Immigrée

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Publié le : mardi 3 février 2015
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EAN13 : 9782332812360
Nombre de pages : 144
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ISBN numérique : 978-2-332-81234-6

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

Je dédie ce livre à mes filles, Carol et Audrey, qui sont restées fortes au cours des moments difficiles que nous avons traversés.

Chapitre I
Contexte sociopolitique

Je suis Pauline Ballo, née le 27 décembre 1969, dans un tout petit village communément appelé Nagadoua, dans la commune de Sinfra située au centre ouest de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Je m’appelle aussi Houlda, nom biblique qui m’a été donné après mon baptême à l’Église évangélique il y a quelques années.

J’ai fait l’école primaire à la mission catholique de Sinfra, le collège à Katiola et le lycée à Korhogo au nord de la Côte d’Ivoire. En 1989, j’ai obtenu mon baccalauréat littéraire et je suis rentrée à l’université d’Abidjan, à la faculté des Lettres et Sciences Humaines. J’ai obtenu la licence en 1992 et, en 1994, le certificat de maîtrise option géographie urbaine.

J’ai été recrutée comme hôtesse de l’air à Air-Ivoire, compagnie aérienne nationale de Côte d’Ivoire à la fin de l’année 1994. En 2002, j’ai été promue chef de cabine, fonction que j’ai exercée jusqu’en avril 2007.

La Côte d’Ivoire est un pays d’une superficie de 322 462 km2 situé en Afrique de l’Ouest. Houphouët-Boigny, le premier président, a gouverné dès les indépendances en 1960 jusqu’en décembre 1993, date de sa mort. Sous sa gouvernance, le pays a connu un essor économique sans précédent, on parlait même de « miracle ivoirien ». Premier producteur mondial de cacao, troisième de café, le pays s’est doté de grandes infrastructures économiques et le port d’Abidjan est devenu le plus grand et le mieux équipé d’Afrique de l’Ouest. Le président Houphouët-Boigny a soutenu cet essor par la formation de hauts cadres envoyés dans les meilleures universités et grandes écoles de France. Le développement de la Côte d’Ivoire a très vite fait d’elle un pays d’immigrés en provenance principalement des pays voisins tels le Burkina-Faso, le Mali, la Guinée Conakry, le Togo, le Bénin, le Niger. Au-delà du voisinage, l’essor économique a attiré le Nigeria qui représente une forte population d’immigrés.

Houphouët-Boigny était vénéré par le peuple qui le désignait à juste titre par des noms affectueux tels que « papa national », « père de la nation », « nanan Houphouët-Boigny » pour ne citer que ceux-là.

Au plan politique, malgré le fait que la constitution autorisait l’existence de plusieurs partis, il n’y en avait qu’un seul : le PDCI-RDA fondé par Houphouët-Boigny en 1946 à Bamako au Mali. Tout le monde était d’office membre du PDCI RDA, et chaque famille avait l’obligation de s’acquitter de sa cotisation de membre. Aucune personne adulte, quelle que soit sa situation sociale, ne pouvait y échapper, car des policiers, gendarmes et gardes forestiers contrôlaient toute l’année les cartes de membres si bien que, pour la majorité de la population rurale, il était plus important de posséder la carte de membre que la carte nationale d’identité.

Le vieux Houphouët-Boigny prônait la paix ; il demandait au peuple d’œuvrer à préserver la paix sociale sans laquelle aucun développement n’est possible, d’où sa célèbre phrase : « La paix, ce n’est pas un vain mot, mais c’est un comportement. »

J’ai grandi dans cette atmosphère paisible sans remous sociaux majeurs, fière d’être ivoirienne, d’être née dans le pays le plus prospère de l’Afrique de l’Ouest. Mais en 1990, tout a changé. D’abord, étant étudiante, j’ai compris que le monde n’était pas aussi beau que je le croyais. Les amphithéâtres étaient surpeuplés, il n’y avait pas assez de matériels adaptés pour faire les travaux dirigés qui étaient pourtant des moments précieux où l’étudiant doit mettre en pratique les données théoriques et livresques des cours délivrés par les professeurs. Les salles étaient insuffisantes en nombre, nous avions donc des emplois du temps très variables avec des changements intempestifs de salle entre les cours. Quant à la bibliothèque de l’université, non seulement elle était pauvre en livres, mais trop exiguë pour les milliers d’étudiants que nous étions. Il fallait être parmi les premiers pour avoir de la place et il fallait carrément se mettre sur la liste d’attente pour emprunter un livre parce que la plupart des livres sollicités étaient déjà entre les mains d’un demandeur. Si on ajoute à cela l’insuffisance de chambres en cités universitaires, la bataille pour en avoir une et la rareté des bourses d’études, c’était la désillusion pour moi qui croyais à une vie estudiantine tranquille. Les conditions de vie des étudiants s’étaient dégradées à tel point qu’une vague de mouvements de contestations et de revendications commençait à secouer l’université d’Abidjan.

Face à tous ces problèmes, un grand nombre d’étudiants s’était organisé en une fédération afin de mieux se mobiliser et de mener avec efficacité leurs actions auprès des autorités pour l’amélioration des conditions de vie sur les campus universitaires. C’est ainsi qu’est née la FEECI (Fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire) qui, aussitôt créée, est devenue un vrai casse-tête pour le gouvernement. C’était vraiment nouveau en Côte d’Ivoire. La FEECI, autonome et très populaire, revendiquait avec beaucoup de détermination de meilleures conditions d’études pour les élèves et étudiants. L’université était paralysée par les grèves répétitives. Les policiers descendaient fréquemment sur le campus de Cocody où je résidais pour disperser les manifestations d’étudiants. J’ai plusieurs fois observé par la fenêtre de ma chambre de cité universitaire des policiers en train de frapper à sang des étudiants avec des matraques et j’en étais choquée. Comme la plupart des filles, je restais enfermée dans ma chambre jusqu’à ce que les flics soient partis, emmenant dans leurs cargaisons des étudiants déjà blessés par les coups et je garde encore au fond de ma mémoire l’écho de leurs cris, de leurs gémissements. J’avais chaque jour très peur de me retrouver devant un policier déchaîné, prêt à casser de l’étudiant.

Un jour, nous étions en cours lorsque les flics ont débarqué par surprise en vue d’empêcher un rassemblement de la FESCI qui devait avoir lieu quelques heures plus tard. C’était la débandade totale. Je courrais du lieu où se trouvaient les amphithéâtres pour regagner ma chambre lorsque je me suis retrouvée face à face avec un flic qui avait dans sa main la fameuse matraque qui servait à battre à sang. Terrifiée, je tremblais de tous mes membres et rien qu’à penser à la douleur, à l’état dans lequel je serais, je me suis écroulée devant lui sans qu’il ne m’ait touchée. Il m’a regardée, l’air menaçant et m’a dit.

– Lève-toi, vite, va-t’en, cours.

Je me suis levée machinalement en tremblant et j’ai pris mes jambes à mon cou ; j’ai couru de toutes mes forces sans regarder derrière moi, j’ai dépassé mon bâtiment (B1 au Campus 2000), je suis descendue dans le bas-fond qui accède à la cité universitaire de Mermoz pour atteindre Cocody. Essoufflée, je me suis arrêtée au coin de la rue pour reprendre mes esprits. Ah ! je l’avais échappé belle, ces flics faisaient une véritable chasse à l’homme. Ce n’était nullement une opération de maintien de l’ordre puisque nous étions poursuivis et battus systématiquement. J’ai eu une chance inouïe de m’en sortir sans un seul petit coup de matraque, mais j’ai eu très peur. Ma mère me disait toujours que j’étais une grosse peureuse et que cela n’était pas à mon avantage. Selon elle, celui qui a trop peur meurt vite parce que soit il est trop paniqué pour agir promptement, soit il est paralysé et incapable de réagir. Ma mère avait raison, j’étais totalement inerte, écrasée devant le flic. C’est précieux de suivre les conseils des parents et de les mettre en pratique, mais devant la frayeur, j’ai oublié les bonnes recommandations de ma mère. Je revenais de loin, le policier ne m’avait pas frappée. Est-ce parce que ma peur lui a fait peur ou parce que ma peur l’a déconcerté ? Certains disaient qu’on ne frappait pas les filles, sauf dans des cas particuliers non définis. Peu importe la raison pour laquelle j’ai été épargnée, le plus important c’est que je sois sortie indemne de ce danger. Je suis rentrée à la maison et j’y suis restée deux jours avant de repartir sur le campus.

Mais une fois retournée en cité universitaire, les choses n’allaient pas mieux ; les nouvelles de nos camarades arrêtés et envoyés dans les camps militaires ou à la DST (Direction de la sécurité territoriale) n’étaient guère bonnes. On a appris qu’ils étaient maltraités, qu’on les dressait comme des chiens, qu’on ne leur servait qu’une louche de riz comme repas par jour, etc.

La position de la FESCI s’était durcie avec l’élection de son premier secrétaire général, le très populaire et charismatique Martial Ahipeau que j’ai eu la primeur de rencontrer et de connaître avant son élection parce qu’il était ami avec ma voisine de chambre – en première et deuxième années d’études, on est en chambre double, on passe en chambre individuelle à partir de l’année de licence. Les revendications portaient entre autres sur la réduction du prix des chambres d’étudiants, le mode d’attribution des bourses et des chambres, la construction de nouveaux amphithéâtres, l’équipement matériel de l’université. À cela, il fallait ajouter la libération immédiate et sans condition des étudiants arrêtés, condition sine qua non de la reprise des cours. Malgré l’appel du gouvernement et la volonté d’une partie des étudiants de reprendre les cours, l’université était restée bloquée. Quelques cours pouvaient avoir lieu, mais très vite ils étaient perturbés par des groupes d’étudiants grévistes qui venaient avec des sifflets pour inviter leurs camarades en cours à les rejoindre. La grève s’était étendue sur de longs mois si bien que le président de la République a invalidé l’année scolaire et universitaire 1989-1990 en la déclarant « année blanche ».

Parallèlement à la tension à l’université, le contexte politique avait changé avec l’avènement du multipartisme et surtout la création du parti de gauche : le FPI (Front populaire ivoirien) par Laurent Gbagbo. Le fameux « vent de l’est » qui a emporté le mur de Berlin a soufflé sur le pays et malgré les manœuvres de dissuasion orchestrées par le pouvoir, nous sommes rentrés en plein dans le multipartisme. Alors que certains hommes politiques se sont contentés de créer leurs partis politiques, Laurent Gbagbo, l’opposant historique au régime de Houphouët-Boigny rentré quelque temps plus tôt de France où il était en exil depuis plusieurs années, s’est déclaré candidat aux élections présidentielles d’octobre 1990 face à Houphouët-Boigny. Du jamais vu en Côte d’Ivoire. Pour la première fois, un homme politique s’opposait à l’illustre Houphouët-Boigny. Laurent Gbagbo s’était battu pour instaurer le multipartisme, il alimentait les conversations pour son courage, sa persévérance et surtout pour ses idées politiques. Il soutenait la cause des étudiants dans ses discours, car il était pour la création de meilleures conditions d’études pour nous. Le pouvoir politique a vite fait d’établir un lien entre Gbagbo et Martial Ahipeau, entre le FPI et la FESCI. La FESCI serait de ce fait une filière du FPI et les étudiants seraient manipulés par Gbagbo. En occultant ainsi les réels problèmes des pauvres étudiants qui n’avaient aucun rapport avec la politique, le pouvoir avait trouvé un alibi pour ne pas les résoudre. La politisation de nos revendications par le pouvoir en place a entraîné un enlisement de la situation et peut-être un rapprochement entre Laurent Gbagbo et les étudiants.

En dehors de Gbagbo, un autre homme venait d’arriver en Côte d’Ivoire en la personne de monsieur Alassane Dramane Ouattara. Contrairement à Gbagbo dont on connaissait un peu l’histoire (depuis toute petite, je savais que Gbagbo était loin du pays à cause de son opposition au vieux Houphouët-Boigny), je ne savais rien sur Alassane. La Côte d’Ivoire traversait une grande crise économique, elle était en difficulté financière comme la plupart des pays voisins. Les institutions financières internationales ont proposé au vieux Houphouët-Boigny de prendre monsieur Ouattara comme chef de gouvernement pour venir à notre secours, redresser l’économie et nous faire prospérer. Nous étions contents et fiers d’avoir cet éminent docteur en économie venu pour nous sauver de la crise. Mes copines et moi trouvions qu’il était un bel homme stylé qui avait de la classe, en somme la combinaison de l’utile et de l’agréable. Il a été nommé premier ministre et c’était inédit puisque ce poste n’a jamais existé avant son arrivée. Il se racontait des histoires diverses sur son pays d’origine, mais moi j’étais plutôt intéressée par les solutions pratiques qu’il allait pouvoir apporter à la crise et les retombées positives dans ma petite vie d’étudiante. Alassane Ouattara avait supprimé les cours du samedi matin au primaire et au collège, de même que le travail le samedi matin dans l’administration. Il avait stimulé les travailleurs à être à l’heure au travail en instituant les émargements à l’arrivée et au départ, les obligeant de ce fait à travailler pleinement les heures de travail, ce qui a considérablement amélioré la rentabilité et l’efficacité des services publics.

En ce qui concerne les étudiants, monsieur Ouattara a supprimé dès son arrivée les cars qui assuraient gratuitement la liaison entre les cités universitaires des quartiers d’Abidjan et le campus, d’un seul coup sans aucune compensation. Nous devions désormais payer le transport et emprunter les lignes usuelles avec tout ce que cela comportait comme contraintes et désagréments auxquels nous n’avions pas été préparés. D’abord, il fallait faire un budget pour le transport toute l’année, ensuite la période de l’achat de la carte mensuelle était un moment de calvaire, car ce sont des milliers d’étudiants qui se retrouvaient au même moment au même endroit pour acheter leurs cartes de bus. La carte de bus était mise en vente à partir du premier du mois et pas avant et on ne pouvait l’acheter qu’à un seul point de vente. Il était donc courant de passer toute une journée pour acheter sa carte, tant pis pour les cours ratés. Et puis, les cars qui ont été supprimés n’ont pas été utilisés pour renforcer le nombre de bus de la Sotra (Société de transport abidjanais) pour faire face à la nouvelle clientèle de masse que nous constituions. C’était désormais de longs trajets à effectuer dans des bus plus que bondés, quitte à arriver en retard. On avait perdu une partie de notre prestige et de notre fierté d’être étudiants. Nous qui résidions sur le campus de Cocody avions de la chance : il suffisait d’une dizaine de minutes à pied pour aller de la chambre aux lieux de cours. Mes copines et moi avons discuté de la suppression des cars gratuits et nous étions arrivées à la conclusion que le plus important était que ces mesures contribuent à résoudre la crise de façon générale. Il faut penser au bien-être de tout le monde et non uniquement à celui d’une frange de la population que nous étions. Il y a eu d’autres mesures de redressement économique axées sur la privatisation. Personnellement, j’y croyais beaucoup parce que monsieur Ouattara avait fait ses études aux États-Unis d’Amérique et je pensais que l’application d’une économie libérale en Côte d’Ivoire nous sortirait de l’impasse. Et qui savait si le pays ne deviendrait pas un jour une grande puissance économique comme les États-Unis d’Amérique.

La vie politique était très animée par Laurent Gbagbo, le nouvel acteur, qui était aussi populaire que combattu par le pouvoir en place. Je me souviens de la campagne présidentielle, en l’occurrence d’un journal télévisé de vingt heures où les spots de campagne des candidats Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo étaient confrontés. Personne au campus ne voulait manquer ce moment, d’autant plus que c’était une grande première dans le pays et le premier événement télévisé du candidat Laurent Gbagbo qui allait marquer les esprits et alimenter les conversations le lendemain sur le campus. Alors, le soir suivant, le rendez-vous était pris devant ma petite télé de chambre avec mes amis. On avait cours jusqu’à vingt heures ce jour-là, mais à partir de dix-neuf heures trente, l’amphi commençait à se vider de ses occupants avides de suivre à la télé l’élément de campagne du jour de Laurent Gbagbo. Dès que nous sommes sortis, nous avons couru jusque devant la porte de la chambre parce qu’il ne fallait absolument pas rater une seconde du journal de 20 heures Ce soir-là, alors que tous les regards étaient figés sur la télé, que ne fut pas notre surprise d’entendre le journaliste-présentateur annoncer : « compte tenu de la non-conformité de l’élément de campagne de monsieur Laurent Gbagbo, nous ne pouvons le diffuser ce soir… » Instantanément, il y eut un grand bruit de désapprobation sur tout le campus et en un temps éclair les étudiants sont sortis en masse pour scander : « On veut Gbagbo ! » Ils se sont amassés dehors, le long de la rue centrale, et il s’en est suivi une manifestation spontanée réclamant la liberté de la presse. Les étudiants couraient à petites foulées le long de la rue, chantant et scandant des paroles hostiles au gouvernement. On amorçait ainsi l’ère de liberté d’expression en Côte d’Ivoire.

Après l’euphorie des élections, les deux années suivantes ont été teintées d’événements spéciaux.

D’abord, Martial Ahipaeu a été arrêté et jeté en prison à Abidjan, puis transféré à Dimbokro, une des prisons les plus rudes du pays, d’où des manifestations intempestives pour réclamer sa libération.

Ensuite, une bande d’étudiants opposée à la FESCI est apparue avec à sa tête le dénommé Thierry Zébié. Ce groupe était contre toutes les actions de la FEECI et il utilisait des moyens peu recommandables pour nous le signifier. Les membres de la bande de Zébié étaient armés et très violents, les discours et les débats d’idées n’étaient pas leurs points forts ; en lieu et place, ils s’imposaient par les muscles, les armes blanches, voire les armes à feu. Ils ont imposé leur loi à Mermoz, leur cité universitaire d’origine ; ils régnaient en maîtres absolus et personne ne pouvait oser les contester. Quand ils débarquaient le samedi soir sur le campus de Cocody, nous, les filles, nous restions terrées dans nos chambres au risque de se faire embarquer de force comme ils en avaient l’habitude. La bande ne semblait pas s’inquiéter des plaintes déposées contre elle dans les commissariats. Personne n’ignorait la violence et les graves dérives de cette bande, même les journaux en parlaient, mais rien n’y fit, ils étaient intouchables. Comme ils en avaient pris l’habitude, ils avaient perturbé une réunion autorisée de la FESCI, au forum du campus. Il s’en est suivi une bagarre au cours de laquelle un étudiant a été poignardé et plusieurs autres blessés selon les dires des uns et des autres. Suite à cette agression, nous vivions dans la peur et la terreur de se faire violenter. C’était la psychose, les germes de la violence étaient semés à l’université de Côte d’Ivoire et je trouvais cela très déplorable.

Un jour, pendant que nous étions en cours, nous avons entendu vers midi des coups de sifflet suivis d’un attroupement d’étudiants qui scandaient : « Libérez Mermoz, libérez Mermoz… libérez le Koweït ! » À l’époque, le président Bush avait engagé une guerre pour libérer le Koweït, d’où le parallèle...

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