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J'ai survécu à l'enfer nazi

De
122 pages
Après s'être engagé contre les troupes franquistes pour lutter contre le fascisme, José Marfil né en 1921, poursuit son combat en exil, dans une Europe en guerre contre le nazisme. C'est d'abord l'arrivée en France, dans les camps d'internement où l'on crève de faim, de froid et de maladie, puis les premiers combats de la "drôle de guerre" et enfin la défaite et l'internement dans le camp de Maunthausen -Gusen où débrouille et solidarité, chance et désir furieux de vivre le garderont en vie.
Un témoignage emprunt à la fois de refus de l'enfermement et de respect de la discipline, essentiel pour les jeunes générations.
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Aide-Mémoire

Préface
Après la bataille de l’Ebre, les Républicains espagnols, combattants et familles mêlés, franchirent la frontière française pensant trouver la paix et, pour un temps, les moyens d’atténuer leur malheur. L’hospitalité française ne fut guère généreuse et le répit fut de courte durée.Très vite la guerre revint. Des camps de Gurs, du Vernet, d'Argelès ou d’Angoulême, les hommes repartirent combattre. Ou, du moins, le pensaient-ils. On leur donna des uniformes mais on leur mesura chichement les armes pour affronter à nouveau l’ennemi nazi. Et ce fut la seconde défaite, celle de la France, temporaire sans doute, mais pour eux lourde de conséquences. Capturés par l’ennemi, ils auraient dû être prisonniers de guerre et traités en soldats vaincus comme les 1.800.000 Français qui rejoignirent les Oflag et les Stalag au cours de l’été 1940. Mis hors la loi par les nazis, hors la loi de la guerre et des conventions de Genève, privés de leur nationalité, ils devinrent des apatrides, les “triangles bleus” du système concentrationnaire. Et, tous, ils allèrent à Mauthausen, le camp des irréductibles, réputés à tout jamais irrécupérables. Au-delà de ce qu’ils avaient vécu, au-delà de ce qu’ils pouvaient imaginer, le pire les y attendait. Dans les carrières de Mauthausen et de Gusen, sur le chantier de la forteresse, dans les galeries de mine, ils vécurent et ils travaillèrent dans des conditions qui faisaient de la survie un exploit improbable. Ils étaient 7.200 en Août 1940.2.000 seulement virent s’ouvrir les portes en Mai 1945. Le premier de ces 5.200 morts, décédé le 26 août 40, s’appelait José Marfil-Escalona.Ce jour-là, ses camarades demandèrent innocemment aux SS l’autorisation de se recueillir un

moment devant sa dépouille mortelle, comme ils l’auraient fait sur le champ de bataille. Les SS acquiescèrent et ricanèrent, certains que bien d’autres morts suivraient, sans cérémonie d’aucune sorte. Le fils de José Marfil, José lui aussi, 19 ans, est arrivé à Mauthausen, six mois après cet événement et a recueilli le récit de cet ultime et exceptionnel hommage à son père. Il a survécu. Opiniâtreté du paysan andalou ? Miracle de la jeunesse ? Hasards aidés par la solidarité ? Qui le saura ? … Il nous livre aujourd’hui ses souvenirs, rassemblés au fil des ans, sur son parcours de combattant dans les embûches mortelles de Gusen. Il les écrit simplement, naïvement, comme ils lui sont revenus du fond de la mémoire, comme allant d’eux-mêmes, comme témoignages de son courage tranquille et de sa dignité modeste. Il faut les lire. A la mémoire des premiers qui se dressèrent contre l’état totalitaire nazi, dans les prémices de la Deuxième Guerre mondiale, en avant-garde des forces de la liberté qui firent échec au monstrueux projet du Reich de 1.000 ans. Décembre 2002 Pierre Saint Macary Mauthausen, matricule 63 125 Président d’honneur de l’Amicale de Mauthausen

Note au lecteur
Vous ne croyez pas ce que nous disons
parce que si c’était vrai ce que nous disons nous ne serions pas là pour le dire. Il faudrait expliquer l’inexplicable… …tout ici est inexplicable*

Oui ! ce que nous avons vécu est inexplicable, Même irréel quelquefois, pour nous, les survivants. La nuit, les images deviennent cauchemar, Le jour, notre inconscient les refuse. C’est pour cela, que j’ai choisi de parler au présent, de ma vie d’exilé, de ma vie d’apatride, de ma vie de déporté dans les camps nazis. Ce présent m’a aidé à ressaisir ma mémoire, à la mieux fixer, peut-être. Ce présent m’a permis de retrouver la réalité du camp, de retrouver les émotions partagées, de retrouver la douleur des coups, de retrouver le goût amer de la tartine de margarine qu’on n'a pas eu le courage de partager, de retrouver dans le regard du camarade qui meurt près de vous, la détresse de celui qui part, le jour où il retrouve la Liberté. Parler au présent, c’est peut-être aussi, mieux vous impliquer dans ce que nous avons vécu, Dans ce que j’ai vécu.

* Charlotte

Delbo, in Auschwitz et après, 1970 Editions de Minuit

A mon père… à la jeunesse de tous les pays, pour qu’elle sache, pour qu’elle comprenne, pour qu’elle soit vigilante.