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L'abbé Augustin Diamacoune Senghor

De
218 pages
Cet ouvrage est le premier à être consacré à celui qui a incarné la rébellion indépendantiste casamançaise, de 1982 jusqu'à sa disparition en 2007. Les propos de l'abbé Diamacoune Senghor soulignent les deux engagements contradictoires, mais à ses yeux indissociables : l'engagement religieux, comme prêtre catholique, qui le portait vers la paix, mais aussi la justice ici-bas et l'engagement politique, qui l'avait amené à se retrouver porte-parole d'une rébellion armée.
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La rébellion indépendantiste casamançaise est l’une des plus René Capain BASSENE
anciennes du continent africain.
Cet ouvrage est le premier à être consacré à celui qui l’a incarnée,
de 1982 jusqu’à sa disparition en 2007. Il est l’œuvre d’un jeune
journaliste natif de la région et témoin de cette rébellion, qui avait
su gagner la confi ance de l’abbé Diamacoune Senghor au fi l de
ses entretiens. Conscient qu’il lui reste peu de temps à vivre,
ce dernier s’y livre comme sans doute il ne l’avait jamais fait
auparavant. Les témoignages de quelques-uns de ceux qui l’ont
connu complètent le portrait, dévoilant des facettes peu connues
du personnage.
Même s’ils doivent être lus avec le recul nécessaire, parce
qu’ayant pour enjeu une image à léguer à la postérité, ces propos
soulignent les deux engagements contradictoires, mais à ses yeux
indissociables, d’Augustin Diamacoune : l’engagement religieux,
comme prêtre catholique, qui le portait vers la paix, mais aussi
la justice ici-bas, et l’engagement politique, comme producteur
d’un discours nationaliste, qui l’avait amené à se retrouver
porte-parole d’une rébellion armée. Loin de l’image caricaturale
véhiculée par les médias sénégalais, qui n’en ont souvent
retenu que les outrances, l’ouvrage révèle ainsi la complexité et
les déchirements du personnage, et aide à mieux comprendre
certaines incohérences de son parcours. Tout en apportant des
éclairages inédits sur quelques épisodes importants du confl it
casamançais, dont le fameux « accord de paix », imposé à l’Abbé
en 2004.

L’auteur, René Capain Bassène, est né
le 4 décembre 1979 à Bourofaye diola, un
petit village du département de Ziguinchor, L’ abbé
à quelques kilomètres de la frontière avec la
Guinée Bissau. Après des études d’Histoire, Augustin Diamacoune Senghor
il s’oriente vers le journalisme, obtenant un
diplôme d’études supérieures en Journalisme (DESJ), option
par lui-même et par ceux qui l’ont connuradio, et un diplôme d’études supérieures en Communication
(DESC), option communication pour le développement, de
l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et de la
Communication (ISSIC) de Dakar. À Ziguinchor, il devient chargé
de communication de l’Agence Nationale pour la Relance des
Activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC).
ISBN : 978-2-336-29164-2
21,50 euros
L’abbé Augustin Diamacoune Senghor
René Capain BASSENE
par lui-même et par ceux qui l’ont connu





L’ABBE AUGUSTIN DIAMACOUNE SENGHOR

par lui-même
et par ceux qui l’ont connu
René Capain BASSENE




L’ABBE AUGUSTIN
DIAMACOUNE SENGHOR

par lui-même
et par ceux qui l’ont connu

















L’HARMATTAN






























© L'HARMATTAN, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-29164-2
EAN : 9782336291642
Sommaire
Préface ......................................................................... 9
Remerciements ................................................................. 15
Avant-propos .................................................................... 17
Introduction ...................................................................... 21
Première partie Diamacoune par lui-même ..................... 29
Entretien du 13 mai 2005 ............................................. 31
Entretien du 14 juillet 2006 .......................................... 85
Deuxième partie Diamacoune par ceux qui l’ont connu .. 89
Témoignages de membres du MFDC ........................... 93
Témoignages extérieurs au MFDC ............................ 113
Annexes : documents ..................................................... 125
Conférence de l’abbé Diamacoune à la Chambre de
Commerce de Dakar (23 août 1980) .................... 127
Texte de l’abbé Diamacoune daté du 8 mai 1998 ...... 145
Les dessous de l’accord de paix du 30 décembre 2004172
Epilogue. Chose promise, chose due... .......................... 193
Annexe. Repères biographiques : l’Abbé Diamacoune et
le conflit casamançais ........................................... 202
Table des matières .......................................................... 209

7
Préface
Cet ouvrage est le premier à être consacré au chef spirituel
de la rébellion indépendantiste casamançaise, l’abbé Augustin
Diamacoune Senghor, mort en 2007. Connu du grand public par
des déclarations parfois fracassantes, mais aussi par des
revirements inexpliqués, qui en ont fait un personnage très
controversé, celui que tout le monde en Casamance appelait
« l’Abbé » ne se laisse pas facilement saisir.


Je l’avais moi-même rencontré à de nombreuses reprises,
depuis 1992, dans le cadre de mes propres recherches. Comme
beaucoup, je crois, j’avais été sensible à la grande courtoisie
avec laquelle il accueillait ses visiteurs. Mais aussi, comme
beaucoup, j’avais souvent été frustré de ne pouvoir obtenir de
lui de véritables réponses aux questions posées, que ce soit sur
les problèmes internes du mouvement indépendantiste, le
Mouvement des forces Démocratiques de la Casamance, ou a
fortiori sur le conflit. La plupart du temps, en guise de réponse,
il déroulait imperturbablement la même chronologie
minutieuse, qui, à ses yeux, tenait lieu d’argumentaire
indépendantiste, et dont on retrouvera ici la trame, en annexe.
Pour peu qu’on insiste, il se déclarait incompétent et renvoyait
en touche : « Demandez aux autres ! ». Les « autres », c’était
ses « lieutenants », les représentants du maquis, lorsqu’ils
étaient encore à ses côtés : l’Abbé ne voulait surtout pas
apparaître comme le chef d’une rébellion à laquelle ses écrits
donnaient corps, et dont il était devenu le Secrétaire général. À
bien des égards, Diamacoune était une énigme.


C’est pourquoi, lorsque René Capain Bassène a sollicité
mon aide pour l’aider à publier un ouvrage dont une interview
de Diamacoune réalisée en 2005 devait constituer la pièce
9
maîtresse, j’ai accepté sans hésiter, bien que ne le connaissant
pas. Je l’ai convaincu sans mal de surseoir à son projet d’écrire
sur le conflit, pour recentrer son travail sur le prélat rebelle. Ce
qu’il a fait de belle manière, honorant ainsi largement sa
promesse faite à l’Abbé. Affichant sa sympathie sans pour
autant renoncer aux exigences de son métier de journaliste,
l’auteur a en effet réussi à créer une relation de confiance entre
lui et son interlocuteur, qui a permis à ce dernier de se livrer
comme sans doute il ne l’avait jamais fait. Ses propos ont été
complétés par les témoignages recueillis en 2011 et 2012 auprès
de quelques-uns de ceux qui l’ont connu, parfois de près :
ecclésiastiques, membres du MFDC ou acteurs de la société
civile, qu’ils aient exercé des responsabilités ou qu’ils soient
des gens ordinaires... Les uns et les autres nous rappellent le
double engagement de Diamacoune, à ses yeux indissociable :
l’engagement religieux (il était prêtre) et l’engagement
politique (il était à la fois producteur d’un discours nationaliste
et porte-parole d’une rébellion armée).


Bien que n’étant pas œuvre d’historien, l’ouvrage apporte
ainsi des éclairages souvent inédits sur des épisodes importants
du conflit casamançais, comme la première rencontre de l’Abbé
avec Mamadou Sané, ou son départ dans le maquis, ou encore
les dessous de l’accord de paix de 2004. Et, bien que n’étant
nullement une biographie (celle-ci reste à faire), on y découvre
des aspects plus personnels, qui éclairent la personnalité de
l’Abbé : derrière le provocateur, l’homme y apparaît sous un
autre jour. Non seulement dans sa vie privée, mais aussi dans
son engagement politique. D’abord à titre personnel, au nom de
sa foi, pour dénoncer, mais aussi pour mettre en garde les
autorités. Ou plus tard, toujours au nom de sa foi, pour tenter de
réfréner la violence, dans une aventure rebelle dans laquelle il
s’est retrouvé embarqué et qui manifestement le dépasse : on
mesure ainsi ce que la relative modération du conflit
casamançais devrait à l’influence de l’Abbé sur les maquisards.


10
Je dis bien « devrait », utilisant à dessein le conditionnel, car
il va de soi que les différents témoignages doivent être lus avec
un regard critique. À commencer par celui de l’Abbé, qui, outre
sa propension à reconstruire le passé, est à replacer dans son
contexte : le Diamacoune qui parle en 2005 et 2006, vieilli,
fatigué, et soucieux de laisser une image apaisée à la postérité,
n’est plus le Diamacoune exalté du début des années 1990. De
même, certains témoignages de ses proches, plus ou moins
stéréotypés, sont-ils à prendre avec du recul en raison de leur
tendance hagiographique. Mais de multiples détails et anecdotes
n’en dressent pas moins de l’homme un portrait inédit, et
manifestement authentique, loin de l’image caricaturale parfois
véhiculée par les médias, et qui éclaire son cheminement et ses
contradictions. D’où il ressort que l’Abbé a à la fois assumé une
lutte armée qu’il ne voulait pas, mais à laquelle ses propos
donnaient une légitimité, et désespérément cherché à y mettre
fin. Et que c’est sans doute faute d’y être parvenu, et conscient
des conséquences douloureuses pour la population, qu’il a
rejeté cette lutte armée, au point de signer des accords, qui lui
ont parfois été imposés, d’où l’objectif indépendantiste, auquel
il n’avait pas renoncé, n’apparaissait pas. Au risque de se
couper des combattants : où l’on retrouve la difficulté
récurrente de la rébellion à envisager l’objectif indépendantiste
autrement que par la lutte armée, difficulté confortée par le déni
que lui a, jusqu’à ce jour, opposé l’Etat. L’énigme Diamacoune
serait alors à chercher dans cette contradiction, dramatique pour
lui, qu’il a exprimée à l’auteur et qu’il m’a encore exprimée à
Paris peu avant sa mort : celle d’un homme souhaitant être
enterré « dans les plis du drapeau casamançais », mais ne
voulant pas pour autant que les Casamançais aient à pleurer à
cause de lui, en raison du conflit armé. Un conflit qu’une autre
attitude de l’Etat sénégalais aurait sans aucun doute permis
d’éviter, mais que son propre discours avait incontestablement
alimenté. Au point qu’on peut se demander dans quelle mesure,
en l’assumant, l’Abbé n’avait pas accepté de porter sa croix…

Cet ouvrage consacré à celui qui a incarné pendant près de
25 ans la rébellion casamançaise n’est que la première partie du
projet de l’auteur. On ne peut que formuler l’espoir que se
11
réalise la deuxième partie, avec un ouvrage consacré cette fois à
la rébellion elle-même. La connaissance que René Capain
Bassène a du problème et des acteurs, et son aptitude à
recueillir les témoignages, ne peuvent manquer d’y apporter des
éclairages inédits.


Jean-Claude MARUT
Corrèze, août 2012












Cet ouvrage est dédié à la mémoire de l’abbé Augustin
Diamacoune Senghor (1928 - 2007), prêtre catholique du
diocèse de Ziguinchor (sud du Sénégal).
Remerciements
Qu’il me soit permis ici d’exprimer ma profonde
reconnaissance à feu l’abbé Augustin Diamacoune Senghor et à
tous ceux qui, comme lui, m’ont consacré une partie de leur
temps pour les interviews, ainsi qu’à tous ceux qui m’ont aidé
et soutenu dans les différentes étapes ayant abouti à la
publication de ce livre : en particulier Jean-Marie Tendeng,
l’abbé Boniface Badiate, Eliasse Diédhiou, Bertrand
Diamacoune, Apolline Françoise Bassène, Jean-Claude Marut,
Mamadou Nkrumah Sané et Christian Roche.

Et mes remerciements à mon épouse, Odette Victorine Coly
Bassène, pour son esprit de compréhension et ses
encouragements.

15
Avant-propos
Lorsque j’ai décidé d’écrire ce livre, j’avais deux objectifs
majeurs dans ma tête : faire découvrir à l’opinion qui était
l’abbé Diamacoune et quel était son combat ; apporter quelques
informations relatives à l’évolution du conflit casamançais,
permettant de mieux le comprendre et de faciliter la recherche
de solutions d’une paix durable. J’ai abandonné ce deuxième
objectif pour me recentrer sur le premier, en cherchant, à partir
de mes entretiens avec l’Abbé, à recueillir des témoignages
susceptibles de compléter son portrait, d’en éclairer certaines
facettes. En ma qualité de journaliste, et dans le souci de
produire un document crédible, j’ai donc décidé de confronter
ces témoignages avec certaines des affirmations de
Diamacoune. Ce travail périlleux et parfois très risqué de
voyages, d’enquêtes et de documentation m’a permis de rédiger
la deuxième partie de ce livre.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment de la mission accomplie.
Soulagé et honoré d’avoir tenu parole, puisque ce livre, je
l’avais promis à l’Abbé. Mais aussi d’avoir participé à révéler à
l’opinion sa philosophie et son combat en rapport avec sa
Casamance chérie. Cet ouvrage n’est pas mien : il est celui de
tous ceux qui s’intéressent à la crise casamançaise. En même
temps, il se veut une sorte de canevas pour ceux qui désireront
un jour travailler sur la biographie de l’abbé Augustin
Diamacoune Senghor.
17











« Un jour viendra où, comme ses palmiers, la Casamance
fleurira »

Augustin Diamacoune Senghor
(30 décembre 2004)