Ici et ailleurs

De
Publié par

Jeune, on rêve de voyager mais on pense généralement revenir au pays de ses racines. Qu'arrive-t-il lorsque tout change et que l'on s'installe sur un autre continent ? Comment s'adapter dans le pays d'accueil sans oublier pour autant le pays natal ? Ses fréquents séjours en Provence, à Paris, sa vie aux Etats-Unis, près du Potomac, ont inspiré ce récit à l'auteur.
Publié le : jeudi 1 mai 2008
Lecture(s) : 317
EAN13 : 9782296195790
Nombre de pages : 101
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Ici et Ailleurs

Rue des Ecoles
Cette collection accueille des essais, certain mais ne pouvant supporter de diffusion large. La collection Rue des Ecoles a pour tous travaux personnels, venus de tous philosophique, politique, etc. d'un intérêt éditorial gros tirages et une principe l'édition de horizons: historique,

Déjà parus

Magui Chazalmartin, Journal d'une institutrice débutante, 2008. Claude LE BORGNE, Dites voir, Seigneur..., 2008. Sylvette DUPUY, Souvenirs à ranger, 2008. Jacques RAYNAUD, Parfums de jeunes se, 2007. Leào da SILVA, Jésus révolutionnaire! une condamnation politiquement correcte, 2007. Ma- Thé, Portraits croisés de femmes, 2007. Jean SANITAS, Je devais le dire. Poèmes, 2007. Madeleine TICHETTE, La vie d'une mulâtresse de Cayenne. 1901 -1997, Les cahiers de Madeleine., 2007. Bernard REMACK, Petite... Prends ma main, 2007. Julien CABOCEL, Remix Paul Pi, 2007. Isabelle LUCAZEAU, La vie du capitaine Rolland (17621841),2007. Albert SALON, Colas colo - Colas colère, 2007. François SAUTERON, Quelques vies oubliées, 2007. Patrick LETERRIER, Et là vivent des hommes. Témoignage d'un enseignant en Maison d'arrêt, 2006. Annette GOND ELLE, Des rêves raisonnables, 2006 Émile M. TUBIANA, Les trésors cachés, 2006 Jean-Claude LaPEZ, Trente-deux ans derrière les barreaux,2006 Maryse VUILLERMET, Et toi, ton pays, il est où ?, 2006. Ahmed KHIREDDINE, Rocher de sel. Vie de l'écrivain Mohamed Bencherif, 2006.

Bernadette

LEDoux-BRODSKY

Ici et Ailleurs
Parisienne dans le Maryland

L'HARMATfAN

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05424-0 EAN : 9782296054240

Je tiens à remercier mon mari, Gerald Brodsky, mes filles, Jennifer McGinty et Kristel Wilson, ainsi que leur famille, pour leur soutien au cours de ce projet. Merci à ma sœur, Roselyne Geoffroy, son mari, Pierre Geoffroy, à Marie-Thérèse Albert et à tous les amis qui m'ont encouragée. Toute ma reconnaissance à Jean-Max Guieu, Julien Herlory, Peter Janssens et Christine Stuart, pour leur assistance technique.

À la mémoire de ma mère et de mon père

«Fuyez les grands sujets pour ceux que votre quotidien vous offre. Dites vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous viennent, votre foi en une beauté. Dites tout cela avec une sincérité intime, tranquille et humble. Utilisez pour vous exprimer les chosesqui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos

souventrs. » Lettres à un jeune poète Rainer Maria Rilke

Un jour, en Provence... Le ciel est bleu lavande, les cigales chantent; les ifs et les cyprès se balancent avec grâce dans la brise parfumée de romarin et de thym. Le gravier crisse sous nos pas; nous marchons silencieux, derrière la voiture qui emporte tout doucement le cercueil de maman. Elle va rejoindre celui qu'elle aimait, mon père. Elle m'avait dit, lorsque, veuve, elle était revenue dans la Région parisienne, vivre auprès de ma sœur et de son mari:
«

Vous me ramènerez, tu me le promets, près de Payou (c'est
»

ainsi que nous appelions mon père) ? - Bien sûr, Mayou (son

surnom), promis!

Te voici donc revenue dans cette Provence que tu aimais tant, toi dont les racines plongeaient dans les terres champenoises, dans cette Provence où, chaque été, mes filles, mon mari et moi aimions vous retrouver tous les deux. Ton cercueil est descendu peu à peu près de celui de ton époux. La terre provençale vous a réunis pour toujours. Vous voici enfin ensemble dans la mort comme vous l'étiez au cours de votre vie, dans votre dernière demeure sous ce ciel limpide que vous appréciiez tant, dans la mélodie du vent qui chante au détour des collines.
«

Et que seraient les arbres sans le vent

Et le vent sans les arbres? Des membres décharnés s'ennuyant Un feuillage attendant dans le ciel,

l'espérance... privé de sa création?

Et ce souffle divin, que serait-il,

Telle une mère ayant perdu son enfant,

Tel un enfant ayant perdu sa mère. »

Nous te disons au revoir, nous te disons merci à travers nos larmes, nous te chérissons encore, apportant nos bouquets de fleurs que nous disposons de nos mains maladroites sur votre tombe. Chers parents, il est touchant cet adieu fleuri de roses, de jasmin et de lis. Les vieux amis, les cousins, tous, nous avons rivalisé pour vous choyer jusqu'à ce dernier jour. C'était votre passion, ce jardin provençal. Elle élevait ses rosiers - jaunes, vermeils, blancs, nacrés -, leur donnait les noms de ses petites-filles: «Celui-ci, c'est Jennifer, celui-là, c'est Kristel!» Elle les nourrissait d'engrais choisis. Lui, les taillait avec une précision toute scientifique. L'été, tous deux veillaient le ciel. Voilà deux jours qu'il

n'a pas plu:

«

Il faut vraiment arroser beaucoup ce soir. » Ce

qui n'empêchait pas l'arrosage quotidien matinal et j'entends encore, contre les grands volets de bois vert turquoise, ce doux crépitement de gouttelettes qui me réveillait le matin. Et c'est en écrivant ces lignes aujourd'hui que je me rends compte que mon père devait le faire exprès pour nous tirer du lit! En fait, maman, en te disant au revoir, c'est toute ma vie qui me fait face. Au moment du grand départ, tu me redonnes cette vie avec une force toute nouvelle, m'obligeant à chercher au plus profond de moi ce que cela signifiait d'être mère, d'être ta fille: vieille alliance qui passe d'âge en âge, dont nous pensons parfois qu'elle s'est quelque peu affaiblie et qui pourtant nous lie et revient nous saisir, nous envahir et nous aider à mieux comprendre les mystères de notre destinée. J'aimerais au cours de ces écrits pouvoir te retrouver dans le dédale des années.

10

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.