L'Innocence de la cruauté

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« Du premier tiers du XXe siècle jusqu'à nos jours, ce récit suit le déroulement de ma vie. J'ai cherché à faire sentir le changement, la mobilité et la rapidité de cette mobilité, qui s'instauraient dans tous les domaines : matériel, social, religieux, politique, moral. Avec les transpositions romanesques nécessaires, j'ai reconstruit mon parcours et essayé d'explorer l'âme humaine. Les changements de mon héroïne sont parallèles à ceux des temps. »

Publié le : lundi 2 mai 2016
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EAN13 : 9782140008726
Nombre de pages : 178
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Renée Guillaume
L’Innocence de la cruauté
L’Innocence de la cruauté
Collection « Vivre et l’écrire » fondée par Pierre de Givenchy Voir en fin d’ouvrage la liste des titres de la collection
Renée Guillaume
L’Innocence de la cruauté
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09133-4 EAN : 9782343091334
8Q FpOqEUH WKpRORJLHQ GH OD SXULWDLQH $QJOHWHUUH DX e XVII VLqFOH SURFODPDLW  © /¶LJQRUDQFH HVW OH SUHPLHU GHV péchés. » Étonnant statut conféré à ce péché intellectuel, TXL PHWWDLW HQ FDXVH OD SODFH UHFRQQXH SDU OD UHOLJLRQ GH VWUDWpJLH PRUDOH pPRWLRQQHOOH VRFLDOH ,O PH IDOOXW XQH YLQJWDLQH G¶DQQpHV SRXU VDLVLU OD SODFH FRQIpUpH j O¶LJQRUDQFH OH ¿O TXL O¶XQLVVDLW DX[ DXWUHV SpFKpV au cours de mes rencontres avec les hommes. Car il est vrai, LQGXELWDEOHPHQW TXH O¶LJQRUDQFH HQJHQGUH O¶LQFRPSUpKHQ-sion, ou la bêtise, si vous préférez, et que de la bêtise éclot la méchanceté. Je n’admets pas tout à fait « bête et méchant », plutôt « bête, puis méchant ». 8Q H[HPSOH VXI¿UD j LQFDUQHU OD SULPDXWp GX SpFKp G¶LJQRUDQFH Les bonnes âmes qui foisonnent autour et alentour des KDQGLFDSpV PHQWDX[ HQIDQWV RX DGXOWHV QH SHXYHQW UpVLVWHU à la tentation de les considérer comme des êtres inférieurs, arriérés, débiles, car dans la majorité des cas, ils ne peuvent DGpTXDWHPHQW H[SULPHU OHV pFODWV GH OHXU YLH LQWpULHXUH WHO un miroir brisé. 0DLV FHV ERQQHV kPHV LJQRUHQW OH IRVVp VRXYHQW LQIUDQ-FKLVVDEOH TXL VpSDUH OD FRPSUpKHQVLRQ GH O¶H[SUHVVLRQ /D SUpVHQFH GH FH IRVVp QH OHV HIÀHXUH PrPH SDV /HXU LJQR-UDQFH VH PXH HQ ErWLVH 'H Oj QDLVVHQW OHV SURSRV LQJpQX-ment méchants, méprisants, l’innocence de la cruauté. Le WKpRORJLHQ D ERXFOp VD ERXFOH
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LADETTE
8Q VLOHQFLHX[ VRLU G¶DXWRPQH QRLU HW SOXYLHX[ R OH 'LDEOH V¶pWDLW FRXFKp PDXJUpHX[ HOOH pWDLW QpH 0DO 7UqV PDO $YHF OD JURVVLqUH PDODGUHVVH G¶XQ I°WXV LQGpVLUp VRQ SLHG DYDLW WURXp OD SRFKH GHV HDX[ UHQGDQW O¶DFFRXFKHPHQW GLI¿FLOH ,O IDOOXW TXpULU OH PpGHFLQ GH OD SHWLWH YLOOH YRL-VLQH /H VLqFOH DYDLW GpSDVVp VD PRLWLp GDQV FH WpQpEUHX[ YLOODJH GH FDPSDJQH HW OH WpOpSKRQH QH V¶XWLOLVDLW TX¶DYHF parcimonie. Le médecin arriva à temps pour recueillir la nouvelle-QpH ,JQRUDQW GHV WHFKQLTXHV PRGHUQHV DXVVL PDOKDELOH TXH OH EpEp LO GpFKLUD OD PqUH DX SDVVDJH HW OD FKDPEUH VH PLW à hurler. /D JUDQGPqUH PDWHUQHOOH SUpVHQWH GHSXLV TXHOTXHV jours, tentait d’ordonner le bruit, d’apaiser, de consoler. Elle n’était pas aimée dans la famille, ayant dû, quelques années auparavant, être internée en hôpital psychiatrique pour des raisons aussi ténébreuses que la nuit d’automne. Comme chacun savait, ou croyait savoir, la folie se trans-met comme la varicelle ou la tuberculose. C’est pourquoi OD QRXYHOOHQpH DYDLW pWp LQGpVLUpH DX SRLQW G¶HQ ¿QLU DYHF la vie avant de la commencer, par les soins d’une sorcière nichée derrière une haie. Facile de comprendre qu’une folle suffît dans la famille. Pour l’heure l’indésirée perçait la FKDPEUH GH SHWLWV FULV SODLQWLIV WDQGLV TXH OD PqUH JHLJQDLW GH WRXWHV VHV IRUFHV TXH OD JUDQGPqUH V¶DJLWDLW HQWUH OH berceauetlelit,etquetintaient,bousculés,lesinstrumentsde l’accoucheur.
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