Je ris, je pleure

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C’est en 1990, alors qu’elle n’a que 21 ans, qu'Olivia Copé apprend qu’elle est atteinte de troubles bipolaires. Son parcours a été pendant cinq années un long chemin de croix. Alternant phase maniaque et phase mélancolique, elle a connu de nombreuses hospitalisations. Cette période a été très difficile à vivre, notamment pour ses proches, qui à l’époque étaient impuissants face à sa déchéance. Ils n’avaient qu’un choix, s’en remettre à la médecine. À force de ténacité et grâce à la prise régulière d’un traitement médicamenteux, Olivia a retrouvé un équilibre et goût à la vie. Comme un exutoire, cet ouvrage est un témoignage poignant d’une femme qui souhaite parler de sa maladie sans aucune culpabilité.


Publié le : mercredi 26 novembre 2014
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EAN13 : 9782332756077
Nombre de pages : 82
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ISBN numérique : 978-2-332-75605-3

 

© Edilivre, 2014

Dédicace

A mes parents qui m’ont soutenue tout au long de ces épreuves.

Je vous aime.

Chapitre 1

« Votre fille est malade, il faut l’hospitaliser », la psychiatre fit un rapide diagnostic de mon état psychologique. D’après le médecin, je souffrais de psychose maniaco-dépressive ; dans le jargon médical, cette maladie relève de fluctuations de l’humeur, qui se définit par des phases maniaques se caractérisant par des épisodes d’exaltation, d’hyperactivité et des phases dépressives, dites « mélancoliques » où le malade se trouve dans une situation de grande tristesse. Entre ces périodes la personne retrouve un état normal appelée phase euthymique.

Il y a une vingtaine d’année, cette maladie que l’on appelle plus communément aujourd’hui « troubles bipolaires » était difficile à diagnostiquer, aujourd’hui encore plusieurs années peuvent être nécessaires pour mettre un nom sur ces changements d’humeur.

La psychiatre de l’époque qui m’avait reçue, avait d’après mes symptômes immédiatement conclu que je traversais une phase euphorique. Il n’y avait pas d’impasse, il fallait agir vite pour mon bien et celui de mon entourage.

Lorsque mes parents, s’étaient rendus à mon studio, au mois de novembre 1990, ils n’étaient pas dupes, leur fille rencontrait de graves difficultés. Mon attitude ne faisait aucun doute quant à la gravité de mon état de santé.

Je tombai plus bas que terre à l’annonce de cette décision hâtive. « Je suis folle, ils veulent m’interner, je ne veux pas aller dans un asile !!! ». Je n’étais pas malade, ce sont les autres qui ne me comprenaient pas.

Je me laissai allée et pleurai toutes les larmes de mon corps, mon maquillage charbonneux transforma mes yeux en deux hublots noirs, me donnant un regard encore plus dur. Je voulais me révolter et crier mon désarroi, mais plus aucun son ne sortait de mon être meurtri.

Depuis que je vivais seule avec mon fils Sam âgé de dix-huit mois, je multipliais les conquêtes ; je supportais mal la rupture avec le père de mon enfant. Je n’avais que vingt et un ans et travaillais en tant que secrétaire dans une société, ou j’étais vivement appréciée de mes supérieurs. Je conciliais avec aisance mon travail et l’éducation de mon petit garçon Sam, que je confiais la journée à une assistante maternelle, auquel il s’était beaucoup attaché.

Mais depuis quelques temps, mon comportement était différent. Je m’exprimais par logorrhées et les propos que je tenais étaient décousus, dénués de tout sens. Je dormais très peu, me réveillais avec une énergie débordante, de nouveaux projets plein la tête, j’avais perdu toute inhibition et surtout je n’avais qu’une envie, profiter de la vie avec un grand V. Au travail je gardais la même attitude, ce qui avait alerté mes employeurs. Bien entendu malgré mes compétences professionnelles reconnues, mon contrat ne fut pas renouvelé.

En effet, le choc émotionnel ressenti lors de ma séparation avec mon concubin avait été l’élément déclencheur de mon épisode maniaque, Le sentiment d’abandon qui s’était emparé de tout mon être, avait fragilisé mon état pour le moins anxieux, provoquant dans mon cas des insomnies de plus en plus régulières. Le stress et la fatigue avaient été deux éléments importants générant chez moi un état d’irritabilité et par conséquence un comportement néfaste tant à ma vie privée que professionnelle.

J’étais désormais sans emploi ce qui n’arrangea pas ma vie quotidienne. Je sortais régulièrement, me maquillait outrageusement, fumait et buvait plus que de raison. Je portais des tenues extravagantes qui mettaient en valeur mes formes généreuses ; j’arpentais les rues, vêtue d’une mini-jupe et de cuissardes noires, une casquette noire vissée sur la tête, une cigarette aux coins des lèvres marquées d’un rouge à lèvre écarlate, la démarche chaloupée, telle une star de cinéma au bord de la débâcle.

J’étais toujours accompagnée d’une bande de lascars, avec qui je faisais les quatre cent coups. Ma maman, qui me croisait dans la rue, commençait à s’inquiéter sérieusement de mon comportement. Mon frère également qui fréquentait de temps en temps les bars, tentait de me raisonner, mais en vain. Après avoir récupéré mon enfant le soir, j’étais attentive à son éducation, j’étais consciente de mon rôle de mère. Son papa était présent pour lui, les tours de garde n’ayant pas encore été définis, il venait chercher Sam au studio assez régulièrement,

J’avais hébergé pendant quelques temps une amie qui se trouvait dans une situation similaire, et toutes deux étions devenues inséparables. Nous nous faisions remarquer par tous les moyens et recevions des hommes à mon domicile, un deux pièces au-dessus d’un café malfamé. Nous écumions les bars, rencontrant des personnes qui profitaient de notre faiblesse et vulnérabilité.

Mais après un différend, mon amie décida de retourner vivre chez ses parents. Je me retrouvai à nouveau seule, livrée à moi-même avec mon enfant, qui trop petit ne se rendait pas compte de la situation dans laquelle je me trouvais. A chaque fois que je sortais j’étais à nouveau prise au piège…

En effet, j’étais accostée par une bande de margoulins qui la plupart n’ayant pas de permis, profitaient de ma générosité et de mon véhicule afin que je les conduise dans une boite de nuit située à quelques kilomètres de la ville. Un soir, alors que nous nous dirigions dans une discothèque, nous fûmes victimes d’un accident de la circulation peu banal. En effet, le toit de mon véhicule accrocha une avancée en béton attenant à un bâtiment, ce qui me provoqua un déplacement des cervicales.

J’abandonnai ma voiture et me rendis chez moi pour me reposer, mais les quelques lascars qui se trouvaient avec moi me suivirent et se jetèrent sur moi, afin que je n’ai plus la maîtrise de mon corps. Mais après m’être débattue, je repris le contrôle de la situation et les renvoyèrent en jurant de ne plus les revoir.

Le lendemain matin, on avait frappé à ma porte, c’étaient mes parents, catastrophés qui avaient eu vent de cette histoire. En effet, les gendarmes ayant retrouvé mon véhicule immobilisé d’une façon peu courante, sans occupant, s’étaient rendus à leur domicile, la carte grise indiquant l’adresse du propriétaire de la voiture.

C’était la goutte d’eau qui fit déborder le vase, je me trouvais dans un tel état d’agitation que mon entourage s’alarma. En effet, partout j’amusais la galerie, chez le coiffeur, dans les magasins…. j’étais le clown de service. Tout était tellement trépignant pour moi, une vie à cent à l’heure, ou chaque jour était une renaissance, à l’image d’un volcan en éruption.

Mais il fallait éteindre, ou du moins ralentir ce foyer qui imprégnait tout mon être ; je me brûlais les ailes comme un oiseau se lançant à tout élan dans ce cratère de feu, qui ne finissait jamais de jaillir de la lave d’un rouge écarlate. Une couleur à mon image, à mon comportement, ma façon de penser et d’agir, mais une couleur trop intense pour le monde qui m’entourait.

La seule et unique solution d’après mes proches, sur les conseils du médecin et pour me protéger, était l’internement et la prise d’un traitement pour stabiliser mon état, qui malheureusement allait devenir un long chemin de croix. Mes parents devaient-ils se culpabiliser ? Pouvaient-ils prévoir que leur petite fille allait tomber si bas ? Autant de questions sans réponse…

Chapitre 2

Je fus donc dès le lendemain transportée dans un établissement psychiatrique sur la demande de mes parents, où je séjournai deux jours car je ne dépendais pas géographiquement de cet hôpital.

Le pire m’attendait…. juché sur flanc de colline, un ancien sanatorium désaffecté était désormais mon lieu de résidence, et ce pour une durée indéterminée. L’ambulance s’engagea sur un chemin sinueux qui aboutissait à une longue bâtisse grise, perdue au milieu des bois, située loin de toute habitation.

La froideur des lieux me fit frissonner, je n’aurais jamais imaginé me retrouver là un jour, dans un endroit aussi sinistre qui allait ne faire qu’empirer mon état. Je me demandais comment l’on pouvait accueillir des personnes en détresse, dans un lieu aussi glauque et répugnant.

L’équipe médicale m’accueillit et me fit visiter les lieux, qui reflétaient l’image même que j’avais eue au premier...

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