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Eugène Minkowski (1885-1972) et Françoise Minkowska (1882-1950)

De
119 pages
A un tournant de son existence, Jeannine PILLIARD-MINKOWSKI, la fille des psychiatres Françoise Minkowska et Eugène Minkowski, se sent un devoir de retracer le parcours de ses parents. "J'ai le sentiment très intense que leur vie mérite d'être évoquée, d'autant que leurs travaux suscitent encore au sein de la psychiatrie actuelle un intérêt grandissant et constant, si j'en juge par le succès de la réédition des travaux de mon père sur la schizophrénie et ceux de ma mère sur Van Gogh et Rorschach. L'originalité de leur oeuvre (...) se perpétue malgré les années qui passent."
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Préface
Tout chez Eugène Minkowski est exceptionnel, sa vie, son œuvre sociale, son œuvre intellectuelle, ses talents de clinicien, son courage dans l’adversité des deux guerres mondiales, enfin et surtout ses proches, sa femme Françoise, son fils Alexandre et sa fille Jeannine. La longue fréquentation de Jeannine, cette ballerine extrotskiste de quatre-vingt-dix ans, m’a fait depuis longtemps comprendre qu’elle a de son père la claire et lucide raison, de sa mère l’enthousiasme et les convictions. Heureusement pour nous, elle a décidé d’évoquer la figure de ses parents. Avec une simplicité – travaillée –, elle a écrit un texte au pouvoir d’évocation remarquable. Nous voyons sous nos yeux se dérouler le destin héroïque et unique de ce couple, grandir leurs enfants, s’épanouir leur vie intellectuelle, si riche et exemplaire. Pour les psychiatres d’aujourd’hui, Eugène Minkowski reste un des grands noms de la psychiatrie française du XXe siècle. La puissance et l’originalité de ses ouvrages, heureusement réédités et facilement accessibles, s’inscrivent dans le courant de la phénoménologie psychiatrique, qu’Eugène Minkowski a créé et animé en France pendant de si longues années. Il a jeté les bases d’une phénoménologie psychiatrique très personnelle : les apports de la philosophie bergsonienne lui ont donné un tour plus concret, plus direct, les autres psychiatres phénoménologues restant très ancrés dans les origines philosophiques de ce courant. L’œuvre majeure d’Eugène Minkowski est sans doute La Schizophrénie. On y trouve la fameuse description de la perte
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Éclats de mémoire

du contact vital avec la réalité comme trouble générateur de cette affection. Mais l’œuvre d’Eugène Minkowski mérite d’être lue dans son ensemble. La langue en est si claire et classique qu’elle est aussi un régal pour l’esprit. Françoise Minkowska a accompli un travail considérable et très personnel sur l’interprétation du Rorschach. Elle a rendu compte de ses recherches dans Le Rorschach, à la recherche du monde des formes, son œuvre majeure, qui vient d’être réédité et reste d’un immense intérêt, notamment pour les psychologues et tous ceux qui ont recours à ce test. Dans cet hommage très personnel et intime, Jeannine Pilliard a dépeint avec admiration la personnalité de ses parents et leur vie quotidienne. Elle a su nous rendre familiers ces deux êtres hors du commun. Il faut l’en féliciter et lui savoir gré de nous offrir ce témoignage aussi précieux qu’émouvant. Professeur Bernard Granger

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Genèse de ce récit
Il y a une dizaine d’années, j’ai été interrogée par une jeune femme agrégée d’histoire qui préparait un doctorat sur les médecins français pendant l’occupation allemande. Séduite par son intelligence et son érudition, j’ai eu l’idée de lui demander de m’aider à rédiger un livre sur la vie de mes parents. Nous y avons travaillé pendant deux ans au rythme soutenu des libertés que lui laissait son métier d’enseignante. Nous tirâmes une première version de cet ouvrage qui me rendit très fière et que je soumis à mon plus jeune fils. Son verdict peu indulgent tomba comme un couperet : « Trop enfantin et les détails de ta vie personnelle n’intéressent personne. » Découragée par ce jugement sans appel, j’abandonnai le projet. Mais l’envie de témoigner de la vie de mes parents me tenaillait et quand j’en parlai au professeur Granger, grand admirateur de l’œuvre de mes parents et qui a consacré lui-même des ouvrages à mon père, il se déclara enthousiasmé par le projet et m’encouragea à me remettre au travail. Ensuite la chance a voulu que Bruno Péquignot, dont le père médecin des hôpitaux était un ami de mon frère, crée aux éditions l’Harmattan une collection propre à publier ce livre. Enfin ce projet s’est concrétisé cette année grâce à une amie médecin, jeune retraitée, qui est venue toutes les semaines m’aider à réécrire ce livre ; nous avons recherché et exploité les documents, ses questions m’ont poussée à me remémorer de nombreux souvenirs et ont contribué à recentrer le récit sur la vie de mes parents.

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Remerciements
Dans son testament, Papa avait choisi le professeur Lanteri Laura, malgré son jeune âge à l’époque, pour continuer son œuvre. Celui-ci a fidèlement rempli cette mission et a consacré beaucoup de temps et d’énergie à faire éditer et promouvoir les ouvrages de Papa. Dans son œuvre comme dans ses enseignements, il s’est toujours référé à Papa et a même baptisé une salle de son service de psychiatrie de l’hôpital Esquirol du nom d’Eugène Minkowski. Je le remercie chaleureusement pour toutes ses actions et sa fidélité. Je veux aussi remercier David Allaine qui m’a toujours poussée à faire rééditer les œuvres de Papa en commençant par La Schizophrénie. Je souhaite de nouveau remercier le professeur Granger, qui a promu en toutes occasions l’œuvre de mon père, qui a accepté de préfacer ce livre et m’a sans cesse encouragée à mener ce projet à bien lors des entretiens réguliers que nous avons eus. Enfin je tiens à remercier ma belle-fille qui a accepté avec gentillesse de mettre en forme, de structurer ce récit, de faire des recherches pour préciser et enrichir des faits partiellement oubliés et de saisir ce manuscrit sur ordinateur et à sa belle-sœur qui, sans relâche, a essayé de faire sortir de ma mémoire tout ce qui serait resté enseveli. En espérant n’avoir oublié personne, j’adresse un grand merci à tous ceux que je viens d’évoquer et qui m’ont aidée à me remettre au travail.

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