L'homme que vous aimez haïr

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" Pendant longtemps j'ai cru que les imbéciles et les salauds avaient élu domicile à droite. C'était confortable. Je sais maintenant qu'ils sont nombreux dans mon propre camp. C'est insupportable. "

Ce livre n'est pas un livre sur Sarkozy. Il n'est pas non plus un livre sur ceux qui le critiquent et le combattent. Ce livre est un livre sur ceux qui le haïssent et qui, pour le dire, ont la bave aux lèvres.

 

Publié le : mercredi 3 novembre 2010
Lecture(s) : 45
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246779995
Nombre de pages : 140
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Chapitre Premier
Où l’on découvrira de quoi Nicolas Sarkozy est révélateur
Nicolas Sarkozy, autant le dire d’emblée, n’est pas une victime et encore moins un martyr. Il n’a guère de ressemblance avec la pathétique figure de saint Sébastien percé de flèches. Et il n’est même pas le Petit Chose de Daudet, houspillé sans relâche par ses camarades de classe, puis pion martyrisé par ses élèves. Il n’est donc pas question de le plaindre, vu qu’il n’est pas à plaindre. Non, ce que nous voulons montrer ici, c’est l’évidente utilité de ce président de la République que le suffrage universel nous a donné.
Nicolas Sarkozy est un révélateur. De la même espèce qu’un révélateur en matière photographique : un produit qui permet au cliché de devenir image, à la nuit de se transformer en jour. Un fixateur aussi. Comme le rocher du bord de mer fixe les moules. Comme le cheval porte dans sa chair les parasites. Comme le papier collant attache les mouches. Et de cela il convient de lui être reconnaissant. A cause de Sarkozy (je ne dis pas grâce à lui), les eaux les plus fétides de la liberté populacière sont sorties des égouts, révélant les bassesses cachées et les vulgarités enfouies. Il fixe la haine et celle-ci peut enfin s’épanouir au lieu de demeurer dans l’enfer des interdits moraux. Ainsi, loin des clichés, l’image apparaît, parée de tous les attributs de la vérité nue, celle qui, dépouillée de tous ses oripeaux, ne peut mentir. C’est pourquoi, vous, vous tous qui vous pressez, nombreux, devant les studios où se tourne
L’Homme que vous aimez haïr, vous tous qui espérez qui un petit rôle, qui une place de figurant, vous pouvez enfin vous voir et être à même de juger si vous correspondez aux critères requis pour être acceptés. En voici l’inventaire.
Vous détestez les Américains (à l’exception de Michael Moore, ce David qui a piétiné le Goliath George Bush, et du procureur de Los Angeles, Steve Cooley, ce justicier solitaire acharné à châtier Polanski). Et vous n’aimez pas Nicolas Sarkozy.
Vous détestez les Israéliens (sauf Shlomo Sand, intrépide ethnologue qui a découvert que le peuple juif était une invention pure et simple, trouvaille hélas trop tardive pour éviter au chancelier Adolf Hitler une regrettable erreur de casting dont ont été victimes 6 millions de gens qui n’existaient pas). Et vous détestez Nicolas Sarkozy.
Vous haïssez les riches, les ploutocrates, les colonisateurs (colonisateur un jour, colonisateur toujours…), les esclavagistes (forcément blancs), les banquiers, les traders et l’Occident (nécessairement arrogant et dominateur). Et vous haïssez Nicolas Sarkozy.
Vous n’aimez pas les marchés, la conférence de Davos, le G8 et les maîtres cachés du monde (vous savez qui c’est, mais on vous interdit de le dire). Et vous en avez après Nicolas Sarkozy.
Vous rejetez toutes les religions. Oui, toutes les religions ! Ce qui vous permet de ne pas nommer la seule d’entre elles au nom de laquelle on tue, on torture et on lapide aujourd’hui. Et, bien sûr, vous rejetez Nicolas Sarkozy.
Vous maudissez les infirmières. Non, non, pas les nôtres, courageuses, méritantes et exploitées. Les infirmières bulgares, des femmes sans scrupules et sans aucun fair-play qui, une fois libérées (grâce à Sarkozy et à sa Cécilia, preuve irréfutable de leur culpabilité) par Kadhafi, n’ont rien trouvé de mieux que de se répandre en calomnies sur les viols et les tortures qu’elles auraient subis dans les prisons libyennes. Et vous maudissez Nicolas Sarkozy.
Vous n’avez que dégoût pour le pétrole qui pollue, qui pue et qui enrichit les compagnies multinationales. Il est vrai cependant que vous faites un tri sélectif et écologique concernant l’or noir : vous considérez que celui qui coule à flots en Iran et au Venezuela est exempt de tout péché originel, car sa nature profonde est pure, révolutionnaire et anti-impérialiste. Et vous n’avez que dégoût pour Nicolas Sarkozy.
Vous méprisez les potentats africains manipulés par l’Occident, Total, Bouygues et Bolloré, les présidents corrompus de la Françafrique, à la solde des intérêts du capitalisme hexagonal. Mais ça ne vaut pas pour Mugabe, dictateur parmi tant d’autres : il a eu l’intelligence de se mettre à la solde d’Ahmadinejad. Et vous méprisez Nicolas Sarkozy.
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