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J'avais pas prévu ça !

De
278 pages
Mansour Thiam, barbe brune hirsute, djellaba, époux d'une femme voilée, on suppose que son look est une réponse agressive à un mal-être, un échec ou une rupture dans son existence. Éduqué à l'école de la performance, ce basketteur prometteur, tour à tour " graine de star " puis "mauvaise graine ", décide de réunir les enseignements du sport de haut niveau et les fondements de sa croyance dans une seule et même équipe. Mansour Thiam raconte la construction puis l'évolution d'une foi intime qui défie les stéréotypes.
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I. MansourTHIAM
J’avais pas prévu ça!
Basketball et islam : une même ferveur
Préface du Père Christian Delorme
J’avais pas prévu ça !
I.Mansour THIAM
J’AVAIS PAS PRÉVU ÇA!
Basket-ball et islam : une même ferveur
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00742-7 EAN : 9782336007427
Préface Christian Delorme Ma rencontre avec Mansour Thiam fait partie des plus belles rencontres qu'il m'a été donné de vivre. Je m'en étonne encore, cinq ans après. Je m'en réjouis toujours. Et je suis vraiment heureux que, grâce au livre que le lecteur peut maintenant tenir entre ses mains, d'autres personnes vont apprendre à connaître cet homme, entendre ce qu'il a à nous dire, et mieux comprendre, du même coup, une part de ce qui fait aujourd'hui notre monde, plus particulièrement la société française. Si je peux me risquer à un raccourci inévitablement réducteur et néanmoins parlant, je dirai que Mansour Thiam est un basketteur qui aime Dieu et son œuvre plus que toute autre réalité. J'ai compris, aussi, que c'est un fils merveilleux pour sa mère, et qu'il aime d'un grand et bel amour son épouse et ses enfants qui le lui rendent bien. C'est un basketteur. Il a grandi avec un ballon orange dans les mains. Il a été en grande partie éduqué par cette discipline sportive. Grâce à son travail, ses sacrifices (les sacrifices, aussi, de sa maman), il est devenu un sportif de haut niveau, un de nos espoirs nationaux. À un moment donné – il raconte le « comment » et le « pourquoi » dans son livre – l'observance de sa foi et la pratique du basket dans une équipe française sont devenues difficilement conciliables. Ne voulant pas trahir son engagement
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religieux, il a renoncé à une carrière sportive en France qui était pleine de promesses. Aujourd'hui, les années ayant passé, il ne peut plus prétendre redevenir une des « étoiles »de ce sport. Mais il garde, dans tout son comportement, la culture, la façon d'être des grands sportifs. Pas ceux qui sont devenus prisonniers de l'argent, des projecteurs des plateaux de télévision, de la vie loin du monde des gens ordinaires. Mais ces sportifs façonnés par le goût de l'effort, de la victoire sur soi-même, du fair-play.
C'est un basketteur qui aime Dieu et son œuvre. La foi de Mansour Thiam s'explique d'abord – il l'exprime fort bien dans son livre – par son émerveillement devant le spectacle de l'univers, l'incroyable intelligence du monde et de tout ce qui le compose. À l'égard de Celui dont il ne saurait douter de l'existence, il a une immense reconnaissance. Ainsi, sa foi et la manière qu'il a de la vivre, sont d'abord une façon de dire un grand «Merci ». Sa confiance en Dieu est sans limite et sans calcul. En Lui il s'abandonne sans souci, et là réside l'essentiel de sa force intérieure.
Mansour Thiam (dont il n'est pas inutile de rappeler que le prénom signifie en arabe «celui qui est soutenu», ou encore «le victorieux») n'a pas choisi une voie facile. Déjà le sport de haut niveau requiert des capacités à emprunter des chemins qui ne sont pas toujours des chemins de plaisir. Une vie prioritairement donnée à Dieu peut être au moins aussi exigeante. De toute évidence, il y a une continuité entre le parcours sportif de Mansour Thiam et son engagement religieux. Un même chemin de 8
dépassement de soi, d'ascèse, de renonciation au laisser-aller et aux facilités.
Fils d'une maman pied-noir qui a reçu le baptême et d'un papa sénégalais membre de la grande confrérie soufie des Mourides, Mansour Thiam a été amené à s'impliquer dans un courant de l'islam qui se veut à la fois très pieux et ultra-orthodoxe, dont on doit constater qu'il n'a pas bonne presse de nos jours : le courant dit « salafiste ».
Ce qualificatif de «salafiste »,Mansour Thiam le revendique pour lui-même, tout en ne se retrouvant pas --on l'aura deviné -- dans les comportements et les discours de nombre de gens qui, de nos jours, se proclament eux aussi « salafistes ». Dans l'histoire de l'islam, d'ailleurs, ce vocable de «salafistes »-- qui peut se traduire par « ancêtres »et renvoie aux premiers compagnons du Prophète de l'islam –a été revendiqué par des musulmans e très différents. Ainsi, à la fin du XIXsiècle et au début du e XX siècle,les grands penseurs réformistes tels que l'Égyptien Muhammad Abduh et l'Algérien Abdelhamid Ben Badis se définissaient ainsi. De nos jours, le terme est davantage associé à l'islam hanbalite de l'Arabie saoudite, et à tous ceux qui font adhésion à l'islam très fondamentaliste qui s'y rapporte. Le salafisme est souvent associé à l'obscurantisme (notamment dans sa conception des rapports entre hommes et femmes), à l'intolérance, quand ce n'est pas au terrorisme. Les sociologues et les politologues qui ont travaillé sur ce courant très important dans l'islam contemporain (en particulier Samir Amghar), vous diront cependant que les salafistes se partagent entre les «salafistes non violents» et les «salafistes 9