Journal, tome huitième

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Huitième tome des Mémoires de la vie littéraire des illustres frère Goncourt : 1889- 1891

Publié le : mardi 1 janvier 1935
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EAN13 : 9782246793045
Nombre de pages : 243
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ŒUVRES DE E. ET J. DE GONCOURT
Tous les ouvrages contiennent une postface écrite par un Membre de l’Académie Goncourt.
Déjà parus dans la même édition :
EDMOND ET JULES DE GONCOURT
GERMINIE LACERTEUX, roman, post-face de Gustave Geffroy.
SOPHIE ARNOULD, d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits, postface d’Emile Bergerat.
SŒUR PHILOMÈNE, roman, postface de Lucien Descaves.
RENÉE MAUPERIN, roman, postface d’Henry Céard.
MADAME GERVAISAIS, roman, postface de Gustave Geffroy.
LA FEMME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de J.-H. Rosny jeune (2 vol.).
PORTRAITS INTIMES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Jean Ajalbert (2 vol.).
MANETTE SALOMON, roman, postface de Lucien Descaves.
GAVARNI. L’homme et l’œuvre, postface de Gustave Geffroy,
HISTOIRE DE MARI E-ANTOINETT E, postface de J.-H. Rosny aîné.
CHARLES DEMAILLY, roman, postface de J.-H. Rosny jeune.
PRÉFACES ET MANIFESTES LITTÉRAIRES, postface de Jean Ajalbert.
MADAME DE POMPADOUR, postface de J.-H. Rosny aîné.
QUELQUES CRÉATURES DE CE TEMPS, postface de J. -H. Rosny aîné.
L’ART DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Pol Neveux (3 vol.).
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION, postface de Lucien Descaves.
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE DIRECTOIRE, postface de Lucien Descaves.
EN 18.., postface de Gaston Chérau.
THÉATRE. Henriette Maréchal. — La Patrie en danger, postface de Jean Ajalbert.
LA DU BARRY, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny aîné.
LA DUCHESSE DE CHATEAUROUX ET SES SŒURS, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny aîné.
JOURNAL (MÉMOIRES DE LA VIE LITTÉRAIRE)
Tome I (1851-1861), postface de Lucien Descaves. — Tome II (1862-1865).
Tome III (1866-1870). — Tome IV (1870-1871), postface de Lucien Descaves.
Tome V (1872-1877). — Tome VI (1878-1884). — Tome VII (1885-1888).
Tome VIII (1889-1891). — Tome IX (1892-1895), postface de Lucien Descaves.
EDMOND DE GONCOURT
LA FILLE ÉLISA, roman, postface de Jean Ajalbert.
CHÉRIE, roman, postface de J.-H. Rosny aîné.
LA GUIMARD, d’après les registres des Menus-Plaisirs, de la Bibliothèque de l’Opéra, etc., postface de J.-H. Rosny jeune.
HOKOUSAÏ.
L’Art Japonais au XVIIIe siècle, postface de Léon Hennique.
LA FAUSTIN, roman, postface de Lucien Descaves.
LES FRÈRES ZEMGANNO, roman, postface de Léon Hennique.
OUTAMARO. Le peintre des maisons vertes. L’art japonais au XVIIIe siècle, postface de J.-H. Rosny jeune.
MADAME SAINT-HUBERTY, d’après sa correspondance et ses papiers de fa mille, post face d’Henry Céard.
MADEMOISELLE CLAIRON, d’après ses correspondances et les rapports de police du temps, postface de Lucien Descaves.
LA MAISON D’UN ARTISTE, postface de Pol Neveux (2 vol.).
JULES DE GONCOURT
LETTRES, introduction d’Henry Céard.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.
9782246793045 — 1re publication
ANNÉE 1889
Mardi 1er janvier. — Je voudrais encore livrer la bataille de la Patrie en danger, puis cela fait, ne plus rien faire, et avec l’argent de Germinie L
acerteux, paresser, lézarder, tout le restant de l’année à l’Exposition, en buvant les vins réputés les meilleurs, et en mangeant les cuisines les plus cosmopolites, les plus exotiques, les plus extravagantes.
Vendredi 4 janvier. — Il y a des lâchetés qui se produisent chez un homme, absolument par la détente du système nerveux. Cette préface, dans laquelle je voulais dire son fait à la critique, cette préface jetée sur le papier dans un premier moment de surexcitation, je ne la publierai pas, parce que je ne me sens plus capable de la parfaire, telle que je l’avais conçue dans la fièvre de l’ébauche, et je dirai même, que je ne me sens plus la vaillance d’en subir les conséquences.
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Mademoiselle *** avait commencé par me parler de la pièce, et m’avait dit qu’au moment, où Dumeny carotte à Réjane les quarante francs de la sage-femme , elle avait entendu derrière elle, une voix qui jetait à un voisin, injuriant la pièce et l’auteur : « Je vous défends d’insulter un homme de ce talent ! » et que s’étant retournée, elle avait aperçu un jeune homme d’une ressemblance parfaite avec moi, un de Goncourt de vingt-cinq ans. Je ne crois pas cependant avoir de petits Goncourt de par le monde.
Samedi 5 janvier. — A regarder l’eau-forte d’un crépuscule (Sunset in Tipperary) de Seymour Haden, cette eau-forte, où existe peut-être le plus beau noir velouté,
que depuis le commencement du monde, ait obtenu une pointe d’aqua-fortiste, à la regarder, dis-je, ce noir fait, au fond de moi, un bonheur intérieur, une petite ivresse, semblable à celle que ferait naître chez un mélomane, un morceau de piano d’un grand musicien, joué par le plus fort exécutant de la terre.
Lundi 7 janvier. — Ce soir, après un dîner, donné chez moi, au ménage Daudet, à Oscar Métenier et à Paul Alexis, Métenier nous lit la pièce, qu’il a tirée, en collaboration avec Alexis, des Frères Zemganno.
C’est chez les Daudet et chez moi, avec une grande émotion, un étonnement qu’ils aient pu tirer du livre, une chose scénique. Très bien machinée la pièce, et une œuvre toute délicate, toute artiste.
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