Il n'y a pas de vie sans secret

De
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Au début des années 1964-1965, à l’âge de 16 ans,
je montai un petit groupe de rock, les Davenports.
Nous étions cinq et répétions dans une serre humide.
Nous donnions quelques concerts. Un copain de mon
frère avait une 2CV Citroën et emmenait le matériel
partout.


Avec le groupe, les fins de semaine étaient agréables.
Nous étions « jeunes et beaux » ; quand nous jouions,
les filles étaient hystériques. Nous chantions les
Beatles et les Rolling Stones. La soeur du chanteur
et des copines venaient avec nous. Elles dansaient sur
des cubes sur la scène.


Mais en semaine, j’étais toujours magasinier vendeur
chez Beaufreton pour la vente de papier peint et
de moquette.


Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9789999994675
Nombre de pages : non-communiqué
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Enfance
Naissance Je suis né le 11 mai 1948, moi, Gilbert Alain Claude Viaud, dans une famille nombreuse qui comptait déjà trois filles et un garçon à mon arrivée. Notre famille comptait aussi un homme célèbre, Julien Viaud, connu sous le nom de Pierre Loti. Mon père, Gilbert, jouait de la mandoline. Je l’ai toujours connu avec des cheveux gris. Plutôt sauvage, il n’était vraiment heureux qu’à la chasse ou à la pêche. Il aimait aussi beaucoup les voitures. De la Hotchkiss à la Simca P60, de nombreuses voitures ont traversé mon enfance. C’était un homme impressionnant qui en imposait. À la maison, c’était le chef de famille. À table, quand il avait fermé son couteau, le repas était terminé, tant pis si nous n’avions pas terminé notre assiette.
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Dans sa jeunesse, il avait été fait deux fois prisonnier de guerre et s’était deux fois évadé. Il ne craignait per-sonne et il ne fallait pas le provoquer.
J’ai appris plus tard que, quand mes parents sortaient dans la rue avec mon frère Charles, encore tout petit, dans la poussette, mon père mettait son fusil de chasse sous les couches de mon frère au cas où il serait interpellé par les Allemands. C’était un homme dur pour son entourage. Ainsi, alors que j’avais six ans, il nous avait emmenés, mon frère et moi, chasser près de Beaumont-la-Ronce. Il avait fallu traverser des fils de fer barbelé et, en le faisant, je m’étais cruellement blessé au genou. Je passais le reste de la jour-née avec une bande serrée autour du genou. Le lendemain, on dut me conduire chez le médecin qui me posa des points. Cinquante-quatre ans plus tard, je porte toujours la marque de cette mésaventure. On dit que si son chien s’était blessé, il serait rentré à la maison pour le soigner... Ma mère, Charlotte, jouait du violon. Elle était bonne et douce avec moi, peut-être parce que j’étais le dernier né. Elle me cédait souvent. Elle était toujours élégante, bien coiffée, avec ses cheveux châtain clair ondulés. Myope, elle portait toujours des lunettes. Elle avait un beau sourire tendre, mais elle est morte trop vite. Elle me manque chaque jour. J’ai le souvenir d’une sœur aînée beaucoup plus âgée que moi, indifférente, Gilberte. D’une autre, grande aussi, plus attentive, Yvette. D’une dernière, très douce, qui
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Charles, Gilberte et moi, 1949
Mon père, moi et mon chien Mastic, 1953
Moi et mon chien, 1952
Gilberte, Claudette, moi et mon chien, 1951
Ma tante Henriette, son mari, ma grandmère, Claudette, Charles, Gilberte, Yvette et moi, 1950
Charles, Claudette et moi, 1949
n’arrêtait pas de me prendre dans ses bras, Claudette. Elle fut, toute ma vie, celle qui me soutint, me protégea, celle sur laquelle je pus compter en toutes circonstances. Je me souviens enfin d’un frère, Charles, assez indifférent à cette époque-là, ou bien j’étais trop petit pour le comprendre. Moi, le petit dernier, je n’intéressais que ma sœur Claudette. Mon grand-père paternel, Jules Viaud, avait été cui-rassier. Je l’ai peu connu. Il vivait dans une petite maison dans le centre de Joué-lès-Tours. Nous allions quelquefois lui rendre visite. Dans son salon, il y avait une cheminée sur laquelle était posé un magnifique casque de cuirassier avec une crinière rouge. C’était pour moi très impres-sionnant.
La vie de famille Mon père, artisan peintre, faisait vivre la famille ; ma mère restait à la maison, où elle ne manquait pas de travail.
Nous allions à l’école publique du quartier Velpeau où vivait notre famille, dans une petite maison. Quand j’allais à la maternelle, Claudette me conduisait et venait me cher-cher. Elle ne me laissait jamais seul, se battait si besoin avec les garçons pour me défendre. À cette époque, mes quatre aînés allaient à l’école primaire.
La famille au complet vivait dans la maison du 4 rue Deslandes, dans le quartier de la place Velpeau, où je suis
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né. L’agencement de la maison était rationnel. Il y avait une entrée, une cuisine avec une cuisinière à charbon qui servait aussi de chauffage central et une salle à manger qui faisait aussi office de chambre. Mon père y avait installé un canapé-lit. Ma sœur dormait là. Il aurait fallu deux chambres de plus pour loger correctement toute la famille.
Mon père avait appliqué sur les murs un produit qui était révolutionnaire pour l’époque, de la faserite, qui donnait du relief aux murs. C’était très joli. Mes parents avaient leur propre chambre et y avaient installé un petit lit à côté du leur. C’était le mien.
Je me sentais ainsi en sécurité à côté de mes parents
Les inventions de mon père Nous nous rendions régulièrement au terrain que mes parents avaient acheté. Il s’y trouvait une fosse dans laquelle mon père et mon frère avaient mis du poisson pour pouvoir pêcher par la suite.
Nous avions défriché le terrain qui était en partie planté d’acacias. Cela sentait bon l’été. Nous y avions aussi planté des arbres fruitiers et y faisions pousser des légumes de saison. C’est à cet endroit, avec mes parents, que j’ai appris à connaître les choses de la nature et à les respecter.
Après de longues journées d’effort et de peine, nous arrivions à manger quelques produits du jardin. Il y avait un lavoir juste à côté où nous mettions les boissons et la
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nourriture. L’eau y était très fraîche et nous appréciions cet endroit quand il faisait chaud. Ma mère y lavait le linge. Une fois sec, il sentait bon : je garde le souvenir de cette odeur fraîche de campagne qui, à cette époque, n’était pas polluée. Chaque fin de semaine ressemblait aux autres, sur ce terrain. Comme nous avions ce terrain, mon père eut une idée de génie. Il allait acheter des légumes de saison (comme des haricots verts et bien d’autres légumes) en très grandes quantités chez un agriculteur, sans facture, pour les vendre sur les marchés. S’il y avait un contrôle, bien sûr, il fallait dire que cela était bien notre récolte personnelle et fournir la preuve que nous étions propriétaires d’un terrain de culture à Saint-Martin-le-Beau. Ce système a fonctionné plusieurs années.
À l’âge de dix ans environ, je faisais les marchés avec mes parents à Velpeau, le dimanche matin. Je me faisais un peu d’argent pour acheter des billes en verre. Elles étaient si jolies que j’avais du mal à m’en séparer lorsque je perdais lors des parties avec mes camarades de classe.
Puis, un jour, mon père, toujours très astucieux, comme il connaissait la pêche mieux que personne, eut une autre idée. Il avait beaucoup de problèmes quand il pêchait le gros poisson. Il s’était rendu compte qu’il ne pouvait ja-mais enlever l’hameçon de la gorge du poisson sans devoir couper le fil de pêche.
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