Jean-Baptiste Racine, une vie cornélienne

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"Louis, deuxième fils de Racine, connut de son vivant une certaine notoriété. Je dépassais la quarantaine quand on m'offrit un volume de ses oeuvres acheté sur les bords de la Seine et j'eus fugacement envie de l'évoquer, à l'affût, soudain, de ressemblances insolites et fécondes... Trois lustres plus tard, ayant enfin lu ses écrits, commençant une enquête sur son existence et sur son entourage, je ne me trouvai avec lui aucune affinité mais découvris le frère. De quatorze ans plus âgé, adoré par son père, admiré par Boileau et prisé par la Cour, Jean-Baptiste avait fui le monde, où il avait charmé, peu après la mort de Jean et son oeuvre, secrète, avait été détruite. Il avait sévèrement et somptueusement jugé celle de son puîné. Tout de suite, il me toucha. Dans le combat cornélien qu'il avait à coup sûr livré au tréfonds de lui-même, était-il mon double ou mon contraire ou les deux à la fois ? Je fus très vite son ami. Je voulus aussi être son chantre. Voici donc sa vie, telle qu'elle m'est apparue au terme d'impatientes et patientes recherches qui ont duré trois ans et qui n'ont point suffi à m'éclairer. Tous les personnages que je nomme, que je peins, même les plus humbles, ont vraiment existé. Succinctement décrits, les lieux sont, dans l'ensemble, ceux-là mêmes où les traces de Jean-Baptiste ont pu être saisies. Toutes les dates - et Dieu sait si j'en joue au long de cet ouvrage ! - sont exactes au jour près. Quant aux faits et quant aux citations, mes sources sont citées en annexe."

J.-P.G.

Publié le : mercredi 3 mars 1982
Lecture(s) : 7
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246789604
Nombre de pages : 384
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"Louis, deuxième fils de Racine, connut de son vivant une certaine notoriété. Je dépassais la quarantaine quand on m'offrit un volume de ses oeuvres acheté sur les bords de la Seine et j'eus fugacement envie de l'évoquer, à l'affût, soudain, de ressemblances insolites et fécondes... Trois lustres plus tard, ayant enfin lu ses écrits, commençant une enquête sur son existence et sur son entourage, je ne me trouvai avec lui aucune affinité mais découvris le frère. De quatorze ans plus âgé, adoré par son père, admiré par Boileau et prisé par la Cour, Jean-Baptiste avait fui le monde, où il avait charmé, peu après la mort de Jean et son oeuvre, secrète, avait été détruite. Il avait sévèrement et somptueusement jugé celle de son puîné. Tout de suite, il me toucha. Dans le combat cornélien qu'il avait à coup sûr livré au tréfonds de lui-même, était-il mon double ou mon contraire ou les deux à la fois ? Je fus très vite son ami. Je voulus aussi être son chantre. Voici donc sa vie, telle qu'elle m'est apparue au terme d'impatientes et patientes recherches qui ont duré trois ans et qui n'ont point suffi à m'éclairer. Tous les personnages que je nomme, que je peins, même les plus humbles, ont vraiment existé. Succinctement décrits, les lieux sont, dans l'ensemble, ceux-là mêmes où les traces de Jean-Baptiste ont pu être saisies. Toutes les dates - et Dieu sait si j'en joue au long de cet ouvrage ! - sont exactes au jour près. Quant aux faits et quant aux citations, mes sources sont citées en annexe."
J.-P.G.
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