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Française d'origine algérienne

De
302 pages
Ce livre retrace le parcours atypique d'une femme qui a toujours ambitionné d'exploiter au mieux les événements qui lui sont arrivés comme les actes qu'elle a posés tout au long de sa vie. Française indigène à sa naissance, devenue algérienne par conviction et par combat puis française et européenne par choix, elle a oeuvré modestement à la promotion du concept de citoyenne du monde, en quête d'un monde de paix et de sécurité partagées.
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Graveurs de Mémoire
G
Fatima Benamrane
Française d’origine algérienne Une femme en quête de citoyenneté mondiale
Graveurs de Mémoire
Française d’origine algérienne
Une femme en quête de citoyenneté mondiale
Graveurs de Mémoire Cette collection, consacrée essentiellement aux récits de vie et textes autobiographiques, s’ouvre également aux études historiques *
La liste des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Fatima BenamraneFrançaise d’origine algérienne
Une femme en quête de citoyenneté mondiale
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00866-0 EAN : 9782336008660
Aux femmes et aux hommes responsables, Unis dans la dignité et dans la diversité, Engagés dans la construction d'un monde nouveau, Un monde durable, de paix et de prospérité
IntroductionJe suis née, française, entre les deux guerres mondiales, ces horribles e conflits qui ont marqué le XX siècle. Cela aurait dû être une bénédiction que d'avoir eu la chance de naître avec une telle nationalité, celle d'un État parmi les plus puissants de l’époque, à la tête d'un empire colonial gigan-tesque. J'étais en droit d'espérer bénéficier de cette rente de situation réservée à celles et à ceux, ressortissants de grands et riches États, ou nés dans de grandes et puissantes familles, celles et ceux qui ont la chance de venir au monde au bon endroit et au bon moment, du bon côté de la frontière infran-chissable qui sépare les nantis, les riches, les rentiers d'avec les pauvres, les démunis, les sans-droits et les sans-voix, une frontière qui oppose, au niveau des nations comme en leur sein, les puissants dominateurs et les faibles dominés, qui distingue les exploiteurs sans vergogne et les exploités dépouil-lés de leurs biens et de leur dignité ! Il en était ainsi en cette période faste de parachèvement des empires coloniaux qui régnaient sur le monde, sans se préoccuper aucunement de la finitude de leur apogée, malgré les signes annonciateurs du démarrage d'un processus de démantèlement des règnes impérialistes et coloniaux. Malheureusement, mon destin fut de naître bien loin de la métropole de l'empire, de sa capitale prestigieuse, des beaux quartiers de cette cité radieuse où l'on vivait dans l'opulence pour certains, dans une relative quiétude et sécurité pour tous ceux et celles qui y résidaient. Je vis le jour dans une colonie de l'empire, l'Algérie, même si ce territoire constituait le meilleur en-droit au monde, hormis la métropole, puisque le plus proche et de loin le meilleur des territoires coloniaux. Parole de soldats, de colons ou de curés qui y régnaient en maîtres absolus, il faisait bon y vivre, de s'y épanouir et de s'y enrichir, s'il n'y avait ces autochtones, indigènes et misérables, qui se trou-vaient là au commencement de l'occupation coloniale. Même si cela n'a pas été aussi crûment dit, beaucoup d'acteurs de la colonisation pensaient qu'il aurait été plus intelligent de suivre à l'époque des exemples d'anéantissement quasi total de populations autochtones, réalisés notamment aux Amériques. Nul doute qu'ils ont dû regretter amèrement de n'avoir pas mené à bout et avec plus de vigueur leurs multiples tentatives d'extermination des populations con-quises et d'avoir préféré en réduire la visibilité dans les zones utiles de conquête et d'occupation par les conquérants, troupes coloniales, hauts servi-teurs de l’Église et populations civiles en quête de fortune et d'autorité. J'ai dû faire, sans en être consciente, l'objet d'une affectation malheureuse dans la classe sacrifiée des autochtones, celle dont la présence était à peine tolérée, celle destinée à servir docilement les maîtres colonisateurs, en échange du seul devoir de survie.
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