Heimat

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Le mot « Heimat » n'a pas d'équivalent dans la langue française. C'est au XIXe siècle, dans l'Allemagne romantique, que le mot fait florès. À cette époque, « Heimat » évoquait une enfance heureuse vécue dans un milieu rural, au sein d'une famille où l'on avait été nourri de valeurs qui ne sont pas celles du mot « Vaterland » (patrie) ni celles du mot anglais « home, sweet home. » « Quelle pourrait être ma Heimat ? » J'ai posé cette question à trois amis.L'amie musulmane a répondu : « C'est l'Algérie » ; l'ami allemand luthérien : « C'est la langue française » ; l'ami juif : « C'est l'Évangile ».
Publié le : mardi 6 janvier 2015
Lecture(s) : 2
EAN13 : 9782336367101
Nombre de pages : 116
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Collection
Récits
André MICALEFF
Le mot « Heimat » n’a pas d’équivalent dans la langue
efrançaise. C’est au siècle, dans l’Allemagne romantique,
que le mot fait fl orès. À cette époque, « Heimat » évoquait
une enfance heureuse vécue dans un milieu rural, au sein
d’une famille où l’on avait été nourri de valeurs qui ne sont pas
celles du mot « Vaterland » (patrie) ni celles du mot anglais
« home, sweet home. »
« Quelle pourrait être ma Heimat ? » J’ai posé cette
question à trois amis. Heimat
L’amie musulmane a répondu : « C’est l’Algérie » ; l’ami
allemand luthérien : « C’est la langue française » ; l’ami juif : Une quête ? Un long voyage !
« C’est l’Évangile ».
Amis lecteurs, je vous invite à interroger deux ou trois
personnes qui vous connaissent et vous aiment, avec
lesquelles vous avez partagé un long chemin d’amitié. Vous
serez surpris et sans doute heureux de leur réponse ! Un vrai
cadeau.
André Micale , né dans la Kasbah d’Alger, a vécu
vingt ans en Algérie. Il a fait des études à l’École
supérieure de commerce d’Alger, puis cinq années
de Théologie protestante à Paris et à Saint Andrews
en Écosse. Pendant quarante années il a été pasteur
au service de l’Église réformée de France, dans
les iles de Saintonge, puis secrétaire général de l’Association
des Étudiants protestants de Paris et de la Mission populaire
évangélique. Depuis 2003, il vit en Allemagne.
Collection
Récits
ISBN : 978-2-343-05025-6
12,50 €
André MICALEFF
HeimatRue des Écoles

Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.


Déjà parus

Michelson (Léda), Les corps acides, 2014.
Leclerc du Sablon (Françoise), Derrière la seizième porte, 2014.
Nicole-Le Hors (Jacqueline), La croix ou la bannière, 2014.
De l’Estourbeillon (Hubert), La Cité des hauteurs, 2014.
Coutarel (Colette), Promenade romantique à Pôle Emploi, 2014.
Baillet (Dominique), L’absence, 2014.
Zelwer (Charles), Face au miroir sans reflet, 2014.
Flouzat (Denise), Le journal d’E, 2014.
Barraux (Roland), La bicyclette de Hong Kong, 2014.
Lecomte (Emmanuelle), Lafi, récit de vie au Burkina, 2014.
Cambona (Christophe), Apologie du grand âge, 2014.
Girard (Marc), Ces géants qui m’ont précédé, 2014.





Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr HEIMAT© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05025-6
EAN : 9782343050256André MICALEFF






HEIMAT

*

Une quête ? Un long voyage !












Ouvrages du même auteur
Editions L’Harmattan
Petite histoire de l’Algérie (1830-1962) – Comment
formezvous le futur ? (1998)
Il a neigé sur Alger – Paraboles et paradoxes (2000)
Le mur de silence – Petite chronique allemande (2008)
La réforme des Églises peut-elle être espérée au XXIe
siècle ? (2011) À mes enfants, Jean et Isabelle,
et aux amis allemands, algériens et français
m’accompagnant dans la quête de ma Heimat.
INFARCTUS



Mon histoire commence ce printemps de neige, de glace, de
gyrophare et d’hélicoptère, en urgence, vers Bad Bevensen,
un hôpital égaré dans une forêt.

Avant la grande opération, séance d’épilation de la tête aux
pieds. Me voilà éphèbe lisse, prêt pour mon premier
combat.

Le mur de ma chambre devient toile sur laquelle se
projettent des images…
Dans un ciel sans étoiles apparaît un personnage barbu de
grande taille, vêtu d’une cape bleue. Cette présence
silencieuse me persuade que mon opération n’a pas réussie.
Je suis mort.

Peut-être suis-je encore vivant… Mais est-ce possible de
mourir vivant sans faire un pacte avec le Diable pour
acquérir une jeunesse éternelle ? Sans avoir mendié un peu
de temps pour achever ce que je crois être mon œuvre,
c’està-dire 988 pages constituant mon testament spirituel ou,
plus modestement, une histoire, mon histoire, enfermée
dans une valise de migrant abandonnée dans un champ
d’herbes folles.
Enfin, puis-je être un mort-vivant sans m’être soumis aux
fonctionnaires du Tribunal, ni aux méchants du Château qui
s’efforcent de dévoyer ou de paralyser mes possibilités
d’agir joyeusement en toute liberté ? Belle et troublante
actualité de Kafka dans cette Europe frissonnante de peurs
et sans cesse rêvant d’un Ordre totalitaire, sans arriver à
9 faire le deuil de ce XXe siècle qui a été abominablement
cruel.
En travaillant inlassablement « l’art de la fugue »,
JeanSébastien Bach ne se préparait-il pas à « mourir-vivant »
dans cet océan de musique qui le submergeait ?
Le grand personnage barbu à la cape bleue disparaît pour
laisser place à une meute de chiens de toutes races
poursuivant un ennemi que je ne vois pas. Ces chiens fous
s’écrasent contre un mur et vont constituer un bourbier dans
lequel pataugeront des soldats en pantalon garance.
eAux zouaves de 1914 succèdent d’autres guerriers du XVI
siècle qui s’étripent avec bonheur… guerre de religion !
Disparaissent les chiens fous ainsi que les soldats
vainqueurs ou vaincus.
L’effet de la morphine et des autres drogues s’estompe.
Yeux clos, je discerne des visages, tels des icônes d’or,
défilant sur un velours noir. Des visages souriants et
paisibles sur lesquels je ne peux pas mettre un nom.
S’éteignent les chandelles de ce spectacle à l’ancienne.
C’était un four.
Sans effroi ni résignation, je reste calme et serein. L’étrange
tristesse qui m’envahit me prépare-t-elle au désespoir
ardent qui me donnera une force inespérée me révélant que
RIEN n’est perdu d’avance ?
*
* * *
Je me souviens de cette jeune fille de Zurich qui disait sans
cesse : « J’ai froid dans cette ville. »
Elle s’immola par le feu.
Je me souviens de ce jeune garçon allemand en prison parce
qu’il avait jeté une pierre contre l’enceinte d’une centrale
nucléaire.
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