Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,49 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Partagez cette publication

JEAN GALMOT

l'homme des tropiques

Jacques

MAGNE

JEAN

GALMOT

l'homme des tropiques
Biographie

,.ç:-

L'aribeennes

ditipns

S, rue Lallier 75009 Paris

A lire aussi: . Jean Galmot: Un mort vivait parmi nous. 1922. Réédition 1990, Ed. Caribéennes. . Jean Galmot: Quelle étrange histoire. 1918. Réédition 1990, Ed. Caribéennes.
En préparation:

. Jacques Magne: Marie de Hautefort, la belle Aurore d'un règne.

Maquette de couverture:

Guy Darbon.

Photo de couverture: KOSKAS/SIPA, Maline: Jean Galmot, aventurier.

tirée

du film

d'Alain

Nous rappelons que ce film ne constitue une adaptation de la présente biographie.

en aucun

ca2

@ Editions Tous droits

CARIBEENNES,

1990

de traduction, d'adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. ISBN 2-87679-067-X

A mon fils Philippe

PREFACE

Oser et faire du bruit tout est couleur mouvement explosion la vie fleurit aux fenêtres du soleil qui se fond dans ma bouche je suis mûr et je tombe translucide dans la rue

de lumière

Blaise Cendrars, Dix-neuf poèmes élastiques, Février 1941.

AUTEcaravelle ancrée à son pech \ Montfort surplombe la sinueuse Dordogne. De la terrasse du château que flanque un escadron de vieilles maisons aux toits de lauzes, on aperçoit, à quelques portées d'arbalète, la bastide de Domme. Fraternisant avec une douzaine de repaires nobles, les seigneuries du cru s'égaillent au mitan des yeuses et des peupliers: Fayrac, Marqueyssac, Castelnaud, les Milandes et Beynac, l'une des quatre baronnies du Périgord. Sur une chaise longue, babouches aux pieds, veillé par sa chatte Hira Jap et huit autres matous noirs, Jean GaJmot, le maÎtre de Montfort, sacrifie au rite de la méridienne. En contrebas, amorçant le cingle~, l'un des derniers gabarriers, d~bout à la godille, descend la « grande eau }), en silence, vers Bordeaux et l'océan.

H

Ai! de l'aiga que davala Ai! amor que t'en vas lèu Vers Bordeus, qu'a de batèus... E Blaia pus de gabarras 3... Mai 1919. Premier printemps de paix. Les noyers, dans les combes, renâclent encore à mettre feuilles, mais sur
1. Puy, colline. 2. Méandre. 3. Bernard Lesfargues, Cap de l'Aiga, LE.O., Messatges, 1952.
11

les termes

1

qui regardent au midi les châtaigniers et

les chênes truffiers ont démarré en force. Hors de toute atteinte, Jean Galmot, le don Quichotte aux yeux mi-clos, se repose en rêvant.

Il paresse? Non pas. Dans un instant, il va appeler sa dactylo et lui dicter, à voix basse, des ordres où se catapulteront ventes, achats, nolis, connaissements, escomptes et traites. Diable de flibustier: à l'image de son compatriote Pierre Magne, grand argentier de Napoléon-le-Petit, il a le chiffre intéressant, la multiplication éloquente et le total irrésistible. Aussi le crédite-t-on d'un trésor en milIions or - considérable. Il a tissé sa toile d'intérêts d'un bout à l'autre de la planète: des usines ici, un journal ou une maison d'édition là, une escadrille d'hydravions ailleurs, des plantations de cannes à sucre autre part. Une mine d'or, des bois précieux, du rhum un océan de rhum sous les tropiques. Et des entrepôts pour son armada personnelle aux escales de l'ancien ou du nouveau monde. Gdmot parJe peu. Mais il écoute beaucoup. Or bien écouter, c'est presque répondre. Et quand il parle, voici

-

-

-

que surgissent

«

des villes ceintes de cheminées plus

hautes que des tours féodales, des canaux où glissent des chalands, des mines embrasées de diamants, des champs de cannes ondoyant sous le vent de la mer... Il capte les parfums de la forêt, entasse la richesse du monde sur les flottes aux voiles déployées, encombre les ports, fait rouler des millions de tonneaux sur les docks,

empile des murailles de ballots et de sacs 2... »
Ses atouts majeurs: intelligence, conscience éclairée, grande sensibilité artistique, aptitude à agir avec fermeté, à trancher dans le vif, sens inné du contact avec
L Ctlteaux. 2. Louis Chadourne, Terre de Chanaan.
12

les autres. En même temps une tendance à l'irréalisme, un optimism~ excessif, une dispersion trompeuse. Un besoin irrépressible de partir au loin et, tout autant, de s'enraciner. Des ailes aux talons, comme le veut son signe de naissance, et un attachement irraisonné à son canton natal. A la fois Mercure et Taureau. Pirate contemplatif, poète de l'action, l'ogre se laisse aisément croquer: le teint halé (<<ma marque sarrasine )', plaisante-t-il), un grand nez busqué à la gasconne, un vaste front bombé, une moustache drue comme l'arc des cils, des yeux enfoncés dans les orbites, sombres, vifs, taraudeurs. Lorsqu'il se sent en confiance, il esquisse une sorte de plissement des lèvres qui ressemble à un sourire. Parfois même le regard de ce fauve au poil noir se noie d'une tendresse presque enfantine. Miracle: il partage encore, avec son autre {(pays» Léon Bloy, le don des larmes. Signe de prédestination, diraient les Mystiques... Au faite de son extraordinaire réussite, il lui faut en permanence réaliser sur le champ un projet irréalisable, gaver toute une cour de thuriféraires affamés, de hérauts d'armes à l'escarcelle plate. Cette clientèle sans vergogne, il convient, sous peine de déchoir, d'exciter son zèle à coups de sonnantes et trébuchantes pistoles.

Deux jours de halte à Montfort suffisent. Loin de la jungle parisienne et de ses requins de terre ferme, le grand félin d'Amazonie oublie ici, au paradis de son enfance, les légendes et les bruits qui commencent à courir sur son compte. Sur son compte en banque, en partjculier. Demain, de son poste de commandement de la rue Duphot ou de ses bureaux élyséens, il va éplucher des bilans, relancer une combinaison, inventer une nouvelle folie. ... Afin d'ajouter une raison sociale à sa carte de visite qui, pour l'instant, proclame qu'il fut et reste: 13

-

précepteur, journaliste, chercheur d'or,

-

planteur, armateur, industriel, pionnier, poète, trappeur, négociant, romancier, millionnaire, missionnaire,

et demain, si les urnes en décident, député de la Guyane et demain, si la providence vient à l'abandonner au milieu du gué, prophète déchu, aventurier au cœur perdu. 1919. La fortune est là triomphante, insolente. Pantelante aussi peut~être. Clair obscur inquiétant.. Sur son pic, Galmot s'est remis à rêver.

Il UNE SOLITUDE A GUERIR

Une cloche de village rappelle ici-bas l'enfant qui ne tient à ses nuages que par un fil de cerf volant.
Paul Gilson, L'Arche de Noël.

Une bastide au cordeau
E n'était pas encore la vraie grande guerre, celle qui devait durer cent ans. Seulement la vraie mésentente cordiale. De part et d'autre, côté léopards ou côt~ lys, d'habiles manœuvriers, en prévision d'affrontements ultérieurs, construisaient, dans un enchevêtrement stratégique fort élaboré, des amorces de lignes Maginot réputées imprenables, des bunkers offensifs présumés fulgurants. Monpazier fut l'une de ces bastides anglaises qui truffèrent (si l'on ose dire) un vaste no man's land condamné à devenir, de gré et de force, territoire français. Fondée en janvier 1284, sur le plan orthogonal, par le sieur Jean de Grailly, sénéchal du Périgord, à la demande du sire Edouard, premier du nom, roi d'Angleterre et duc - très légitime - d'Aquitaine, cette bour-

C

gade de sept cents âmes

1

garde de belles portes forti-

fiées, un hôpital du XVIII. siècle, une halle en charpente, une remarquable église des XIII" et Xlv" siècles retouchée à la Renaissance, une place centrale entourée d'arcades gothiques dit~~ les «cornières» et, fin du fin de l'urbanisme du temps, de vieilles maisons séparées par un étroit boyau faisant office de coupe-feu et de videordures.

1. La plus petite commune de France:

52 hectares. 17

Le xX- siècle expirant a laissé la brave cité guerrière à son sommeil profond, à sa déchéance tranquille. Sur le portail de l'église une inscription lapidaire ~ffirme: «le peuple français reconnaît l'existance (sic) de l'Etre Suprême et l'immortalité de l'âme ». Sur une demeure de la place des Cornières un calicot de guingois clame «Vive la République! ». Vieux souvenirs révolutionnaires. Et décors de cinéma. C'est ici, dans ce cadre qui attire aujourd'hui tant de metteurs en scène, tant de réalisateurs de télévision friands d'extérieurs typiques, que naquit un certain Jean Galmot. «J'aime d'amour, d'une passion filiale et poignante, un village où je suis né, en Périgord. De vieux murs couverts de lilas au printemps l'encerclent. On y pénètre par des port~s de château-fort. Les gens, sur le pas des portes. sont de vieilles gens, immortelles. Et dans les champs où tous les arbres me connaissent, des hommes, des lemmes, et des enfants, que le temps n'atteint pas, travaillent et chantent et sont les miens 1... » Souvenirs désemparés: Galmot est né ici, oui, certes, mais où précisément? Première maison « natale» : une noble bâtisse du XIV' siècle jouxtant les bâtiments des sœurs de Sainte-Marthe, à l'angle de la rue Saint-Joseph et, histoire de faire bonne mesure, de la rue de la Justice. De grands dallages en pierre prolongent sous voûte une haute porte d'entrée cintrée. Sur la façade, au-dessus de cette porte, une inscription laisserait supposer que l'immeuble tint lieu jadis de mairie. A droite, une plaque célèbre l'enfant du cru: Ici naquit Jean Galmot 1878-1928 Homme de lettres Député de la Guyane
1. QueLle étrange histoire. 18

Ex-voto gentiment discret. Hélas! l'emplacement est controuvé (chacun en est conscient, y compris le premier magistrat de la cité) et la date de naissance (1878 au lieu de 1879) inexacte. Seconde maiSOll hypothétique, en prolongement de la première, avec petit parc intérieur protégé par de hauts murs. Mais le père de Galmot, modeste instituteur, avait-il assez de ressources pour entretenir pareille bâtisse de gentilhomme? (I) Le vrai logis familial est ailleurs, à deux pas, inséré dans la ceinture défensive de la bastide. Cette vieille demeure bourgeoise au toit de tuiles romaines, aux pièces profondes, fraîches, fait l'angle de la rue Saint-André et de la rue Ormeau"du-Pont. On y entre par le numéro 23 de cette rue Ormeau-du-Pont, fort pentue. Sitôt traversées les salles du rez-de-chaussée dont le sol en pisé ou en tomettes a résisté aux outrages du temps, nous voici sur une terrasse herbue dominant, cachée dans un boque-

teau, une source joliment baptisée

«

Fontaine aux

Amours ». C'est ici que Jean Galmot est né. Y vivront sa mère et ses deux sœurs, Marie-Alice Edouina et Marie-Louise Jeanne Augusta. On y déniche aujourd'hui encore, conservé par les actuels propriétaires de la maison, M. et Mme Robert Pfefer, un herbier terminé par Jean en 1898 à Evreux et qu'il offrit aux siens en 1919.

Une ascendance Républicain

enracinée bon teint et souvent fils de prolétaire, le

Périgordin

2

n'hésite pas, lorsqu'il faut

«

se montrer »,

1. Jean Galmot !l'achètera dans les années fastes à l'intention de son frère Henri. 2. A J'exemple d'Eugène Le Roy, qui s'en réfère à Montaigne et à Brantôme, nous écrivons «Périgordin », véritable orthographE étymologique, historique, euphonique, peu à peu d'ailleurs imposée par l'usage. '19

à enter un scion à son nom patronymique. Le sieur Peinichou, heureu:\ héritier d'une terre caillouteuse de cinquante ares au lieu-dit Peyragude, deviendra sans à-coup, Peinichou de Peyragude, puis de peyragude tout court. Ce recours à la greffe nobiliaire n'est pas une originalité périgordine. Du moins les riverains de la Dordogne, de l'Isle ou de la Vézère en jouent-ils avec une maestria de Gascons. M~me Montaigne, le grand Montaigne, Montaigne l'unique. tomba dans ce travers. Combien de fois Michel et son père Pierre Eyquem se sont-ils glorifiés de compter dans la famille - une famille cependant issue de salaisonniers bordelais - une grande dame espagnole, Antoinette de Louppes. Or cette étrangère de haut lignage qui

donna le jour à Michel Eyquem, enfin baptisé

«

de Mon-

taigne », était une Anthonie Lopez, sans doute marrane de Saragosse, fille d'un citoyen juif de Toulouse et peutêtre - malédiction suprême! protestante de religion. Que les femmes, au pays de l'amour courtois, ne puissent être épousées que pour les sortilèges de leur sang bleu, voilà, semble-toil, une évidence! Mme Galmot mère ne transgressera pas la tradition. Pour piment~r de pittoresque la petite histoire, certains ont juré dur comme fer que Jean Galmot ressem-

-

blait à sa génitrice, née Barge

«

de Moisant », descen-

dante d'aristocrates portugais échoués miraculeusement en Périgord à t'orée du XVIII" siècle. Bien entendu, rien ne s'oppose à ce que des Lusitaniens à particule aient déserté Lisbonne sous le proconsulat despotiquement éclairé de Sebastiâo José de Carvalho e MeJo. marquis de Pombal, premier ministre tout puissant du roi Joseph 1er. Encore faudrait-il en débusquer la trace. Hélas! Les archives, sur ce point, restent obstinément muettes. L'ascendance portugaise du conquistador Galmot appartiendrait-elle au domaine de la légende? C'est Galmot une fois n'est pas coutume, car il lui

-

20

arrive de fabuler avec délectation partie la clef de l'énigme.

-

qui nous livre en

Premier point:

son

«

arrière

grand-père », Pierre

Barge, est expulsé du Portugal en 1760 par le tyrannique marquis. Pourquoi pas? Les Jésuites, en corps constitué, avaient subi la même disgrâce un an plus tôt. ... «Nos papiers de famille contiennent un arrêt royal qui expose que Pierre Barge, marchand demeurant à Lisbonne, convaincu d'agitation et de conspiration, est tenu de quitter le royaume dans la semaine qui suivra la notification à lui faire de la décision 'souveraine.}} Second point: «Pierre Barge, ruiné par l'ostracisme de Pombal, revient au Rouzet, gentilhommière crénelée, à ce point perdue dans la forêt qu'aujourd'hui encore on n'y accède que par un sentier 1.}} Qu'un aïeul à la cinquième génération ait été, pour d'impénétrables motifs de «trublionnerie» politique, reconduit à It, frontière manu militari, acceptons-le. Dire que ce turbulent Périgordin dut regagner sans un maravédis «sa}} gentilhommière du Rouzet paraît moins convaincant. Le chercheur a beau s'entêter à remonter le temps, le plus ancien détenteur du Rouzet semble avoir
été aux approches de la Terreur

-

les réserves

sont

ici de rigueur - un Jean-Pierre Barge, né à Saint-Ceroinde-Biron et marié à une Marguerite Queille, du Rouzet, père d'Armand Jean Barge et arrière grand-père maternel de Jean Galmot. Faut-il en conclure que Jean-Pierre Barge descend tout de g:) du Pierre Barge «portugais}} ? Foin de la chicane: le Rouzet, où, depuis le 5 Thermidor an V au moins, ont niché d'innombrables Barge, fut, au xv' siècle, un rendezvous de chasse. ou une métairie. Construit par un Gontaut-Biron sur une butte dominant une vaste forêt de

1. Note autobiographique

adrressée à Me Henri-Robert,

1923. 21

châtaigniers, de fougères, de pins sylvestres, d'acacias, l'ensemble garde noble allure. Une tourelle ronde épaule deux corps de logis rectangulaires que l'actuel propriétaire M. Jacques Fourré, un Breton du pays gallo, tente vaillamment de sauver des l'onces et des bourrasques. De la terrasse le regard se cogne au proche, énorme, colossal château de Biron, campé en sentinelle sur son tertre et dominant l'horizon à dix lieues à la ronde. De Biron, par belles matinées, on distingue, paraît-il, au fond d'un horizon diaphane, les premiers contre-forts des Pyrénées. Parmi les Barge - Galmot emprunte plus sûrement, physique et caractère, à son père: c'est un vrai Galmot! un Jean-Armand, négociant aubergiste, épouse le 28 avril 1841, Anne Delluc, fille d'Etienne Delluc et de Suzanne Ballande, tous de Monpazier. De cette union naîtra le 2 juin 1847 à cinq heures du matin, toujours à Monpazier, une Anne Barge, laquelle deviendra la femme de Jean-Baptiste Edouard Galmot et la mère de Jean Galmot. Une bien brave épouse « toujours aux œufs et au lait», toujours portant et toujours allaitant: huit enfants en douze ans de mariage! Détail qui eut fait frémir la famille Galmot assez dévote: sur les registres d'état-civil le grand-père maternel de Jean accompagne sa signature des trois points rituels maçonniques, à l'image du maire de Monpazier, M. Mousson,

-

qui, co-fondateur de la loge locale

«

Le Sanctuaire de la
décorative

Vérité », n'hésite pas à en faire une fresque des deux côtés de son patronyme! q, ,

Avant d'essaimer à Alles-sur-Dordogne, non loin du confluent de la Vézère et de la Dordogne, les Galmot quant à eux étaient originaires de Capdrot, petit bourg planté à moins de trois kilomètres à l'est de Monpazier. Le grand-père paternel de Jean Galmot, Gérome Auguste, maréchal-ferrant de son état et citoyen d'Alles, épouse le 7 février 1839 une Marguerite Bessous, cultivatrice au lieu-dit Laplagne, près d'Alles. Le couple aura 22

six enfants dont Edouard Jean Auguste, le Il juillet 1845. A son tour Edouard Jean Auguste (dit aussi Baptiste) épouse à vingt et un ans le 9 août 1866 à dix heures du matin. à la mairie de la bastide, la jeune Anne Barge, dix-neuf printemps, en présence de messieurs les témojns: Elie Jintrac, brigadier de gendarmerie; Jean VerraI, facteur rural; Martial Mayonade, forgeron, et Etienne Delayre, chevrier. L'acte prédse qu'il y a contrat de mariage et que l'époux est dispensé du service militaire par M. le général commandant la subdivision de la Dordogne. Feront bientôt leur apparition huit héritiers et héritières: Jérôme, Jean, Baptiste (le 3 juillet 1867); Marie, Alice, Edouina (le 4 janvier 1870); Marie-Louise, Jeanne Augusta (le 25 août 1872); Georges, Jean, Baptiste, Joseph (le 19septembre 1873); Henri, Edgar Aristide Cyprien (le 16 juin 1875); Jérôme, Baptiste, Théophile (le Il octobre 1876, qui mourra à l'âge de dix mois); notre Jean Antoine, venu au jour le 2 juin 1879 à huit heures du soir; et, pour clore la série, un Georges Edou.ard, le 19 janvier 1881. L'acte de naissance de Jean Antoine, daté du 4 juin, déclare qu'il est le fils d'Edouard Jean Baptiste Galmot, institeur communal âgé de trente-quatre ans, et d'Anne Barge, âgée de trente-deux ans, demeurant tous deux à Monpazier. Les témoins ont signé: Paul Louis Delmon, sans profession, et Pierre Caminade, appariteur (fonction qui, dans ces heureuses circonstances, coulait de source...). Voilà répertoriée la couvée Galmot. Tout est dit. Ou presque, car Edouard Jean Auguste déclarera, dans une lettre aigre-douce au préfet de la Dordogne, le 20 mai 1895, avoir eu, non pas huit, mais neuf enfants. «J'ai élevé mes neuf enfants honnêtes, intelligents et labmleux, dont trois ont succombé à la peine et peutêtre aux privations que nous avons été obligés de nous imposer... » 23

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin