mais à qui une sorte de dernière chance donnerait un fils venu, et la possibilité de ne pas recommencer sur lui les erreurs qu’avec les autres il ne peut plus rattraper ». Telle est pour l’Europe l’Afrique aujourd’hui. (P. Alexandre)
La particule que charrie l’harmattan est secrète et terrible; ce qu’il garde est bien grand. Mon sentiment capital est l’amour de tout ce qui est grand, l’horreur de tout ce qui est bas.
Le cadre retenu pour l’aperçu esquissé ici est celui de la vie d’un enfant dahoméen Africain, de son éducation, son évolution de ses activités de l’homme en société, des acquis et rejets dans ses rencontres, des résumés de ses lectures, présentés de façon essentiellement narrative et descriptived’expériences vécues. Il implique cependant
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un postulat fondamental: celui de l’unité profonde de l’humain en dépit de sa diversité de surface. C’est de cette diversité qu’il s’agit de rendre compte en évitant le piège de ce slogan: "le développement durable" et celui de la négation arbitraire des différences. Les pays occidentaux développent la richesse et appauvrissent l’emploi. « Reconnaître ces différences parait encore faire peur à beaucoup d’Africains et d’Européens, souvent parmi les plus généreux. On les comprend quand l’on se souvient de l’usage qu’en ont fait, qu’en font encore tous les racistes ». J’ai par le goût, par la nostalgie peut-être, laissé courir le crayon au rythme et selon le détour de l’art de la palabra, et sur ce pointje ne suis pas apprenti.
Ce que je demande à cette autobiographie c’est: affirmer la primauté de l’idée, facteur déterminant de l’homme de réduire l’être à la pensée ? Non. Bien davantage: l’affirmation du droit et de l’aptitude qu’a la pensée à connaître l’être tout entier et la soumission de cet être lui-même à ce qui gouverne la pensée et lui donne son sens. Car l’idéalisme recouvre à la fois la notion d’idée et celle d’idéal.
On invente l’avenir par rapport à ce qu’on a été. « Elaguant tout ce qui n’avait qu’un intérêt passager ou secondaire, ne conservant que ce qui doit traverser les 1 âges » , j’ai ramassé les multiples fragments, des idées, des échanges dans mes rencontres des conférences-débats, des entretiens amicaux. Ce vécu est mon expérience. Les réflexions que renferme cet ouvrage ont pour objet: d’éveiller la conscience des responsables qui ont mission de mieux conduire les nations pour aider l’humain, leurs semblables à s’unifier avec une règle d’effort sans effort, et de bonheur sans dissipation, de maîtrise sans hauteur: penser et agir c’est aller jusqu’au
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