J'étais pompier volontaire

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Au travers de récits de ces nombreuses interventions, tant anecdotiques qu’instructives, l’auteur nous emmène partager la vie, souvent inconnue, d’un pompier volontaire belge.

Parfois captivante, parfois émouvante, il nous décrit son expérience de vie de ce qu’il appelle son « second métier ».

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999991647
Nombre de pages : 174
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Êtes-vous pr êt à être pom pier volon taire ? Cette question , facile de prim e abord, n e peut se satisfaire d’un e sim ple réponse. Au tr aver s de situation s vécu es, voici des élém en ts pour un e répon se qui rester a bien person n elle. Atten tion ! L’épreuve du feu va com m en cer . Ch ristian , les yeux en core gon flés de som m eil, regardait fixem en t la route défiler. C’est qu’à 2 h 30 du m atin , le sous bois qu’il em pr un tait est an im é d’un e faun e qui profite du calm e relatif de la n uit pour traverser cet espace de bitum e séparant les deux forêts. Il n e s’était passé que trois m in utes depuis que le bip striden t l’avait éveillé en sursaut. Il faut dire que cela faisait seulem en t un e h eur e qu’il dorm ait. Déjà bipé vers 23 h eur es, au m om en t où il s’était couch é, il n ’était ren tré ch ez lui qu’à 1 h 15 pour aller se recouch er.
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Tout en baillan t, il en trouvrit sa vitr e pour que l’air frais puisse l’aider à se ten ir éveillé. Quelle pouvait être la r aison qui am en ait cet h om m e de presque 45 an s à rouler ain si à cette h eure n octurn e ? À la veille de ses 40 an s, à l’âge où beaucoup on t déjà arrêté, Ch ristian s’était en gagé com m e pom pier volon tair e. D’un tem péram en t plutôt tim ide et réservé il s’était ain si lan cé un défi. Il n ’avait pas pris cette décision à la légère, et com ptait bien n e pas y faire de la figuration . Pourtan t, lorsqu’il avait appris que sa can didature avait été r eten ue pour la casern e, il avait dû fair e un ch oix. Déjà bien occupé à travailler en équipe dan s son prem ier m étier , délégué au club de basket de ses en fan ts, délégué d e classe de sa fille, il était aussi depu is un an le pr ésiden t des fêtes au collège. Ce sont ses am is, connaissances et enfants qui lui don-nèrent la solution . Être présiden t des fêtes n e dem an de qu’un don d’organ i-sation , être pom pier volon taire exige de n om br euses quali-tés tan t ph ysiques, que m en tales, que décision n elles. En résum é : « n ’im porte qui» peut s’occuper des fêtes, par con tr e un e bon n e sélection et un e forte m otivat ion feron t peut-êtr e de vous un pom pier volon tair e. Peut-être parce qu’aucun e sélection n e perm ettra de savoir si vous tien drez psych ologiquem en t le coup. Lors de l’en tretien d’em bauch e, ce délicat problèm e est abordé : « Qu’elle sera votre réaction lors d’in terven tion s des person n es son t grièvem en t blessées ? » Nul n e peut y répon dre !
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Il n ’existe aucun e tech n ique pour s’y prépar er. Com m ent faites-vous alors pour y faire face ? m e dem an-dera-t-on bien souven t. C’est après des an n ées d’expérien ce que j’ai com pris. Quan d vous arrivez sur un tel acciden t, le stress de votr e in ter ven tion peut vous faire perdr e jusqu’à 50 % de vos m oyen s. C’est la con cen tration sur votre rôle à jou er qui, com bin é à un e bon n e gestion de votre str ess, fera d ’être efficace et perform an t. La m oin dr e perte de cet équ ilibr e, et vous passer ez de l’état d’in terven an t à l’état de ba daud. Vous n ’êtes plus alors d’aucun e utilité et risquez de passer en état de ch oc. Pire, votre perte de m oyen s pourrait se tran sm ettr e à votre collègue. Situation catastroph e où votre m ission toute en tièr e est com prom ise. C’est don c votre forte con cen tration profession n elle qui vous perm et de tenir duran t la m ission. Mais alors com m en t faire pour n e pas som br er dès la m ission ter m in ée ? Ici la seule tech n ique sera le dialogue avec les autres in terven an ts. Et ch acun y joue un rôle im portan t. Car si vous con statez que votre collègue reste m uet et s’isole, il vous faudra l’obliger à faire un e sorte de débr iefin g afin qu’à ch aud il exprim e ses im pression s des h orreur s qu’il a pu voir. Cet aspect de ce m étier passion n an t, pourr ait très bien vous frein er à jam ais. H eur eusem en t les m ission s diffèr en t fort les un es des autres. Si le pire fut atteint lors d’une garde de vingt-quatre h eur es où six person n es décédèren t sur cin q des dix m ission s de la journ ée, il y a aussi de ces sor ties qui vous r esten t gravées
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dan s la m ém oire com m e cette fem m e que j’ai aidé à a ccou-ch er dan s les toilettes d’un …fun érar ium ! Voici son h istoire.
Les pom piers profession n els fon t desga rd e sde vin gt-quatre h eures (ou de douze h eures dan s certain es gran des villes com m e Liège par exem ple). Il arrive souven t que par m an que de person n el, des volon -taires soien t sollicités pour com bler l’effectif (ceci un iquem en t dan s les casern es provin ciales). Sur les 17 50 0 pom piers de Belgique, en viron 6 0 0 0 son t profes-sion n els.
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