Journal, tome premier

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Premier tome d'un témoignage passionnant de deux personnages au cœur de la vie littéraire du XIXème siècle, regroupant observations politiques, propos entendus dans les diners mondains et les salons, récits des succès ou des échecs des prochains livres ou pièces de théâtre.

Publié le : mardi 1 janvier 1935
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EAN13 : 9782246793007
Nombre de pages : 375
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OEUVRES DE E. ET J. DE GONCOURT
Tous les ouvrages contiennent une postface écrite par un Membre de l’Académie Goncourt.
Déjà parus dans la même édition :
EDMOND ET JULES DE GONCOURT
GERMINIE LACERTEUX, roman, postface de Gustave Geffroy.
SOPHIE ARNOULD, d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits, postface d’Emile Bergerat.
SOEUR PHILOMÈNE, roman, postface de Lucien Descaves.
RENÉE MAUPERIN, roman, postface d’Henry Céard.
MADAME GERVAISAIS, roman, postface de Gustave Geffroy.
LA FEMME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de J.-H. Rosny jeune (2 vol.).
PORTRAITS INTIMES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Jean Ajalbert (2 vol.).
MANETTE SALOMON, roman, postface de Lucien Descaves.
GAVARNI. L’homme et l’œuvre, postface de Gustave Geffroy,
HISTOIRE DE MARIE-ANTOINETTE, postface de J.-H. Rosny aîné.
CHARLES DEMAILLY, roman, postface de J.-H. Rosny jeune.
PRÉFACES ET MANIFESTES LITTÉRAIRES, postface de Jean Ajalbert.
MADAME DE POMPADOUR, postface de J.-H. Rosny aîné.
QUELQUES CRÉATURES DE CE TEMPS, postface de J.-H. Rosny aîné.
L’ART DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Pol Neveux (3 vol.).
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION, postface de Lucien Descaves.
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE DIRECTOIRE, postface de Lucien Descaves.
EN 18... postface de Gaston Chérau.
THÉATRE. Henriette Maréchal. – La Patrie en danger, postface de Jean Ajalbert.
LA DU BARRY, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny ainé.
LA DUCHESSE DE CHATEAUROUX ET SES SŒURS, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny aîné.
JOURNAL, Tome I (1851-1861), postface de Lucien Descaves.
JOURNAL, Teme II (1862-1865).
JOURNAL, Tome III (1866-1870).
JOURNAL, Tome IV (1870-1871), postface de
EDMOND DE GONCOURT
LA FILLE ÉLISA, roman, postface de Jean Ajalbert.
CHÉRIE, roman, postface de J.-H. Rosny ainé.
LA GUIMARD, d’après les registres des Menus-Plaisirs, de la Bibliothèque de l’Opéra, etc., postface de J.-H. Rosny jeune.
HOKOUSAÏ. L’Art Japonais au XVIIIe siècle, postface de Léon Hennique.
LA FAUSTIN, roman, postface de Lucien Descaves.
LES FRÈRES ZEMGANNO, roman, postface de Léon Hennique.
OUTAMARO.
Le peintre des maisons vertes. L’art japonais au XVIIIe siècle, postface de J.-H. Rosny jeune.
MADAME SAINT-HUBERTY, d’après sa correspondance et ses papiers de famille, postface d’Henry Céard.
MADEMOISELLE CLAIRON, d’après ses correspondances et les rapports de police du temps, postface de Lucien Descaves.
LA MAISON D’UN ARTISTE, postface de Pol Neveux (2 vol.).
JULES DE GONCOURT
LETTRES, introduction d’Henry Céard.
ANNÉE 1851
2 décembre 1851. – Au jour du jugement dernier, quand les âmes seront amenées à la barre par de grands anges, qui, pendant les longs débats, dormiront, à l’instar des gendarmes, le menton sur leurs deux gants d’ordonnance, et quand Dieu le Père, en son auguste barbe blanche, ainsi que les membres de l’Institut le peignent dans les coupoles des églises, quand Dieu m’interrogera sur mes pensées, sur mes actes, sur les choses auxquelles j’ai prêté la complicité de mes yeux, ce jour-là : « Hélas ! Seigneur, répondrai-je, j’ai vu un coup d’État ! »
........................
Mais qu’est-ce qu’un coup d’État, qu’est-ce qu’un changement de gouvernement pour des gens qui, le même jour, doivent publier leur premier roman. Or, par une malechance ironique, c’était notre cas.
Le matin donc, lorsque, paresseusement encore, nous rêvions d’éditions, d’éditions à la Dumas père, claquant les portes, entrait bruyamment le cousin Blamont, un ci-devant garde du corps, devenu un conservateur
poivre et sel, asthmatique et rageur.
– Nom de Dieu, c’est fait ! soufflait-il.
– Quoi, c’est fait ?
– Eh bien, le coup d’État !
– Ah ! diable... et notre roman dont la mise en vente doit avoir lieu aujourd’hui !
– Votre roman... un roman... la France se fiche pas mal des romans aujourd’hui, mes gaillards ! – et par un geste qui lui était habituel, croisant sa redingote sur le ventre, comme on sangle un ceinturon, il prenait congé de nous, et allait porter la triomphante nouvelle du quartier Notre-Dame-de-Lorette au faubourg Saint-Germain, en tous les logis de sa connaissance encore mal éveillés.
Aussitôt à bas de nos lits, et bien vite, nous étions dans la rue, notre vieille rue Saint-Georges, où déjà le petit hôtel du journal le National était occupé par la troupe... Et dans la rue, de suite nos yeux aux affiches, car égoïstement nous l’avouons, – parmi tout ce papier fraîchement placardé, annonçant la nouvelle troupe, son répertoire, ses exercices, les chefs d’emploi, et la nouvelle adresse du directeur passé de l’Élysée aux Tuileries – nous cherchions la nôtre d’affiche, l’affiche qui devait annoncer à Paris la publication d’E
n 18.., et apprendre à la France et au monde les noms de deux hommes de lettres de plus : Edmond et Jules de Goncourt.
L’affiche manquait aux murs. Et la raison en était celle-ci : Gerdès, qui se trouvait à la fois – rapprochement singulier – l’imprimeur de la Revue des Deux Mondes et d’En 18.., Gerdès, hanté par l’idée qu’on pouvait interpréter un chapitre politique du livre comme une allusion à l’événement du jour, tout plein, au fond, de méfiance pour ce titre bizarre, incompréhensible, cabalistique, et qui lui semblait cacher un rappel dissimulé du 18 Brumaire, Gerdès, qui manquait d’héroïsme, avait, de son propre mouvement, jeté le paquet d’affiches au feu.
........................
Nous étions bien aussi un peu sortis, il faut l’avouer, pour savoir des nouvelles de notre oncle, le représentant. La vieille portière de la rue de Verneuil, une vieille larme de conserve dans son œil de chouette, nous disait : « Messieurs, je lui avais bien dit de ne pas y aller... mais il s’est entêté... on l’a arrêté à la mairie du X
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