Jeanne d'Arc

De
r^m^mif^' r n tkâiSt,. ^40^I^IF/ THE BOSTON PUBLIC LIBRARY OF ARCJOAN COLLECTION ^1 K- ^/ H JEANNE D'ARC, PAR ALEXANDRE DUMAS;M. SUIVI d'un appendice CONTENANT UNE ANALYSE RAISONNÉE DES DOCUMENTS ANCIEI ET DE NODÏEAUX DOCUMEKÏS IIDITS SUR LA PUCELLE D'ORLÉANS, PAR J.-A. BUCHON; AVEC UNE INTRODUCTION PAR M. CHARI.es SrOBIER DE L'ACADKMIE FnANÇAlSK PARIS. LIBRAlRlb; GOSSELIN,DE CHARLES ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE D'ÉLITE, 30 , nUE JACOB. MDCCCXLIU. ^'-^ if-rt-! fi41 , Yf^ INTRODUCTION Il n'y a rien à comparer ni chez les anciens, ni Fable nichez les modeines, ni dans hi dans riiisloire, à la Pucelle d'Orléans. Donnez à la muse épique le choix de l'invention la plus touchante et la plus merveilleuse, interrogez les traditions les plus imposantes que les âges lad'héroïsme et de vertu aient laissées dans mémoire des hommes, vous ne trouverez rien vé-qui approche de la simple, de l'authenticpie rité de ce phénomène du quinzième siècle. La France, la suite du règne malheu-à le plus reux dont les annales de la monarchie fassent mention jusqu'alors, envahie par ses ennemis, et à peine soutenue sur le penchant de sa ruine par la vaillance de quelques preux plusn'oppose à la force de ses destinées (pi'une vaine résislance. Paris est occupé par le duc de Bedfort, régent L'infor-pour un roi anglais. tuné Charles Ml, errant de \ille en ville sans II IINTRODtCTION. espérance et bientôt sans royaume, cède à l'in- fortune qui l'opprime.
Publié le : dimanche 30 septembre 2012
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r^m^mif^'
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n
tkâiSt,.
^40^I^IF/THE BOSTON PUBLIC LIBRARY
OF ARCJOAN COLLECTION^1
K-
^/
HJEANNE D'ARC,
PAR
ALEXANDRE DUMAS;M.
SUIVI d'un appendice
CONTENANT UNE ANALYSE RAISONNÉE
DES
DOCUMENTS ANCIEI ET DE NODÏEAUX DOCUMEKÏS IIDITS
SUR LA PUCELLE D'ORLÉANS,
PAR J.-A. BUCHON;
AVEC UNE INTRODUCTION
PAR M. CHARI.es SrOBIER
DE L'ACADKMIE FnANÇAlSK
PARIS.
LIBRAlRlb; GOSSELIN,DE CHARLES
ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE D'ÉLITE,
30 , nUE JACOB.
MDCCCXLIU.^'-^ if-rt-!
fi41,
Yf^
INTRODUCTION
Il n'y a rien à comparer ni chez les anciens,
ni Fable nichez les modeines, ni dans hi dans
riiisloire, à la Pucelle d'Orléans. Donnez à la
muse épique le choix de l'invention la plus
touchante et la plus merveilleuse, interrogez
les traditions les plus imposantes que les âges
lad'héroïsme et de vertu aient laissées dans
mémoire des hommes, vous ne trouverez rien
vé-qui approche de la simple, de l'authenticpie
rité de ce phénomène du quinzième siècle. La
France, la suite du règne malheu-à le plus
reux dont les annales de la monarchie fassent
mention jusqu'alors, envahie par ses ennemis,
et à peine soutenue sur le penchant de sa
ruine par la vaillance de quelques preux
plusn'oppose à la force de ses destinées (pi'une
vaine résislance. Paris est occupé par le duc de
Bedfort, régent L'infor-pour un roi anglais.
tuné Charles Ml, errant de \ille en ville sansII IINTRODtCTION.
espérance et bientôt sans royaume, cède à l'in-
fortune qui l'opprime. Près de chercher un
asile dans une cour étrangère, il jette un der-
nier regard, sur la belleun regard de désespoir
France, qui ne lui offre de toute part que d'af-
freux déchirements, dissensions civiles,les
vainqueurs, et unauxiliaires et complices des
petit nombre de braves mourant sans ven-
geance sur les ruines des villes incendiées
qu'ils ont défendues. A peine quelques places
arrêtent encore pour un moment les progrès
de l'ennemi. A peine une vieille prophétie, qui
annonce qu'une jeune fille, venue des environs
du Bois-Chenu, délivrera le royaume, soutient
encore la confiance des esprits faibles de ce
temps peu fertile en esprits forts. Tout va pé-
rir quand cette jeune fdle paraît. C'est une
,
paysanne de seize à dix-sept ans, d'une taille
noble et élevée, d'une physionomie douce,
mais fière, d'un caractère remarquable par un
mélange de candeur et de force, de modestie
d'autorité,et qui ne s'est jamais trouvé au
même degré dans aucune créature d'une con-;
duite, enfin, qui fait l'admiration de toutes
les personnes qui l'ont connue. Les mères ne
'désirent point de fille plus parfaite , les hom-
mes n'ambitionnent pas le cœur d'une femmej
plus digne d'être aimée; mais dès renfaiiccS.
INTRODUCTION III
elle a renoncé au bonheur d'être épouse et
Appelée une viemère. à d'héroïsme et de sa-
crifice par la voix môme des anges, elle a voué
sa virginité à Dieu ù l'âge de treize ans. On
sait rien autre chose de ce temps-làne , sinon
qu'elle a mené une vie toute pastorale dans le
hameau qui l'a vue naître, conduisant les trou-
son pèrepeaux de , ou s'occupant à coudre et à
(iler le chanvre et la laine exercices dans les-,
elle surpassaitquels toutes ses compagnes.
Seulement, à certains jours de fêtes, on la
prosternée,voyait à l'ermitage de Bermont,
devant la sainte image de la Vierge , ou bien
elle se réunissait aux jeunes filles de son âge
chanterpour et pour danser sous Varbre des
Fées. C'était un hêtre magnifique, où, pen-
dant toute la belle saison, les bergères al-
laient suspendre les chapeaux de fleurs et les
guirlandes qu'elles avaient tressées dans la prai-
rie; mais Jeanne d'Arc réservait les siennes
chapellepour la de Donremy, On dit aussi
qu'elle dansait peu, mais qu'elle chantait avec
un inexprimable,charme probablement des
h)mnes et des cantiques à la louange des saints,
de celui, par exemple, dont le village de Don-
qui, prési-remy porte le nom, et accoutumé à
der à l'onction sacrée de nos rois , implorait
peut-être pour elle la faveur d'y conduire bien-IV INTRODUCTION.
[ni Cliarlos Ml. Quand les habilanls de son
village furent interrogés quelques années après
sur ces différentes circonstances, ils afïîrmèrent
presque tous que, quand elle était bien petite
et (ju'elle gardait les l)rel)is, on avait vu sou-
vent les oiseaux des bois et des champs venir'
manger son pain dans son giron, comme s ils
fussent privés. Telle est la puissance que Dieu
suscite tout à coup pour lever le siège d'Or-
sacrer le roi dans une ville occu-léans, faire
pée par les Anglais, et réduire leurs armées,
si long-temps trionq)liantes, à abandonner la
Les rebuts réitérés qu'elle essuie d'a-France.
point son courage. Elle in-bord ne fatiguent
a\ec ardeur, parce qu'elle sait qu'elle asiste
pour accomplir ses desseins,peu de temps et
avoir le succès tout entierqu'elle ne doit pas
ses travaux et de ses promesses; mais ellede
révolte point contrôles refus, parce quene se
sont du nombre des difficultés qui luiles refus
Enfin, instances l'em-ont été annoncées. ses
sur les objections de l'incrédulité; elleportent
cette villageoise, transformée en guer-part, et
dès ses premiers pas dans cetterier, devient,
modèle du cheva-nouvelle carrière, le parfîiit
infatigable, sobre,lier chrétien : intrépide,
les cour-pieuse, modeste, habile à dompter
lasiers et versée dans toutes les parties de

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