Jean Macé

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Jean Macé (1815-1894) est une figure majeure du XIXe siècle. Pour retracer l'histoire de ce fils d'un camionneur de Montmartre devenu sénateur, féministe, pionnier de l'école publique et fondateur de la ligue de l'enseignement en 1866, l'auteur a interrogé les archives. Correspondances, discours, textes pédagogiques et articles sont convoqués mais aussi des écrits plus personnels qui sont ici exhumés pour la première fois.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140010453
Nombre de pages : 306
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JEAN MACÉ
Alain Froidefond
JEAN MACÉ PROFESSEUR DE RÉPUBLIQUE
PROFESSEUR DE RÉPUBLIQUE
JEAN MACÉ PROFESSEUR DE RÉPUBLIQUE
Alain Froidefond JEAN MACÉ PROFESSEUR DE RÉPUBLIQUE
Du même auteur « Jules Verne fabuleux »,inHumour, Ironie, Fantaisie, textes réunis par Christian Chèlebourg, Verne 8, Lettres modernes, Paris, 2003.
« L’ingénieur et le sorcier », inLa Science en question, textes réunis par François Raymond, Verne 6, Lettres modernes, Paris, 1992.
Voyages au centre de l'horloge : essai sur un texte-genèse « Maître Zacharius », Archives des lettres modernes, 234, Archives Jules Verne, Lettres modernes, Paris, 1988.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08352-0 EAN : 9782343083520
Remerciements Après avoir vécu avec l'auteur en compagnie de Jean Macé qui occupait nos pensées et mobilisait son énergie, je suis très heureuse de voir son œuvre venir au jour. Comme je le lui avais promis. En effet, cet ouvrage s'appuie sur plusieurs années de recherches documentaires DZ archives, correspondances inédites, iconographie et bibliographie. Je tiens, tout particulièrement à remercier Tony Legendre, l'ami, celui qui a prodigué à Alain Froidefond une précieuse et importante somme d'informations en l'assurant d'un soutien indéfectible au long de son travail d'écriture. J'évoquerais ici le voyage émouvant des deux compagnons jusqu'à Beblenheim sur les traces de Jean Macé. Je remercie ma famille et mes amis qui dans l’enthousiasme et l’émotion m’ont aidée avec compétence et persévérance à porter et mener à bien ce projet de publication. Merci enfin à l'équipe éditoriale de l'Harmattan.  Irène Froidefond
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« Suis-je du peuple ? »L’orateur se lève. Dans les mains, dans la stature, il y a une robustesse campagnarde qui contraste avec le genre pourtant sobre de ceux qui l’entourent. Silence. Il jette un regard circulaire sur l’assistance et se rassoit. Une barbe imposante, blanche et touffue, les cheveux ras ; le regard clair est doux mais l’expression générale du visage est volontaire : oui c’est bien M. Jean Macé ! Un murmure de sympathie parcourt la salle. La voix chaude s’élève. «Chers amis, Hier soir quand nous sommes entrés, le signal de jouer la Marseillaise a été donné au moment où je paraissais : est-ce que j’aurais jamais pensé faire un jour mon entrée de cette façon ! Je suis le fils d’un camionneur et me voilà sénateur ! Suis-je du peuple ? Suis-je un bourgeois ? Et c’est là précisément le fonds même de la démocratie ; avec elle pas de castes ; ceux d’en bas peuvent monter en haut, à la 1 force du poignet c’est vrai ; mais enfin ils le peuvent !… N’écoutez pas ceux qui vous parlent du danger des déclassés. Notre société est pleine de déclassés qui font sa force pour leur bonne part… Vous me pardonnerez ce que je vais dire mais je suis bien forcé de revendiquer le droit des enfants du peuple àsortir des rangs où ils sont nés, moi, comme je viens de vous le 2 dire, fils d’un camionneur devenu sénateur inamovible. Applaudissements et acclamations. On ne peut guère se déclasser davantage. Le déclassement suprême a été fait le jour où le bulletin de vote a été mis aux mains de tous, où notre nation tout entière n’a plus compté que des souverains.
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