Je vous demande le droit de pleurer

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Je m’appelle Viviane et je suis une survivante…

J’ai survécu à l’un des drames les plus douloureux qu’une femme, une mère puisse connaître ; je veux parler de la mort de son enfant…

Au cours de ce long cheminement de deuil, j’ai appris ceci : il y une vie après la mort. Je ne parle pas de celle qui se passe dans l’Au-delà, je parle de la vie de ceux qui restent, je parle de moi, de nous les endeuillés dans notre quotidien.

Cet ouvrage n’a la prétention de rien. Il s’agit du récit d’une maman en deuil, qui a surpassé son terrassement pour peu à peu se reconstruire, continuer à vivre malgré les défis qui se sont dressés devant elle et ainsi accepter l’inacceptable.

Ce livre plein d’émotion se veut néanmoins positif, c’est un partage d’expériences, de résilience et d’amour. Une histoire vraie, le combat d’une mère courage qui ne demande qu’une seule chose : le droit de pleurer…

Publié le : mardi 15 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782839915526
Nombre de pages : 190
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Introduction
Je m’appelle Viviane et je suis une survivante… J’ai failli mourir quatre fois et j’ai survécu à l’un des drames les plus douloureux qu’une femme, une mère puisse connaître, la mort de son enfant. Je crois en Dieu, j’ai mis toute mon espérance dans le Christ, ma foi je la vis au quotidien. Au moment précis où vous lisez ces lignes, sachez que quelque part dans ce bas monde, où que vous vous trouviez, habitiez, à cet instant, vous n’êtes pas seul. Une autre endeuillée, en l’occurrence moi, est de tout cœur avec vous et comprend votre chagrin, votre impuissance face à l’indescriptible douleur que vous ressentez. Je me permets de tenir ce langage avec vous car cela m’est, hélas, également arrivé. Bien que je ne connaisse pas personnellement votre drame, je me fais idée précise de ce qui vous anime. Vous ressentez peut-être aussi de la colère, un sentiment de révolte… Accrochez-vous… Les larmes que vous versez sont des preuves d’amour, ce sont les pleurs légitimes de votre cœur brisé. Vous êtes en train de vivre un chagrin d’AMOUR, rien de moins et nullement comparable à aucun autre, donc déversez votre peine sans retenue. Je déteste le terme dépression, dépressive, j’y vois une connotation de faiblesse, voire du mépris de la part des autres. En mon sens, et je ne dis pas que j’ai forcément raison, la soi-disant dépression pour un endeuillé est la manifestation d’un immense chagrin d’amour. Oui, cela me convient parfaitement : une personne en deuil n’est pas forcément en dépression, elle a un chagrin d’amour. Je ne vais pas vous mentir, je serai des plus honnête avec vous : vous allez au-devant d’une grande épreuve et il y aura un long
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cheminement personnel, il va vous falloir du courage, de la rési-lience et surtout des personnes aimantes et avisées auprès de vous pour vous aider à sortir victorieux de cela. Croyez-moi, vous allez pouvoir vivre à nouveau. Bien sûr, ce ne sera jamais plus commeavant,j’ai presque envie de dire ceci :il y a une vie après la mort ! Lorsque je parle d’une vie après la mort, je ne fais pas référence à la vied’aprèspour les défunts, celle qui se passe dans l’Au-delà, je parle pour nous, les endeuillés. Une autre vie, la vôtre… Mais peut-être est-il encore trop tôt pour certains d’entre vous pour le concevoir… Cependant, ayant fait l’expérience et rencontré d’autres personnes qui y sont par-venues, je vous l’affirme avec une conviction sans faille : il y a une nouvellevie après la mort ! Comment puis-je affirmer cela alors que je ne connais pas la nature et les circonstances dans lesquelles vous avez perdu votre être si cher ? C’est exact. Est-ce récent ou au contraire cela fait-il un certain temps, voire des années, au point que vous ne pouvez plus vous en sortir ? Je conçois aisément que mes propos peuvent vous surprendre ou vous agacer.Mais je vous assure, vous allez y arriver ! Je ne suis pas plus forte ni meilleure que vous : la mort de mon enfant que j’adorais m’a frappée de plein fouet. Mais j’ai décidé –il m’en a fallu du temps – de ne pas laisser ce désastre me détruire à mon tour. Je me suis fait violence et j’ai pris la résolution d’en faire une force. Certains pourraient penser que je cherche un prétexte rationnel, un substitut, une béquille émotionnelle : « Ilfaut bien trouver un sens positif dans tout ce négatif pour supporter l’insupportable. » Quel cynisme, quel manque de discernement… Ce raisonnement, totalement erroné, est empreint d’une grande méconnaissance et ne provient que de ceux qui ne savent pas ce que c’est de perdre un être cher. Pour nous qui sommes dans cette situation, seuls deux choix se présentent. Se laisser complètement sombrer, pire, se suicider de
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désespoir ! Ou prendre la résolution d’avancer… Mais pas n’im-porte comment ! J’en profite pour faire un petit aparté sur le sujet délicat du suicide. Je considère que c’est un acte de désespoir dont le but prin-cipal est de se soustraire à une douleur intérieure devenue insup-portable, contre laquelle la personne suicidaire n’est plus en mesure de lutter, qu’elle n’est plus capable de gérer, d’endurer. Une forme de fuite désespérée pour ne plus souffrir. Je n’entre pas davantage dans ce sujet, il y aurait tant à dire, sans doute un chapitre entier à consacrer. En ce qui me concerne, je ne me suis pas assez docu-mentée sur ce thème, je ne peux que vous faire part de mes res-sentis et de mes expériences personnelles. Je n’ai pas honte de le dire, j’y ai songé aussi,avant… J’ai attenté quatre fois à ma vie. L’intensité de mon chagrin devenu intolérable, ingérable bien que je me sois employée à tenir le coup de toutes mes forces face à cette dévastation, la douleur de mon cœur, celle de mon corps, le soupir de mon âme, les coups bas, les trahisons et les paroles assassines m’ont, à quatre reprises, poussée à jouer à la roulette russe. Dans ces instants, mon cerveau se bloquait, je passais en mode automatique, tout ce qu’il y avait autour de moi devenait opaque. Une seule idée fixe, en finir. Mécaniquement, je rentrais chez moi. Unique sursaut de lucidité, je m’assurais qu’aucun de mes enfants ne soit présent ou susceptible d’arriver. Puis j’avalais des doses exagérées de comprimés, je pleurais tout mon saoul en regardant des photographies de mon fils Nathan et, allongée dans mon lit, j’attendais que les médicaments me fassent basculer loin de ce monde cruel. Qu’un coma m’entraîne loin… loin de tout. Ce mal qui devait disparaître, m’appartenait à moi !Et à moi seule !? C’était la mienne toutN’était-ce pas ma vie finalement comme cette souffrance que je devais subir. Ce mal-être, ce geste, cet acte de folie en m’ôtant la vie, c’était contre moi seule qu’il se dirigeait ! Me libérer ! Oublier ! Ne plus lutter ! Pourtant, me direz-vous, par cet acte j’aurais fait beaucoup souf-frir mes enfants et les gens qui m’appréciaient. Mais à dire vrai, peu
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m’importait, cela me glissait dessus, je pensais qu’ils s’en remet-traient et comprendraient. Voyez combien ma confusion était grande en ces instants, ne pas penser à l’impact et aux répercussions sur mes proches si je m’étais ôté la vie ! Enfin heureusement, la Mort n’a pas voulu de moi. Seuls résul-tats, des heures de sommeil et le recours à une hospitalisation. Souffrir… à en crever ? Savez-vous au moins ce que cela signi-fie ? Que l’on se comprenne bien, je ne veux en aucune mesure encourager ceux qui envisagent ce dernier recours, toutefois je peux le comprendre et je me garde de les juger. Compagnon de souffrance, ne faites pas ce geste, je vous en conjure. Il y a, il existe une solution pour apaiser votre déchirement intérieur. Soyez patient, ayez courage, ayez la foi ! Pour clore ce sujet, je m’adresse maintenant aux sceptiques. J’ai à cœur de vous citer ces quelques lignes que j’ai trouvées sur une carte et qui décrivent parfaitement ce qu’un endeuillé est en me-sure de ressentir : Je sais qu’un jour fait vingt-quatre heures, une heure soixante minutes, une minute soixante secondes ! Mais je ne savais pas qu’une seconde sans TOI durerait UNE ÉTERNITÉ ! Comme le temps paraît long en l’absence définitive de celui ou celle qui est mort, notre solitude est remplie de tristesse et de dou-leur. Imaginez que vous y pensiez à chaque seconde que vous res-pirez, durant toutes ces heures qui défilent… Et la nuit, qui vous amène son lot de tourments, car des rêves et des cauchemars il y en a aussi ! C’est semblable à un film qui passe et repasse en boucle sans jamais vouloir s’arrêter. Qui saurait résister indéfiniment à cette torture mentale ? Merci de compatir, à défaut de comprendre… Et si vous n’y arrivez pas, je ne vous jette pas la pierre. Ma mère s’est suicidée lors de mon adolescence et il m’a fallu la mort de mon fils et arriver à l’âge de 45 ans pour comprendre son geste. J’en souffre encore main-tenant. Donc que l’on ne me dise pas que j’ai un parti pris. Tout au contraire !
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L’autre alternative au suicide est de choisir d’avancer. Mais pas n’importe comment ! Et en aucun cas, de simples béquilles – pour reprendre cette expression – pourraient nous aider, elles ne nous mèneraient pas bien loin… Car combler cette absence et continuer à mener son existence, c’est largement insuffisant. Je me risquerais à un zeste de cynisme empreint de logique, et d’avance je m’excuse pour le trash de ce que je vais dire : pour les endeuillés un seul mot d’ordre :Marche… ou crève ! Je vous en conjure, amis lecteurs, ne continuez pas à vivre dans la souffrance, vous allez continuellement la manifester ou la refou-ler. En faisant ainsi, vous passerez à côté de l’essentiel et vous de-viendrez une expression de violence, envers vous-même bien sûr, mais aussi envers vos proches qui, à la longue, risquent de vous considérer comme un survivant, j’oserais presque dire un mort-vivant, obligé de vivre et de souffrir en silence. Vous allez marcher à côté de votre vie, à contre-courant, indéfiniment, vous ne serez pas de taille à lutter. Ce qui vous donnera l’impulsion de marcher et d’avancer, c’est de croire que vous pourrez vous relever de cette horreur. Et si vous n’êtes pas en mesure de le croire, tentez-le, vous ne risquez plus rien finalement. N’avez-vous pas déjà touché le fond ? Vous ne pourrez pas tomber plus bas. La poussière, vous êtes en train de la respirer, la manger… Alors qu’avez-vous à perdre ? Bien sûr cela va se faire par étapes, mais le moteur principal se trouve dans votre volonté ! Le reste suivra ! Relève-toi, lève-toi et marche !Je vais tenter de vous redonner espoir et si je parviens à toucher ne serait-ce qu’une seule personne, mon combat n’aura pas été vain… Prenez dans ce livre ce dont vous avez besoin et laissez ce qui ne vous parle pas. Je le répète encore une fois, je suis une femme sans prétention qui apporte son témoignage, celui du chagrin d’amour de sa vie. La mort de son enfant, mon adolescent. Pour finir cette introduction, je voudrais vous citer ce poème. Il est possible qu’à l’heure actuelle vous ne puissiez pas vous l’appro-
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prier, qu’il vous crispe et vous fasse piquer une colère. Cependant, sachez qu’un jour vous pourrez à votre tour le dédier à un proche qui aura, hélas, à vivre l’horreur de ce moment. Car vous serez alors davantage apaisé et votre cheminement personnel vous per-mettra d’être d’accord avec ces quelques lignes. Je pensais que ta mort était un gâchis, un désastre, un deuil impossible à endurer. Je commence seulement à com-prendre que ta vie fut un cadeau, une bénédiction, une somme d’amour qui m’accompagneront toujours… MARJORIEPIZERCourage, amis endeuillés…Vous n’êtes pas seuls ! Tenez bon ! Accepter… l’inacceptable. Être consolé… de l’inconsolable. Se remettre… de l’inconcevable ! Viviane Massy Ferizi Statut : maman en deuil.
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