//img.uscri.be/pth/a272c2a853ee41bf9fb3612eed1db2afa6db8b46
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 11,25 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Khiam, prison de la honte

De
169 pages
En mai 2000, le Liban sud et donc la prison de Khiam, baptisée "prison de la honte" par Amnesty International, sont libérés de l'occupation israélienne. Quelque 3.000 hommes et femmes, des Libanais mais aussi des Palestiniens, des résistants actifs ou de simples habitants refusant de collaborer avec Israël, ont été enfermés et torturés, sans aucune forme de procès. Au-delà du récit, le témoignage de 12 d'entre eux permet de comprendre comment la conviction patriotique a été un instrument de survie et un lien identitaire.
Voir plus Voir moins

Khiam, prison de la honte

Récits d'une résistance à vingt-deux ans d'occupation israélienne du Liban sud

@L'Hannatlan,2003 ISBN: 2-7475-4271-8

Véronique Ruggirello

Khiam, prison de la honte

Récits d'une résistance à vingt-deux ans d'occupation israélienne du Liban sud

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

FRANCE

Collection Comprendre le Moyen-Orient dirigée par lean-Paul Chagnollaud
Dernières parutions Ephrem-Isa YOUSIF, L'épopée du Tigre et de l'Euphrate, 1999. Sabri CIGERLI, Les Kurdes et leur histoire, 1999. Jean-Jacques LUTHI, Regard sur l'Égypte au temps de Bonaparte, 1999. Fabiola AZAR, Construction identitaire et appartenance confessionnelle au Liban, 1999. Akbar MOLAJANI, Sociologie politique de la révolution iranienne de 1979, 1999. Hassane MAKHLOUF, Cannabis et pavot au Liban, 2000. David MENDELSON, Jérusalem, ombre et mirage, 2000. Elias ABOU-HAIDAR, Libéralisme et capitalisme d'État en Égypte, 2000. Gérald ARBOIT, Aux sources de la politique arabe de la France, 2000. Jean-PierreTOUZANNE,L'islamisme turc, 2001. Jamal AL-SHALABI, Mohamed Heikal entre le socialisme de Nasser et l'Yntifah de Sadate (1952-1981), 2001. Amir NIKPEY, Politique et religion en Iran contemporain, 2001. Claude BRZOZOWSKI, Du foyer national juif à l'État d'Israël, 2001. Annie CHABRY, Laurent CHABRY, Identités et stratégies politiques dans le monde arabo-musulman, 2001. Annabelle BOUTET, L'Egypte et le Nil, 2001. Khalid HAJJI, Lawrence d'Arabie, 2001. Georges CORM, La Méditerranée, espace de conflit, espace de rêve, 2001. Carole H. DAGHER, Le défi du Liban d'après-guerre, 2002. J.-M. LARÈS, T.E. Lawrence avant l'Arabie (1888-1914),2002. Bruno GUIGUE, Aux origines du conflit israélo-arabe, 2002. Mohamed Anouar MOGHIRA, L'isthme de Suez, 2002. Sepideh FARKHONDEH, Médias, pouvoir et société civile en Iran, 2002. M. KHOUBROUY-PAK, Une République éphémère au Kurdistan, 2002. Pascal QUERE, Les illusions perdues en Palestine, 2002. M.C LUTRAND et B. YAZDEKHASTI, Au-delà du voile, Femmes musulmanes en Iran, 2002. Elisabeth VAUTHIER, Le roman syrien de 1967 à nos jours, 2002. Bruno GUIGUE, Proche-Orient: la guerre des mots, 2003. Habib ISHOW, Structures sociales et politiques de l'Irak contemporain, 2003. Véronique RUGGIRELLO, Khiam, prison de la honte, 2003.
.

A ma famille déracinée, à qui je dois cette passionnante envie d'écouter des Histoires

REMERCIEMENTS Ce livre a représenté une année de recherche et d'écriture. Un travail qui n'aurait jamais pu être réalisé sans l'attention, la patience, l'aide et le soutien de nombreuses personnes. Mes premiers remerciements s'adressent aux ex-détenus, pour leur volonté de témoigner, à visage découvert, des moments les plus obscurs de leur existence. Ils vont aussi à Marwan el-Tibi et Sahar al-Atrache, qui ont traduit des heures durant (et parfois des nuits) sans jamais se plaindre. Leur intérêt pour ce projet a rendu ces témoignages plus passionnants encore. Je voudrais également remercier celles et ceux qui, par leur disponibilité, m'ont aidée dans la compréhension difficile du Liban: Elias et lbtissam Attalah avec leur amitié, Jacqueline Jraissaty (Agence France-Presse) avec sa mémoire, son perfectionnisme et son professionnalisme. Nos désaccords sur des points de l'histoire n'ont fait qu'enrichir cette recherche. Et aussi, Ahmad Beydoun, Mounzer Jaber, Timour Goksel et le docteur Elham el-Hajj, psychologue au centre médicosocial de Khiam et psychothérapeute attentive aux auteurs incertains! Je garde de cette expérience des moments d'amitié et des gestes de générosité. A ceux qui m'ont offert l'hospitalité, à Beyrouth d'abord, puis lors de mes innombrables séjours à Khiam : Souad Chouaf, Hélène et Ahmad Abou Abbas ainsi que Sophie Allary et Françoise Oppenot (Médecins du Monde) et le personnel du centre médico-social. Je voudrais aussi remercier le bureau de l'Agence FrancePresse à Beyrouth qui m'a ouvert ses archives, l'équipe de Graphicshop (Beyrouth), et Rami Yassine qui ont mis leur talent de graphistes à ma disposition.

A mes amis. En particulier à Alexandra Turcat, dont le soutien, la présence et l'écoute précieuse m'ont permis de ne jamais m'arrêter trop longtemps sur le chemin du doute. Que soient également remerciés, pour avoir servi de «premiers lecteurs », Isabelle Moullier, jeune maman et lectrice pertinente entre deux biberons, Jacqueline Jraissaty, Patrick Renauld et Alexandra. Aussi et surtout à François Zamparini qui a eu la tâche ingrate de traquer les étourderies de syntaxe et d'orthographe avec patience et rapidité.

8

SOMMAIRE

PREFACE
LE CHOIX DE KHIAM LES TERMES UTILISES

Il
12 15

INTRODUCTION CHAPITRE A L'EPREUVE I

19 31 NATIONAL 31
33 39 42 46

DU SENTIMENT

LE REVE D'UNE PALESTINE « JE VOULAIS ALLER EN PALESTINE» «ET LA PALESTINE, C'ETAIT QUOI AU JUSTE ?» Au NOM DES SIENS « CES BOMBARDEMENTS QUI NE S'ARRETAIENT JAMAIS» « .. .ELARGIR LA COLONISATION JUIVE... » CHRONIQUE D'UN MASSACRE ANNONCE UNE CERTAINE IDEE DE LA RESISTANCE L'ENGAGEMENT, UNE LOGIQUE INELUCTABLE QUAND L'OCCUPATION DEVIENT UN BOURBIER

.48
50

56
62
67

76

CHAPITRE II FACE A LA TORTURE
L'ENTREE EN ENFER
L' 0 D E UR DUS AC.

83 83
88 92 95

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90

LES CHIENS LIBANAIS LE PREMIER COUP

LA SOUILLURE LE RITUEL DE LA TORTURE LE PAS DU GARDIEN ENTENDRE LE SILENCE LA CONVICTION POUR NE JAMAIS DEFAILLIR

99 101 105 107

109

CHAPITRE III

113 DU TEMPS
114 116

LA PRISON OU L'INEXISTENCE 113
LA CELLULE: NOTRE NOUVELLE REALITE OUBLIER LE TEMPS UNE NOUVELLE, DES INFORMATIONS

122
125 127 132 137

CREER UN MORCEAU DE VIE DANS LE NEANT LES DESESPOIRS DU TEMPS LE CI CR : RECOMMENCER A VIVRE LES LETTRES DE AFIF CHAPITRE IV 143

... CELUI

QUI SORT VIENT DE NAITRE

143

QUITTER LES AUTRES

144
146 152 156 161 165

23 MAI2000 : LALIBERTE LES PREMIERSPASD'UN HOMMELIBRE QUELLELIBERTE? CONCLUSION QUELQUES REPERES

CHRONOLOGIQUES

10

PREFACE

Ce livre a commencé par le hasard. Celui d'une rencontre à la prison de Khiam en février 2001. Un ex-détenu racontait sa prison à des touristes libanais venus visiter le sud du pays pour la première fois depuis 1978. Ali, c'est son prénom, est aujourd'hui un des guides de la prison devenue un mémorial. C'est un emploi comme un autre. Ecouter cet homme évoquer à des touristes les tortures subies, avec une telle distance, dans un lieu que quiconque est en droit de fuir, aurait pu me sembler choquant ou s'apparenter à un voyeurisme malsain. L'expérience fut en fait troublante et déroutante. Troublante, parce qu'Ali voulait tout simplement parler, dépasser sa douleur en racontant celle des autres (faute de pouvoir la verbaliser, dans un environnement où les désarrois psychologiques sont encore tabous). Déroutante, parce que le fait d'imaginer une telle démarche face à des inconnus l'est, assurément. Donner, avec ce livre, la parole à ces anciens détenus leur a pennis de mettre des mots sur un passé douloureux, de donner un sens au choix d'une vie. Les faire témoigner a aussi aidé à comprendre comment leur conviction patriotique a été un ciment identitaire dans le chaos d'un pays en proie à un conflit civil. Cette croyance, grâce à laquelle ils ont survécu dans un lieu où régnait l'arbitraire, les aide, aujourd'hui encore, à vivre dans une société dont ils ont perdu les repères. Le choix des douze ex-détenus avec lesquels les entretiens ont été réalisés se veut représentatif de la résistance à l'occupation israélienne. Ils sont aussi bien des combattants actifs du Front de la résistance nationale libanaise (FRNL), du Hezbollah, du Fatah palestinien, que des adolescents, des

mères ou des sœurs emprisonnés et torturés pour faire parler un frère, un fils ou un père. Un autre but de ce travail est d'inscrire ces témoignages dans une société où les événements historiques se cultivent d'ordinaire en l'absence d'une mémoire écrite. Pour n'évoquer que l'histoire contemporaine, il suffit de considérer le cas des manuels scolaires. Avant la guerre civile (1975-1990) déjà, ces livres s'arrêtaient à l'année de l'indépendance du Liban, en 1943. Aujourd'hui encore,

douze ans après la fin du conflitl, les historiens en charge des
ouvrages scolaires ne sont pas parvenus à rédiger un manuel d'histoire unique retraçant la période qui s'étend du début de l'indépendance à la fin de la guerre. Les dates figurent bel et bien mais les faits qui y sont liés ne sont évoqués que succinctement. Récemment, la énième version d'un manuel a une nouvelle fois été retirée des écoles faute d'un consensus au sein des autorités. Aux générations aujourd'hui scolarisées, il manque exactement 60 ans d'histoire pour connaître leur Histoire. Le choix de Khiam Cette prison, un ancien fort de l'armée française devenu par la suite une caserne de l'armée libanaise, porte le nom du village de Khi am, situé à la frontière israélo-libanaise, au cœur de ce qui avait été nommé par Israël la zone de sécurité au Liban sud. Peu connue à l'étranger, Khiam avait été baptisée la prison de la honte par Amnesty international. Les anciens détenus, eux, lui avaient accolé une définition: « Celui qui entre est perdu, celui qui sort vient de naître. » Ce
Accords de Taëf de 1989, suivis de la mise en place d'un gouvernement unique en novembre de la même année et du désarmement des milices en 1991.
1

12

centre d'interrogatoire et de détention est l'emblème de 15 ans de résistance à l'occupation israélienne et à la collaboration. Ouvert en 1985, il a fermé ses portes le 24 mai 2000, lorsque, à l'aube, l'armée israélienne acheva son retrait du Liban sud, mettant ainsi en application la résolution 425 du Conseil de sécurité de l'ONU, avec 22 ans de retard... Quelque 3 000 personnes, dont 400 femmes, ont été torturées et enfermées de manière arbitraire dans ce centre qui n'avait aucune existence juridique. Au moins 19 d'entre elles sont décédées en détention. Il s'agissait de Libanais pour la plupart, mais également de Palestiniens. L'unique motif d'incarcération était le soupçon d'appartenance à un réseau de résistance ou le refus de collaborer. La prison était aux mains de l'Armée du Liban sud (ALS), une milice auxiliaire libanaise, financée, équipée, entraînée et encadrée par l'armée israélienne. Choisir Khi am, c'est choisir d'évoquer la résistance antiisraélienne. En quoi cette résistance était-elle plus héroïque et plus honorable que la résistance anti-syrienne ou antipalestinienne? Les Libanais ayant combattu contre la présence palestinienne ou syrienne n'étaient-ils pas convaincus d'être eux-mêmes des résistants? Nombreux ont été ceux qui m'ont offert un sourire chaleureux, mais empreint d'un mépris sans équivoque. « Ah oui, encore ceuxlà », laissait-on échapper parfois. Pour les uns, restés sur le sol libanais dans les pires moments de la guerre, parler des seuls prisonniers de Khiam, c'était nier leur souffrance propre. Pour d'autres, évoquer ce sujet était au contraire facile et sans obstacle. Les motivations de ce choix de Khiam relèvent d'un parti pris social et politique. La résistance à l'occupation israélienne prête peu à controverse, l'Etat hébreu demeurant dans la région l'unique

13

ennemi officiel. Mais, qu'il s'agisse de Khiam ou d'autres geôles, un point commun m'a intéressée qui, par delà les différences, réunit ces existences: la capacité de survie. Khiam a représenté un lieu de non droit. Pire ou un peu mieux qu'ailleurs, la question ne m'a pas semblée essentielle parce que les conséquences physiques et psychologiques de la torture sont universelles. Etre détenu dans un centre sans existence légale, sans aucune règle et sans échéance est suffisant pour briser, voire anéantir une vie entière. Politiquement, cette recherche relève d'un choix personnel et ne peut faire l'économie d'une explication vis-à-vis d'Israël. Pays démocratique, fondé sur le respect des droits de l'Homme, Israël est un Etat de droit et il est, à ce titre, présenté comme exemplaire pour la région du Moyen-Orient. Dans les faits, cette exemplarité est cependant sujette à caution. La démocratie réside, certes, dans la force de la population civile israélienne à contester des choix étatiques et à influencer le gouvernement, comme l'ont fait les mères de soldats, à l'origine de l'adoption du plan Barak2 pour le retrait du Liban sud et comme le font aujourd'hui les mouvements de paix contre l'occupation des Territoires palestiniens. Pour les gouvernements israéliens successifs en revanche, l'Etat de droit, la démocratie et les droits de l'Homme s'ajustent aux situations et n'excluent pas la torture et l'occupation. Les résolutions de l'ONU sont autant bafouées par Israël que par les pays arabes voisins, les uns comme les autres pratiquent une politique du fait accompli et entretiennent, au sein de leur société, le même sentiment de menace que représente le voisin; au complot israéloaméricain nourri par les régimes arabes s'oppose la menace arabe brandie par les dirigeants israéliens, notamment ceux
2 Du nom du Premier ministre travailliste de l'époque Ehud Barak.

14

des mouvements extrémistes. Cette attitude permet de justifier les pires comportements. Pointer d'un doigt accusateur les régimes arabes présentés comme antidémocratiques tout en utilisant des méthodes relevant du même autoritarisme est une dialectique à laquelle il est difficile de souscrire. S'abriter derrière des impératifs de sécurité pour justifier cette incohérence n'est pas plus légitime. Quel Etat peut se targuer d'être inattaquable? Les termes utilisés Le choix des termes utilisés dans cet ouvrage tient également compte d'un parti pris: fallait-il parler de martyrs ou de victimes? De prisonniers ou d'otages? De zone de sécurité ou de territoires occupés? Le terme de martyr, pour un occidental, est souvent associé à l'islam et lié à l'image des kamikazes ou des preneurs d'otages. Or, martyr n'est pas un terme islamique mais arabe et, à ce titre, il est utilisé aussi bien par les chrétiens que par les musulmans. Ahyaf Sinno, vice-recteur aux études arabes et islamiques de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, propose une définition en s'appuyant sur l'étymologie du mot martyr qui a pour racine le mot témoin. « En terme religieux, dit-il, il devient le témoin de la foi et, par extension, mourir pour la foi. En terme laïque, il devient témoin pour la patrie et donc mourir pour la patrie. Aux martyrs arabes correspondent les morts pour la patrie occidentaux. Le martyr peut être actif par une action (mort au combat) ou passif s'il est victime, tué pendant la guerre, sous une occupation3 ». La difficulté est de différencier le combattant actif tué en opération d'une victime, le terme étant identique
3 Entretien avec l'universitaire.

15

pour les deux catégories. Pour plus de facilité, j'ai décidé de conserver une terminologie occidentale, en parlant de victimes, sauf lorsqu'il s'agit, bien entendu, d'un emploi fait par un ex-détenu. Fallait-il les qualifier de prisonnier, d'otage ou de détenu? Prisonnier est un statut juridique. On est prisonnier lorsqu'on est reconnu coupable d'un crime ou d'un délit, jugé et condamné. On est prisonnier de guerre lorsqu'une guerre est reconnue comme telle. Dans le cas de figure qui nous intéresse, rien ne peut être associé stricto sensu au terme de prisonnier. Le centre de Khiam était illégal et aucune des personnes qui y étaient enfermées ne faisait l'objet d'un quelconque procès. Plus choquant encore, la torture y était pratiquée. Otage serait une définition convenable, d'autant que les deux camps procédaient à des échanges: les dépouilles de soldats israéliens contre la libération d'hommes ou de femmes de Khiam. Des échanges en bonne et due forme, officiels et opérés à travers le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Détenu, en définitive, m'a semblé être le terme le plus approprié. Zone de sécurité ou territoire occupé? Zone de sécurité a été employé 22 ans durant dans la presse et dans les discours officiels, un emploi sans fondement légal. Si l'on veut rester dans un cadre strictement officiel, la résolution 425 enjoignant Israël «de cesser immédiatement son action militaire contre l'intégrité territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire libanais» signifie qu'aucune sorte de zone, de sécurité ou non, ne pouvait légitimement exister. L'emploi du vocable zone de sécurité, s'il procède d'un souci diplomatique à l'égard d'Israël, est donc juridiquement infondé ; il a qualifié une occupation tout aussi dénuée de légitimité. Je ne pouvais pas, à cet égard, en faire usage.

16