L’interminable fuite

De
Publié par

Hommage à mère biologique et à mes grands-parents maternels. L’interminable fuite doit autant à mon imagination qu’à l’histoire. De nombreux événements relatés dans ce roman se sont réellement produits et une partie est connue. Il est possible que certaines personnes qui ont joué un rôle dans l’histoire tourmentée de la guerre 1939-1945 et de la Shoah, ainsi que certains personnages de mon roman soient confondues avec des personnes vivantes ou disparues. Je tiens à affirmer que L’interminable fuite est avant tout une biographie relatant la vie de ma mère et de mes grands-parents maternels. Certains noms de ces personnages sont totalement imaginaires a l’exception, bien sûr des membres de ma famille.


Publié le : jeudi 30 juillet 2015
Lecture(s) : 3
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332624246
Nombre de pages : 436
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-62422-2

 

© Edilivre, 2015

Du même auteur

 

 

Du même auteur :

• Étrange rencontre, Éditions Edilivre.com, Copyright numéro 00050797-2, 27/12/2011-07 :56

Dédicaces

Je dédie cette biographie.

A mon Épouse

Gladys

A mes enfants :

Virginie et Claude

Natacha et David

Israël et Éliya

Petits enfants :

Arié

Gabriel

Liel

Noah

Éliya

Anneal

Avant-propos

Hommage à mère biologique et à mes grands-parents maternels.

L’INTERMINABLE FUITE doit autant à mon imagination qu’à l’histoire. De nombreux événements relatés dans ce roman se sont réellement produits et une partie est connue.

Il est possible que certaines personnes qui ont joué un rôle dans l’histoire tourmentée de la guerre 1939-1945 et la Shoah.

Il est possible aussi que certains personnages de mon roman soient confondus avec des personnes vivantes ou mortes.

Je tiens à affirmer que L’Interminable fuite est, avant tout, une œuvre de plusieurs personnes ayant vécues. Certains noms de ces personnages sont totalement imaginaires. A l’exception, bien sûr, de L’Interminable fuite et les membres de ma famille.

Chapitre 1
Le résistant

À l’heure exacte du déjeuner, la cloche de l’église de Vincennes carillonnait douze heures trente. Monsieur Marchand gérant de l’immeuble ouvra la porte cochère.

– Bonjour, Monsieur. Je cherche l’ingénieur Ernest.

– Au troisième étage, Monsieur.

Dans l’élégant petit appartement en bordure de la ligne du métro de la porte de Vincennes en logeant le parc, un jeune ingénieur de chez Renault est chez lui, car il a prit un jour de congé.

Quand on sonne à la porte ! L’ingénieur Ernest Dan-P. Se lève brusquement et se précipite comme un boulet de canon de sa grande taille d’homme mince, courageux à l’aspect sportif. Ernest est blond cendre aux cheveux un peu longs. Il n’est pas allé chez le coiffeur depuis bien deux semaines, bien rasé. Tout les matin il laisse son rasoir glissé lentement sur sa peau foncée sans insister.

Son bleu de travail était coupé sur mesure dans le meilleur tissu de « jean », mais un peu froissé. Ce jeune homme est travailleur et pas négligent telle sa nature, il se tient bien comme un gentleman, d’origine anglophone.

D’habitude quand on sonne à la porte, il attend trois ou quatre fois avant d’aller ouvrir. Ernest n’a pas encore quarante-quatre ans. Il n’est pas riche, mais aisé. Pour lui, le travail n’est pas une corvée, comme manger aux heures des repas, pas de grasses matinées, il hait tout désordre qui déplace ces lignes, comme dit le navigateur, le mot sport l’a toujours émerveillé, comme un mot de skipper. Ernest s’est précipité vers la porte car il attend une réponse au sujet de son amie, ce n’est pas pour lui un effort de poser un pied devant l’autre. Il ouvra la porte plus vite que d’ordinaire, de ses mains larges sur la poignée de la porte. Il attend une visite exceptionnelle, sinon il n’aurait pas couru à l’heure de son diner.

– Vous êtes Monsieur l’ingénieur Ernest ?

– Oui, Monsieur a qui ai je l’honneur ? C’est moi-même.

Ernest mécontent ajouta, en portant sa main gauche à sa bouche en se retenant de bâiller.

Ernest se tenait devant la porte, élégant, droit face au visiteur coiffé d’une casquette, un parapluie a la main et imperméable sur le bras.

Celui-ci est un gentleman, l’allure d’un officier supérieur, un colonel peut-être, un peu de tout cela. Il s’adressa à Ernest dans une langue française pure, correctement et sans accent.

Ernest comprenait immédiatement qu’il ne s’était pas dérangé pour recevoir des nouvelles de son amie ou un colporteur. Son visiteur est un monsieur, comme on n’en trouve que dans les régiments français d’autres fois. Il est déçu de s’être déranger si vite pour ouvrir la porte. Il s’était précipité à la première sonnerie sans penser inutilement que cette visite serait un officier des renseignements, mécontent d’avoir changé ses habitudes. L’officier en civil se nomma.

– Commandant Rousseau de la S.E.C.

– Vous êtes officié au service du contre-espionnage ?

S’exclama Ernest.

– Oui, Monsieur Ernest.

– Commandant entrez. Entrez.

Ernest prit l’imperméable, la casquette de l’officier Rousseau et les accroches sur le portemanteau dans l’entrée. Proposa au Commandant de s’assoir. Ernest s’était assis face à l’officier qui le regardait droit dans les yeux en lui adressant les premières questions.

– N’êtes vous pas marié Monsieur Ernest, n’es-ce pas ?

Interrogea le Commandant.

– Depuis trois ans, je vie en concubinage avec Suzanne.

– Puis-je savoir comment se nomme votre amie ?

– Suzanne Berget. Nous sommes un ménage heureux. Mon amie se trouve depuis hier en clinique d’accouchement, à deux cent mètres d’ici. D’après les médecins, elle doit donner naissance à notre enfant d’un instant à l’autre. Quand vous avez sonné, je suis accouru pour ouvrir, car je pensais qu’on venait m’annoncer que j’étais père.

– Mademoiselle Suzanne Berget est née en Pologne, n’est-ce pas ?

– C’est exact ! C’est tout se que je sais.

– Pouvez vous me dire le prénom et le nom de jeune fille de votre compagne.

– Suzanne Berget, comme je viens de vous le dire.

Ernest se sent agresser et ajouta.

– Pensez-vous qu’il existe sur la terre des hommes ou des femmes qui ne connaissent pas le nom de leurs femmes, conjoints ou concubins.

– Possédez-vous quelques pièces d’identité de votre amie.

– Non, pas sur moi, pas plus dans la maison. C’est mon amie qui les détient avec elle, je pense.

– Monsieur Ernest, vous allez me dire que vous n’avez jamais regardé ses papiers.

– Non et tout se que je sais c’est qu’elle a reçu des papiers pour résider en France. Je pense qu’on ne peut pas vivre avec quelqu’un sans le connaitre et recevoir une carte d’identité n’est-ce pas.

Toute personne étrangère pour entrer en France, doit posséder un passeport avec un visa du consul de France du pays d’ou il vient.

Mon amie a reçu un visa et une carte de séjour comme résident pour s’inscrire à l’université.

Elle est venue à Paris avec une bource, accordée par l’État Français dans le cadre des échanges culturels.

Ernest devient nerveux, lui demander s’il connait le nom de son amie, si son amie a des pièces d’identités c’est aussi bête et stupide que de lui demander si sa maison possède un plafond, des murs et des portes. Il y a des choses qui font partit d’un tout.

– J’ai mal posé ma question, Monsieur Ernest. Je m’excuse, dit le Commandant Rousseau.

Mademoiselle Berget possède toutes les pièces identité nécessaires de la préfecture de Paris. Je les ai étudiées moi-même, à la loupe. Se sont des pièces d’identité réelles et régulières. Elles ont été reconnues comme authentiques, même à l’ambassade de Pologne à Paris.

Ernest se sentait soulagé mais pas pour longtemps.

– Je voulais vous demandez autre chose ?

– Mon Commandant demandez mais ne posez plus de questions surréalistes. Vous n’êtes certes pas venu chez moi pour me demander comment s’appelle cette femme. Qu’el est l’objet réel de votre visite ?

– C’est justement celui que vous venez de mentionner, Monsieur l’ingénieur. Je suis chez vous pour vous demandez si vous êtes sûr du nom et du prénom de votre amie.

– C’est tout mais je ne comprends pas votre question au sujet de son nom.

– Rien de plus ! Dit le Commandant Rousseau.

– C’est une blague, n’est-ce pas ?

Ou vous n’êtes pas officier des services du contre espionnage ?

Le Commandant Rousseau montra sa carte. Ernest l’examina attentivement.

– Elle paraisse authentique mais ce pourrait aussi bien être une fausse carte d’identité. Je n’en suis pas capable d’en décider.

– Merci Monsieur l’ingénieur, dit l’officier.

– De quoi me remerciez-vous, lui répondit Ernest très agacé de ses questions.

– Vous avez dit exactement ce que je voulais vous dire, une carte d’identité peu être aussi bien authentique que fausse Monsieur Ernest. Après une année de recherches, déclenchées par d’innombrables lettres de dénonciation, nos services ont abouti à la conclusion que les pièces d’identité de Mademoiselle Suzanne, votre amie son fausses et toutes.

– Vous allez un peu trop loin, mon Commandant. Je pense qu’il serait préférable d’avertir le commissariat de police pour vérifier l’authenticité de votre propre pièce d’identité avant que vous ne vous occupiez de celle de mon amie.

Ernest était rouge de colère. Le Commandant Rousseau se leva.

– Je suis navré d’accomplir une mission si pénible mais je vous répète, toutes les pièces d’identités de votre amie sont fausses. Il n’y a aucun doute là-dessus. Ni son nom, ni son prénom ne sont véritables. Tout est faux dans ses papiers.

– Impossible, dit Ernest.

 L’ingénieur est debout. Il est grand mais parait plus petit. La colère rétrécit le corps. Elle ternit l’homme, en lui rendant la peau, le visage, les lèvres violacées. La colère rend l’œil brillant humide mais un œil en colère brillait comme les outils d’un vieux voilier d’un brillant cru, mesquin, sauvage, c’est le contraire d’un œil qui brille de joie. La colère, la haine, la soif de vengeance sont des passions qui n’appartiennent pas en propre à la nature humaine. Ce sont des passions morbides dont l’homme fut contaminé après sa chute en enfer. Se sont des maladies contractées par l’homme en exil sur la terre.

– Il est impossible Monsieur l’ingénieur de ne pas connaitre le vrai nom et le prénom de son amie, après deux ans de vie commune.

– Malheureusement c’est la vérité. Je suis navré de vous dire cela. Croyez-moi Monsieur l’officier et je ne crois pas un mot de vos affirmations, dit Ernest furieux.

– Que vous le croyiez ou non ne change rien, la vérité est comme elle est. Même si vous la refusez c’est une accusation grave. Si une femme ou autre ment à son concubin en lui cachant son passé ce n’est pas honnête.

– C’est une affaire privée. Cela ne regarde pas la police.

– Mais si une personne ment à l’État, c’est sérieux. Les lois ne se laissent pas berner comme certains maris. Fausse identité, usage de faux dans les actes publics et autres, l’affaire ne va pas se solder par une simple et pure expulsion du territoire français. Les crimes ou les délits qui y ont été commis devront être jugés et punis. L’expulsion suivra, la loi est dure.

Ernest ne supporte plus les accusations de cet officier. Mais il doit prendre sur lui tout se qu’il vient d’entendre de la bouche de cet officier, faux ou vrai.

– Je vous prie de bien vouloir passer demain à dix heures à nos bureaux, pour signer une déposition écrite.

Le Commandant Rousseau détacha de son carnet une convocation et la déposa sur le beau secrétaire Louis Philippe, à côté de la boite à pipes d’Ernest. Ensuite il prit son imperméable, son parapluie, sa casquette qui était accroché sur le portemanteau et se retira en saluant. Il sortit sans prendre le temps qu’Ernest lui ouvre la porte.

Ernest resta seul au milieu du salon comme un mat foudroyé. A la minute même il se revêtît de ses vêtements chauds pour se rendre à la clinique.

– Je désire parler d’urgence à mon amie, demanda l’ingénieur Ernest à la secrétaire de l’information.

Ernest est arrivé à la clinique d’accouchement ou son amie a été reçue pour donner naissance à l’enfant qu’elle porte d’Ernest. C’est la seule personne qui puisse l’éclaireur sur les dirent de l’officier Rousseau, c’est Suzanne uniquement elle. Aussi tôt la secrétaire fit appel à une infirmière.

– Impossible de parler à votre amie, lui répondit l’infirmière. Depuis une heure, elle est en sommeil artificiel. Elle souffrait trop et le médecin lui a posé une péridural pour la soulagée. On a été obligé de recourir à ce procédé mais qu’on évite d’habitude.

– Il faut la réveiller pour une minute ou deux, pas plus.

Ensuite vous pourrez la rendormir.

– Cela m’est impossible, répondit l’infirmière.

– C’est pour une question tout à fait exceptionnelle et d’extrême urgence. Je dois parler à mon amie Mademoiselle.

– Tout ce que je peux faire, c’est avertir notre médecin-chef de votre requête.

– Je vous en supplie, faite vite Mademoiselle.

– Je vais tâcher de le contacter par téléphone, le plus rapidement possible mais cela va nécessite au moins vingt bonnes minutes vous savez. Il doit être occupé, vous savez, et ce soir, il donne une soirée familiale. Je vais l’appeler à son cabinet de consultations privé. Voulez-vous attendre dans le petit salon pour visiteur, Monsieur Ernest.

– Bien Mademoiselle, je reste ici mais faite en sorte que je puise parlé a mon amie.

C’est une clinique d’accouchement très bien cotée exactement comme les petits palaces d’hôtels de luxe avec une musique douce diffusée en sourdine, des fauteuils immenses et confortables, des lumières discrètes, des fleurs partout, les infirmières et les hôtes habillées en blanc passent comme des roses blanches, comme les danseuses de l’opéra sur une scène. La moquette est moelleuse de couleurs reposantes. Les talons s’y enfoncent comme dans la neige. Malgré que Paris était occupé par l’armée allemande. Il n’y a pas eut changement dans les services de la clinique et même des femmes allemandes son acceptées pour accoucher.

Tous les services son identique a si perdre pour se rendre dans telle chambre, de belles silhouettes de couleurs tendres, des sourires s’affichaient à leurs visages. Dans la clinique c’était en permanence la fête, à chaque heure de la journée et de la nuit, une fête terminée à peine qu’une autre commençait aavec une nouvelle naissance, de nouveaux une fête, de nouveaux invités, de nouvelles corbeilles de fleurs, des cadeaux, des félicitations, des embrassades. Chaque jour c’était comme un jour d’anniversaire. L’infirmière était de retour du carré des infirmières et se dirigea au petit salon.

– Notre médecin-chef vient juste de quitter son cabinet de consultations Monsieur Ernest. Je vais essayer son domicile.

Sa voix arriva aux oreilles d’Ernest comme si elle venait des nuages. Il perdit patience comme devant l’officier Rousseau.

 Dans ce palace d’accouchement pour gens aisés, les infirmières parlaient avec une voix irisée, basse et commercialement douce. Leurs paroles étaient comme les fleurs artificielles et comme le papier d’emballage des cadeaux.

Les sourires et les paroles fessaient le même office que le rouge à lèvres et le maquillage. Les mots étaient tamisés, filtrés par des tampons embaumés. C’était le même langage que celui des hôtesses de l’air dans les salles d’attente des aéroports. Ce n’était pas un langage parlé. Ce sont des roucoulements, des chuchotements lascifs d’alcôve, des déclarations d’amoureux, sur l’oreiller, avant le lever du jour. C’était le langage de tourterelles des invitations murmurées à l’oreille.

– Pas de chance, Monsieur Ernest notre médecin-chef n’est pas encore arrivé à son domicile. Je vous autorise à monter voir votre amie. Je vous donnerai la communication dès que je l’aurai.

Ernest c’était apaisé et l’infirmière marchait devant lui comme sur un plateau de scène. Ses petits souliers blancs scintillaient en marchant. Les escaliers étaient pareils à un conte de fée et silencieux. A chaque étage, la moquette changeait de ton, les portes étaient capitonnées, les vitres tintées isolantes et l’air exaltaient un parfum discret.

L’infirmière ouvra la porte blanche de la chambre de Mademoiselle Suzanne. Puis discrète se retira avec le sourire, sans dire un mot. Ernest resta seul au pied du lit. Son amie était allongée sur le dos. Elle dormait avec un sourire aux lèvres. Elle était dans un beau déshabillé blanc, garni de dentelles roses. Ses longs cheveux noirs étaient répandus sur les oreillers blancs.

Ernest n’osait pas formuler le moindre mot. Il voulait respecter la consigne de l’infirmière mais dans sa tête résonnait ses paroles.

Que tu es belle mon amie, que tu es belle.

Ces cheveux reposaient sur les oreillers comme un troupeau de biches suspendues aux flancs des montagnes de Judée. Les lèvres de Suzanne étaient gonflées comme la pulpe d’un fruit mûr, ses joues lisent comme du satin étendu au soleil. C’est une très belle femme, slave.

Suzanne est d’une beauté légèrement exotique. On peut discerner dans son regard comme dans un cocktail, les gouttes des mélanges qui la composent un peu de sang d’orient, un peu de sang slave, quelques gouttes de sang méditerranéen, quelques gouttes de sang de bédouine, avec ses pommettes obliques et les yeux en amandes. Suzanne réunissait en elle seules toutes les races. Elle est toutes les femmes en une seule. Descendante des Hébreu.

Suzanne continuait de sourire dans son sommeil. On pouvait voir ses dents blanches comme l’ivoire. Elle c’était réfugiée derrière le rideau du sommeil avec tout son mystère, son secret. Ernest s’approcha d’elle et caressa lentement les cheveux noirs de son amie.

Sa tête résonnait, quel mystère cache t’elle ? S’agit-il d’un crime ?

Pourquoi fuit-elle la justice, l’affaire était tellement grave que fut obligée de vivre avec un faux nom et de faux papiers identité, comme les évadés des prisons Hitlérienne ou comme les grands criminels internationaux, est-il si terrible se mystère pour cacher son vrai nom.

Pourquoi a t’elle cacher la vérité a Ernest ?

Si il y a mensonge ?

Mentir à son ami et au père de son enfant.

Ernest revenait à la surface en secouant sa tête et prêt à fondre en larmes. Mais le visage de son amie restait impassible. Son sourire restait le même. Elle ignorait totalement le cyclone qui tourmentait Ernest, et qui pourrait ravager leurs vies et la vie de leur enfant. De celui qui n’était pas encore né.

Il y a d’innombrables rideaux de fer dans le monde. La guerre qui gronde sur l’Europe. Il y a des rideaux invisibles, qui séparent les races, les classes et les hommes les uns des autres. Mais aucun rideau n’est plus impénétrable pour Ernest que le rideau du sommeil qui le sépare en ce moment de son amie. Suzanne est ici, physiquement endormie et elle est si éloignée de lui sans parvenir a la réveillée. Elle est présente et en même temps absente. Il peut la toucher et lui caresser les cheveux, mais elle ne peut pas entendre sa voix. Aucune parole, aucun signe ne peut passer à travers le rideau du sommeil. Ernest attend le retour de l’infirmière.

L’infirmière revient auprès de Suzanne et constate qu’elle est toujours sous l’effet des antalgiques que le médecin lui a administrée par péridural.

– Vous ne pouvez pas lui parlée Monsieur Ernest, notre médecin-chef vous invite à attendre jusqu’à demain midi. On ne peut, sous aucun prétexte, réveiller la patiente.

– C’est une affaire très urgente. Une affaire de vie, de mort, pour moi, pour mon amie et pour l’enfant. Ça ne peut pas attendre, Mademoiselle.

– Si c’est si grave que ça, il faut vous adresser personnellement au médecin-chef pas à votre amie.

– Il ne s’agit pas d’une affaire médicale ni d’accouchement. Le docteur ne peut pas me répondre. Seule mon amie peut le faire.

– Ce n’est pas une urgence médicale ? Dit l’infirmière.

Ernest n’arrive pas a se calmer et ne comprend pas pourquoi le médecin chef ne donne l’accord pour la réveillée.

– Dans ce cas, je vous conseille de ne pas insister. Nos patientes, dès l’instant où elles entrent chez nous ont le cordon ombilical coupé du reste du monde. La seule chose qui nous intéresse ici, c’est la santé de la mère et de son enfant. Toutes les autres préoccupations sont bannies.

L’ingénieur Ernest quitte la clinique. Après s’être cogné au mur de la dialectique professionnelle des accoucheurs. Il essaie de se donner du courage, en se disant que le mensonge qui dure depuis un an et demi, il peut encore attendre six à douze heures si mensonge il y a, depuis le jour où il a rencontré Suzanne dans un café bar rue Rivoli. Il se demande ce que Suzanne pourra lui révéler. En tout cas la police est convaincue de sa culpabilité. Ils veulent l’expulser de France. Ou même la déportée. Ils expulseront aussi son enfant, car on ne peut pas séparer une mère de son bébé. L’enfant d’Ernest sera donc, dès sa naissance, un expulsé. Un interdit de séjour en France.

Cette République, que le père adoptif d’Ernest admirait comme une idole, interdira au petit d’Ernest qui va naitre et de ne pas séjourner sur son territoire.

Ernest est dans la rue. Les élèves des luxueux pensionnats du quartier sortent de leurs écoles. Au carrefour des soldats de la Wehrmacht qui font la circulation ou vérifient les papiers des gens suspects de résistants. Les fillettes achètent des glaces au coin des rues. Exactement comme le faisait Ernest autrefois, sauf qu’à son âge il n’y avait pas d’occupation allemande.

C’est dans ce quartier de luxe qu’il avait fait ses études. Depuis son adoption par la famille De Paris, il a vécu une enfance agréable et pleine d’amour d’une famille. Ernest se rappel de tout ses bouleversements de foyer en foyer et le manque d’amour de ses vrais parents dont il n’a pas bénéficié jusqu’à l’âge de ses quatorze ans. Il a toujours connu une vie dure, et pas l’abri de tout bouleversement. Et le voilà tout d’un coup mêlé à une histoire incroyable. Une histoire que même d’autres romans policiers n’oseraient raconter en ce moment près du débarquement. Et ce malheur invraisemblable s’abat justement sur Ernest, lui dont la devise est de vivre caché pour vivre heureux. À l’abri des dénonciations pour vivre en liberté. Pendant les bombardements des incendies éclataient et les allemands menaçaient de tout détruire, l’homme se jetait à terre, cherchait refuge en s’y collant, comme des enfants effrayés se serrant contre la poitrine de leurs mères.

Le danger obligeait l’homme à chercher la sagesse et les gestes initiaux. Ernest procédait de la même manière. Il n’ira pas consulter un avocat, sans raisonner, guidé uniquement par son instinct. Il part à pied entre les bombardements qui sont de plus en plus fréquents. Ernest se dirige en direction du boulevard Diderot. Il s’arrête au numéro 12, rue renardière où habite Jeanne De Paris. C’est sa demi-sœur. Ernest blessé recherche refuge au près d’elle. Le sort des hommes a toujours été entre les mains des femmes. La femme est comme l’atmosphère ; elle peut être toxique ou vivifiante.

Jeanne De Paris est née à Paris, le 25 juillet 1900. Ernest est né le 29 avril 1900. Le père de Jeanne lui avait conseillé de devenir aussi docteur en pharmacie.

Ernest et Jeanne ont passé toute leurs jeunesse ensemble. Les parents de Jeanne étaient gentils avec Ernest. Il était de la famille ! Pendant l’été. Ils ont vu ensemble pour la première fois, la mer, escaladés ensembles les montagnes. Jeanne est une partie de la ville de Paris et une partie de la vie d’Ernest.

C’est vers elle qu’il se dirige à cette heure bouleversante et à qui Ernest peu faire confiante en ce temps de dénonciation de toute sorte. Sa présence lui est plus précieuse que les conseils d’un avocat à qui ont ne pouvaient faire confiance, qu’ils sont du bon côté ou de l’autre. Les français avaient perdu la tête, l’armée avait capitulé et beaucoup de soldats et civils avaient tombé dans la collaboration des Nazis.

Les allemands, le gouvernement de Vichy qui profitent de ses collaborateurs sans scrupule a dénoncés les résistants, les Juifs, les étrangers.

Ernest et Jeanne ont passé leur baccalauréat la même année ; ils sont allés à l’université en même temps à Paris. Jeanne, fille unique, s’était inscrite à la faculté de pharmacie. Elle pourra ainsi hériter des conseils de son père et de la pharmacie, qu’il détient à Châtre.

Jeanne est plus qu’une demi-sœur et c’est vers elle qu’il se dirige à l’heure bouleversante, en ce temps de dénonciation de toutes sortes. Sa présence lui est plus précieuse que les conseils d’un avocat ne sachant de quel côté il penche. Allemands, gouvernement de Vichy etc.

Ernest, à sa naissance a été placé à l’assistance publique, puis chez les parents de Jeanne à l’âge de quatorze ans. Il ne connait rien de sa mère, celle-ci est morte en lui donnant la vie. Son père était un riche colonel de l’armé des Indes et issus d’une famille de la noblesse anglophone. En l’année 1897, ce jeune colonel a été blessé par un serviteur indien, à vingt quatre ans il fut un des premiers officiers supérieur nommé au grade de colonel, tant ses états de service dans la campagne des Indes. Il était devenu Comandant de la garde personnel du Comte de Kipling vice Roi des Indes, le Conte fut nommé gouverneur de l’Inde par la Reine Victoria en aout 1858 et proclamé vice-roi des Indes.

Le Conte de Kipling assura la responsabilité de les gouverner, le destin impénétrable placé sur ses épaules de cet aristocrate anglaise.

Le Colonel William Dan P, Comandant du 31e régiment indigène, il n’est pas mort au champ d’honneur, chargeant glorieusement l’ennemi, sabre au clair. Il périt à l’âge de vingt huit ans le 11 février 1900 alors qu’il est un jeune officier beau, brave, noble, un cœur généreux, plein d’espérance. La vie l’attendait avec tous ses rêves qui s’évanouissaient d’un seul coup. Mais le destin en décida autrement quand un de ses serviteurs l’abat d’un coup de sabre.

Ainsi de ce père qu’il ne connut pas, Ernest hérita d’une rente à vie. Il se souvient très bien de son jeune âge, de son premier foyer d’accueil qui n’ayant donc duré moins longtemps que prévus. Cela lui fit beaucoup de peine de le quitter. Il commençait à s’y habituer, à y être à l’aise et à nouveau. Un autre changement depuis sa naissance. Il fallait oublier les enfants de son âge avec qui il s’entendait bien. Situation difficile à avaler pour le jeune adolescent qui était alors. Beaucoup de bouleversements qui eurent pour effet de le plonger davantage dans un trou noir qui lui paraissait sans issu.

Ce lundi matin d’avril 1914 le vent tourne en sa faveur. Comme ce vent du Sud dont il avait tant envie, cette brise chaudes et paisible sur laquelle on se berce, sur laquelle on se laisse aller, cette brise qui fait tant de bien au corps et à l’esprit.

Voilà quelques minutes qu’il venait d’arriver chez ces nouveaux parents adoptifs. Il observait ce lieu et l’entourage qui lui était inconnu. Madame De Paris jasait avec sa fille unique. Ernest était debout et vit une jeune fille blonde assise dans un fauteuil en cuire brun foncé. Jeanne était heureuse de faire la connaissance de se jeune garçons arrivé de nul par, accompagné d’une assistance sociale. Ernest la regardait sans qu’elle s’en aperçoive, son arrivé dans cette maison où il devrait vivre maintenant puisque les De Paris avait fait une demande d’adoption, tout débutait du bon pied, au moins ; c’est ce qu’Ernest ressentait.

L’assistante sociale qui l’accompagnait quitta la maison des De Paris. Ernest se retrouvait seul avec sa nouvelle mère adoptive et cette jeune fille. Jeanne venait de faire sa connaissance et la mère de Jeanne, lui demanda faire visiter la maison a Ernest. Lui qui a connu la cohabitation a plusieurs dans une chambre. Il va pouvoir lire ou faire ses devoirs dans une chambre seule.

L’adaptation n’a pas été pénible au contraire pour Ernest. Il découvrait toutefois chaque jour peu à peu, leurs gentillesses, leurs dévouements envers lui. Jeanne lui plaisait. La jeune fille l’impressionnait chaque jour.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Chez les fous

de les-editions-de-londres

Les 12 portes du Kaama

de editions-edilivre

Le Prix des choses

de editions-edilivre

Le Chant de Marie

de editions-edilivre

suivant