Journal, tome quatrième

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Quatrième tome d'un témoignage passionnant de deux personnages au cœur de la vie littéraire du XIXème siècle, regroupant observations politiques, propos entendus dans les diners mondains et les salons, récits des succès ou des échecs des prochains livres ou pièces de théâtre.

Publié le : mardi 1 janvier 1935
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246792918
Nombre de pages : 303
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OEUVRES DE E. ET J. DE GONCOURT
Tous les ouvrages contiennent une postface écrite par un Membre de l’Académie Goncourt.
Déjà parus dans la même édition :
EDMOND ET JULES DE GONCOURT
GERMINIE LAGERTEUX, roman, postface de Gustave Geffroy.
SOPHIE ARNOULD, d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits, postface d’Emile Bergerat.
SŒUR PHILOMÈNE, roman, postface de Lucien Descaves.
RENÉE MAUPERIN, roman, postface d’Henry Céard.
MADAME GERVAISAIS, roman, postface de Gustave Geffroy.
LA FEMME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface deJ.-H. Rosny jeune (2 vol.).
PORTRAITS INTIMES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Jean Ajalbert (2 vol.).
MANETTE SALOMON, roman, postface de Lucien Descaves.
GAVARNI. L’homme et l’œuvre, postface de Gustave Geffroy,
HISTOIRE DE MARIE-ANTOINETTE, postface de J.-H. Rosny aîné.
CHARLES DEMAILLY, roman, postface de J.-H. Rosny jeune.
PRÉFACES ET MANIFESTES LITTÉRAIRES, postface de Jean Ajalbert.
MADAME DE POMPADOUR, postface de J.-H. Rosny aîné.
QUELQUES CRÉATURES DE CE TEMPS, postface de J.-H. Rosny aîné.
L’ART DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, postface de Pol Neveux (3 vol.).
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION, postface de Lucien Descaves.
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE DIRECTOIRE, postface de Lucien Descaves.
EN 18... postface de Gaston Chéran.
THÉATRE. Henriette Maréchal. — La Patrie en danger, postface de Jean Ajalbert.
LA DU BARRY, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny aîné.
LA DUCHESSE DE CHATEAUROUX ET SES SŒURS, augmentée de lettres et documents inédits, postface de J.-H. Rosny aîné.
JOURNAL, Tome I (1851-1861), postface de Lucien Descaves.
JOURNAL, Tome II (1862-1865).
JOURNAL, Tome III (1866-1870).
JOURNAL, Tome IV (1870-1871), postface de Lucien Descaves.
EDMOND DE GONCOURT
LA FILLE ELISA, roman, postface de Jean Ajalbert.
CHÉRIE, roman, postface de J.-H. Rosny ainé.
LA GUIMARD, d’après les registres des Menus-Plaisirs, de la Bibliothèque de l’Opéra, etc., postface de J.-H. Rosny jeune.
HOKOUSA. L’Art Japonais au XVIIIe siècle, postface de Léon Hennique.
LA FAUSTIN, roman, postface de Lucien Descaves.
LES FRÈRES ZEMGANNO, roman, postface de Léon Hennique.
OUTAMARO.
Le peintre des maisons vertes. L’art japonais au XVIIIe siècle, postface de J.-H. Rosny jeune.
MADAME SAINT-HUBERTY, d’après sa correspondance et ses papiers de famille, postface d’Henry Céard.
MADEMOISELLE CLAIRON, d’après ses correspondances et les rapports de police du temps, postface de Lucien Descaves.
LA MAISON D’UN ARTISTE, postface de Pol Neveux (2 vol.).
JULES DE GONCOURT
LETTRES, introduction d’Henry Céard
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset et Fasquelle 1935.
9782246792918 — 1re publication
ANNÉE 1870
Dimanche 26 juin1. — Bar-sur-Seine. Les endroits, où il y a de ma vie d’autrefois, ne me parlent plus, ne me disent plus rien de neuf aujourd’hui, — ils ne font que me faire ressouvenir.
Dans cette maison, où nous avons été toujours deux, par moments, je me surprends à penser à lui, ainsi que s’il était vivant, ou du moins j’oublie qu’il est mort ; et il y a certains coups de sonnette qui me remuent sur ma chaise, comme si la sonnette était agitée par les retours hâtés de Jules, jetant, dès la porte, à la domestique : « Où est Edmond ? »
Jeudi 30 juin.
— Je suis si malheureux, qu’il y a comme une émotion de la sensibilité de la femme autour de moi. L’aimable lettre que celle de Mme *** ... et l’ineffable tendresse qu’elle m’apporte à travers la personne de Jésus-Christ.
J’ai un souvenir que je ne peux chasser. J’avais un moment imaginé de le faire jouer au billard. Je voulais le distraire, et ne faisais que le supplicier. Un jour, où la souffrance sans doute l’empêchait de s’appliquer, et qu’il ne faisait que queuter, je lui donnai un petit coup de queue sur les doigts : « Comme tu es brutal avec moi ! » me dit-il. Oh ! la note à la fois douce et triste de ce reproche, je l’ai toujours dans l’oreille.
3 juillet. — Un récit de guerre. Le capitaine de vaisseau Bourbonne contait, hier, que dans une batterie de Sébastopol, un canon ayant une roue qui tournait mal, par suite du recul de la pièce à chaque tir, il avait commandé à un soldat de marine qui desservait la pièce de graisser la roue. Il n’y avait pas de graisse là, il fallait en aller chercher. Le soldat de marine, sans dire un mot, s’empara d’une hache, fendit le crâne d’un mort encore chaud, prit sa cervelle dans ses mains, et plaqua simplement la cervelle du mort sur le moyeu de la roue.
10 juillet. — Nous allons à Juilly pour une adjudication, et nous dînons chez le curé.
Un logis de curé joliment documentaire.
Une petite cour resserrée par un bûcher, aux bûches disparaissant sous les porte-bougies et les dais en feuilles de chêne artificielles, qui servent aux grandes cérémonies de l’église. Une salle à manger, où se voient la lithographie de l’Assomption de Murillo, des vases à fleurs, tout cassés, vieux rebuts de l’autel, une cafetière en plaqué, don des paroisssiens. Un cabinet de travail, entouré de planches peintes en noir, chargées de
gradus de collège, de livres de théologie poudreux, avec, sur une chaise, un tableau de mathématique, avec, au mur, une chronologie : une grande image, où du sein d’une femme sort un arbre, dont les rameaux portent, au milieu de guirlandes de lauriers, les médaillons des rois de France, — le tout encadré dans une bande d’étoffe à losanges rouges et blancs.
La chambre à coucher a des rideaux de cotonnade jaune, d’affreux rideaux œillet d’Inde. Il se trouve dans un coin un orgue mélodium ; une lithographie coloriée de la « Vierge à la chaise » remplace la glace ; sur une table est posée la calotte du curé, entre des petits morceaux de papier bleu, des étoiles d’argent, des paquets de ficelle rose, et sur la table de nuit, sont ouverts les Chants de Marie avec la musique de l’abbé Lambilotte.
Un pauvre logis qui sent la misère, la sainteté, l’humidité, la maladie, et dont toute la joie est le bondissement mêlé au jappement d’un chien, de la race des chiens de conducteur de diligence, baptisé
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